Revue de chantiers – Ville dAngers

Revue de chantiers - Ville d\Angers

La droite Macron-compatible sorganise avant les municipales

Christophe Béchu, le maire dAngers, réunit ce vendredi à huis clos ses pairs maires dans sa ville. 

Son appel à soutenir laction dEmmanuel Macron et dÉdouard Philippe, dans Le Journal du dimanche en juin dernier, avait recueilli nombre de signatures de maires de droite et du centre et a eu un grand retentissement médiatique. Ce vendredi 30 août, Christophe Béchu, le maire dAngers, réunit à huis clos ses pairs maires dans sa ville. Avant ce rendez-vous, il a accepté de répondre aux questions du Point.

Christophe Béchu : Certainement pas ! Nous allons sans doute créer une association, un think tank, mais un parti, non merci ! Certains ont dit que notre appel de juin était un coup médiatique pour réunir des noms, ils se trompent. Nous allons lancer un mouvement commun de maires parce que nous avons beaucoup de choses à apporter, nos expériences du terrain en premier lieu, et que dans les partis on se préoccupe davantage de politiques nationales que locales. Beaucoup de maires nappartiennent pas à un parti politique…

Il est temps de nous voir entre élus pour échanger des solutions. Nous souhaitons la réussite du gouvernement, mais nous nen faisons pas une incantation : nous voulons apporter nos pierres à lédifice afin que le pays se porte mieux. Nous nattendons pas les lois, les règlementations, les directives de Paris pour agir. Chacun dans notre commune, nous expérimentons des bonnes pratiques. Le but est que nous les partagions pour éventuellement les dupliquer ailleurs et essaimer ainsi un peu partout dans le pays.

Il y aura 45 communes représentées par des élus, dont plus de 35 maires. Quautant dédiles fassent le déplacement à Angers pour cette journée déchanges, cest bien la preuve que nous ne sommes pas dans le coup médiatique. Il y a une adhésion au mouvement que nous avons lancé. Notre réunion a lieu entre nous, sans la presse, et sera très pratique. Le matin, nous allons parler durgence climatique, et laprès-midi de vivre ensemble. Chaque maire aura cinq minutes chronométrées pour témoigner dune initiative quil a mise en place et qui fonctionne. Par exemple, sur lurgence climatique, au lieu de parler de taxes ou dinterdictions, on peut mettre laccent sur des actions positives. Le maire de Tours, Christophe Bouchet, ainsi vient nous parler de son expérimentation de la ville sans voitures une fois par mois. La maire dAlbi, Stéphanie Guiraud-Chaumeil, nous présente les projets dagriculture urbaine que développe sa commune en favorisant les circuits courts du producteur au consommateur à partir dune ZAD de dix hectares. Comment ça marche ? Pour ma part, je vais exposer ce que nous faisons à Angers sur le végétal, en plantant des milliers darbres et en souhaitant  déminéraliser  nos cours décole afin de supprimer les ilots de chaleur. Autre préoccupation : que faisons-nous un an après la crise des Gilets jaunes ? Deux mille communes ont mis en place des journées citoyennes au cours desquelles les habitants font un petit geste pour leur environnement : en mai dernier, à Angers, nous étions ainsi 4 000 pour ramasser des déchets, repeindre des écoles…

Nous sommes dans une réunion de travail, et le huis clos permet de tout dire. Mais nous ferons une synthèse de nos échanges, et nous la diffuserons. Et nous organiserons un temps parisien et public à lautomne, avant le congrès des maires. Nous souhaitons être utiles, rien de plus. Et plutôt que de payer des consultants ou des bureaux détudes, nous préférons échanger sur ce qui marche.

Les choses se sont enclenchées ainsi par affinité politique et capillarité. Mais croyez bien que le vrai sujet, ce nest pas le parti ou la couleur politique, mais les électeurs, la vie des habitants. Quand nous avons publié notre tribune, on nous a reproché de vouloir faire un coup médiatique et de chercher à nous rapprocher dEn marche. Mais certains signataires, comme David Robo à Vannes, ou dautres maires qui nous sont proches, comme Nicolas Florian à Bordeaux, auront aux prochaines municipales des candidats LREM face à eux… Nous avons en commun dêtre issus de la droite et du centre et davoir de la bienveillance pour laction du président de la République et du Premier ministre.

Notre association na pas vocation à distribuer des labels pour les prochaines élections municipales, on ne va pas dire sil faut voter pour untel ou untel, même si certains pourront se prévaloir de lappartenance à notre mouvement. Mais notre initiative dépasse le calendrier politique immédiat. Notre pays souffre dun système politique très brutal. Voir dès le lendemain des élections présidentielles les états majors parisiens des partis politiques navoir quune idée en tête, à savoir la prochaine alternance, cest quand même pathétique. Et cela discrédite la politique.

A quelques jours de la rentrée, Christophe Béchu, a présenté un tour dhorizon de différents chantiers engagés dans la ville. Loccasion de prendre le pouls des différentes opérations sur le terrain et den annoncer les prochaines étapes.

Le moins que lon puisse dire est que la trêve estivale na pas entraîné de réelle pause sur le terrain. Ce qui explique "que nous nayons aucun retard sur aucun chantier", ainsi que lassurent Christophe Béchu, maire dAngers, et son adjoint à la Proximité, à la Voirie, au Stationnement et aux Bâtiments, Jean-Marc Verchère. Cela est vrai pour la patinoire, qui ouvrira ses portes le 14 septembre, le parc paysager adjacent (qui ouvrira lui la semaine suivante) ou encore le premier tronçon de la ligne B de tramway (reliant luniversité Saint-Serge à larrêt Foch-Maison Bleue), qui sera achevé à la fin de lannée. Revue des chantiers.

Hôtel de Ville. Laccueil du public dans le nouveau hall en rez-de-chaussée est confirmé pour le 28 octobre. Les usagers y trouveront un environnement entièrement revu, modernisé, équipé de nouveaux outils interactifs dinformation, le tout dans un espace agrandi. A lextérieur, le bardage de la salle du conseil a commencé. Lensemble du chantier, dun montant de 3,3 millions deuros, sera terminé à la fin de lannée. Dici là, les aménagements extérieurs vont se poursuivre côté parvis et grande esplanade de lancien hôtel de ville.

Premier tronçon du tramway. Dans le centre-ville, lété a été mis à profit pour construire les nouveaux aiguillages au niveau de ce que lon nomme le "triangle" Ayrault/François-Mitterrand. A terme, ceux-ci permettront aux rames de suivre leurs trajectoires respectives. Cet automne, ce premier tronçon sera en partie engazonné et les premières plantations effectuées, de manière à ce que tout soit terminé fin 2019. Les rails y ont été posés en quasi-totalité. La ligne aérienne de contact commencera à être aménagée, quant à elle, à partir de début 2020 et les aménagements urbains (stations, éclairage…) suivront. Ce tronçon sera utilisé dès la rentrée 2020, dans tout juste un an, par la ligne A amenée à dévier son itinéraire à partir de la place Molière où seront entrepris de nouveaux travaux consistant notamment à reconstruire une nouvelle station de tram. Fin 2019, 80 millions deuros auront déjà été investis dans le chantier des lignes B et C de tramway.

Avenue Patton. Après des mois de travaux, lavenue Patton va retrouver son calme. Les travaux ny reprendront que bien plus tard pour poursuivre laménagement du tracé, en surface cette fois. "La phase des dévoiements de réseaux dassainissement, délectricité, de gaz et de télécommunications est vraiment la plus ingrate et la plus handicapante", a rappelé Jean-Marc Verchère. Précisant que dici la reprise des travaux en surface, lavenue faisait lobjet dun aménagement provisoire. Indispensable toutefois pour reporter les réseaux de chaque côté de la plateforme centrale, ces travaux de même nature sont toujours en cours rue Lakanal et boulevard Beaussier, jusquen novembre.

Autour de la place Leclerc. Les voitures circulent désormais dans les deux sens tout autour de la place Leclerc. La Ville en a profité pour renforcer la chaussée là où cela était nécessaire, et pour orner les trottoirs du bd Joffre dun nouveau pavage. Les usagers du parking en surface ont, quant à eux, déjà pris lhabitude dutiliser la nouvelle entrée. Davril à fin aout, près de 730000 euros ont été investis dans ce périmètre de lhyper centre-ville.

Nouvelle entrée Sud. Ce nest plus quune question de jours. Léchangeur dit "des Trois-Paroisses", situé à lentrée Sud dAngers et qui fait la jonction avec les Ponts-de-Cé, laisse déjà présager lheureuse issue de cet aménagement. Celui-ci va en effet permettre de régler une équation à trois entrées: améliorer laccès à la clinique de lAnjou, apaiser la vitesse sur le boulevard De-Lattre-de-Tassigny et délester le boulevard Albert-Blanchouin, en raccordant le nouvel ouvrage à la rue des Hirondelles. Pour entrer et sortir des Ponts-de-Cé aussi, les automobilistes nauront plus à traverser lavenue Gallieni, surchargée. Enfin, il nen sera que plus aisé de rejoindre lautoroute A 87 (vers Cholet). Ce nouvel aménagement va permettre de supporter une partie du trafic généré par la création récente, et encore à venir, de centaines demplois regroupés dans limmeuble Trigone de la rue dOrgemont (Coriolis Service, Verisure, Gamm vert Synergies….). Angers Loire Métropole a investi 2,5 millions deuros dans ce vaste chantier.

Le Théâtre Chanzy rénové. Fermé dans la foulée de la réouverture du centre de congrès Jean-Monnier, début mai, le théâtre aux 600 places, très prisé des associations et des compagnies de théâtre, a fait lobjet dune bonne cure de jouvence durant lété. Sa réouverture est imminente. Les travaux, dun montant de 1,8 million deuros, ont notamment permis de revoir les installations thermiques, laménagement de la salle de spectacle, de construire de nouvelles loges et de rénover les anciennes. Par sa jauge, le théâtre Chanzy est le deuxième de la ville dAngers, juste derrière le Grand Théâtre et devant la salle Claude-Chabrol. Il faudra toutefois encore attendre pour que les extérieurs soient eux aussi améliorés, et le parking agrandi.

La passerelle de la gare. Cest la dernière grande réalisation du Cours Saint-Laud. En janvier, la passerelle permettra de relier la place Sémard, située devant la gare, à la place Giffard-Langevin, située de lautre côté des voies ferrées. Piétons et vélos pourront y circuler et certains, trouver un accès direct au quai A. Le dernier trimestre sera dévolu au montage de la charpente et du toit notamment. Laménagement pratique vient se greffer dans un environnement profondément modifié depuis six ans. A ce jour, le quartier daffaires regroupe 50000m2 de bureaux (livrés ou en cours, contre 5000m2 en 2014). Parmi les récentes réalisations, le siège de la Soclova, rue Fulton, bientôt abouti ou encore la résidence étudiante, dores et déjà livrée et occupée. Celle-ci se situe dans le même immeuble que lhôtel 4 étoiles, en travaux jusquen mars. Coût de lopération: 6 millions deuros.