DIRECT. Angers : on a fêté les 100 ans du SCO ce vendredi 11 octobre dans le 19/20 – France 3 Régions

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Messenger LinkedIn Email À loccasion du centenaire dAngers Sco, ce jeudi 10 octobre 2019, Pierre Bourdel, joueur le plus capé de lhistoire du club (477 matches), a ouvert la boîte à souvenirs. Il se confie, sans détour, et se rappelle des moments marquants de son passage en Anjou, de 1963 à 1975. Les demi-finales de Coupe de France, le génie de Jean-Marc Guillou, les fessées infligées aux Marseillais et celle reçue de la part des Lyonnais,… tout y passe.

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Dans lhistoire du Sco, Pierre Bourdel occupe une place de choix. Les chiffres parlent deux-mêmes. En 12 saisons en Anjou, il a disputé 477 rencontres (12 buts) avec le maillot des Noir et Blanc. Cest le joueur le plus capé du club angevin. Tout simplement. Alors, pour le centenaire du Sco, lancien défenseur sest replongé dans ses souvenirs, tristes et heureux, caustiques et touchants. Angers et le Sco, une cité et un club qui lont marqué à vie.  Angers, cest ma ville dadoption , revendique le natif dAssignan (Hérault). À 81 ans, son amour pour le maillot Noir et Blanc reste intact.

Lorsque je jouais à Béziers, à la fin des années 1950, jétais allé voir le Sco à Montpellier. Javais remarqué que le jeu des Angevins était technique, peut-être moins efficace, mais plus jolie à voir que celui des Montpelliérains. Et le public avait aimé ça, cette beauté du geste. Cela mavait donné une bonne impression.

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Lorsque jai signé au Sco, je me suis trompé de train pour venir à Angers. Jétais au bataillon de Joinville (Haute-Marne) et au lieu de partir à Montparnasse, je suis allé à Austerlitz. Le trajet était interminable… On sest arrêté dans plein de petites gares. Je me suis dit que cétait peut-être un mauvais signe. Mais finalement non (il rit).

Pour moi, cétait le paradis. Jai eu la chance dacheter une maison avenue Jeanne-dArc. Jadorais traverser le jardin du Mail. Récemment, un ami ma envoyé une photo de lavenue de Jeanne-dArc. Ils ont enlevé les arbres. Ils ont fait quelque chose de formidable. Cest encore plus beau que lorsque jy habitais. Jaimerais bien y remonter une fois, mais je ne sais pas si je pourrai…

Lorsque jai été sélectionné avec léquipe de France B face à la Hongrie. Moi qui ai démarré en dernière division de lHérault. Je naurais jamais cru pouvoir me retrouver à ce niveau-là. Just Fontaine mavait ensuite appelé avec les A. Mais je nétais pas entré en jeu. Les changements étaient rares à lépoque. Jétais heureux de connaître lenvironnement de léquipe de France. Cétait une consécration pour moi.

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Il y en a tellement. Peut-être le match de Coupe de France, face à Marseille (12 février 1967), au Parc des Princes, (à lépoque les rencontres de coupe se disputaient sur terrain neutre). On leur a mis 5 à 0. Ensuite, en championnat, les Marseillais sont venus à Angers, on leur met encore 5 à 0. Au match retour, au Vélodrome, ils ont mis deux défenseurs centraux. À lépoque les équipes nen mettaient quun. On était leur bête noire sur cette saison. Deux fois 5 à 0, ça faisait beaucoup pour eux.

Sans aucun doute, notre défaite 8 à 0 à Lyon (le 2 septembre 1967). On nétait pas du tout dans le coup. Eux, ils étaient en pleine réussite. Pourtant, on était en tête du championnat après trois journées. On aurait dit que nos jambes navançaient pas. Au contraire, les Lyonnais tiraient nimporte comment et leurs frappes rentraient. On avait pris un gros carton. On sest vengé plusieurs fois par la suite contre eux. On était vexé de prendre une branlée comme celle-là. Elle nous a marqués.

De ne pas avoir disputé de finale de Coupe de France avec le Sco. Jai disputé deux demi-finales (1965-1966 et 1968-1969). À lépoque cela se disputait sur des matches aller-retour. Face à Marseille (1968-1969), on aurait largement pu gagner chez nous, mais on fait 0 à 0. Et au retour, les Marseillais ont inscrit le but de la victoire, sur corner, en toute fin de rencontre. On était tellement prêt de la finale, ça fait mal. Plus que si on se fait éliminer dès les premiers tours.

Celle de 1971-1972. Lors du dernier match de championnat, on sest qualifiés pour la Coupe dEurope. Cétait inespéré. Les Lyonnais étaient devant nous au classement, et ils perdent contre un adversaire plus faible. Alors que nous, on est allé gagner à lextérieur. Se qualifier en Coupe dEurope, pour le Sco, cétait quelque chose de faramineux. On était une équipe moyenne du championnat. Ce nétait pas prévu quon finisse aussi haut. On na pas eu beaucoup de blessés. Tout sest bien enchaîné lors de cette saison.

Lorsque nos matches étaient télévisés et que le temps était maussade, les représentants dAdidas, notre équipementier, revenaient dans les vestiaires, à la mi-temps pour repeindre les trois bandes sur les chaussures, pour quelles soient bien perceptibles pour les téléspectateurs. Cela mavait marqué. Je me suis dit : “ Comment cest possible ? “

Celui contre Monaco, de la tête. En moyenne jen marquais un par an. Jaimais bien monter sur les corners même si je navais pas forcément le droit. Je me souviens avoir mis une reprise de volée à lentrée de la surface de réparation à Ivan Curkovic, le gardien de Saint-Etienne.

Le plus technique, cétait Jean-Marc Guillou. Incontestablement. Même à lentraînement on ne parvenait pas à lui prendre le ballon. Pourtant on le connaissait. Il ny avait rien à faire. Il avait de la colle sur les pieds. Il a marqué des buts fabuleux. Il a réussi à faire se lever Jean-Bouin. Et cétait très rare. Jai rarement vu un joueur aussi fort. En tant que capitaine, je disais à mes coéquipiers : ” Si vous ne savez pas quoi faire du ballon, donnez-le à Jean-Marc. Lui, il sait quoi en faire.”

Jacques Mouilleron. Il venait de Limoges, en tant quavant-centre. Finalement, il a joué stoppeur avec nous. Il avait pour mission de marquer lattaquant adverse. Et ce nétait pas de la tarte pour son vis-à-vis. Dès que son adversaire avait le ballon, il lui tombait dessus. Je lui avais dit de calmer son jeu dans nos 18 m sinon on aurait concédé un nombre incalculable de penalties. En marquage individuel, cest lun des meilleurs joueurs que jai connus. On se retrouvait en dehors du terrain. On avait les mêmes idées.

Louis Hon (entraîneur lors de la saison 1968-1969, il fait remonter le club en première division) était un joueur de poker. Il était brut de décoffrage et très taiseux. Je me souviens dun match de Coupe de France face à Gueugnon, une équipe de troisième division. Au tour précédent on avait battu Lyon difficilement. Sur le tableau, à lentrée des vestiaires, il avait inscrit : “ Gueugnon cest Lyon ”. Et finalement, on les a battus très difficilement. Une autre fois, à Grenoble, il avait écrit : “ Combien on leur met aujourdhui ? ” Et il ne disait rien dautre. Il donnait confiance à son équipe avec une seule phrase.

Le public dAngers ma changé par rapport à ce que javais connu auparavant. Il était très connaisseur. Il savait apprécier les beaux gestes, les belles actions. Jai été frappé par cela. Dans le Sud, le public était plus exubérant. Lorsque je suis arrivé, jétais sanguin. Mais rester à Angers, cela ma assagi. Je me suis mis dans le moule angevin. Jai passé 30 ans magnifiques à Angers. Au bout de 12 saisons, je me disais : “ Tout le monde doit en avoir marre de voir ta tête. Il est temps de partir. ” Angers cest ma ville dadoption. Ce sont les meilleurs souvenirs de ma vie.

Pour célébrer son centenaire, le SCO a disputé un match de gala face à Arsenal (1-1, 3-4 aux tirs au but), le 31 août dernier, avec un maillot collector. (Jérôme Prévost/LÉquipe) Foot L1, Angers exclusivité abonnés Le SCO a 100 ans : les 12 heures de gloire du club angevin Installé sur le podium de Ligue 1, Angers SCO souffle ce jeudi 10 octobre ses cent bougies. Retour sur douze dates clés de lhistoire du club fondé sur les cendres de la Première Guerre mondiale. Jocelyn Lermusieaux (avec T. Do.) 09 octobre 2019 à 19h00 partager Actuel troisième de Ligue 1, Angers SCO en a parcouru du chemin depuis ce 10 octobre 1919 où deux frères, Georges et Paul Fortin, administrateurs de la banque du Crédit de lOuest, décidèrent de fonder une nouvelle association sportive : le Sporting Club du Crédit de lOuest, vite rebaptisé Sporting Club de lOuest (SCO).  Ouvert à tous les jeunes gens qui désirent pratiquer les sports athlétiques et le football , il est destiné à remplacer lAngers Université Club, disparu durant la Première Guerre mondiale. Ce centenaire est loccasion de revenir sur les douze heures angevines que les amateurs pourront prolonger en feuilletant 100 ans en Noir & Blanc, le livre officiel du centenaire du SCO qui vient de paraître aux éditions Hugo Sport.