Fonctionnaire interné à Antibes : le parquet fait appel de la mainlevée – Le Point

Fonctionnaire interné à Antibes : le parquet fait appel de la mainlevée - Le Point

Antibes: Un fonctionnaire libéré après avoir été interné doffice par la préfecture où il travaille

Cest une information révélée par le journal Le Point. Un fonctionnaire de la préfecture des Alpes-Maritimes a été interné doffice le 9 août dernier à la demande de son employeur. La justice a ordonné sa remise en liberté.

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Fonctionnaire interné par le préfet à Antibes : On ne souhaite ça à personne

ENQUETE Cet agent de catégorie A, ingénieur agronome, avait porté plainte pour harcèlement moral contre son supérieur

Fait rare : le juge a immédiatement suspendu la mesure dinternement, effective depuis huit jours ; non pour des problèmes de forme, comme cela se produit le plus souvent, mais en statuant  au fond . Voici lexposé des motifs de son ordonnance du 16 août :  Depuis son hospitalisation, M. Dabène a été examiné à plusieurs reprises et les médecins ont réitéré le diagnostic de délire paranoïde, considérant que le vécu persécutif professionnel décrit par le sujet était sujet à caution. Cependant, il convient de relever que M. Dabène sest clairement exprimé [à laudience] sur une situation professionnelle extrêmement dégradée et pour laquelle il a, à ce jour, peu de solutions de sortie. Son épouse, qui sest également exprimée, décrit [son mari] comme préoccupé par sa situation, mais en aucun cas délirant, ce qui questionne effectivement sur la notion de danger pour lordre public et la sécurité des personnes que présenterait M. Dabène. […] Quen conséquence, en labsence déléments démontrant que son mal-être ne peut aucunement être traité en dehors dune hospitalisation, il convient dordonner la mainlevée des soins psychiatriques. 

La justice a ordonné la remise en liberté dun fonctionnaire de la préfecture des Alpes-Maritimes, interné sur arrêté préfectoral en psychiatrie à Antibes deux mois après avoir déposé plainte pour harcèlement contre son supérieur, a indiqué son avocate.

 Monsieur D. sest clairement expliqué (…) sur sa situation professionnelle extrêmement dégradée pour laquelle à ce jour, il a peu de solutions de sortie  et  son épouse décrit celui-ci comme préoccupé par ce problème mais en aucun cas délirant , a estimé la juge des libertés et de la détention de Grasse, doutant quil présente un danger pour lordre public et la sûreté des personnes et ordonnant sa remise en liberté le 16 août.

 Quand je suis sorti, jétais une loque. Je ne pensais pas quune chose pareille puisse marriver, que ça puisse être possible dans un État de droit. Je ne souhaite ça à personne !  Éric Dabène, 57 ans, ingénieur divisionnaire et fonctionnaire de catégorie A+, a été interné durant une semaine, entre le 9 et le 16 août, à lunité psychiatrique du centre hospitalier La Fontonne dAntibes, après un arrêté dhospitalisation doffice pris une semaine plus tôt par le préfet des Alpes-Maritimes. Il se trouve que le représentant de lÉtat, qui a ordonné son internement, est aussi son… patron. Éric Dabène travaille, en effet, à la direction des territoires et de la mer rattachée à la préfecture de Nice, où le service a ses bureaux.  Travaillait  conviendrait mieux : lintéressé a été suspendu de ses fonctions à titre conservatoire, le 7 avril dernier, en attendant de comparaître en conseil de discipline devant lequel il a été traduit par sa hiérarchie. En conflit ouvert avec elle, lui-même a déposé une plainte pour  harcèlement moral , le 5 juillet dernier.

La préfecture na pas souhaité sexprimer arguant que laffaire était aux mains de la justice.

Suspendu depuis avril, son salaire amputé denviron 40 %, cet agent de catégorie A, ingénieur agronome, nose plus rentrer chez lui de peur quon ne revienne larrêter si ladministration fait appel.

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Ancien adjoint chargé des risques inondations et incendies, il avait porté plainte le 5 juin pour harcèlement moral.  Jétais plutôt un fonctionnaire exemplaire, cest incroyable, je nen dors pas depuis trois ans , raconte à lAFP Eric D., 57 ans, traumatisé par son arrestation le 9 août quil raconte comme une scène de kidnapping.  Jaurais pu disparaître , souffle-t-il, confirmant une information du Point.

Il a vécu plusieurs jours de cauchemar et na quune seule peur : que cela recommence. La justice a ordonné la remise en liberté dun fonctionnaire de la préfecture des Alpes-Maritimes, interné sur arrêté préfectoral en psychiatrie à Antibes deux mois après avoir déposé plainte pour harcèlement contre son supérieur.

La veille, il avait reçu un appel pour le convoquer au commissariat mais omis de venir. Des policiers sont donc venus chez lui, laccompagnant à sa voiture récupérer ses papiers didentité.  Ils mont foutu à terre, le visage sur le sol, mont menotté, je me suis débattu ne comprenant pas ce qui se passait et à lhôpital ils mont dit que jétais énervé, mont fait trois ou quatre piqûres et mis en cellule disolement, entravé, sauf un bras pour uriner. Jai failli faire un arrêt cardiaque , dit-il.

Son médecin traitant nétait pas informé, ni son épouse, avertie par un appel de lhôpital pour demander si son mari avait une mutuelle et interdite de visites :  Je suis resté quatre-cinq jours, pas douché, avec les mêmes vêtements et des psychotropes matin, midi et soir, je ne pouvais plus marcher .

Depuis près de trois ans, Eric D. est en conflit ouvert avec sa hiérarchie, sestimant victime de rétrogradations injustifiées dans son travail. En 2018, il est mis en cause pour avoir haussé le ton dans une pièce où plusieurs personnes étaient présentes. En janvier 2019, il sen serait pris à un autre employé de la préfecture de Nice, où il travaille. “Lindividu dont il est question a (…)

Il ajoute :  Jai appris quil y avait un arrêté préfectoral dinternement sans consentement pour trouble à lordre public et paranoïa , un diagnostic posé par un médecin désigné par la police mais contredit par dautres certificats médicaux.

Le parquet de Grasse a ensuite fait appel de cette décision jeudi 22 août et la cour dappel dAix-en-Provence devrait statuer, le 27 août, dans ce dossier. “Le délai théorique dans ce genre de dossier est de douze jours, mais sil ny a pas de nouveaux faits, il ne peut pas être réinterné”, explique Géraldine Bouzard, substitut général de la cour dappel dAix-en-Provence.

 Monsieur D. est certes en déprime suite à ce harcèlement moral depuis 2016 mais il nest pas fou , avait indiqué son avocate Me Anne-Catherine Colin-Chauley pour plaider sa libération.