JUSTICE. Affaire Théo : selon une expertise, le jeune homme souffre de séquelles à vie – Est Républicain

JUSTICE. Affaire Théo : selon une expertise, le jeune homme souffre de séquelles à vie - Est Républicain

Affaire Théo : Les séquelles du jeune homme, lun des enjeux majeurs de linstruction

Deux ans et demi après linterpellation musclée de Théo Luhaka à Aulnay-sous-Bois, une nouvelle expertise médicale pourrait bien faire changer le cours de laffaire. Selon le rapport, le jeune homme de 25 ans qui souffre dincontinence depuis son interpellation aurait besoin dun suivi médical à vie.

Cétait à la cité de la Rose des vents à Aulnay-sous-Bois en région parisienne. Théo Luhaka se fait interpeller par quatre policiers pour un contrôle didentité qui tourne mal. Blessé par un coup de matraque télescopique dans lanus, le jeune homme part à lhôpital avec une déchirure de 10 cm.

La dernière expertise médicale remise à la juge dinstruction la semaine dernière est claire :  Ces lésions sont en relation certaine et directe avec linterpellation  et Théo Luhaka aura besoin dun suivi médical à vie.

Cette conclusion survient après deux rapports de février 2018 qui nétaient pas à lavantage du jeune homme. Le premier conteste toute pénétration attribuant la déchirure de 10 cm à la force du coup de la matraque et lautre conclut que le coup nétait pas contraire au règlement.

Affaire Théo : le jeune homme de 25 ans aura besoin dun suivi médical à vie, selon une expertise

Alors, cette nouvelle expertise pourrait bien être un tournant. Si à lissue de linstruction Théo Luhaka se voit reconnaître une infirmité permanente, laffaire pourrait être jugée aux assises, même si la qualification de viol navait pas été retenue.

Le 2 février 2017, le jeune homme avait été gravement blessé par un coup de matraque au niveau de la zone rectale, lors dune interpellation dans la cité des 3.000 en Seine-Saint-Denis. Laffaire est toujours à linstruction à Bobigny. Quatre policiers ont été mis en examen, dont lun pour “viol”. Les parties adverses peuvent demander une contre-expertise médicale. Mais si à lissue de linstruction, Théo se voit reconnaître une infirmité permanente, laffaire pourrait être jugée aux assises, et ce même si la qualification de viol nest pas finalement retenue faute déléments prouvant lintentionnalité du geste. 

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Selon son avocat Antoine Vey, le jeune homme ne “va pas bien du tout”. “Il a subi des faits humiliants, les gens lui renvoient une image très compliquée, il a du mal à gérer lexposition médiatique”, dit-il. “Il a été victime dun préjudice irrévocable. Il sagit maintenant de qualifier si cest un viol ou des violences en réunion ayant entraîné un préjudice permanent”. 

ENQUETE Selon une récente expertise, Théo Luhaka, devenu le symbole des violences policières, présente une infirmité permanente

Affaire Théo : une expertise révèle quil souffrira dune infirmité permanente

 Une infirmité permanente.  Deux ans et demi après linterpellation violente de Théo Luhaka, grièvement blessé par un coup de matraque au niveau de la zone anale, une nouvelle expertise révèle la gravité des blessures du jeune Aulnaysien. Dans un rapport versé au dossier le 21 août, une experte en gastro-entérologie affirme que la victime, aujourdhui âgée de 25 ans, aura besoin dun suivi médical à vie, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.

Après avoir examiné la victime dans le courant de lété, la médecin estime à 20 % son taux dincapacité, notamment lié à des problèmes intestinaux et une incontinence active. Surtout, lexperte se montre formelle quant à lorigine de la blessure : Théo Luhaka ne souffrait daucun antécédent avant son interpellation,  les lésions sphinctériennes sont donc en relation certaine et directe avec [son interpellation] .  Cette analyse est cohérente avec la description de ce que Théo a subi, affirme auprès de 20 Minutes son avocat, Me Antoine Vey. La thèse des violences proportionnées que soutiennent les policiers nest pas compatible avec une infirmité permanente. 

Cette dernière expertise survient après deux rapports, largement commentés par la presse, en février 2018. Le premier contestait toute pénétration de lanus par la matraque, attribuant la déchirure de 10 centimètres à la force du coup. Dans la foulée, le deuxième, rédigé par un expert du ministère de lIntérieur, concluait que le coup de matraque nétait pas contraire au règlement. Par ailleurs, cette expertise médicale vient dans un même mouvement réhabiliter la parole de Théo Luhaka alors que lextrême droite avait crié à la fake news. une très forte communication des syndicats de police sur le sujet, qui ont instrumentalisé laffaire,Nous, on nen a jamais fait un procès de la police mais un procès des violences policières, rétorque lavocat du jeune homme.

Derrière cette expertise médicale, cest la qualification de linfraction qui est en jeu. Dans ce dossier particulièrement sensible, quatre fonctionnaires de police sont mis en examen, dont un – celui qui a donné le coup de matraque – pour viol. Mais pour lheure, la thèse dun geste intentionnel​ soutenue par la victime na pas pu être formellement établie.

En février 2018, un rapport rédigé par un chirurgien viscéral, un médecin légiste et un expert du ministère de lIntérieur établissait que la matraque navait pas directement pénétré lanus mais une zone  périanale , ce qui a provoqué la rupture du sphincter et une déchirure du canal anal sur une dizaine de centimètres. Or, un acte ne peut être qualifié de viol – et donc relever de la cour dassises – que sil y a  pénétration , de quelque nature que ce soit et si celle-ci a été commise par la violence, la contrainte, la menace ou la surprise. Mais si à lissue de linstruction, Théo se voyait reconnaître une infirmité permanente, laffaire pourrait malgré tout être jugée aux assises et ce, même si la qualification de viol nétait finalement pas retenue. Les policiers encourraient alors une peine de 15 ans de réclusion criminelle.

Les différentes parties peuvent désormais demander une contre-expertise ou un complément dexpertise, requête qui, pour lheure, na pas été communiquée au parquet de Bobigny, selon nos informations. Contacté, lavocat du policier mis en examen pour viol, na pas souhaité sexprimer.