Théo Luhaka gardera des séquelles à vie, concluent des médecins – Valeurs Actuelles

Théo Luhaka gardera des séquelles à vie, concluent des médecins - Valeurs Actuelles

Affaire Théo: le jeune homme “aura besoin dun suivi médical à vie”

AFFAIRE THÉO – Deux ans après le début de l’affaire Théo, l’enquête avance toujours pour déterminer la qualification de l’infraction reprochée aux quatre fonctionnaires mis en cause dans l’interpellation musclée de Théo Luhaka.

En février 2017, le jeune homme avait été interpellé à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et l’un des policiers lui avait enfoncé sa matraque dans le rectum, le blessant sévèrement. Le 21 août 2019, une gastro-entérologue a remis un rapport à la juge d’instruction après avoir examiné l’homme de 25 ans. Ce dernier, selon elle, “aura besoin d’un suivi médical à vie”, rapporte Le Parisien ce vendredi 30 août.

La cité des 3 000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), en février 2017. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP Les conclusions dune expertise médicale pourraient ouvrir la voie à un procès aux assises. Elles affirment que Théo L., grièvement blessé en 2017 lors dune interpellation policière, présente  une infirmité permanente , ont expliqué vendredi 30 août des sources concordantes, confirmant une information du Parisien. Le 2 février 2017, ce jeune homme avait été blessé par un coup de matraque au niveau de la zone rectale, lors dune interpellation dans la cité des 3 000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Quatre policiers ont été mis en examen, dont lun pour  viol .

L’experte estime que le taux d’atteinte permanente à l’intégrité physique et psychique de Théo Luhaka est de “20%” à cause des conséquences intestinales sur la vie du jeune homme, qui souffre d’une “incontinence active”. Elle a assuré qu’il ne souffrait “d’aucun antécédent de traumatisme anal” et que “les lésions sphinctériennes sont donc en relation certaine et direct avec [l’interpellation]”.

 Il a été victime dun préjudice irrévocable. Il sagit maintenant de qualifier si cest un viol ou des violences en réunion ayant entraîné un préjudice permanent , a réagi son avocat Antoine Vey. Selon lexperte en gastro-entérologie qui a écrit lexpertise, Théo ne souffrait d aucun antécédent  et  les lésions sphinctériennes sont donc en relation certaine et directe  avec son interpellation. Il souffre dune  incontinence active (…). On peut obtenir une amélioration des symptômes par le traitement médical (…) mais cette prise en charge est nécessaire à vie .

“On peut obtenir une amélioration des symptômes par le traitement médical (…) mais cette prise en charge est nécessaire à vie, et le résultat peut varier dans le temps”, a-t-elle souligné avant de mettre en garde contre une possible aggravation des symptômes. Selon Le Parisien, elle propose de fait de “réévaluer les blessures de Théo d’ici deux ans”.

Ces séquelles vont compromettre considérablement l’avenir de Théo Luhaka puisqu’il ”était un sportif professionnel. Il ne pourra plus pratiquer ce sport (le football, NDLR) de manière professionnelle”, explique-t-elle avant d’indiquer qu’il devra trouver un travail “adapté à sa situation”. Psychologiquement, les conséquences de cette interpellation sont présentes, note la médecin à qui le jeune homme a confié “ne plus avoir de vie sociale, passant ses journées à regarder la télévision chez ses parents ‘sans projet de formation’, sujet à des insomnies et ne plus voir ses amis”, décrit Le Parisien.  

Cette dernière expertise médicale survient après deux rapports, largement commentés par la presse, en février 2018. Une première expertise médicale contestait alors toute pénétration de lanus par la matraque, attribuant la déchirure de 10 centimètres à la force du coup administré. Dans la foulée, un deuxième rapport, rédigé par un expert du ministère de lIntérieur, concluait que le coup de matraque nétait pas contraire au règlement. Par ailleurs, cette expertise médicale vient dans un même mouvement réhabiliter la parole de Théo Luhaka alors que lextrême droite, dont Robert Ménard et Marine Le Pen, criait à la fake news, avec en parallèle une très forte communication des syndicats de police sur le sujet, qui ont instrumentalisé laffaire, estime son avocat. Nous, on nen a jamais fait un procès de la police mais un procès des violences policières.

À ce stade de l’enquête, la thèse du viol intentionnel soutenue par Théo n’a pas été validée. Le coup de matraque qui a blessé le jeune homme a heurté “la bordure de l’anus”, sans le pénétrer d’après l’enquête.

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ENQUETE Selon une récente expertise, Théo Luhaka, devenu le symbole des violences policières, présente une infirmité permanente

Les expertises et contre-expertises sont au cœur du dossier. En effet, si la qualification de viol est retenue, les policiers suspects pourraient être renvoyés devant une cour dassises. Si les charges de nature sexuelle sont écartées, la juge dinstruction pourra retenir des faits de “violences volontaires”. Dans ce cas-là, cest la gravité des blessures qui détermine la juridiction de renvoi. Si elles ont entraîné “une mutilation ou une infirmité permanente”, elles sont passibles de la cour dassises également et de 15 ans de réclusion criminelle ; en revanche, des violences volontaires ayant occasionné des blessures moins graves (plus de 8 jours dITT mais sans infirmité permanente) sont des délits, et ne permettent de renvoyer leurs auteurs que devant un tribunal correctionnel.

 Une infirmité permanente.  Deux ans et demi après linterpellation violente de Théo Luhaka, grièvement blessé par un coup de matraque au niveau de la zone anale, une nouvelle expertise révèle la gravité des blessures du jeune Aulnaysien. Dans un rapport versé au dossier le 21 août, une experte en gastro-entérologie affirme que la victime, aujourdhui âgée de 25 ans, aura besoin dun suivi médical à vie, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.

Théo Luhaka et son avocat défendent la thèse du viol intentionnel commis par lun des fonctionnaires avec sa matraque. Mais plusieurs expertises versées au dossier par ailleurs vont à lencontre de la thèse défendue par la victime, notant que le coup de matraque qui a blessé le jeune homme a heurté “la bordure de lanus” mais sans le pénétrer. Pour la défense, les charges de nature sexuelles seraient donc à écarter.

Après avoir examiné la victime dans le courant de lété, la médecin estime à 20 % son taux dincapacité, notamment lié à des problèmes intestinaux et une incontinence active. Surtout, lexperte se montre formelle quant à lorigine de la blessure : Théo Luhaka ne souffrait daucun antécédent avant son interpellation,  les lésions sphinctériennes sont donc en relation certaine et directe avec [son interpellation] .  Cette analyse est cohérente avec la description de ce que Théo a subi, affirme auprès de 20 Minutes son avocat, Me Antoine Vey. La thèse des violences proportionnées que soutiennent les policiers nest pas compatible avec une infirmité permanente. 

Selon Le Parisien, une docteure en gastro-entérologie, qui a examiné Théo dans lété, a rendu son rapport dexpertise à la juge en charge de linstruction du dossier. Elle écrit ainsi : “M. Luhaka aura besoin dun suivi médical à vie.” Et estime à 20% son taux datteinte permanente à lintégrité physique et psychique.

Derrière cette expertise médicale, cest la qualification de linfraction qui est en jeu. Dans ce dossier particulièrement sensible, quatre fonctionnaires de police sont mis en examen, dont un – celui qui a donné le coup de matraque – pour viol. Mais pour lheure, la thèse dun geste intentionnel​ soutenue par la victime na pas pu être formellement établie.

Pendant l’été, une docteure en gastro-entérologie a examiné Théo et évalue à « 20 % » son taux d’atteinte permanente à l’intégrité physique et psychique (AIPP). L’experte indique qu’il souffre à ce jour d’une « incontinence active« . Dans son rapport, elle indique également que le jeune homme de 25 ans ne souffrait « d’aucun antécédent de traumatisme anal » et souligne que « les lésions sphinctériennes sont donc en relation certaine et direct avec l’interpellation ».

En février 2018, un rapport rédigé par un chirurgien viscéral, un médecin légiste et un expert du ministère de lIntérieur établissait que la matraque navait pas directement pénétré lanus mais une zone  périanale , ce qui a provoqué la rupture du sphincter et une déchirure du canal anal sur une dizaine de centimètres. Or, un acte ne peut être qualifié de viol – et donc relever de la cour dassises – que sil y a  pénétration , de quelque nature que ce soit et si celle-ci a été commise par la violence, la contrainte, la menace ou la surprise. Mais si à lissue de linstruction, Théo se voyait reconnaître une infirmité permanente, laffaire pourrait malgré tout être jugée aux assises et ce, même si la qualification de viol nétait finalement pas retenue. Les policiers encourraient alors une peine de 15 ans de réclusion criminelle.

Deux ans et demi après l’interpellation musclée de Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un rapport remis à la juge d’instruction mercredi 21 août 2019 indique que « M. Luhaka aura besoin d’un suivi médical à vie », selon les informations du Parisien. Le 2 février 2017, il avait été gravement blessé au cours d’un contrôle de police. La matraque d’un policier avait perforé la zone péri-anale. 

Les différentes parties peuvent désormais demander une contre-expertise ou un complément dexpertise, requête qui, pour lheure, na pas été communiquée au parquet de Bobigny, selon nos informations. Contacté, lavocat du policier mis en examen pour viol, na pas souhaité sexprimer.