Besançon : 24 empoisonnements reprochés au Dr Péchier, sur fond de vengeance – Est Républicain

Besançon : 24 empoisonnements reprochés au Dr Péchier, sur fond de vengeance - Est Républicain

Affaire Péchier: les victimes défilent au commissariat de Besançon

Jeudi, après deux jours de garde à vue, le docteur Frédéric Péchier, soupçonné davoir empoisonné des patients, a été déféré au palais de justice de Besançon (Doubs), et mis en examen en début de soirée pour 17 nouveaux cas dempoisonnements présumés de patients.

La qualification retenue à son encontre est celle dempoisonnement sur personne vulnérable, crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Le parquet va requérir son placement en détention provisoire. Un juge des libertés et de la détention est saisi.

Affaire des empoisonnements, une guerre judiciaire sans merci entre laccusation et le camp Péchier

Au cours dune conférence de presse, le procureur de la République de Besançon a indiqué que le parquet avait lancé des poursuites pour 17 nouveaux cas dempoisonnement, soit “un quart” des incidents médicaux étudiés. Sept dentre eux se sont avérés mortels.

Lanesthésiste est soupçonné davoir empoisonné plusieurs patients entre 2008 et 2016, dont un enfant âgé de 4 ans qui était venu pour une ablation des amygdales. Tous étaient venus pour des pathologies bénignes.

Parmi eux, donc, Teddy, comme le révèlent France Bleu et LEst républicain. Le jeune enfant a été hospitalisé le 22 février à 2016 à la clinique Saint-Vincent pour une opération des amygdales. Mais, au cours de lintervention, Teddy subit un double arrêt cardiaque.  Une minute après son premier arrêt, le Dr Péchier, qui nétait pas son anesthésiste, intervient et prend en charge les éléments de la réanimation cardiaque , explique Me Jean-Michel Vernier, avocat des parents de lenfant. Il subit alors un second arrêt cardiaque, mais de nouveau  le Dr Péchier apparaît comme le sauveur , explique Me Vernier. Les enquêteurs soupçonnent lanesthésiste davoir ainsi sciemment modifié les poches dinjection de confrères afin de provoquer des incidents opératoires pour exercer ensuite ses talents de réanimateur.

Selon le procureur, les incidents survenaient peu après des épisodes de “conflit aigu” entre le Dr Péchier et ses collègues anesthésistes ou chirurgiens, qui s’occupaient des patients visés. Un mobile teinté de vengeance se dessine donc, selon le parquet.

Ce dernier doit savoir jeudi sil est de nouveau mis en examen après sa garde à vue qui sest terminée dans la matinée. Le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, a dores et déjà prévu de tenir une conférence de presse en fin daprès-midi.  Le docteur Péchier continue à collaborer très précisément avec les enquêteurs en répondant parfaitement aux questions qui lui sont posées , a déclaré, mercredi en début de soirée, son avocat, Me Randall Schwerdorffer, sortant de linterrogatoire. Son client  nie tout acte malveillant , a-t-il réaffirmé. Parallèlement à linterrogatoire de Frédéric Péchier, la direction de la clinique Saint-Vincent, des personnels médicaux, ainsi que des victimes potentielles et des proches ont été entendus mercredi par les enquêteurs.

Anesthésiste de Besançon: quest-ce que le syndrome du pompier pyromane ?

Ces faits s’inscrivent dans le cadre d’une enquête ouverte discrètement en 2017 par le parquet, parallèlement à la mise en examen de Frédéric Péchier pour sept premiers empoisonnements. Elle portait sur une cinquantaine de signalements.

Le profil particulier de lanesthésiste, âgé de 47 ans, est lune des grandes interrogations de cette affaire. Depuis le début, le docteur Péchier clame son innocence et nie les faits qui lui sont reprochés. Maître Frédéric Berna évoque un homme  prétentieux ,  très intelligent  et qui aurait  un complexe de supériorité sur le reste du monde médical . Quand il y a un problème, cest toujours la faute des autres qui sont autour de lui et qui ne sont pas suffisamment compétents , ajoute lavocat.

En marge de la garde à vue, les victimes darrêts cardiaques ou leurs proches se sont succédé depuis ce mardi au commissariat de Besançon, rapporte LEst Républicain qui a pu recueillir les témoignages de plusieurs dentre eux.

 A partir de sept cas, on est déjà au-delà du serial killer, affirme-t-il. Rendez-vous compte que toutes ces personnes, dont des enfants, sont entrées à lhôpital pour être soignées. Certaines nen sont pas ressorties, dautres avec des séquelles, dont certaines très graves . Pour lavocat, si le nombre de cas savérait aussi important, ce serait  une première en France  dans une affaire dempoisonnement. Lavocat parle dune  affaire hors norme .

“Le Dr Péchier conteste tout acte d’empoisonnement de quelque nature que ce soit”, a réaffirmé jeudi matin Me Randall Schwerdorffer devant la presse, indiquant que son client était “très fatigué” après deux jours d’interrogatoire par la police judiciaire.

“Lidée serait quil provoquait des incidents sur des opérations qui nétaient pas les siennes, pour pouvoir être systématiquement appelé en secours et procéder aux réanimations”, a expliqué sur BFMTV Maître Frédéric Berna, avocat des parties civiles dans cette affaire. “Cest quelquun qui, à un moment, compte tenu de son activité professionnelle, avait cette tendance peut-être à se prendre pour Dieu”.

Mercredi, le procureur de la République à Besançon, Etienne Manteaux, a annoncé la prolongation “pour un second délai de 24h” de la garde à vue du docteur Frédéric Péchier, anesthésiste réputé des cliniques de Besançon, soupçonné dêtre l’auteur de dizaines d’empoisonnements de patients.

Le syndrome du pompier pyromane provient, à la base, dun phénomène décelé chez certains pompiers qui déclenchent eux-mêmes des feux pour ensuite pouvoir les éteindre. Un rapport du Conseil national américain des pompiers volontaires sur ce sujet explique quune partie des pompiers touchés par ce phénomène sont “vaniteux” ou ont un “complexe du héros”. 

L’audition ne pouvant excéder 48 heures, l’interrogatoire s’achèvera au plus tard jeudi vers 9h. Ensuite, et en fonction des éléments recueillis lors de la garde à vue, Frédéric Péchier pourrait être déféré, avant une possible mise en examen pour de nouveaux cas d’empoisonnements et un éventuel placement en détention.

“Ce sont 17 dossiers qui ont été retenus” portant sur des arrêts cardiaques survenus lors dinterventions chirurgicales sur des patients âgés de 4 à 80 ans dont “sept nont pas survécu”, a détaillé le procureur de la République Etienne Manteaux, précisant quil avait requis le placement en détention du médecin.

Lanesthésiste de Besançon poursuivi pour 17 nouveaux cas dempoisonnement

Les faits à l’origine de la garde à vue s’inscrivent dans le cadre d’une enquête préliminaire, ouverte discrètement en 2017 par le parquet, parallèlement à la mise en examen de Frédéric Péchier pour sept empoisonnements. Elle porte sur une cinquantaine de signalements qui pourraient dissimuler des faits d’empoisonnement potentiels.

Le parquet de Besançon a annoncé jeudi avoir engagé des poursuites contre lanesthésiste Frédéric Péchier pour “empoisonnement sur personne vulnérable” visant 17 nouveaux cas dempoisonnements présumés, qui sajoutent aux sept pour lesquels il avait déjà été mis en examen en 2017.

En marge de la garde à vue, les victimes darrêts cardiaques ou leurs proches se succèdent depuis ce mardi au commissariat de Besançon, rapporte LEst Républicain qui a pu recueillir les témoignages de plusieurs dentre eux. Tous sont auditionnés avec attention par les policiers.

En 2017 déjà, il avait été inculpé pour sept empoisonnements mais avait avait été laissé libre sous contrôle judiciaire, avec linterdiction dexercer sa profession. Après une enquête préliminaire parallèle de deux années, la justice cherche désormais à faire la lumière sur son éventuelle implication dans une cinquantaine dautres incidents médicaux suspects qui pourrait dissimuler des “faits dempoisonnement potentiels”. Parmi ces “événements indésirables graves”, il y aurait 15 décès.