Soupçons dempoisonnements : lanesthésiste de Besançon laissé libre, le parquet fait appel – LCI – LCI

Soupçons d\empoisonnements : l\anesthésiste de Besançon laissé libre, le parquet fait appel - LCI - LCI

Lanesthésiste de Besançon est né à Angoulême et défendu par un avocat charentais

Satisfaction de la défense, choc des victimes présumées: lanesthésiste Frédéric Péchier, mis en examen pour 17 nouveaux cas dempoisonnements de patients, a été laissé libre sous contrôle judiciaire, une décision contestée par le parquet qui a fait appel vendredi.

Lannonce en plein milieu de la nuit de jeudi à vendredi, au terme de plusieurs heures daudience à huis clos, a suscité létonnement: désormais mis en examen pour 24 cas dempoisonnements – avec neuf personnes décédées – entre 2008 et 2016, le médecin de 47 ans a été laissé libre sous contrôle judiciaire par la juge des libertés et de la détention (JLD).

 Jai des lésions au cerveau, donc des séquelles cognitives, des problèmes de mémoire et de concentration , confie Mme Simard. Odile Lacherey, 47 ans, fait partie des 17 cas pour lesquels Frédéric Péchier a été mis en examen jeudi. En janvier 2015, elle entre au bloc pour une hystérectomie. Sur la table dopération,  jai fait un arrêt cardiaque et me suis retrouvée aux soins intensifs pendant quatre jours . Depuis, elle a des problèmes de mémoire :  Avant, jarrivais à prendre une commande pour une table, maintenant je narrive plus , explique cette gérante de restaurant qui doit désormais toujours avoir de quoi noter pour ne rien oublier.  Même quand je mexprime, jai parfois du mal à trouver mes mots , confie-t-elle. Amandine Iehlen, présidente dAvapolvi, a perdu son père en 2018 lors dune ablation du rein.  Il avait 53 ans et était en parfaite santé , dit la jeune femme.

Lanesthésiste de Besançon laissé libre : que dit le droit sur cette décision polémique?

Les avocats de lanesthésiste ont immédiatement affiché leur satisfaction: "Cest une décision juste et opportune", a réagi auprès de lAFP lun dentre eux, Me Randall Schwerdorffer.

Déjà interdit de pratiquer sa profession depuis sa précédente mise en examen en 2017, le médecin qui reste présumé innocent a désormais également interdiction de se rendre à Besançon et dans la commune voisine où il réside.

 Cest lincompréhension totale.  La colère est palpable chez les victimes présumées de Frédéric Péchier,  choquées  après la décision vendredi 17 mai de la justice de laisser en liberté sous contrôle judiciaire lanesthésiste, mis en examen pour 24 empoisonnements, dont 9 mortels.  Nous sommes profondément choqués (par) cette décision, compte tenu des charges qui pèsent aujourdhui contre  le médecin, a déclaré lors dune conférence de presse à Besançon Sandra Simard, 38 ans, lune des victimes présumées de Frédéric Péchier et vice-présidente dAvapolvi, une association qui regroupe 24 victimes ou proches de victimes.

Selon une source proche du dossier, ce praticien originaire de la Vienne souhaite sinstaller chez ses parents, près de Poitiers. Frédéric Péchier a suivi son cursus de médecine à Poitiers où son père exerce comme médecin réanimateur au CHU.

Mme Simard fait partie des sept premiers cas dempoisonnement pour lesquels le Dr Péchier a été mis en examen en mars 2017. Deux patients sont décédés. À lépoque, lanesthésiste avait déjà été laissé libre sous contrôle judiciaire. Jeudi 16 mai, à la suite dune enquête de deux ans, menée parallèlement à cette première information judiciaire, il a été mis en examen pour 17 autres cas dempoisonnement sur personnes vulnérables, dont 7 mortels. Au total, la justice lui reproche désormais 24 empoisonnements, dont 9 se sont soldés par des décès.

Quelques heures après lannonce de son maintien en liberté, le procureur de la République à Besançon Etienne Manteaux, qui avait requis son placement en détention provisoire, a indiqué que le parquet allait "bien évidemment" faire appel de cette décision. Ce quil a effectivement fait vendredi, a indiqué le procureur dans la soirée.

Du côté des victimes présumées du Dr Péchier, son maintien en liberté est difficile à accepter.

"Nous sommes profondément choqués (par) cette décision, compte tenu des charges qui pèsent aujourdhui contre" le médecin, a déclaré lors dune conférence de presse Sandra Simard, lune des sept victimes présumées initialement identifiées de M. Péchier et vice-présidente de lassociation Avapolvi, qui rassemble les victimes ou leurs proches.

Jexerce sans infirmière. Si je veux injecter 15 g de potassium à mon patient, je peux le faire, confirme une anesthésiste parisienne exerçant en clinique. Mais je ny ai aucun intérêt. Sattaquer aux patients des autres, cest plus retors , estime-t-elle. Or cest précisément ce qui semble sêtre passé à la clinique Saint-Vincent. Lenquête a également démontré que Frédéric Péchier, qui arrivait toujours avant tout le monde ou restait tard seul le vendredi soir, proposait volontiers de soccuper de cette tâche pour ses collègues.

La jeune femme de 38 ans est restée cinq jours dans le coma après un arrêt cardiaque survenu à loccasion dune opération du dos en janvier 2017. "Aujourdhui, jai des lésions au cerveau, donc des séquelles cognitives, des problèmes de mémoire et de concentration", a-t-elle expliqué.

Comment le docteur Péchier aurait-il pu empoisonner les poches de perfusion de patients, dans un milieu pourtant soumis à des protocoles contraignants ? En principe, ce sont les infirmières anesthésistes qui sont chargées de les préparer. Le matin, avant que les interventions ne senchaînent, elles retirent le film plastique des poches de soluté, fabriquées dans des laboratoires spécialisées et déjà préremplies avec du sérum et des oligoéléments. Elles les déposent ensuite sur un chariot qui part au bloc.

Besançon: Lanesthésiste Frédéric Péchier mis en examen cette nuit pour 17 nouveaux cas dempoisonnements de patients mais laissé libre contrairement à ce que demandait le parquet

Conseil des parents de la plus jeune victime présumée, un enfant de quatre ans en 2016, opéré des amygdales, qui a survécu à deux arrêts cardiaques, Me Jean-Michel Vernier a évoqué la "colère" de ses clients qui se sont constitués parties civiles "vendredi matin".

Besançon : lanesthésiste laissé libre, colère des familles de victimes

Mis en examen en 2017 pour sept premiers cas dempoisonnement – dont deux mortels -, déjà laissé libre sous contrôle judiciaire, M. Péchier a été une nouvelle fois mis en examen jeudi pour "empoisonnements sur personnes vulnérables", sur 17 autres personnes, dont sept décédées.

Le médecin na été brièvement aperçu quau début de laudience devant la JLD. Il est apparu lair fatigué et les cheveux hirsutes. Son épouse, ses deux filles et ses parents étaient alors présents.

Ces solutions servent à hydrater le patient durant lopération, et permettent de garder les veines ouvertes pour faire passer les produits anesthésiants que le médecin injecte ensuite dans le petit embout. Le second embout sert à brancher la perfusion au malade.

Pour le procureur de la République à Besançon, le médecin est "le dénominateur commun" des événements indésirables graves (EIG) relevés par le corps médical entre 2008 et 2016. Lanesthésiste, lui, nie en être responsable.

"Le procureur veut dire que, au fond, Péchier ferait laffaire comme coupable (mais) il ne suffit pas dêtre un coupable possible", a rétorqué sur BFMTV lun des avocats du médecin, Me Jean-Yves Le Borgne.

Inconcevable, estime Sandra Simard, porte-parole de lassociation Avapolvi, qui représente les patients lésés du médecin. Elle est lune des premières victimes présumées de Frédéric Péchier: à la suite dune opération bénigne, Sandra était tombée dans le coma pendant cinq jours en janvier 2017. Les plaignants vivent depuis deux ans un véritable ascenseur émotionnel, ce maintien en liberté est assez incompréhensible, a déclaré Me Frédéric Berna, avocat de parties civiles. Lavocat des parents de la plus jeune victime présumée, un enfant de quatre ans en 2016, opéré des amygdales et qui a survécu à deux arrêts cardiaques, Me Jean-Michel Vernier, a évoqué la colère de ses clients qui se sont constitués parties civiles vendredi matin.

Les 17 nouveaux cas dempoisonnements présumés, retenus parmi 66 "événements indésirables graves" (EIG) suspects signalés, concernent des patients âgés de 4 à 80 ans, alors quils étaient opérés. Ils ont pour la plupart été victimes darrêts cardiaques au bloc.

Déféré au tribunal de Besançon jeudi matin, après 48 heures de garde à vue, lanesthésiste avait reconnu à la fin de son interrogatoire que des actes criminels, des empoisonnements, ont bien été commis à la clinique Saint-Vincent mais il a nié en être lauteur, selon le procureur de la République Étienne Manteaux. Pour ce dernier, le médecin est au contraire le dénominateur commun des événements indésirables graves (EIG) relevés par le corps médical entre 2008 et 2016. Les nouveaux cas dempoisonnements présumés ont été retenus parmi 66 EIG suspects signalés, concernant des patients âgés de 4 à 80 ans, opérés pour des interventions mineures et qui ont pour la plupart fait des arrêts cardiaques lors dopérations.

Le mode opératoire, selon le procureur, consistait "à polluer des poches de soluté de réhydratation ou des poches de paracétamol avec des anesthésiques locaux ou du potassium".

M. Péchier, jamais pris sur le fait, est au coeur d"un faisceau déléments concordants", a assuré le magistrat. Selon lui, ces EIG sinscrivaient "dans un contexte de conflit aigu avec ses collègues anesthésistes ou chirurgiens" de la clinique Saint-Vincent de Besançon.

La sidération. Cest le sentiment que partagent les victimes présumées de lanesthésiste Frédéric Péchier, après sa libération sous un simple contrôle judiciaire ce vendredi 17 mai. Il avait été mis en examen la veille pour 17 nouveaux cas dempoisonnements de patients, dont sept mortels. Le délibéré, tombé à 3 heures du matin au terme de plusieurs heures daudience à huis clos, a suscité létonnement: le médecin est maintenu en liberté, comme cest le cas depuis 2017, date de sa première mise en examen.

Cette nouvelle mise en examen intervient après une enquête préliminaire de deux ans, durant laquelle quatre corps ont été exhumés fin 2018.

Le docteur Péchier est désormais mis en examen pour 24 cas dempoisonnements sur personnes vulnérables -neuf sont décédées – entre 2008 et 2016. Interdit de pratiquer sa profession depuis 2017, le médecin de 47 ans a écopé dune interdiction de paraître à Besançon et à Montfaucon, commune voisine dans laquelle il réside. Cest une décision juste et opportune, a réagi auprès de lAFP lun de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer. Mais du côté des plaignants, cest la douche froide.

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