Anesthésiste soupçonné dempoisonnements à Besançon : un syndicat danesthésiste se porte partie civile – France 3 Régions

Anesthésiste soupçonné d\empoisonnements à Besançon : un syndicat d\anesthésiste se porte partie civile - France 3 Régions

LAnesthésiste de Besançon

Lanesthésiste soupçonné davoir empoisonné des patients avait 12 ans quand une femme est morte dun accident danesthésie au CHU de Poitiers, où travaillaient ses parents. Le  seul cas similaire  à celui de Besançon, survenu en 2008.

Depuis une semaine, Frédéric Péchier vit dans la Vienne, chez ses parents, en bordure de Poitiers. Lanesthésiste de 47 ans est de retour dans la ville où il a grandi et réussi sa première année de médecine et son internat. Médecin réputé de la clinique Saint-Vincent de Besançon, le docteur Péchier, mis en examen pour vingt-quatre  empoisonnements , a quitté le Doubs le 16 mai à laube, soulagé de laisser derrière lui  la Butte , comme on appelle la maison darrêt de la ville.

Empoisonnements à Besançon: un syndicat danesthésistes partie civile

Avec lui dans la voiture, sa sœur cadette, Julie, qui le défend aux côtés de Mes Jean-Yves Le Borgne et Randall Schwerdorffer. Mais aussi sa mère, aujourdhui retraitée, cadre infirmière en oncologie au CHU de Poitiers, et son père qui, par une société dintérim, continue deffectuer des remplacements dans le département danesthésie-réanimation de ce même hôpital quil a intégré en décembre 1985. Un service de sinistre mémoire : cest là quil y a trente-cinq ans sest déroulée l affaire des médecins de Poitiers .

La mortalité en anesthésie se situe dans une fourchette comprise entre un pour 100.000 et un pour un million, ce qui est assez proche de laviation civile. Et bien moins important que pour les interventions chirurgicales en elles-mêmes. On a besoin de rassurer les patients, on ne peut pas laisser courir des bruits sur la sécurité anesthésique, souligne de son côté le président du Snarf, Christian-Michel Arnaud, interrogé mercredi par le quotidien LEst Républicain.

Qui sen souvient en ville ? Le 30 octobre 1984, une femme de 33 ans, mère de deux enfants, entre au CHU pour une opération bénigne. Quelques heures plus tard, Nicole Berneron trouve la mort au bloc opératoire du service ORL. Il apparaît que les deux tuyaux amenant le gaz au respirateur de la patiente ont été inversés. Du drame au procès dassises, en mars 1988 ( Fred  a alors 16 ans), on ne parle que de ça chez les Péchier, famille de quatre enfants. Entré en 1975 au CHU, où il devient dix ans plus tard praticien hospitalier à plein temps, M. Péchier père est en effet aux premières loges.

Lobjectif est de préserver la nécessaire relation de confiance entre patients et médecins anesthésistes-réanimateurs dores et déjà mise à mal par limportante médiatisation de cette affaire, poursuit le syndicat. Il ne sagit pas dune plainte contre X ni contre le Dr Péchier mais dune simple constitution de partie civile afin davoir accès au dossier et de défendre la profession danesthésiste, a ajouté le Snarf, interrogé par lAFP.

Pour les experts officiels, la patiente est décédée dune insufflation massive de protoxyde dazote. Une conclusion qui accuse aussitôt le docteur Bakari Diallo, mis en cause par son chef de service, et incarcéré pour  assassinat . Aux yeux dautres spécialistes, cette issue fatale doit à une série daccidents. Lhypothèse accable, elle, le professeur Pierre Mériel, chef du département et vrai mandarin, accusé d homicide involontaire  : pour navoir pas su prévenir lirréparable, ou parce quil aurait maquillé linversion des deux tuyaux après le décès.

Les faits survenus à Besançon sont criminels et sont totalement indépendants de lexercice de la profession danesthésiste-réanimateur, insiste sur son site internet le principal syndicat danesthésistes libéraux, qui revendique 1200 adhérents. Le syndicat précise que cette décision a été prise samedi à lunanimité de son conseil dadministration afin de pouvoir défendre les droits et intérêts matériels et moraux de la spécialité.

Depuis sa première mise en examen en mars 2017, Frédéric Péchier, reclus dans sa maison du bourg de Montfaucon dont il ne sévade guère, sentretient régulièrement au téléphone avec son père. Plus pédagogue et nettement plus calme que son fils, Jean-Michel Péchier écoute sa colère, conseille, demande des explications et des détails quand les réponses lui semblent trop lapidaires, révèlent les écoutes téléphoniques versées au dossier. Sans doute se souvient-il quen 1984,  la culpabilité de Diallo était acquise pour tous , rappelle Me Henri Leclerc, avocat de lanesthésiste de Poitiers. A lépoque, dailleurs, Jean-Michel Péchier nappartenait pas au clan des défenseurs de Diallo, acquitté aux assises quatre ans plus tard.

Le Syndicat national des anesthésistes-réanimateurs de France (Snarf) a annoncé mercredi sa décision de se constituer partie civile dans laffaire des 24 empoisonnements présumés à Besançon pour lesquels Frédéric Péchier, un anesthésiste de 47 ans, est mis en examen.

Ce soir nous revenons en détail sur laffaire des empoisonnements en série de Besançon.Le Docteur Frédérique Péchier déjà soupçonné davoir volontairement intoxiqué 7 de ses patients, dont 2 étaient décédés au cours interventions bénignes, vient dêtre mis en examen pour 17 empoisonnements de plus. En tout, la justice le suspecte davoir fait 24 victimes, dont 9 sont mortes.Nous faisons le point avec nos invités ce soir sur deux ans dune enquête hors norme qui conduit la justice à soupçonner ce brillant médecin davoir empoisonné avec préméditation des personnes particulièrement vulnérables, âgées de 4 à 80 ans. Les interventions quelles devaient subir ne présentaient pas de difficultés particulières : Opération de la hanche, de lépaule, ablation des amygdales pour un petit garçon qui fera deux arrêts cardiaques successifs avant lintervention providentielle du Docteur Péchier. 

Ce médecin anesthésiste qui est le dénominateur commun de tous les incidents répertoriés. Le plus souvent il était à proximité du bloc opératoire et intervenait avec un diagnostic tellement rapide que certains de ses confrères ont fini par sétonner de cette sorte de don de double vue qui, malheureusement a coûté la vie à neuf personnes. Le Docteur Péchier nie catégoriquement avoir tué ses patients, même sil a reconnu que les empoisonnements et les décès étaient le résultat dactes criminels volontaires. Sil est reconnu coupable, il risque la prison à perpétuité…

Me Stéphane Giuranna, du barreau dEpinal. Avocat de la famille de Damien Iehlen décédé en 2008 à la clinique Saint Vincent à la suite dune ablation du rein, Louise Colcombet, journaliste au Parisien qui suit toute laffaire depuis le début, Me Randall Schwerdorffer du barreau de Besançon avocat de Frédéric Péchier, Mélusine Iehlen, fille de Damien Iehlen décédé en 2008. Sa sœur Amandine a co-fondé lassociation AVAPOLVI avec Sandra, lune des victimes présumée du Dr Péchier.