Besançon : manifestation de soutien à la mère voilée prise à partie au Conseil régional – LExpress

Besançon : manifestation de soutien à la mère voilée prise à partie au Conseil régional - L\Express

Polémique sur le voile: 200 personnes à Besançon pour soutenir la mère belfortaine

Marie-Guite Dufay, présente au Conseil régional lors de la sortie de Julie Odoul concernant le voile dune mère de famille présente dans la salle a répondu à nos questions, à lissue de la manifestation de soutien organisée ce mercredi 16 octobre à Besançon.

Plus de 200 personnes se sont retrouvées ce mercredi devant le siège de la région Bourgogne Franche-Comté, square Castan à Besançon, à lappel dun collectif citoyen. Un rassemblement contre la haine, pour la laïcité et pour soutenir la maman voilée prise à partie vendredi dernier par un élu du Rassemblement National lors dune séance publique du Conseil régional à Dijon.

Lincident sest déroulé lors dune séance du conseil régional de Bourgogne Franche Comté. Sa présidente espère un rapide apaisement. Lavocate de Fatima E. a annoncé quelle allait porter plainte contre lélu du rassemblement national Julien Odoul pour violences en réunion par personne dépositaire de lautorité publique et incitation à la haine.

Un rassemblement marqué par la présence inattendue de la présidente du Conseil régional Marie-Guite Dufay, qui a pris le micro pour remercier les participants de leur soutien. ” La maman, les institutrices, les animateurs qui accompagnaient les enfants, ont besoin de ce soutien, tellement ce quils ont vécu est extrêmement violent, signe dune société qui ne va pas bien”, a déclaré Marie-Guite Dufay, qui a rencontré ce mardi à Belfort la maman et son entourage. “Je leur ai dit quil y avait une immense partie du pays qui étaient pour eux, mais cest vrai quils ne voient pour linstant que les tweets abominables , les paroles de rejet et de vindicte. Mais la loi les protège, et la loi doit continuer à les protéger”. 

La vidéo de la mère prise à parti par Julien Odoul, sous les yeux de son fils, est devenue virale sur les réseaux sociaux quelques heures seulement après sa publication vendredi par lélu lui-même. Elle a été commentée de toute part jusquà provoquer de profondes divisions dans le monde politique, et au sein même de la majorité présidentielle, sur la question du port du voile islamique dans lespace public, et notamment chez les accompagnateurs scolaires. Mardi, le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré devant les députés quil nétait pas question de légiférer en la matière. "Lenjeu, cest déviter que les enfants, en raison des convictions religieuses de leurs parents pouvant relever du communautarisme ou de lislam politique, échappent à lécole", a-t-il plaidé.

Vendredi, Julien Odoul, membre du bureau national du RN et président du groupe RN à lassemblée régionale, avait demandé quune mère délève musulmane qui accompagnait une sortie au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté retire son voile. Les élus du RN avaient ensuite quitté la salle, avant de dénoncer une “provocation islamiste”.  Depuis cet épisode, filmé et visionné des millions de fois, la polémique na cessé denfler, malgré la tentative du Premier ministre Edouard Philippe de clore le débat.

Bruno Retailleau : Il sagit détendre la loi qui interdit à un professeur ou à un instituteur de porter un signe religieux ostentatoire dans une école publique aux accompagnateurs de ces sorties scolaires, qui ne sont quun prolongement du temps scolaire. A mon sens, ces accompagnateurs sont, le temps de la sortie scolaire, des auxiliaires de service public et les lois sur la laïcité doivent sappliquer à eux. Jajoute que cette proposition de loi a été déposée avant lépisode de la semaine dernière au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté. Cest une proposition que jai personnellement faite, il y a maintenant deux ans, dans le projet de Force Républicaine pour lutter contre lislamisme et que la sénatrice Eustache-Brinio avait défendu lors de lexamen du projet de loi sur lécole de la confiance. 

“On est en train dinfliger à nos enfants une blessure qui leur fait intégrer le fait que ce sont des citoyens à part”, estime Fatiah, une bisontine présente au rassemblement,  “aujourdhui je suis venue dire: non, nous sommes des citoyens à part entière”. 

“Elle est comme nous.” À Belfort (Territoire de Belfort), devant létablissement scolaire dont est issue la mère de famille portant un foulard violemment prise à partie vendredi par un élu du Rassemblement national, les parents délèves ne cachent pas leur incompréhension. Ils regrettent une attaque inutile, tout comme la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, qui a apporté son soutien à la maman accompagnatrice.