Gilet jaune blessé à la tête à Bordeaux : de nouvelles révélations, lenquête est toujours ouverte – Sud Ouest

Gilet jaune blessé à la tête à Bordeaux : de nouvelles révélations, lenquête est toujours ouverte - Sud Ouest

Gilet jaune blessé à Bordeaux : les incroyables révélations de lenquête du Monde

C’est un document choc, publié par Le Monde, ce jeudi 17 octobre 2019. Nos confrères reviennent sur la grave blessure d’Olivier Beziade, habitant de Bazas (Gironde), lors d’une manifestation de gilets jaunes, à Bordeaux, le 12 janvier 2019.

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Grâce à lanalyse de centaines dimages, la modélisation 3D des lieux et une quinzaine dinterviews, lenquête vidéo du Monde révèle comment ce manifestant a été la cible dun tir de LBD 40 dans la tête alors quil ne présentait pas de menace, mais aussi dun jet de grenade de désencerclement non autorisé. Des images qui illustrent comment les forces de lordre ont fait usage darmes dangereuses sans respecter les principes de nécessité et de proportionnalité, ni les règles en matière dassistance et de premiers secours.

Touché à la tête par un projectile, dans une rue perpendiculaire à la rue Sainte-Catherine, victime d’une hémorragie cérébrale, Olivier Beziade, sapeur-pompier volontaire à la caserne de Bazas, avait été plongé dans un coma artificiel.

#GiletJaune blessé à la tête par un tir de flashball à #Bordeaux : les images de sa prise en charge par les street medics puis de son évacuation par les pompiers. #ActeIX #Acte9 #GiletsJaunes #12janvier2019 #LBD pic.twitter.com/9wNatyQesc

vidéo Grâce à lanalyse de centaines dimages, la modélisation 3D des lieux et une quinzaine dinterviews, Le Monde raconte le drame vécu par Olivier Beziade, le 12 janvier.

Finalement, Olivier Beziade était sorti de l’hôpital le 31 janvier 2019. Amaigri, affaibli… L’habitant de Bazas avait besoin de repos.

Le 12 janvier, Olivier Beziade était grièvement blessé dans une manifestation à Bordeaux. Le Monde.fr a reconstitué le déroulé des faits et assure que le père de famille a été victime dun tir de LBD en pleine tête. Des éléments déjà connus des enquêteurs, assure Me Foucard, avocat de la victime. 

De son côté, le préfet de Nouvelle-Aquitaine de l’époque, Didier Lallement, avait décidé de saisir l’inspection générale de la police nationale (IGPN) pour faire la lumière sur cette affaire. Le procureur de la République de Bordeaux, lui, avait ouvert d’une enquête pénale confiée à la police des polices.

Grâce à une quinzaine dinterviews et à des centaines dimages, le journal est en mesure daffirmer quOlivier Beziade a été victime dun tir de LBD 40 alors quil ne présentait pas de menace. Il a aussi été visé par un jet de grenade de désencerclement non autorisé. Il souffre encore aujourdhui dhémiplégie. Cette enquête illustre les nombreuses dérives des forces de lordre.

Ce jeudi 17 octobre 2019, c’est un document inédit qui est donc publié par Le Monde. En utilisant de nombreuses images, en ayant recours à de la modélisation 3D et grâce à des témoignages, Le Monde a réalisé une vidéo d’une quinzaine de minutes.

L’enquête vidéo du Monde révèle comment ce manifestant a été la cible d’un tir de LBD 40 dans la tête alors qu’il ne présentait pas de menace, mais aussi d’un jet de grenade de désencerclement non autorisé

Vidéo. « Gilet jaune » blessé à Bordeaux : enquête sur un tir de LBD contesté, par Le Monde

Les révélations sont accablantes pour les policiers. Dans une longue enquête publiée ce jeudi, Le Monde revient sur les circonstances autour de la blessure d’un gilet jaune, visé par un tir de LBD le 12 janvier dernier à Bordeaux. Ce samedi-là, Olivier Beziade, pompier volontaire, manifeste pour la première fois au côté de sa femme Cindy dans la cité girondine. La tête du cortège atteint la célèbre Place de la Comédie, plusieurs gilets jaunes s’immobilisent alors devant le Grand-Théâtre.

Non loin de là, les forces de l’ordre bloquent l’accès au Cours de l’Intendance qui jouxte la place. Après qu’un manifestant leur a jeté un projectile, ces dernières ordonnent à deux reprises de libérer les lieux avant de charger. La place se vide et une partie du cortège fuit par la rue Sainte- Catherine où se trouvent Olivier et Cindy dans le sens inverse. Ils se retrouvent dans le mouvement de retrait et alors que Cindy rebrousse chemin vers la rue Saige, perpendiculaire à Sainte-Catherine, Olivier s’arrête à hauteur de la boutique Apple – par ailleurs dégradée et pillée un mois plus tôt lors de l’Acte IV. Le cordon policier lance une nouvelle charge et Olivier se réfugie dans la rue de la Maison Daurade à quelques mètres de la boutique.

Alors qu’il est de dos, un agent de la BAC le vise une première fois au LBD 40 sans le toucher. Un 2e membre des forces de l’ordre lance ensuite une grenade dans la même direction. Voyant l’objet rouler à sa gauche, Olivier interrompt sa course et se retourne. “J’ai vu mon tireur, témoigne-t-il. Quand je l’ai vu pointer son arme sur moi, je me suis mis à courir.” Une 2e balle de LBD tirée par un 3e membre des forces de l’ordre le frappe à la tête. Sonné, il s’écroule au sol. Et perd beaucoup de sang. Là est la première anomalie: selon une instruction sur l’usage du LBD, la tête ne doit pas être visée. 

Les commerçants, sous le choc, se précipitent pour le secourir et demandent à la police d’appeler les secours. Lesquels rétorquent: “Appelez-les vous, nous on ne peut pas.” Sauf que selon la même instruction, “Il convient de vérifier si la personne atteinte […] ne présente aucune lésion”. Dans tous les cas, l’individu reste sous la surveillance des forces de l’ordre. Des devoirs d’assistance et de surveillance non respectés. 

Evacué par les pompiers une dizaine de minutes plus tard, Olivier souffre d’un traumatisme crânien, d’une hémorragie cérébrale et de multiples fractures au crâne. Après s’être vu prescrire 90 jours d’incapacité temporaire totale de travail, il vit désormais avec des séquelles comme l’hémiplégie.

Si l’IGPN a été saisie dès le 14 janvier, aucune sanction n’a été prononcée. Au total, 313 enquêtes pour suspicion de violences policières ont été ouvertes sans qu’aucune ne livre de conclusion.