Bordeaux : le tombeau présumé de Montaigne ouvert pour la première fois par des scientifiques – France Bleu

Bordeaux : le tombeau présumé de Montaigne ouvert pour la première fois par des scientifiques - France Bleu

Bordeaux : le tombeau présumé de Montaigne a été ouvert pour la première fois depuis 1886

Des scientifiques ont procédé à louverture du tombeau supposé de Montaigne à Bordeaux et en ont sorti un cercueil sur lequel figure bien le nom du célèbre philosophe du 16e siècle. Mais des investigations complémentaires savèrent nécessaires pour identifier les ossements qui se trouvent à lintérieur… dun second cercueil de plomb. 

Léquipe scientifique sous la direction dHélène Réveillas, archéoanthropologue, découvre un cercueil en plomb après louverture du présumé tombeau de Michel de Montaigne.

Les péripéties concernant la dépouille du philosophe commencent en 1593. Le cercueil de Montaigne est alors installé dans la chapelle du couvent des Feuillants, situé à lemplacement de lactuel musée dAquitaine. En 1802, ce couvent fait place au lycée Royal, dont la chapelle abrite le cercueil jusquen 1871, date à laquelle le lycée est détruit par un incendie. Les restes de Montaigne sont alors transportés au dépositoire du cimetière de la Chartreuse, à Bordeaux. En 1886, nouveau transfert des ossements présumés qui reviennent au site initial, devenu entretemps la faculté des Lettres et des Sciences, et, aujourdhui, le musée dAquitaine. Depuis lors, de sérieux doutes subsistent et, pour en avoir le cœur net, deux petits trous ont été percés lan dernier dans le tombeau présumé du philosophe. A lintérieur, une mini-caméra a permis de voir que le caveau contenait un cercueil de bois, des ossements humains et une plaque de cuivre doré, où est gravé le nom de Michel de Montaigne. Lopération de fouille prévue cette semaine devrait permettre déclaircir les dernières zones dombre.

"C'est un moment très excitant, humainement et scientifiquement". A la tête d'une équipe de spécialistes, Hélène Réveillas, archéoanthropologue au Centre d'archéologie préventive (CAP) de Bordeaux Métropole, a procédé les 18 et 19 novembre 2019 à l'ouverture d'un petit édifice retrouvé dans les sous-sols du musée d'Aquitaine à Bordeaux il y a un peu plus d'un an par son directeur Laurent Védrine. Vêtus de combinaisons pour éviter toute contamination des vestiges, les scientifiques en ont extrait un cercueil en bois de chêne "parfaitement conservé" sur lequel ils ont découvert une double inscription tracée à la peinture rouge : "M. de Montaigne" et "24/12/80". Ils en ont ensuite ôté un à un les rivets qui fixaient le couvercle et… surprise ! Ils ont alors mis au jour un second cercueil en plomb, vierge de toute inscription et hermétiquement fermé.

VOIR LES COMMENTAIRESSociétéCe qui se cache derrière les thread fictions, ces histoires populaires sur TwitterConçue et brassée à Rouen, la bière La Cornue remporte un véritable succèsListériose : rappel de lot de produits contenant du porc en geléePrimes, rallonges budgétaires… le plan durgence pour lhôpital du gouvernementGuide Shopping Le Parisien

"A travers certains pans abîmés, nous avons pu apercevoir quelques ossements, mais notre vision est très fragmentaire. Nous ne savons pas s'il contient un squelette complet", poursuit la spécialiste. Face à cette nouvelle situation, l'archéoanthropologue a préféré stopper temporairement les investigations. "Il faut désormais que nous fassions appel au spécialiste de ce matériau, l'historien Michel Pernot, directeur émérite au CNRS. Et que nous aménagions une zone préservée permettant la découpe sans contamination des ossements." Si le service régional d'archéologie (SRA) donne son accord, les fouilles devraient reprendre en début d'année prochaine.   

Si les spécialistes sont arrêtés dans leur élan, ils ont cependant recueilli de précieux indices supplémentaires dans l'enquête qu'ils mènent pour retrouver et identifier la dépouille de Michel de Montaigne, le célèbre philosophe humaniste du 16e siècle, élu deux fois maire de Bordeaux et mort en 1592 (notre enquête à découvrir dans ce précédent article de Sciences et Avenir). La taille du cercueil tout d'abord, "relativement modeste, environ 1,60 m", explique Hélène Réveillas. Ce qui peut effectivement correspondre à l'auteur des Essais qui se décrivait comme étant "d'une taille un peu au-dessous de la moyenne". Sans compter, bien sûr, l'inscription à la peinture du nom du philosophe sur le cercueil, même si celle-ci date très vraisemblablement du 19e siècle. Les trois chiffres "24/12/80" peuvent en effet correspondre au 24 décembre 1880, date à laquelle les ossements de Montaigne – à supposer qu'il s'agisse bien d'eux et non de ceux d'un membre de sa famille – ont été exhumés du cimetière bordelais de la Chartreuse. Ils avaient alors été placés dans un nouveau cercueil de bois puis rapatriés dans les sous-sols du musée d'Aquitaine, qui était alors la Faculté des sciences et lettre de la ville… avant de disparaitre des mémoires.

Les premières découvertes devraient être révélées dès ce mercredi 20 novembre, alors qu”une fouille archéologique est lancée du 18 au 22 novembre”, a précisé la municipalité bordelaise dans un communiqué. Les recherches sont supervisées par un comité scientifique composé dhistoriens, darchéo-anthropologues et dune paléo-généticienne, les études comprenant notamment lexamen du tombeau, des recherches darchives et lanalyse génétique des restes osseux.

Lors de leur fouille, les scientifiques ont également découvert un cylindre de plomb. Il protégeait une bouteille en verre contenant une lettre. Celle-ci est probablement l'acte d'inhumation daté de 1880. "Ce document sera déroulé et lu ultérieurement par un spécialiste", explique Hélène Réveillas. Ils ont également exhumé un crâne et des dents, qui avaient été inhumés hors du cercueil. Des études vont commencer pour également tenter de les identifier.

Dans cette sélection du 18 novembre 2019 : le supposé tombeau de Montaigne est en train dêtre ouvert, les ONG proposent une taxe carbone juste et Ford annonce la première Mustang électrique.

Tombeau de Montaigne, taxe carbone pour les pauvres et Ford Mustang électrique : lactu des sciences en ultrabrèves

Plus de quatre siècles après le décès de Montaigne, le musée dAquitaine, à Bordeaux, a ouvert son tombeau présumé.Selon les premiers éléments, la dépouille pourrait bien être celle du grand philosophe humaniste du XVIe siècle. Il reste encore des examens scientifiques à réaliser.