La dépouille de Montaigne repose “vraisemblablement” à Bordeaux – Le HuffPost

La dépouille de Montaigne repose \

LÉdition du soir – A-t-on enfin trouvé le tombeau de Montaigne ?

Le philosophe Michel de Montaigne repose “vraisemblablement” bien dans un musée de Bordeaux comme on le soupçonnait depuis un an, mais de nombreuses analyses à venir devront en apporter la preuve, ont annoncé mercredi les scientifiques et la Ville.

Le philosophe Michel de Montaigne repose “vraisemblablement” bien dans un musée de Bordeaux comme on le soupçonnait depuis un an, mais de nombreuses analyses à venir devront en apporter la preuve, ont annoncé mercredi les scientifiques et la ville.

Là, il ny a rien pour célébrer le philosophe. Il y a quelques mois, le monument était encore caché par des étagères en bois remplies de pièces non exposées. Cet espace exigu abrite lun des grands mystères de lhistoire bordelaise. Depuis lundi, il est au cœur de recherches inédites. Cette semaine, une équipe scientifique se penche donc sur ce qui pourrait être la dépouille de Michel de Montaigne, décédé en 1592 dans son château de Dordogne.

“Nous sommes vraisemblablement en présence de Michel de Montaigne” (1533-1592), a affirmé lors dune conférence de presse Laurent Védrine, directeur du musée dAquitaine.

“Des indices archéologiques et historiques nous amènent à penser que nous sommes sur la bonne voie. Je le pense mais je nen suis pas sûr. Il faut le vérifier”, a-t-il ensuite précisé à lAFP.

Il nempêche, entre ce contenant en plomb plutôt intact et la présence dos dans un ordre cohérent, la thèse que la sépulture na pas été trop déplacée, et quil pourrait donc sagir de celle de Montaigne, gagne en épaisseur. On sait en effet que Montaigne a été inhumé au couvent des Feuillants à Bordeaux, qui se trouvait à lendroit même où a été érigé le musée dAquitaine par la suite, mais on a perdu la trace de son cercueil en 1886. Autre indice :  ces contenants en plomb étaient bien un mode dinhumation qui avait cours à lépoque de Michel de Montaigne  ajoute Hélène Réveillas.

Cest un moment “historique et émouvant”, a affirmé Fabien Robert, Premier adjoint de Bordeaux dont Montaigne fut le maire de 1581 à 1585.

Ladjoint à la culture Fabien Robert estime quil reste encore  une année dinvestigations dici au résultat.  Le comité scientifique va devoir analyser le tombeau en pierre, puis le cercueil en bois, et le contenant en plomb.  Ensuite on sattaquera au contenu, notamment les ossements avec une étude biologique, détaille Hélène Réveillas, et parallèlement, on va faire des analyses paléo-génétiques.  Pour permettre ces analyses ADN, la recherche de descendants directs de Montaigne est en cours.

Un cercueil de bois sur lequel le nom de “Montaigne” est peint en grandes lettres brunes, a été extrait en début de semaine du “tombeau présumé” de lécrivain, dans les sous-sols du musée autrefois couvent où avait été inhumé lécrivain.

“Des indices archéologiques et historiques nous amènent à à penser que nous sommes sur la bonne voie. Je le pense mais je nen suis pas sûr. Il faut le vérifier”, a-t-il ensuite précisé à lAFP.

Le cercueil renfermait lui-même un “contenant en plomb” dans lequel ont été détectés grâce à une caméra endoscopique, un fémur, un os du bassin et, “en position isolée”, un crâne, a détaillé Hélène Réveillas, archéo-anthropologue à la Métropole de Bordeaux qui dirige les recherches.

De nombreuses analyses devront être réalisées dans les mois qui viennent par léquipe dune quinzaine de scientifiques en charge du dossier : analyse de la structure de pierre du tombeau, étude du cercueil en bois, dun cylindre renfermant une bouteille déposée à côté du cercueil, de vestiges de tissus.

Plus de quatre siècles après le décès de Montaigne, le musée dAquitaine, à Bordeaux, a ouvert son tombeau présumé.Selon les premiers éléments, la dépouille pourrait bien être celle du grand philosophe humaniste du XVIe siècle. Il reste encore des examens scientifiques à réaliser. 

Sans compter les “études biologiques”, a ajouté la spécialiste, pour déterminer lâge et le sexe des restes, la recherche dADN et les “indices” que lon connaît par les archives: le philosophe souffrait de calculs rénaux, avait subi des fractures et son coeur a été extrait à la demande de sa veuve. 

Cette opération de fouilles, qui se poursuit jusquau 22 novembre, fait suite à de premières recherches sur le sort de la dépouille de lécrivain, objet de multiples transferts.

Montaigne repose-t-il bien au musée dAquitaine de Bordeaux ? Le tombeau du philosophe humaniste (1533-1592) va être ouvert cette semaine pour sassurer que sa dépouille, qui a beaucoup voyagé, sy trouve bien, a annoncé lundi la mairie. Pour lever les doutes, une opération de fouille archéologique est lancée du 18 au 22 novembre 2019, à lemplacement du tombeau de Michel de Montaigne, dans les sous-sols du musée dAquitaine de Bordeaux, a précisé dans un communiqué la ville, qui devrait révéler dès mercredi les toutes premières découvertes. Les recherches sont supervisées par un comité scientifique composé dhistoriens, darchéo-anthropologues et dune paléo-généticienne, les études comprenant notamment lexamen du tombeau, des recherches darchives et lanalyse génétique des restes osseux.

Inhumé dans la chapelle du couvent des Feuillants, le philosophe avait ensuite été transféré au dépositoire du cimetière de la Chartreuse, à Bordeaux, avant dêtre ramené en 1886 au site initial devenu entretemps la faculté des Lettres et des Sciences puis le musée dAquitaine.