Calais: Une astuce des associations contre les violences policières

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Calais : contre les violences policières, des associations distribuent des duvets avec leur logo

Photographie à la Une : un réfugié dans la jungle de Calais © l’association l’Auberge des Migrants.

À Calais, les assos organisent des rondes pour protéger les migrants des violences policières

Fin juillet dernier, l’ONG Human Rights Watch avait elle-même publié un rapport de 50 pages dans lequel elle dénonçait l’usage fréquent de gaz poivre sur les migrants par les policiers. des accusations réfutées alors par la préfecture du Pas-de-Calais. Néanmoins, en octobre, un autre rapport, officiel celui-là, estimait « plausibles » certains abus des forces de sécurité.« Nous nous réservons toute possibilité d’action juridique » Ainsi, les associations restent propriétaires du matériel qui est « clairement identifié ». « En cas de destruction ou de confiscation du matériel, nous nous réservons toute possibilité d’action juridique pour le dénoncer », précisent les associations.À Calais, malgré le froid, les forces de police confisquent régulièrement vêtements et couvertures aux migrants qui vivent dans des campements de fortune. Lassées de condamner ces dégradations, une dizaine d’associations ont commencé à distribuer mercredi 6 décembre des duvets marqués de leur logo aux migrants dont elles s’occupent.>> A lire aussi : Un rapport officiel épingle des abus «plausibles» chez les forces de l’ordre

« On va distribuer entre 600 et 700 duvets et des bâches cet après-midi », annonce le Vincent de Conninck. Ils en distribueront finalement 300 au principal point de distribution, rue des Verrotières. Tous sont floqués aux couleurs des associations qui participent à l’opération.

Dans la jungle, terrible jungle… / Crédits : Tomas Statius

“L’idée c’est de dire ça suffit. Nous allons porter plainte pour vous [les migrants] en tant qu’associations, qui restons propriétaires du matériel”, explique Camille, une bénévole. “Depuis deux mois, les destructions de biens sont devenues systématiques, ça aggrave les conditions de vie”, dénonce pour sa part Loan, de l’Auberge des migrants.

#calais : signature des premiers contrats de prêt ! Attention @gerardcollomb ce duvet reste notre propriété ! #touchepasàmonsac pic.twitter.com/aT92UOaJHl

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Visuel de l’évènement par Pénélope Bagieu.

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MIGRANTS Le matériel fourni aux migrants portera les logos des associations pour éviter la « maltraitance institutionnelle »…Pour obtenir ces sacs de couchage, les migrants signent un contrat de prêt. Ce document permet aux associations de déposer une plainte en cas de dégradations ou “confiscations de biens” lors d’opérations policières.

les exilés sortent de leurs cachettes. Certains s’étaient installés au sommet de la dune qui dominent l’ancienne jungle. D’autres s’étaient planqués à l’abri, dans des camions vides stationnés non loin de là.  Aux premières lueurs du jour, la police les déloge sans violence. « Les violences policières se sont calmées. On a connu un pic, il y a quelques mois, après la publication des différents rapports sur le sujet », explique Sylvain, qui participe lui aussi aux maraudes nocturnes. La nuit a été rude pour nombre d’entre eux. La veille, la police a visité plusieurs campements pour empêcher des « points de fixation » et confisquer sacs de couchage et effets personnels, expliquent plusieurs exilés et responsables associatifs contactés par StreetPress. Le procédé fait enrager Vincent De Coninck du Secours Catholique : « Ici, l’Etat assume une stratégie de maltraitance. »« La nuit, les tentes sont déchirées par les policiers qui délogent les migrants qui restent à Calais. Il y a une dame qui passe tout son temps à les recoudre ».