Pas-de-Calais, Somme : la fin du périple dEmmanuel Macron

Pas-de-Calais, Somme : la fin du périple d\Emmanuel Macron

VIDÉO. “Je pense quils vous ont empapaouté” : Macron promet à un salarié précaire de soccuper de sa situation

REPORTAGE – Retraites, pouvoir dachat, prix de lessence… Lors de son périple mémoriel dune semaine, le président a dû répondre aux inquiétudes du moment des Français.

Du Beffroi de lHôtel de ville, résonne le carillon de Westminster. À Albert, ville martyrisée pendant la bataille de la Somme, où Anglais et Français firent front commun, Emmanuel Macron attend larrivée de la première ministre du Royaume-Uni, Theresa May. Il patiente au pied de lescalier monumental. Non loin, un groupe dhabitants, triés sur le volet, lui crient bravo. Il y a là des sympathisants, mais aussi des écoliers qui entonnent La Marseillaise, en agitant des drapeaux. Le président les félicite, leur fait même signe de chanter plus fort. Limage est belle.

Cest un projet aussi fou que passionnant et émouvant, humain et universel : donner un visage aux Poilus de 14-18 à partir de portraits de soldats de la Grande guerre. À linstar du soldat inconnu enterré sous lArc de Triomphe à Paris, voilà une autre façon dhonorer la mémoire des soldats morts au front. Ce projet, mené par lHistorial de la Grande Guerre de Péronne, avec lagence créative FF Paris et pour la partie technologique le studio tech, a nécessité près de 10 mois de travail. Un algorithme a été développé spécialement à cette occasion pour créer une synthèse fidèle de tous les portraits. Il permettra de faire évoluer ce visage à travers le temps en fonction des portraits darchives qui continueront dêtre récoltés.

Sauf quà trois cents mètres, un important déploiement de forces mobiles ceinture la zone. Les gendarmes ont procédé à plusieurs évacuations, parfois musclées, de gilets jaunes qui voulaient approcher. Lune des manifestantes hèle les gendarmes. Les gars, vous êtes dans la même galère que nous. Elle porte une pancarte: Qui sème la misère récolte la colère. La grogne du 17 novembre aura percuté litinérance mémorielle, jusquau bout.

À tort, lexécutif, qui plus est empêtré dans un cafouillage sur la programmation ou non de lhommage, balaye une mauvaise polémique sans comprendre lampleur de lerreur commise. Car la mémoire nationale, dont est dépositaire le Président, ce nest pas tout à fait lHistoire… Après des contorsions pour expliquer que Pétain ne serait pas honoré, la polémique aurait pu en rester là. Cétait sans compter sur lenvie dEmmanuel Macron, piqué au vif, davoir le dernier mot. Hier le chef de lEtat a ainsi repris presque mot pour mot ses propos initiaux : Il faut reconnaître la vérité de lHistoire, a-t-il martelé… sattirant une réponse cinglante de son prédécesseur François Hollande, jamais avare dune vacherie.

Je me méfie toujours de ces mouvements où lon mélange tout, il y a beaucoup de gens qui veulent tout bloquer

Second grain de sable qui a perturbé litinérance : la polémique sur Pétain, déclenchée par le Président lui-même. En estimant que lhommage de lArmée aux maréchaux de 14-18, prévu aux Invalides, est légitime et que le maréchal Pétain a été pendant la première guerre mondiale aussi un grand soldat, Emmanuel Macron déclenche une tempête dindignation sur un sujet dont la sensibilité est pourtant bien connue. Et il donne des arguments à des oppositions toujours promptes à sur-réagir au moindre de ses propos…

Je me méfie toujours de ces mouvements où lon mélange tout, il y a beaucoup de gens qui veulent tout bloquer, avait auparavant expliqué le chef de lÉtat dans un bar-PMU de Bully-les-Mines (Pas-de-Calais), où il a échangé avec une cinquantaine de personnes. La rencontre nétait pas prévue. Le café de la place nest pas nimporte quel troquet pour Emmanuel Macron. Cest là que dans lentre-deux-tours, il avait fait une halte après son déplacement à Whirlpool, point dorgue de la campagne. Un clin dœil à sa propre geste.

Autour du comptoir, on parle des sujets qui fâchent. Et forcément des retraites, du pouvoir dachat et de lessence. Je regarde en face le pays qui est le nôtre, assure le président. La colère? Il ne faut pas chercher à léviter. Justement, le matin, dans un centre social de Lens, Emmanuel Macron a écouté la détresse dune travailleuse précaire de la grande distribution. Il lui a promis que dès le début de lannée, les entreprises qui abusent des contrats courts seront sanctionnées. Une façon de mettre la pression sur le patronat dans le cadre de la négociation sur lassurance-chômage. Dans la foulée, il a annoncé une réforme du permis de conduire pour soulager les jeunes. Pour clore ses 1000 kilomètres de pérégrination, le président nétait pas venu les mains vides.

Le premier grain de sable est venu de la grogne des Français contre la hausse des prix des carburants. Mal anticipée ou minimisée par le gouvernement, elle sest très vite invitée à chaque étape du chef de lEtat lorsque celui-ci se livrait à un exercice quil affectionne : les bains de foule. Il faut reconnaître quEmmanuel Macron ne fuit pas le contact, tout au contraire, mais la virulence des interpellations a surpris. Et comme le Hollande bashing, on percevait parfois du Macron bashing…

Ecoutant des gens qu'il considère comme des beaufs qui votent FN, peu de chance qu'il change de politique. Incapable de réduire les dépenses, il fait comme tous ses predecesseurs, il taxe.

S'Être servi de la Commémoration pour se faire reluire le rend de plus en plus abject ! Suite à une discussion faite dans notre Ville !

Michèle Cotta – Emmanuel Macron dans lenfer de lÉlysée

Il ne pouvait en être autrement, à chercher le peuple ainsi en le surtaxant, il ne peut que récolter la colère de ce peuple.

M. Macron sest ensuite rendu à lHistorial de Péronne, avant de conclure son itinérance en province sur une table ronde avec des historiens de la Grande Guerre. "Travailler sur la mémoire européenne est indispensable" pour éviter le risque de nouvelles guerres en Europe, a-t-il souligné.

Si Macron ne veut pas supprimer les taxes écolos sur les carburants il peut supprimer la TVA sur l'ensemble des taxes/carburant. Ce sera un bon début.

En attendant, Emmanuel Macron est donc de nouveau allé "au contact" des citoyens, qui nont cessé de linterpeller cette semaine sur leur pouvoir dachat, la hausse des taxes sur le diesel ou le montant des retraites, devant les caméras des chaînes dinformation en direct.

“On est en train de crever” : Emmanuel Macron de nouveau interpellé lors de son périple

Non, macron n'a pas "dû" répondre aux inquiétudes des Français. Disons qu'il a, comme d'habitude, raté sa prestation. Il n'a rien pu répondre de positif, il a changé d'avis sur certains points, ce qui semble révéler un certain manque d'assurance ou bien de l'ignorance. Mais rien de positif ne semble être sorti de ce périple.

Emmanuel Macron est de nouveau allé "au contact" des Français, en payant sa tournée dans un bar et lors dun énième bain de foule vendredi soir, avant de recevoir ce week-end à Paris des dizaines de chefs dÉtat étrangers pour le centenaire de lArmistice de 14-18.

"la colère des Français" est un marronnier que le Fifi et les autres Garo nous servent bien croustillant à cœur, depuis deux décennies et en boucle avec une régularité de vibration quartzienne. Les pauvres continuent de crever en silence dans la plus grande discrétion en demandant presque pardon dêtre venus au monde et dêtre malheureusement aussi rien alors que les autres sont si brillamment et joyeusement tout . Il ny a pas plus granitiquement stable que le monde moderne, c'est-à-dire le monde de léternel Enfer, le Monde du Prince.

la clique MACRONIENNE au grand complet rameutée en cars pour faire les figurants au bistrot du coin…

Le chef de lÉtat a achevé vendredi son "itinérance mémorielle" à Péronne, dans la Somme. Interpellé par un salarié à mi-temps, il a lui a promis de soccuper de sa situation.