Les Britanniques font des provisions de vin à Calais face au flou du Brexit – Le Figaro

Les Britanniques font des provisions de vin à Calais face au flou du Brexit - Le Figaro

Brexit: les Britanniques amateurs de vin font des provisions à Calais

Ces dernières semaines, de nombreux Anglais amateurs de vin français font des provisions outre-Manche avant un possible Brexit dur, qui impliquerait un retour des barrières douanières.

Le chaos certes, mais jamais sans un bon vin. Le contexte diplomatique tendu et le flou persistant autour de la date et la forme que prendra le divorce entre le Royaume-Uni et lUnion européenne inquiètent les amateurs britanniques de vins. Initialement prévu le 29 mars, le Brexit a déjà été reporté au 12 avril et ne pourrait éventuellement se réaliser quavant de nombreux mois. Dans la perspective dun Brexit dur sans accord, le pays pourrait quitter lUnion européenne sans sécuriser ses approvisionnements, alors quil importe une large partie des biens de consommation alimentaire.

À lentrée de ce magasin dalcool de Coquelles, près de Calais, des chariots alignés et remplis de bouteilles attendent leurs futurs propriétaires. Sur les murs et les rayons, de grandes affiches vantent les promotions… en anglais et en livres Sterling : ici, 99 % de la clientèle est britannique. “Il y a davantage de choix et les prix sont plus intéressants” en France, justifie Rory Hope, 53 ans. Pour lheure, il ne se soucie pas de possibles taxes ou de voir le Royaume-Uni se tourner vers dautres marchés. “Cest tellement confus quon ne peut rien prévoir”, résume-t-il.                   Deuxième client des alcools français derrière les États-Unis, le Royaume-Uni a importé pour 1,3 milliard deuros de vins et spiritueux de France en 2018, selon la Fédération des exportateurs français. Chez les commerçants, la possibilité dun “Brexit dur” ninquiète pas outre mesure, même si beaucoup ont récemment constaté une recrudescence des achats. Initialement prévu le 29 mars, le Brexit, voté par référendum par les Britanniques en juin 2016, a déjà été repoussé au 12 avril. Mais le flou persiste sur le calendrier et la forme que prendra ce divorce historique. Les 27 de lUE devraient une nouvelle fois convenir dun report du Brexit lors dun sommet extraordinaire ce mercredi 10 avril à Bruxelles, afin décarter le spectre dun “no deal”. 

Ces dernières semaines, de nombreux Britanniques font montre dinquiétude face à la possibilité dun retour des barrières douanières et ont ainsi fait le déplacement dans lHexagone pour profiter du vin français avant que le voyage cesse de devenir rentable. Pour les Britanniques, lalcool acheté en France est moins onéreux et moins taxé que chez eux, avec de surcroît une meilleure qualité et un plus large choix de produits. Les amateurs de vins se sont rendus plus nombreux que jamais chez les distributeurs à Calais, qui constitue pour les Britanniques la dernière étape avant de reprendre le ferry ou le tunnel sous la Manche.

“Nous restons Britanniques, donc nous nallons pas arrêter de boire !” sexclame en riant Tom Young devant un magasin dalcool près de Calais. Comme lui, de nombreux Anglais amateurs de vin font des provisions outre-Manche avant un possible “Brexit dur” qui les laisse dans lincertitude. Sous une pluie fine, ce sexagénaire charge 300 bouteilles de vin dans le coffre de sa voiture avant de rentrer dans lEssex, au nord-est de Londres. “Cest pour un mariage”, sempresse-t-il de préciser alors que son épouse ramène de nouveaux cartons sur un chariot. 

Nous restons Britanniques, donc nous nallons pas arrêter de boire!, sexclamait mardi, devant des journalistes de lAFP, Tom Young aux abords dun magasin dalcool près de Calais. Le sexagénaire, originaire du nord-est de Londres, chargeait dans le coffre de sa voiture près de 300 bouteilles de vin. Cest pour un mariage, sempressait-il de préciser alors que son épouse ramène de nouveaux cartons sur un chariot. Le Brexit na pas influencé notre achat, mais il a eu un impact sur son timing: nous voulions être sûrs davoir le vin avant vendredi où il y a une possibilité de sortie sans accord, expliquait Tom. Après, qui sait ce qui peut se passer… On ne pourra peut-être plus faire ça.

“Le Brexit na pas influencé notre achat, mais il a eu un impact sur son timing : nous voulions être sûrs davoir le vin avant vendredi où il y a une possibilité de sortie sans accord”, explique Tom. “Après, qui sait ce qui peut se passer… On ne pourra peut-être plus faire ça.” 

En cas dabsence daccord commercial, des taxes supplémentaires pourraient être appliquées sur les boissons alcoolisées et une limitation des quantités de marchandises autorisées à lachat pourrait être mise en place. Actuellement, la législation autorise les Britanniques à transporter 110 litres de bière, 90 litres de vin et 30 de spiritueux. Depuis un à deux mois, on a beaucoup plus dAnglais qui viennent avec des plus gros caddies que dhabitude. Certains clients fidèles nous disent même quils ont peur que ce soit la dernière fois quils viennent, explique au Figaro une vendeuse du magasin Terre de boissons, à Coquelles, non loin de Calais.

Pour les distributeurs de vin de la région, le mois de mars fut le mois de tous les records. À linstar du Majestic Wine Superstore, plusieurs commerçants situés à Calais proposent aux clients de régler en livres sterling. Des étiquettes aux promotions, les boutiques affichent des inscriptions écrites en anglais, pour une clientèle qui représente entre 30% à 80% de leur chiffre daffaires. Beaucoup de clients britanniques ont pris les devants et sont venus acheter rapidement du vin français de qualité pour leur consommation annuelle.

Video: Brexit : ruée sur lalcool à Calais

Mais pour les négociants de vin à Calais, nulle question de se réjouir, puisque les futures modalités de vente à la clientèle britannique demeurent depuis quelques mois une incertitude. Si certains commerçants tentent danticiper les conséquences du Brexit, dautres laissent le poids administratif et la logistique pour plus tard.

Dans la perspective dun Brexit dur sans accord, le pays pourrait quitter lUnion européenne sans sécuriser ses approvisionnements, alors quil importe une large partie des biens de consommation alimentaire. Si les vignobles anglais existent, le Royaume-Uni importe 98% du vin quil consomme, la majorité provenant en outre de lUE. En 2018, le pays a importé près de 2.187 milliers de tonnes dalcool en provenance des Vingt-sept, tandis quil a exporté 869 milliers de tonnes de vins et spiritueux. Nos voisins britanniques ont importé lannée dernière pour 1.3 milliard deuros dalcool produit en France, selon la Fédération des exportateurs français.

Par précaution avant un possible Brexit "dur", il faut vite acheter des pots de "Marmite", si unique et délicieuse à étaler sur une tartine !

Si c'est pour préserver ce business qu'on cherche à trouver un accord, alors là, je dis "no deal"!

Enfin de compte c'est une histoire d'alcool ce Brexit, ils ne pourront plus boire de pinard nos amis British !!

Et nous Français, que pouvons-nous importer par précaution d'Angleterre ? des cartons de gelly à la menthe, à la cerise, de Worcester sauce, de whisky colonial écossais…?

"Nous restons Britanniques, donc nous nallons pas arrêter de boire!", sexclame en riant Tom Young devant un magasin dalcool près de Calais. Comme lui, de nombreux Anglais amateurs de vin font des provisions outre-Manche avant un possible "Brexit dur" qui les laisse dans lincertitude.

Sous une pluie fine, ce sexagénaire charge 300 bouteilles de vin dans le coffre de sa voiture avant de rentrer dans lEssex, au nord-est de Londres. "Cest pour un mariage", sempresse-t-il de préciser alors que son épouse ramène de nouveaux cartons sur un chariot.

Le couple profite de ses voyages réguliers en France pour y acheter du vin, "de bonne qualité et meilleur marché en raison des très fortes taxes au Royaume-Uni". Mais cette fois, le contexte diplomatique a accéléré leur emploi du temps.

"Le Brexit na pas influencé notre achat, mais il a eu un impact sur son timing: nous voulions être sûrs davoir le vin avant vendredi où il y a une possibilité de sortie sans accord", explique Tom. "Après, qui sait ce qui peut se passer… On ne pourra peut-être plus faire ça."

Initialement prévu le 29 mars, le Brexit, voté par référendum par les Britanniques en juin 2016, a déjà été repoussé au 12 avril. Mais le flou persiste sur le calendrier et la forme que prendra ce divorce historique.

A lentrée de ce magasin dalcool de Coquelles, près de Calais, des chariots alignés et remplis de bouteilles attendent leurs futurs propriétaires. Sur les murs et les rayons, de grandes affiches vantent les promotions… en anglais et en livres Sterling: ici, 99% de la clientèle est britannique.

"Il y a davantage de choix et les prix sont plus intéressants" en France, justifie Rory Hope, 53 ans. Pour lheure, il ne se soucie pas de possibles taxes ou de voir le Royaume-Uni se tourner vers dautres marchés. "Cest tellement confus quon ne peut rien prévoir", résume-t-il.

Deuxième client des alcools français derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni a importé pour 1,3 milliard deuros de vins et spiritueux de France en 2018, selon la Fédération des exportateurs français.

Chez les commerçants, la possibilité dun "Brexit dur" ninquiète pas outre mesure, même si beaucoup ont récemment constaté une recrudescence des achats.

"Lorsque le report a été annoncé, on a tous senti un rebond", rapporte Guillaume Pigniez, directeur du magasin "Terre de boissons" au centre commercial Cité Europe de Calais, dernière étape pour les touristes britanniques avant de reprendre le ferry ou le tunnel sous la Manche.

Ces derniers sinquiètent "de savoir sils vont toujours pouvoir en acheter autant sans devoir payer plus de taxes", en cas de "No Deal". "Du coup, beaucoup ont pris les devants et sont venus acheter rapidement pour leurs besoins de lannée", note-t-il.

Mais pour lui, le Brexit -avec ou sans accord- ne changera pas la donne. "Même si les volumes baissent, ils continueront dacheter car, quoi quil arrive, ils ne produisent pas de vin et seront toujours obligés dimporter".

"Je ne crois pas que le Brexit changera quoi que ce soit", renchérit Marcello Vargiu. "Cest dans lintérêt des deux pays de limiter au maximum les taxes. Les Français ont besoin de vendre, les Britanniques dacheter", ajoute cet Italien habitant à Londres, qui vient tous les trois mois sapprovisionner en champagne et en vin.

Originaire du Kent, Sue Elworthy se dit elle "inquiète dune possible hausse des taxes" ou dune limitation de la quantité de marchandises autorisées à lachat. "Au-delà de lalcool, je crains aussi de voir mon secteur, lagriculture, affecté. En tant que productrice de pommes, cette incertitude est difficile à vivre", lâche-t-elle, désabusée. Avant dajouter: "Javais voté pour rester dans lUnion…"