Nautisme : Cannes fait son show sur leau – Le Point

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Canne Yachting Festival : les 10 coups de cœur de Voile Magazine

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C’est rongé par la curiosité et débordant d’enthousiasme que nous avons débarqué à Cannes pour cette nouvelle édition du Yachting Festival pas tout à fait comme les autres. Pourquoi ? Tout simplement parce que pour la première fois, le grand rendez-vous cannois du nautisme s’étendait sur deux sites : le Vieux-Port pour le yachting à moteur, et Port Canto pour les voiliers.

Port Canto, au final, c’est sans doute la meilleure surprise de ce Yachting Festival. Des voiliers, rien que des voiliers présentés tout autour de cet immense bassin : c’est inédit, spectaculaire et passionnant ! Constructeurs français, italiens, allemands, scandinaves, ils sont venus, ils sont tous là ou presque, et franchement ça a de la gueule. 119 voiliers, soit environ 30 % de plus que l’an dernier. Les exposants eux-mêmes, qui ont beaucoup traîné des pieds et ont souvent dû assumer un coût plus élevé, ont le sourire. Il est trop tôt pour faire un bilan, mais les visiteurs sont là. Et ce ne sont pas des promeneurs, mais bien des acheteurs potentiels ou en tout cas de vrais pratiquants pour la grande majorité d’entre eux.

Tout a été mis en œuvre pour faire léger, mais aussi pour centrer les poids (moteurs, réservoirs…) et abaisser le centre de gravité. Le poste de barre est dailleurs placé au centre, sur lavant de la nacelle, juste derrière une zone de manoeuvre à laquelle on accède par deux portes coulissantes. Extrêmement séduisant, hyper performant… Le groupe Grand Large et les équipes du cabinet VPLP se devaient de pousser les curseurs au maximum pour faire honneur à lhistoire et à limage du chantier américain, et bien évidemment séduire une clientèle exigeante.

Les voiliers et multicoques à ne pas rater au Yachting Festival de Cannes

Cet incroyable cata de grande croisière est construit en Afrique du Sud par Nexus Yachts. Un chantier qui ne sous-traite presque rien. Selon l’architecte et patron Philip Berman, seuls les balcons d’étrave en inox ne sont pas faits maison ! Des mains courantes aux meubles en passant par la grande porte coulissante, tout est réalisé sur place en composite léger (sandwich). L’une de ses originalités : cet étonnant poste de barre basculant (Jefa) dont on connaissait le principe, mais qui est ici exploité au maximum avec une position surélévée au-dessus de la nacelle, et une position très protégée dans le cockpit. Bien vu !

Pour mémoire, les premiers Gunboat ont été construits en Afrique du Sud en 2001, avant quune nouvelle sous-traitance soit mise en place en Chine. Une collaboration industrielle compliquée et mal maîtrisée qui finira par mener Gunboat à la cessation de paiement, ce qui a permis à Xavier Desmarest et Stéphan Constance de reprendre la marque à la barre dun tribunal américain en 2016. Ce 68 pieds dun design à couper le souffle tend à prouver quils lont fait, une fois de plus, avec une réelle ambition industrielle et une sacrée détermination.

On savait qu’il était beau, mais franchement à Cannes, parfaitement placé au début de la passerelle menant à la jetée ouest, il crève tout simplement l’écran ! Lignes pures, finition sublime, c’est bien plus qu’un cata de luxe. Un bateau à couper le souffle et tout simplement un très bel objet ! A voir à bord : la barre à roue centrale, juste derrière le poste de manœuvre en pied de mât.

Il était attendu, il n’a pas déçu. Le First Yacht 53 a bluffé les premiers visiteurs avec ses lignes tendues, son rouf finement profilé et son superbe pont en teck très sobre. A l’italienne, commentent certains – et on ne peut leur donner entièrement tort. De fait, la carène est signée Roberto Biscontini et le design Lorenzo Argento.

Attention, événement ! Depuis presque dix ans, X-Yachts navait pas lancé une nouveauté de moins de 12 mètres. Il a fallu le développement de cette gamme médiane, sans tropisme exclusif ni vers la course ni vers la croisière, pour que X renoue avec lambition qui a toujours été la sienne : proposer une synthèse course-croisière unique, servie par une réelle exigence dans la construction et la fi nition. Y compris, donc, dans des tailles raisonnables, à limage de ce 4.0 qui est en fait, sans sa delphinière, plutôt un 38 pieds.

Une très belle unité que ce Grand Soleil 42 présenté à Cannes, dans une version à vrai dire un peu hybride entre les gammes Sport et Long Cruise du constructeur italien. S’il s’agit bien d’un Long Cruise, il a été commandé sans l’arceau en carbone qui signe visuellement cette gamme croisière. Le résultat est d’ailleurs magnifique…

Voilà le genre de bateau susceptible dattirer du monde à Port-Canto, lespace voile du salon de Cannes nouvelle formule (voir par ailleurs). Le Gunboat 68 exposé, le deuxième construit dans lusine toute neuve du groupe Grand Large, à La Grande Motte, est en effet un catamaran stupéfiant alliant design de haut vol et haute technicité de construction. Celle-ci fait appel à une structure ultra-rigide en carbone et à un sandwich dont lâme est constituée dune mousse thermoformée pour une absorption de résine minimale.

Le Dehler 30 OD est sans doute la plus petite nouveauté cannoise. C’est un pur bateau de course, comme on le devine immédiatement à son look hyper-sportif… et à cette delphinière interminable. Il était en outre présenté avec son jockey-pool, sorte de tangon latéral qu’on ne voyait plus guère que sur les mini 6.50. Et sa coque dissimule deux ballasts de 200 l. Une fois enjambée la varangue centrale, on peut néanmoins s’asseoir autour d’un petit carré, il y a une vraie cuisine et un WC marin. La croisière rapide est donc aussi au programme.

Cest surtout un très joli bateau quon découvrira à Cannes. Son design, dans la continuité du X-4.3 lancé en 2016, emprunte un peu aux lignes sobres et tendues qui ont fait le succès de certains concurrents italiens. Et de fait, cest bien dun petit 4.3 quil sagit, très proche dans les volumes et les emménagements jusque dans la cabine avant étonnamment spacieuse. Les formes avant, plus volumineuses quà laccoutumée chez X, y sont pour quelque chose… On vous dira tout dans un essai à suivre.

Egalement très attendus, les Excess 12 et 15 étaient très visités pendant les premières journées du Yachting Festival. On remarquait tout de suite les bancs de barre amovibles, les grandes barres d’écoute avec un circuit d’écoute très direct, un bon point, au même titre que le carré surélevé dans la nacelle de l’Excess 15. Bien vue aussi, sur l’Excess 12, la toile d’ombrage qui coiffe tout l’avant de la plateforme.

Avec ce nouveau First, lidée est de proposer un bateau assez élitiste conçu pour un équipage peu nombreux qui navigue à la journée ou ne passe pas plus dune semaine en mer. Plaisir, vitesse, et la certitude de faire tourner les têtes en arrivant au port… Tel est le programme de ce nouveau Bénéteau qui chasserait presque sur les terres de son cousin CNB, mais avec de vrais bateaux de série qui devraient être sensiblement moins chers que leurs concurrents directs, quils soient italiens ou scandinaves.

On connaît les qualités remarquables des catamarans Outremer, qui ne se limitent pas à l’annexe… Mais on ne pouvait pas les rater, et le chantier de La Grande Motte est le seul, à notre connaissance, à proposer ces superbes dinghies en carbone, bien plus légers que les traditionnels semi-rigides et dotés de roues amovibles sous le tableau arrière. Leur poids plume autorise un hors-bord moins puissant, donc également plus léger, et leur bordé est protégé par un épais pavois en mousse. Ces annexes sont construites en Nouvelle-Zélande par OC Tenders. C’est d’ailleurs là que le bât blesse… Avec l’importation et les droits de douane, elles sont un peu trop chères : comptez 12 000 €, livrée France. Si un chantier européen pouvait se décider à les construire sous licence, le prix pourrait baisser d’au moins 30 %.

Le Nautitech 46 n’est pas vraiment une nouveauté, mais son intérieur a été entièrement redessiné et renouvelé avec de nouveaux matériaux plus flatteurs. Et il se distingue toujours par son fly-bridge aménagé comme un petit salon. Table basse et banquettes, c’est un spot panoramique et surtout particulièrement convivial, quand la plupart des concurrents se contentent de bains de soleil.

Le Sunreef 60 n’était pas la vraie nouveauté du chantier polonais – c’était plutôt son petit frère de 50 pieds. Mais il était présenté dans une version pensée pour alléger son empreinte environnementale, pour un client soucieux d’écologie et amateur de navigations silencieuses. La motorisation électrique n’est plus révolutionnaire, même sur un grand cata, mais elle a été parfaitement soignée. Et les panneaux solaires non occultants qui coiffent le fly-bridge sont particulièrement spectaculaires.