A Colombes, les Restos réchauffent aussi le cœur des bénévoles

A Colombes, les Restos réchauffent aussi le cœur des bénévoles

Nantes. Trop vieux, le local des Restos ?

La campagne des Restos du cœur souvre mardi. Philippe Escande, éditorialiste économique au  Monde , sintéresse, dans sa chronique, à la politique fiscale française en matière de dons.

La campagne des Restos du coeur commence mardi 27 novembre. ADRIEN MORLENT / AFP Ce mardi 27 novembre, à Nantes, Rumilly, Auch, Epernay, Bordeaux, Paris et dans toute la France, Les Restaurants du cœur ouvriront leurs portes à tous ceux qui en ont besoin pour une nouvelle saison. Trente-trois ans après sa création par Coluche, lassociation soulage les difficultés de lexistence de presque un million de personnes (860 000 en 2017), chaque hiver, en servant près de 130 millions de repas.

TRIBUNE – Dans le JDD, le président des Restos du coeur Patrice Blanc appelle la France à défendre laide alimentaire de lUnion européenne, qui risque de voir son budget divisé par deux.

Une réussite qui repose sur la générosité de ses mécènes, le succès des concerts des Enfoirés et autres manifestations et, évidemment, sur les dons, soit 90 millions deuros par an, qui représentent près de la moitié des ressources des Restos. Les Français ouvrent leur cœur et leur portefeuille, comme ils le font avec le Téléthon et les associations en tout genre qui, en cette période de lannée, multiplient les appels à la générosité.

Subsiste cependant un étrange paradoxe : en dépit de ces mobilisations spectaculaires et des centaines de milliers de bénévoles qui sactivent dans lombre, les Français sont parmi les moins généreux au monde. Si lon se réfère aux déclarations fiscales, les seules sources comparables dans ce domaine, les Français donnent 0,3 % de leur revenu quand les Américains sont à 2,5 %, soit huit fois plus.

Cest le premier constat étonnant qui émerge du passionnant ouvrage des économistes ­Gabrielle Fack, Camille Landais et Alix Myczkowski (Biens publics, charité privée. Comment lEtat peut-il réguler le charity business ?, ­cahier Cepremap, éditions Rue dUlm, 104 pages, 9 euros). Une manière de sinterroger non seulement sur la mesure de la philanthropie mais aussi sur son rôle et la pertinence de lEtat à faire financer par le privé des missions dintérêt général.

De Bill Gates à Warren Buffet, en passant par Mark Zuckerberg, nous sommes désormais familiers de ces milliardaires doutre-Atlantique qui donnent des sommes considérables à des causes aussi diverses que la lutte contre le paludisme ou léducation des enfants défavorisés. Les dons des 1 % dAméricains les plus riches représentent chacun en moyenne 80 % du revenu moyen dun foyer américain. Pourtant, les incitations fiscales y sont moins généreuses quen France. Ici, lEtat a instauré un abattement fiscal ­allant jusquà 75 % du don, un record du monde.

Faut-il persévérer dans un soutien qui semble si peu efficace ? A lheure où les finances de lEtat sont contraintes, la charité privée peut prendre le relais et insuffler une dynamique entrepreneuriale qui fait défaut à linitiative publique. Sans lenthousiasme de Coluche puis de sa femme, Les Restos du cœur nexisteraient pas.

Les Restos du cœur, qui distribuent de la nourriture aux personnes démunies, lancent leur 34e campagne dhiver mardi 27 novembre 2018. Ils sinquiètent du nombre grandissant de jeunes bénéficiaires. 

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