Dijon | Dijon : des milliers de personnes à la réouverture du musée – Bien Public

Après dix ans de travaux, le Palais des ducs offre un parcours unifié pour ses riches collections composées de dons successifs.

Le 3 mai 2019, des oeuvres sont réinstallées pour louverture imminente du musée. Claire Jachymiack pour le Monde Cest lun des plus vieux ­musées de France, et il est tout neuf : fondé sur les ­bases dune école de dessin ouverte en 1766 par le ­peintre François Devosge (1732-1811), qui eut, entre autres, pour élèves le peintre Pierre-Paul Prudhon et le sculpteur François Rude, le Musée des beaux-arts de ­Dijon rouvre le 17 mai lensemble de ses salles – soit 4 200 m2 despaces dexposition – après plus de dix ans de travaux.

Ce jeudi, Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre, est en visite à Dijon. En fin de matinée, il a signé avec le maire, François Rebsamen (PS), une convention ouvrant à de futures collaborations entre son établissement culturel et la collectivité locale. À cette occasion, il lui a été demandé ce quil pensait de la rénovation du musée des beaux-arts, vingt-quatre heures avant son inauguration. Pour lui, il sagit dun pari  réussi  :  Je connaissais le musée auparavant. Jétais venu après la première phase de restauration en 2013. Je suis dabord frappé par lampleur de la transformation. Comme au Louvre, il était autrefois compliqué de sorienter et davoir un parcours cohérent dans le musée des beaux-arts de Dijon. Et là, je trouve que lensemble est de nouveau très cohérent, notamment entre lextérieur et lintérieur du palais. Cest dailleurs un vrai défi pour les musées, qui sont souvent conçus comme des boîtes noires, peu ouvertes sur leur environnement. Ce qui ma le plus impressionné, cest cette relation entre larchitecture du palais et son parcours à lintérieur. Y être arrivé je ne pensais que ce serait possible. Le musée est bien intégré dans la ville : je ne connais pas dexemple aussi pertinent dans les réalisations récentes. 

Dijon | Le directeur du Louvre juge la rénovation du musée des beaux-arts de Dijon réussie

Confiée aux architectes Yves Lion et Eric ­Pallot, la rénovation des bâtiments de lancien Palais des ducs et des Etats de Bourgogne était complexe : les immeubles qui composent lensemble ont été érigés à des époques différentes, entre le XIVe et le XIXe siècle, un enchevêtrement de styles et de techniques mais aussi de fonctions puisque les lieux ont accueilli les ducs de Bourgogne, les rois de France de passage et les gouverneurs quils dépêchaient sur place, avant de recevoir les maires de Dijon. Cette rénovation a coûté 60 millions deuros (25,7 pour la ville, 8,3 pour Dijon Métropole, 16,6 pour lEtat, 8,4 pour la région, et les 800 000 euros restants financés par le mécénat du groupe de gestion de leau et de lenvironnement Suez) et sinscrit dans le contexte plus large de mise en valeur du ­centre-ville, devenu piétonnier.

Les habitués seront surpris : on entre désormais par la place de la Sainte-Chapelle, située entre le musée et le Grand Théâtre. Lespace daccueil et la boutique se situent de chaque côté dun passage qui mène, au choix, vers les collections en empruntant lescalier dhonneur construit au XIXe siècle, ou vers la cour de Bar, désormais le point central du site, où est installée une brasserie. Juste retour des choses : cest sur la cour que souvraient les cuisines ducales… Une cour est dominée par une tour Renaissance, mais aussi par une ­extension revêtue dun alliage de cuivre doré qui tranche avec les ardoises des toitures (il y en a 160 000, toutes nettoyées et repositionnées, ou remplacées le cas échéant). Derrière cette structure se trouve lascenseur qui permet ­désormais aux personnes handicapées daccéder à lensemble des salles du musée.

Le parcours comprend cinquante salles, chronologiquement quand cétait possible, en commençant peu ou prou par les derniers étages où ont été déployées, après quelques pièces de ­lAntiquité (dont des portraits du Fayoum) et du Moyen Age (un exceptionnel panneau à double face de Konrad Witz, mais aussi, dans une salle spécifique, les incroyables tombeaux polychromes des ducs ­Philippe le Hardi et Jean sans Peur ainsi que de lépouse de ce dernier, Marguerite de ­Bavière), les œuvres de la Renaissance et du XVIIe siècle. Lart du XVIIIe siècle est installé dans une aile qui lui est contemporaine, les ­salles de lancienne école de dessin, datant de 1787. Et cest un bâtiment de 1852 qui accueille les XIXe et XXe siècles.

Le salon Condé a servi décrin pour la signature de cette convention. Un moment solennel qui marque le début dun partenariat renforcé entre le Musée du Louvre et le Musée des Beaux-Arts de Dijon.