Dijon | Dijon : des milliers de personnes à la réouverture du musée des Beaux-Arts – Bien Public

Après dix ans de travaux, le Palais des ducs offre un parcours unifié pour ses riches collections composées de dons successifs.

Le 3 mai 2019, des oeuvres sont réinstallées pour louverture imminente du musée. Claire Jachymiack pour le Monde Cest lun des plus vieux ­musées de France, et il est tout neuf : fondé sur les ­bases dune école de dessin ouverte en 1766 par le ­peintre François Devosge (1732-1811), qui eut, entre autres, pour élèves le peintre Pierre-Paul Prudhon et le sculpteur François Rude, le Musée des beaux-arts de ­Dijon rouvre le 17 mai lensemble de ses salles – soit 4 200 m2 despaces dexposition – après plus de dix ans de travaux.

Confiée aux architectes Yves Lion et Eric ­Pallot, la rénovation des bâtiments de lancien Palais des ducs et des Etats de Bourgogne était complexe : les immeubles qui composent lensemble ont été érigés à des époques différentes, entre le XIVe et le XIXe siècle, un enchevêtrement de styles et de techniques mais aussi de fonctions puisque les lieux ont accueilli les ducs de Bourgogne, les rois de France de passage et les gouverneurs quils dépêchaient sur place, avant de recevoir les maires de Dijon. Cette rénovation a coûté 60 millions deuros (25,7 pour la ville, 8,3 pour Dijon Métropole, 16,6 pour lEtat, 8,4 pour la région, et les 800 000 euros restants financés par le mécénat du groupe de gestion de leau et de lenvironnement Suez) et sinscrit dans le contexte plus large de mise en valeur du ­centre-ville, devenu piétonnier.

Sur lensemble du musée – la forme des vitrines, les couleurs utilisées pour mettre en valeurs les œuvres – Jean-Luc Martinez trouve également que le rendu est de qualité.  Le mélange des matériaux entre les époques est pertinent. Autrefois, le musée des beaux-arts de Dijon était un musée de peintures et de sculptures ; cest devenu un véritable musée de civilisation. 

Les habitués seront surpris : on entre désormais par la place de la Sainte-Chapelle, située entre le musée et le Grand Théâtre. Lespace daccueil et la boutique se situent de chaque côté dun passage qui mène, au choix, vers les collections en empruntant lescalier dhonneur construit au XIXe siècle, ou vers la cour de Bar, désormais le point central du site, où est installée une brasserie. Juste retour des choses : cest sur la cour que souvraient les cuisines ducales… Une cour est dominée par une tour Renaissance, mais aussi par une ­extension revêtue dun alliage de cuivre doré qui tranche avec les ardoises des toitures (il y en a 160 000, toutes nettoyées et repositionnées, ou remplacées le cas échéant). Derrière cette structure se trouve lascenseur qui permet ­désormais aux personnes handicapées daccéder à lensemble des salles du musée.

Lors de sa première exposition temporaire, le musée des beaux-arts de Dijon mettra à lhonneur lartiste franco-chinois Yan Pei-Ming, diplômé des beaux-arts de Dijon tombé amoureux de la région où il est arrivé à ses 20 ans.

Le parcours comprend cinquante salles, chronologiquement quand cétait possible, en commençant peu ou prou par les derniers étages où ont été déployées, après quelques pièces de ­lAntiquité (dont des portraits du Fayoum) et du Moyen Age (un exceptionnel panneau à double face de Konrad Witz, mais aussi, dans une salle spécifique, les incroyables tombeaux polychromes des ducs ­Philippe le Hardi et Jean sans Peur ainsi que de lépouse de ce dernier, Marguerite de ­Bavière), les œuvres de la Renaissance et du XVIIe siècle. Lart du XVIIIe siècle est installé dans une aile qui lui est contemporaine, les ­salles de lancienne école de dessin, datant de 1787. Et cest un bâtiment de 1852 qui accueille les XIXe et XXe siècles.

Le salon Condé a servi décrin pour la signature de cette convention. Un moment solennel qui marque le début dun partenariat renforcé entre le Musée du Louvre et le Musée des Beaux-Arts de Dijon.