Emmanuel Macron et Vladimir Poutine affichent leurs désaccords au fort de Brégançon – France Culture

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine affichent leurs désaccords au fort de Brégançon - France Culture

Brigitte Macron sans son attelle et élégante en robe courte face à Poutine

Janvier 2016, ambassade de France en Russie. Devant un parterre dhommes daffaires installés à Moscou, un jeune ministre de lEconomie français, Emmanuel Macron, fait sensation en assurant quil est pour la levée rapide des sanctions occidentales contre la Russie décrétées après lannexion de la Crimée et le conflit dans lEst ukrainien. Trois ans et demi plus tard, cest le même Macron qui sapprête à recevoir le président russe au fort de Brégançon pour un nouveau tête-à-tête, profitant du silence diplomatique de lAllemagne dans la gestion européenne du dossier russe.

Une évolution qui paraissait pourtant peu évidente lors de son arrivée à lElysée en 2017. Succédant à une mandature Hollande plombée par de lourds dossiers comme la Crimée ou la Syrie, Macron doit alors repartir de zéro, sur le champ de ruines des relations franco-russes. Poutine et Hollande ne se parlaient plus, cétait devenu très compliqué, se souvient une source diplomatique à Moscou.

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A lépoque, Macron nest clairement pas le favori du Kremlin. François Fillon, plus russo-compatible, a très nettement sa préférence et lhomme fort de la Russie nhésite pas à en faire léloge. Lors de son arrivée au pouvoir, Macron a dabord été vu avec perplexité, confirme la politologue russe basée en France Tatiana Stanovaya. Trop inexpérimenté, faible et dépendant des Etats-Unis… Les Russes ne voyaient pas davancée majeure possible avec lui. Les griefs étaient également dordre émotionnel. Avant même son élection, des boules puantes russes émergent, sous la forme des fuites de mails (les MacronLeaks), mais aussi de rumeurs sur sa vie privée et de campagnes négatives dans la presse officielle russe et ses relais en France. Cela a laissé des traces, explique le directeur de lObservatoire franco-russe à Moscou, Arnaud Dubien. Aujourdhui, les députés de La République en marche en parlent encore. La réception de Marine Le Pen en mars 2017, après laffaire Fillon, était également un geste très maladroit.

"Nous ne voulons pas dune situation similaire" à celle qui a récemment prévalu à Paris, a dit le président russe, reçu dans sa résidence dété par son homologue français, dont le gouvernement a été ébranlé à la fin dannée dernière et au printemps par la crise des "gilets jaunes", ces Français entrés en rébellion contre sa politique.

Video: Macron reçoit Poutine avant le sommet du G7 : “Une relation franco-russe qui se réchauffe”

Larrivée de Macron est donc accueillie, cest un euphémisme, avec une circonspection peu chaleureuse des Russes. Mais le gel ne dure pas. Ils se sont trompés, dit Arnaud Dubien, car dès le 29 mai, trois semaines après son arrivée à lElysée, Macron étonne tout le monde en invitant Poutine à Versailles, une bonne surprise pour les Russes. La conférence de presse commune versaillaise est marquée par les piques envoyées par Macron à la chaîne Russia Today et au site dinformation Sputnik, à côté dun Vladimir Poutine le visage fermé. Mais linvitation a le mérite de crever labcès.

Mais cette rencontre au fort de Brégançon marque peut-être un nouveau tournant – au moins au niveau rhétorique – dans la relation franco-russe sous la houlette dEmmanuel Macron. Beaucoup moins critique à légard de laction de la Russie dans le monde, le chef dEtat français a notamment fait état de son inquiétude de voir la Russie basculer géopolitiquement dans la sphère asiatique. «Est-ce que ce serait notre intérêt à nous ?», sest interrogé Emmanuel Macron. «Même lorsquon a des désaccords […] [il faut] essayer de se ramener à des positions communes et […] tout faire pour […] ré-arrimer la Russie à lEurope». Et le président français de rappeler que, selon lui, cétait le sens du maintien, en juin 2019, soutenu par la France, de la Russie au sein du Conseil de lEurope. «Une nouvelle géopolitique», a encore invoqué le président français.

Video: REPLAY – Syrie, Ukraine… Emmanuel Macron sexprime devant Vladimir Poutine à Brégançon

Cest déjà la rentrée pour les partis politiques, les premières universités dété débutent cette semaine

Peu davancées sérieuses sont pourtant notables depuis. Les épineux dossiers qui avaient vampirisé la relation bilatérale sous François Hollande (annexion de la Crimée, Donbass, Syrie ou Iran) demeurent. Et de nouvelles tensions apparaissent : de laffaire Skripal au détroit de Kertch, au large de la Crimée, en passant par la République centrafricaine. Ce qui nempêche pas Emmanuel Macron de confirmer sa venue au Forum économique de Saint-Pétersbourg pour lannée suivante, en 2018.

Ce faisant, le président français a repris une position déjà exprimée par le passé, notamment lors de la réunion du G20 à Osaka fin juin 2019 mais aussi lors dune interview accordée à la chaîne suisse RTS. Emmanuel Macron avait alors martelé son désir de dialogue avec la Russie, malgré les divergences, selon lui, sur plusieurs dossiers. «Je crois à [une] Russie européenne», a déclaré le dirigeant français, reprenant là aussi un thème souvent abordé : «Je crois à une souveraineté européenne, cest-à-dire à une Europe plus forte et qui donc doit se réinventer dans ce dialogue.»

En juin 2017, il dévoile une doctrine géopolitique plus pragmatique quattendu, parlant du néoconservatisme (antirusse) – largement répandu chez les diplomates français sous Sarkozy puis Hollande – comme dune idéologie importée en France depuis dix ans. Sa volonté de dégel de la relation franco-russe est affichée. Et leurophile Macron dévoile une facette empreinte de realpolitik. La relation a beaucoup évolué en deux ans, dit Tatiana Stanovaya. Particulièrement depuis ce début dannée 2019. Et puis de nombreux officiels russes voient toujours les deux pays comme fondamentalement amis et partenaires, depuis toujours.

Pour autant, Emmanuel Macron na pas précisé les modialités de ce dialogue, déjà annoncé lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg en mai 2018. Avec la même rhétorique optimiste, mais restant dans les généralités, le président de la République avait assuré son homologue russe que la France serait un «partenaire fiable». Là aussi, Emmanuel Macron avait présenté la France comme un partenaire sur les dossiers internationaux, en dépit des nombreuses divergences.

Arnaud Dubien évoque un épisode peu connu : Juste avant la finale de la Coupe du monde de football, en juillet 2018 à Moscou, Poutine et Macron se voient, assez longtemps, avec des spécialistes du cyberespace notamment. Cest peut-être là quil faut situer le début du réchauffement concret. Ils se parlent beaucoup. Une semaine après, les deux pays lancent une opération humanitaire conjointe dans la Ghouta orientale, en Syrie. Cela va beaucoup mieux quavant, assure une source diplomatique française.

Lors de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine au fort de Brégançon ce 19 août, Emmanuel Macron a déroulé son projet de refondation des relations internationales, en posant le primat de lUnion européenne (UE). «Nous avons à réinventer une architecture de sécurité et de confiance entre lUnion européenne et la Russie», a-t-il affirmé, proposant, sans plus de précision, de «nouvelles formes de relations et dactions utiles».

Manifestations à Moscou : Poutine “ne veut pas dune situation telle que celle des gilets jaunes”

La perception du jeune leader français par les Russes aurait donc largement évolué depuis deux ans. Il présente une vision réaliste, balancée, cherchant à équilibrer le plus possible lattachement aux valeurs, aux droits de lhomme, et la poursuite des intérêts de la France, explique le directeur des études françaises au Haut Collège déconomie de Moscou, Youri Roubinski. Macron sest montré plus habile et crédible que prévu, acquiesce le président du Russian Council et spécialiste des relations franco-russes, Andreï Kortounov. Il est désormais vu comme plus terre à terre et pragmatique que ses prédécesseurs, Hollande en tête, pour lequel Poutine navait pas une grande estime. Une forme de respect mutuel se serait esquissée.

Au fort de Brégançon, le président français a réaffirmé sa volonté de refonder les relations franco-russes sur de nouvelles bases et sur le dialogue. Mais cette relation passerait par une Europe dont il faudrait aussi réinventer la souveraineté.

Le président russe est là depuis vingt ans. Des dirigeants mondiaux et français, il en a vu passer ! ajoute Fiodor Loukianov, membre du Conseil de sécurité et de défense russe. Difficile de limpressionner. La seule chose qui compte à ses yeux, cest si un dirigeant va pouvoir réellement agir, ou si ça ne reste que de belles paroles. Si Macron, qui a pris linitiative daméliorer les relations bilatérales franco-russes, peut être vu en Russie comme un président de meilleure composition pour remonter la pente, Moscou ne senflamme pas pour autant. Il y a toujours des doutes sur son vrai pouvoir, explique Tatiana Stanovaya. Macron est aussi toujours vu comme naïf et ambitieux, pensant quil va pouvoir tout accomplir, mais fonctionnant sur le mode “beaucoup de bruit pour peu de résultats”. Les dossiers chauds ne manquent pas. Afin de contrer lescalade verbale des Etats-Unis, lIran pourrait être un point de convergence, pour sauver à tout prix ou repenser laccord sur le nucléaire. Un conseiller diplomatique de lElysée expliquait récemment que la Libye devenait aussi un dossier avec de possibles intérêts convergents.

Signe de bonne volonté, Paris a poussé pour la réintégration de la Russie au Conseil de lEurope. Surtout, la rencontre au fort de Brégançon aurait pu ne pas se produire du tout, rappelle Arnaud Dubien. Si elle arrive maintenant, il y a une raison majeure : lUkraine. La fenêtre de tir pour parvenir à quelque chose, cest maintenant, avec lélection du nouveau président, Volodymyr Zelensky. Si rien de concret némerge de cette réunion, on ferme le ban pendant un long moment. En cas de discussion fructueuse, une rencontre en format Normandie (Allemagne, France, Russie et Ukraine) pourrait se dérouler à lautomne, estiment plusieurs analyses.

VIDEO – Brigitte Macron va mieux : elle a retiré son attelle pour accueillir Vladimir Poutine…

Plusieurs autres signes témoignent dun souffle favorable au réchauffement, comme la récente rencontre entre les deux Premiers ministres Dmitri Medvedev et Edouard Philippe au Havre. La France et la Russie pourraient aussi vite réactiver un format deux plus deux (rencontre des ministres des Affaires étrangères et de la Défense), que Moscou nutilise quavec le Japon et lItalie parmi les pays du G7. La Russie voit aussi dun bon œil la nouvelle nomination, comme chef de service à ladministration centrale du ministère de lEurope, dun ancien conseiller à lambassade de France à Moscou (et récent ambassadeur en Serbie), Frédéric Mondoloni. Ainsi que larrivée au poste dambassadeur à Kiev dEtienne de Poncins, filloniste peu soupçonnable de sentiments antirusses.

Mais les deux pays ne se font pas énormément dillusions, tempère Loukianov. Ils ne sont pas la priorité lun pour lautre. La France reste perçue à Moscou comme un pays affaibli, qui a abandonné de surcroît une part de sa souveraineté à une Union européenne libérale honnie au Kremlin. Poutine souhaite néanmoins garder le contact avec lEurope. Et sil a un message à faire passer, il ny a pas meilleur messager actuellement que Macron, résume Andreï Kortounov.

Rencontre Macron-Poutine, crise gouvernementale en Italie, reprise du chantier à Notre-Dame… Lactu de ce lundi

Poutine et Macron font assaut de bonne volonté à Brégançon, sauf sur la Syrie et les droits de lHomme

Le président sest déjà remis dans le bain dans le Sud de la France. AFP Publié le 19/08/2019 à 06:48 Politique, France – Monde lessentiel Dici à la fin septembre, tous les partis politiques vont organiser des grands raouts pour préparer la rentrée. Cette année, on assiste à un retour en force des universités qui, toutes, vont beaucoup parler des prochaines élections municipales de mars 2020.

Elles ont longtemps rythmé la fin de l'été et étaient le signal de la rentrée politique toute proche. Sur un mode – souvent faussement – décontracté avec robes fleuries et pulls pastel sur les épaules, ministres et barons de partis se pressaient à ces universités d'été où se préparaient, derrière les sourires et le bronzage, orientations stratégiques ou coups de Jarnac… Rendez-vous phare des années 1990 et 2000, les universités d'été étaient ensuite tombées en désuétude : trop de com', pas assez d'idées ; trop d'ego, pas assez de militants. Devant les caméras de télévision, on retenait plus la forme que le fond, la chemise trempée de Manuel Valls ou les danses endiablées de Nadine Morano…

Avec le grand chamboule-tout de l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, avec ce Nouveau monde davantage adepte du team building des entreprises que des débats enfiévrés dans des stations balnéaires, on pensait les universités d'été définitivement enterrées. D'autant plus que les partis historiques, laminés par la dernière présidentielle, disposaient de finances exsangues, peu compatibles avec l'organisation d'événements aussi dispendieux.

Emmanuel Macron doit recevoir le président russe Vladimir Poutine au fort de Brégançon aujourd'hui. / AFP

Et malgré tout, revoilà les universités d'été qui font un retour en force cette année. Certes, beaucoup de partis répugnent encore à utiliser l'expression et préfèrent parler de Campus, de Journées, «d'AMFiS», etc. Mais les faits sont là et cadres, élus et militants vont se retrouver quelques jours à cogiter dans une ambiance détendue mais studieuse, et pas forcément sur le littoral. Toulouse accueille ainsi les événements d'Europe-écologie-les Verts et de la France insoumise.

Ateliers thématiques, débats, formation des militants et des élus, invités de marque : les universités renouent avec les fondamentaux. Toutes s'intéressent à la démocratie de proximité – preuve que la crise des Gilets jaunes a été entendue – et aux municipales. Car à dix mois de ce scrutin majeur, tout le monde se prépare pour cette élection dont la lecture dira si le paysage politique de 2017 était passager ou s'enracine.

Après une «prérentrée» jeudi dernier qui a consisté pour Emmanuel Macron à présider les cérémonies commémorant le 75e anniversaire du Débarquement de Provence, le chef de l'état entame aujourd'hui sa rentrée politique avec une longue séquence diplomatique, précarré des présidents de la République. Même si on n'est jamais à l'abri d'une surprise, la rentrée 2019 s'annonce plus calme qu'il y a un an lorsqu'Emmanuel Macron avait dû gérer l'affaire Benalla puis la démission surprise du ministre de la Transiton écologique Nicolas Hulot.

Fort de Brégançon : lieu de villégiature et de diplomatie

Aujourd'hui, c'est au fort de Brégançon, où il achève ses vacances, qu'Emmanuel Macron va recevoir son homologue russe Vladimir Poutine. Le maître du Kremlin appréciera-t-il l'austère fort comme il avait apprécié sa réception au château de Versailles le 29 mai 2017 ? En tout cas, après Theresa May l'an passé, cette rencontre donne corps à l'idée de l'élysée de faire du fort une sorte de Camp David français, en référence à la résidence d'été du président des états-Unis.

La rencontre Poutine-Macron, la semaine diplomatique du président, la rentrée du gouvernement… Les inform…

Iran, Ukraine, Syrie, répression des manifestations en Russie : les sujets de discussions ne manqueront pas entre les deux hommes.

Poutine évoque un optimisme prudent après ses contacts avec Zelensky

Emmanuel Macron enchaînera ensuite avec le sommet du G7 – dont est exclue la Russie – à Biarritz du 24 au 26 août. Dans la station balnéaire transformée en camp retranché pour recevoir quelque 5 000 membres des délégations internationales, le chef de l'état recevra ses homologues et devrait rejouer la carte écologique. De quoi irriter les climatosceptiques Boris Johnson et Donald Trump. Emmanuel Macron devrait tout faire pour éviter que le président américain ne mette à exécution sa menace de quitter l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La séquence diplomatique s'achèvera par la 74e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre à New York, devant laquelle Emmanuel Macron doit s'exprimer.

Mais à côté de cette rentrée internationale, il y aura aussi pour Emmanuel Macron une rentrée nationale – le conseil des ministres de rentrée est le 21 août – beaucoup plus compliquée. Alors que la crise des Gilets jaunes n'est pas éteinte, la partie II du quinquennat va aborder des textes inflammables comme la loi sur la PMA, et, surtout, la réforme des retraites.