Municipales 2020 : A Grenoble, la course aux municipales saccélère – Acteurs de léconomie

Municipales 2020 : A Grenoble, la course aux municipales s\accélère - Acteurs de l\économie

A Grenoble, la gauche déploie son arc humaniste, la droite dans le dur

Le maire de Grenoble Eric Piolle (EELV) sest officiellement déclaré mardi candidat aux municipales, mettant fin à un faux suspense et appelant les forces de "larc humaniste" à construire un projet "daccélération de la transition".

Êtes-vous candidat ? "Oui ! On repart pour une nouvelle aventure", a affirmé Eric Piolle, 46 ans, à plusieurs médias dont lAFP, arborant un T-shirt noir siglé "Nous avons lespoir en commun", qui pourrait devenir son slogan de campagne.

Ancien maire RPR de Grenoble, condamné à 4 ans de prison pour corruption en 1996, Alain Carignon est de nouveau candidat aux municipales 2020. Avec visiblement une grosse envie de se faire remarquer. Dans un livre de campagne dont le Parisien relève quelques extraits ce matin, Carignon estime déjà que ça va, il a payé sa dette à la société. Il affirme aussi très tranquillement : Moralement, je ne crains personne. Et il fait donc cette promesse : Jinstallerai un tréteau et un téléphone dans un HLM vide de la galerie de lArlequin à Villeneuve [une cité sensible de la ville] dont je ferai mon bureau de maire. On lui décerne doffice le trophée de la proposition la plus démago de la semaine.

Le maire de la capitale des Alpes et de ses plus de 160.000 habitants estime quaprès avoir montré en 2014 que "lalternance était possible" avec larrivée aux manettes de "contre-pouvoirs" avec sa coalition écologiste, extrême gauche (Parti de gauche devenu La France insoumise) et citoyens, le contexte a bien évolué.

Quatre ans ferme avec incarcération immédiate et dix ans dinéligibilité, la partie de cache-cache avec la justice du maire de Levallois sest soldée par une condamnation pour fraude fiscale. En attendant le volet blanchiment, pour lequel il risque encore plus. Sa femme a écopé de trois ans, sans mandat de dépôt

"Il y a eu la Cop 21, lencyclique du Pape sur lécologie, lentrée et la sortie du gouvernement de Nicolas Hulot, les marches pour le climat, Trump, Salvini et bien dautres", a énuméré M. Piolle.

Vingt-quatre ans après avoir rendu son tablier de force, lancien ministre estime pouvoir  incarner lavenir  à 70 ans et croit en ses chances.  Mon âge et mes 70 printemps ne sont que la conséquence de toutes ces expériences accumulées dans la joie et la peine. (…) Jai cette expérience unique , écrit-il, ajoutant craindre  rien, ni personne .

Pour lui, "on est aujourdhui dans le sens de lhistoire et en 2020, il faut accélérer les transitions" dans les domaines de lalimentation, de la santé, des mobilités, du logement social.

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"Jai envie de porter cette accélération", souligne celui qui se veut tête de liste. Quant à ses futurs partenaires, Eric Piolle nen dit mot pour le moment, même si lidéal serait de réunir toute la gauche à savoir notamment LFI, le PCF, les hamonistes de Génération.s, etc.

Il projette aussi une “colline de la biodiversité” sur la Bastille, cette montagne emblématique reliée par un téléphérique au centre-ville. Ou encore la création dun monorail nouvelle génération pour relier Voiron à Crolles en passant par Grenoble, créant ainsi “un projet fédérateur” pour lémergence dun “Grand Grenoble” comme il existe déjà un Grand Lyon.

Municipales à Grenoble. Le maire écologiste Eric Piolle candidat à sa réélection

"Chacun vit son calendrier mais on construit un projet et du coup la coalition se formera", assure lélu, qui dit "sentir lenvie dagir de gens politisés ou non".

Selon le candidat de droite, la ville souffre de plusieurs “plaies” que sont “linsécurité, les impôts et la perte dattractivité”. Sil est élu, il promet de réinvestir les quartiers avec les services municipaux, bureau du maire en premier lieu qui sera installé “dans un HLM vide”. Et de déployer “immédiatement un plan daction contre la délinquance”.

M. Piolle entend rassembler un "arc humaniste" autour dun projet encore à créer dont "la colonne vertébrale" serait "les valeurs de Grenoble". Comprendre: "celles du Conseil National de la Résistance, le féminisme, laccueil des exilés, la défense des biens communs".

"Les valeurs sont posées, il y aura beaucoup de monde derrière", prédit Eric Piolle, qui espère extraire la "singularité grenobloise" des enjeux nationaux et des logiques de partis. Même si Grenoble, seule grande ville à édile écologiste, sera forcément scrutée.

Interrogé sur ses concurrents déclarés, Eric Piolle ne sappesantit guère sur Alain Carignon, 70 ans, ancien maire (1983-1995) condamné pour corruption en 1996 : "Il sest disqualifié et est dans une quête personnelle", estime-t-il, rappelant quil "est entré en politique en même temps que Balkany", condamné la semaine dernière pour fraude fiscale. "Dommage que lespace politique de la droite soit plombé par Carignon".

Eric Piolle est candidat à sa succession à la Mairie de Grenoble. Le maire écologiste a officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales 2020 ce mardi 17 septembre 2019.

Quant à Emilie Chalas, la néo-députée LREM de lIsère tombeuse de Michel Destot (PS, ex maire aussi), "cest une personne nommée par Paris qui devra assumer le bilan et les discours de Macron". La "culture des +winners-loosers+ dEn Marche fait que certains, même à droite, se sentent plus proches de nous", question de valeurs, analyse M. Piolle.

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Eric Piolle rempile. En 2014, il était devenu à la surprise générale le premier et le seul maire écologiste dune grande ville française, à la tête dune coalition constituée dEurope Ecologie-les Verts (EE-LV), du Parti de gauche (PG) et de mouvements citoyens. A 46 ans, le maire sortant veut poursuivre et accélérer le travail de cette majorité verte-rouge-citoyenne, qualifiée de laboratoire grenoblois. Doù son appel à une union de gauche – un arc humaniste selon sa formule fétiche qui rappelle celle utilisée par Anne Hidalgo à Paris. Lédile grenoblois sadresse autant aux manifestants de la Marche pour le climat quaux sympathisants de partis de gauche, socialistes compris. Et sa démarche visant une large alliance citoyenne semble porter ses fruits.

En juillet, cest le PCF local, qui gère trois grandes villes de la métropole grenobloise, qui avait appelé le premier à un grand rassemblement pour combattre les forces réactionnaires et conservatrices, réclamant un sursaut collectif. Dans la foulée, le parti vert avait expliqué que lappel du PCF à dépasser nos différences, dans le respect de nos histoires et identités était à la hauteur des enjeux. EE-LV travaillera avec toutes celles et ceux qui voudront relever le défi, précisait EE-LV Isère. Un premier jalon était posé sur le chemin de lunion. Depuis, Génération·s, le mouvement fondé par Benoît Hamon, a assuré à son tour son souhait de participer à la construction dune future “maison commune” à Grenoble. Et de contribuer à lécriture de cette nouvelle histoire de la gauche écologiste. Piolle ne veut brusquer personne et continue ses consultations avec chacune de ces formations. Acteurs clés de la majorité sortante, les membres du Parti de gauche sengageront aussi dans la construction de la future coalition menée par Piolle.

On ne sait en revanche rien de la position officielle de La France insoumise, divisée localement. Depuis 2014, une partie des insoumis, des élus du Front de gauche et des membres du Parti de gauche isérois se sont désolidarisés de la majorité municipale, lui reprochant un déficit de démocratie et des renoncements programmatiques. Une liste positionnée à la gauche de la coalition menée par Piolle nest donc pas à exclure en mars. Autre inconnue : la position de ce quil reste du Parti socialiste grenoblois, qui na toujours pas digéré davoir perdu la mairie en 2014 et qui campe dans une opposition totale à Eric Piolle au sein du conseil municipal. Pourtant, élus du rassemblement rouge-vert-citoyen, socialistes et communistes cogèrent lagglo ensemble, sous la présidence de lex-socialiste Christophe Ferrari.

Désignée en juillet par La République en marche (LREM), Emilie Chalas sest clairement positionnée sur le créneau du centre gauche et compte bien attirer à elle les électeurs socialistes en déshérence. LREM est arrivée en tête lors des européennes à Grenoble, avec 24 % des voix contre 22,4 % à la liste écolo emmenée par Yannick Jadot, mais la majorité présidentielle dispose en réalité dassez peu de réserves de voix : les scores de la droite sont traditionnellement très faibles dans la cité alpine.

Ce dont lancien maire Alain Carignon, condamné en 1996 à une peine de prison pour corruption, semble ne pas se soucier. Après avoir très activement préparé sa candidature depuis plus dun an, il la officialisée lundi, baptisant son collectif Société civile, même sil dispose du soutien dune partie de lappareil local du parti Les Républicains. A 70 ans, Carignon avance donc sans étiquette mais avec un ennemi déclaré : léco-dogmatique Eric Piolle.