Le Havre : commission de suivi des sites Seveso – France 3 Régions

Le Havre : commission de suivi des sites Seveso - France 3 Régions

Après lincendie de Lubrizol, un rapport pointe limpréparation de la France face aux risques industriels | LCI

Comment protéger au mieux les voisins des sites industriels les plus dangereux ? Un peu plus dun mois après la catastrophe de lusine Lubrizol, à Rouen, lAssociation nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris) formule une série de recommandations, quelle compte remettre à la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne lors dun rendez-vous quelle espère obtenir dici la fin de lannée.

Dans un livre blanc publié mardi, qui concerne en particulier les activités économiques riveraines des plus de 700 sites classés Seveso seuil haut, lAmaris dresse dabord un état des lieux sévère. Car plus de seize ans après lentrée en vigueur de loi Bachelot de 2003, élaborée après la catastrophe dAZF (qui avait fait 31 morts à Toulouse en 2001), les mesures de prévention des risques peinent à être mises en place, déplore lassociation, qui regroupe environ 100 collectivités (communes, intercommunalités et région) ayant un ou plusieurs sites Seveso seuil haut sur leur territoire.

Communication défaillante, prévention inachevée, manque de coopération lors de crises : un peu plus dun mois après lincendie de Lubrizol, des collectivités locales concernées dressent un constat alarmant de lexposition aux risques technologiques. 

Risque technologique : laccident Lubrizol révèle les carences des systèmes dalerte

Les plans de prévention des risques technologiques (PPRT) sont certes quasiment tous approuvés (380 en février 2019 sur 388 à réaliser), mais ils ne sont pour la plupart pas mis en œuvre concrètement. Seules 600 habitations ont été traitées sur les 16 000 logements concernés par des travaux de mise en protection, relève lAmaris. Principal frein identifié : La prise en charge financière des travaux. Le code de lenvironnement prévoit en effet un financement public à hauteur de 90% du montant des travaux, mais nombre de propriétaires ne parviennent pas à débourser les 10% restants et à avancer les 40% pris en charge par lEtat sous forme de crédit dimpôt. 

Le site de lusine chimique Lubrizol à Rouen. LOU BENOIST / AFP Des systèmes dalertes obsolètes, des mesures dinformation préventive qui natteignent pas leurs objectifs, des commissions de suivi de site qui ne parviennent pas à jouer leur rôle, des blocages techniques et financiers… cest peu dire que la France nest pas préparée aux risques industriels, selon un rapport de lAssociation nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris). Présenté mardi 5 novembre, ce livre blanc consacré à la  mise en protection des activités riveraines des sites Seveso seuil haut  prend une résonance particulière, un peu plus dun mois après lincendie qui a ravagé lusine chimique Lubrizol et les entrepôts de lentreprise Normandie Logistique à Rouen.

Gestion de crise : il faut mettre les collectivités au cœur du dispositif

Pour les activités économiques (elles sont concernées dans plus de la moitié des PPRT), la situation est encore pire. Tout reste à faire, résume Delphine Favre, la déléguée générale dAmaris. Des milliers dentreprises doivent mettre en œuvre des mesures de protection pour leurs salariés et leurs visiteurs, et les plus exposées dentre-elles peuvent être expropriées ou doivent proposer des solutions alternatives, rappelle lassociation. Or, à la diffférence des propriétaires dhabitations, elles ne bénéficient daucun accompagnement technique, financier et administratif pour faciliter la mise en œuvre des mesures de protection qui leur sont imposées. En cause, aussi, une faible culture du risque, une efficience limitée des actions dinformation préventive ou des systèmes dalerte inadaptés.

Institués en 2003 après laccident de lusine AZF (31 morts à Toulouse, le 21 septembre 2001), les plans de prévention des risques technologiques (PPRT) sont la pierre angulaire des politiques publiques. Au total, 380 PPRT – sur 388 à réaliser – ont été approuvés. Mais leur mise en œuvre, censée  protéger les populations présentes et futures sinstallant à proximité des sites Seveso seuil haut , ne suit pas le même rythme. Sur 16 000 logements concernés par des travaux de mise en protection (installation de système anti-incendie, doublage ou triplage du vitrage face au risque dexplosion…), seuls 600 ont été traités, relève létude. Principal frein : le coût financier (10 % du montant des travaux) restant à la charge des propriétaires.

Résultat, selon létude de terrain menée par Amaris, très peu dacteurs économiques se sont engagés concrètement dans les démarches destinées à protéger leurs salariés et visiteurs. Et lattentisme règne parmi eux, quand ils naffichent pas une réelle ignorance de leurs obligations. Même absence daccompagnement technique ou financier pour les établissements publics (dont les crèches ou écoles) riverains des sites Seveso seuil haut, dont le nombre na pas été décompté, remarque lAmaris.

Reste que sur certains sites dits plates-formes, comme à Dunkerque (Nord), au Havre et à Port-Jérôme (Seine-Maritime) ou à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), lAmaris observe une dynamique et un exemple à suivre. Les industriels y ont lobligation de mettre en œuvre une gouvernance de la sécurité, laquelle, quand elle sappuie sur le modèle associatif, favorise linformation et laccompagnement des acteurs économiques. LAmaris remarque aussi quil est important de tenir compte de la diversité des activités économiques (petit commerçant, chef dentreprise de lindustrie disposant dune culture du risque, etc.) et du contexte local (implantation en zone industrielle, en centre-ville…).

LAmaris regroupe une centaine de collectivités locales accueillant sur leur territoire au moins un site Seveso seuil haut tel que Lubrizol. On en recense 744 en France en 2019. A partir de témoignages et de retours dexpérience, lassociation dresse un constat sévère :  Près de vingt ans après la catastrophe dAZF, la mise en protection des activités riveraines des sites Seveso seuil haut reste une étape à franchir , voire à engager, étant donné le  très faible niveau  de la culture du risque en général, pointe son président, Yves Blein, député du Rhône (La République en marche).

Dans lespoir daméliorer la situation, lassociation formule vingt recommandations à ladresse des pouvoirs publics. Il sagit dabord, pour enclencher une dynamique, daffirmer le rôle des services de lEtat, et notamment de les mobiliser pour quils assurent leur mission dinformation à destination des acteurs économiques. Il sagit aussi de donner les moyens aux territoires daccompagner ces acteurs, par exemple en mettant à leur disposition une boîte à outils opérationnelle adaptée et déclinée selon les différents types dacteurs économiques en fonction de leur taille, activité, statut et environnement.

Moyens dalerte  obsolètes , communication de crise  dépassée … Lassociation des collectivités accueillant des sites Seveso donne lalarme après lincendie de Lubrizol.

Pour lever les blocages techniques et financiers, lAmaris recommande notamment dexpérimenter des dispositifs daide au financement des travaux de réduction de la vulnérabilité engagés par les entreprises et détendre les dispositifs daides existants (crédit dimpôt, prêts ou leviers bancaires…). Ou encore daccompagner financièrement les entreprises dans leur projet de relocalisation pour quelles le fassent dans de bonnes conditions, ce qui permettrait de limiter les risques de fermetures dentreprises mises en expropriation. En cas daccident, lAmaris demande à ce que soit rendue aux communes la place que la loi leur échoit dans la gestion de crise, en les associant à lorganisation des secours et à la communication de crise.

Suite à lincendie de lusine Lubrizol à Rouen, lassociation Amaris qui représente une centaine de collectivités françaises abritant des sites Seveso fait le point sur les dispositifs de gestion et de communication de crise. Moyens dalerte inadaptés, manque de coordination avec lEtat, les communes nont pas toutes les cartes en main pour protéger leur territoire en cas de crise.

Un nouvel accident sur un site Seveso et le débat sur la gestion des risques industriels et technologiques en France repart. Rappelons que les deux lois qui encadrent aujourd’hui la prévention du risque industriel et technologique découlent de l’explosion d’AZF à Toulouse en 2001. La loi Bachelot sur les risques du 30 juillet 2003 a aujourd’hui abouti à l’adoption de 381 plans de prévention des risques technologiques (PPRT) sur les 388 prescrits. Sur le volet gestion de crise, la loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004 a notamment instauré un plan communal de sauvegarde (PCS).

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