Immobilier : à Paris et en Ile-de-France, les prix montent encore

Immobilier : à Paris et en Ile-de-France, les prix montent encore

Immobilier : jusquoù Paris flambera-t-il ?

Avis aux amateurs : les tarifs de limmobilier parisien qui caracolent à 9 420 euros le mètre carré vont continuer à augmenter, annonce la Chambre des notaires de Paris-Ile-de-France dans sa note de conjoncture doctobre. Daprès les prix issus des avant-contrats, le prix au mètre carré pourrait dépasser 9 600 euros en décembre 2018 à Paris, indique son communiqué. La hausse annuelle serait alors moins soutenue quil y a un an (8,7 %) mais elle dépasserait tout de même les 6 %. Le prix de la pierre dans la capitale atteindrait ainsi 9 620 euros le mètre carré en fin dannée. Au point que Xerfi, un cabinet danalyse économique, se demande si, en ce qui concerne limmobilier, Paris nest pas devenue une capitale hors-sol. Le mètre carré est deux fois et demie plus cher quà Lyon, et quatre fois plus cher quà Marseille, deux des plus grandes métropoles françaises. Paris est la ville la moins abordable dEurope continentale si lon se réfère aux revenus de ses habitants, analyse Alexandre Mirlicourtois, de Xerfi. Et de rappeler que le revenu net médian dun célibataire à Paris est denviron 2 200 euros mensuels.

Des ressources à mettre en regard avec le prix du moindre deux pièces qui va de 300 000 euros à 400 000 euros selon les quartiers. Et cette flambée sest diffusée bien au-delà du périphérique. Toute lIle-de-France où vit presque 20 % de la population française (12,2 millions dhabitants) est concernée par cette dérive des prix. A la fin de lannée […] la hausse annuelle du prix des appartements serait [en moyenne] de 6,6 % en petite couronne [Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, ndlr] et de 2 % en grande couronne [Essonne, Val-dOise, Seine-et-Marne, Yvelines].

En effet, daprès les notaires de Paris-Ile-de-France, en un an, daoût 2017 à août 2018, le prix des logements anciens a augmenté de 3,2%. A Paris, le prix du mètre carré des appartements anciens a atteint 9 420 euros/m² en août 2018 (+2,2% en un trimestre, +5,9% en un an), mais cette tendance haussière a aussi impacté la petite couronne (+6,6%) et la grande couronne (+2%). Neuilly-sur-Seine a même dépassé Paris à 10 344 euros le m². Les prix à Levallois-­Perret grimpent à 8 544 euros le m² (+12,3% sur un an), Boulogne-Billancourt est à 7 890 euros, (+3,4%) et Issy-les-­Moulineaux à 7 308 euros (+10,8%). 

En ce qui concerne les maisons, les tarifs sont en voie de stabilisation. Peu dévolutions sont attendues de septembre à décembre 2018, souligne la Chambre des notaires. Mais compte tenu des progressions passées, notamment cet été, la hausse annuelle des prix serait de 3,6 % à la fin de lannée. Soit le double de linflation attendue pour 2018 (1,8 %) selon lInsee. Le prix médian des maisons anticipé par les notaires pour décembre est de 379 400 euros dans un département comme les Yvelines, alors quil a allègrement franchi dès le printemps le cap des 600 000 euros dans les Hauts-de-Seine (610 500 euros à fin août, soit +3,2 % sur un an).

Face à cette flambée de limmobilier, le nombre de logements vendus est à la baisse à Paris (-5 % de juin à août 2018 comparé à la même période en 2017) et encore davantage en petite couronne (-7 %). En revanche dans les quatre départements de la grande couronne, où limmobilier est encore abordable, lactivité du marché reste identique comparé à lan dernier. Les prix médians des appartements anciens sélèvent tout de même à 3 810 euros le mètre carré dans les Yvelines, 2 720 euros dans le Val-dOise, 2 630 euros en Seine-et-Marne et 2 610 euros dans lEssonne. Au final, avec 49 920 logements vendus de juin à août 2018 en Ile-de-France, lactivité reste tout de même soutenue, en dépit de tarifs qui semblent devenus fous et inaccessibles.

Plus généralement, en France, les transactions immobilières restent en bonne santé. Les Notaires de France ont comptabilisé près de 950 000 ventes en un an. Un volume annuel qui reste élevé, comme en 2017. Un dynamisme rendu possible grâce  au regain de confiance des ménages face à de meilleurs indicateurs et une meilleure santé économique du pays , selon eux.

Une étude publiée récemment par Century 21 montre que Paris est devenue la troisième grande métropole la plus chère du monde derrière Londres et New York.

Au vu des prix actuels, le réseau dagences sest amusé à calculer ce quil était possible dacheter avec 300 000 euros (soit 345 000 dollars) dans les très grandes villes mondiales. Réponse : 18 mètres carrés à Londres, 20 à New York et 31 à Paris (à condition dacheter un appartement de qualité moyenne, dans un quartier moyennement coté). La capitale française dépasse à présent largement Tokyo où, pour le même prix, il est possible de devenir propriétaire dun logement de 52 mètres carrés, ainsi que Berlin (70 mètres carrés) ou Bruxelles (100 mètres carrés).

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Mais qui a encore les moyens dacheter dans la capitale et ses tarifs exorbitants ? Très peu de primo-accédants, répondent en chœur les professionnels de limmobilier. Parmi les acquéreurs, il y a 25 % dinvestisseurs, souligne Fabrice Abraham, directeur du réseau dagences Guy Hoquet. Autrement dit, des gens qui ont de largent à placer et qui choisissent limmobilier pour en tirer un loyer.

Paris et lIle-de-France voient encore les prix grimper. Si une récente étude a classé la capitale française comme quatrième ville la plus chère du monde, sa proche banlieue connaît une forte augmentation également.

Il y a aussi les acquéreurs résidant à létranger, qui achètent pour soffrir le plaisir davoir un pied-à-terre à Paris, mais aussi pour investir. Dans notre réseau, ils représentent 12 % des transactions. Sinon, limmense majorité des autres acheteurs sont des secundo-accédants : Des gens qui ont acheté un appartement il y a quelques années, le revendent en réalisant une grosse plus-value qui leur permet de franchir une marche supplémentaire pour acheter plus grand, explique Fabrice Abraham. Il arrive même que certains propriétaires (plus âgés) revendent pour prendre un appartement plus petit quand leurs enfants quittent le domicile familial. La plus-value sert parfois à les aider à acheter à leur tour un petit logement, ou elle est placée en vue des vieux jours. Quant aux personnes modestes ou de la petite classe moyenne qui souhaitent acheter quand même, le marché qui est une véritable centrifugeuse, les a repoussés au-delà de Nemours dans le sud de Paris, au-delà de Rambouillet à louest, au-delà de Meaux à lest et à Compiègne au nord, analyse le patron de Guy Hoquet. Pour Alexandre Mirlicourtois, cest dailleurs bien pourquoi les entreprises parisiennes ont les pires difficultés à recruter certains profils, et que les temps de transports ne cessent de sallonger pour une grande partie de personnes travaillant à Paris.

Paris intra-muros et ses prix moyens pouvant dépasser les 10.000 euros du m² focalise souvent notre attention. Mais pour illustrer à quel point limmobilier est un marché à deux vitesses, en région parisienne comme en province, les notaires dIle-de-France, dans une récente étude (consacrée au marché ancien), se sont intéressés à la zone rurale de la région. Elle couvre 60% de la superficie de lIle-de-France mais naccueille que 6% des douze millions de Franciliens. Cette faible densité favorise lhabitat individuel, expliquent les notaires. Ainsi, cinq maisons sont vendues pour un appartement contre deux appartements pour une maison en moyenne en Ile-de-France. Les acquéreurs cadres sont moins présents (19% des habitants contre 37% en Ile-de-France), au contraire des ouvriers et employés (33% contre 19% en Ile-de-France) qui sont surreprésentés.

Côté prix, les notaires se sont attachés à comparer leur évolution depuis quinze ans en zone rurale, périurbaine et urbaine ainsi quen Ile-de-France. Force est de constater que la crise financière de 2008 sest traduite par une baisse brutale des prix des maisons pendant quelques trimestres. À partir de mi-2009, les prix sont repartis de lavant mais ce rebond a été nettement moins fort pour les maisons en zone rurale. Lécart avec le pôle urbain ne sest jamais réduit. Pire: il semble saccroître depuis le début de lannée 2018.

Après dix ans dalternance de hausses et de baisses, le prix des maisons en juillet dernier a retrouvé le même niveau quen juillet 2008 pour lensemble de lIle-de-France. Ce qui est loin dêtre le cas de la zone rurale. Les disparités demeurent avec des hausses de prix en dix ans de 5,6% pour les (…) Lire la suite sur Figaro.fr

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