Lille : prison ferme requise contre deux activistes antispécistes – Le Dauphiné Libéré

Lille : prison ferme requise contre deux activistes antispécistes - Le Dauphiné Libéré

Lille: Jexprime des remords, je militerai autrement, jure un militant antispéciste devant le tribunal

Les quatre individus accusés dactes de dégradation et dincendies sur une quinzaine de commerces encourent jusquà dix-huit mois de prison, dont huit avec sursis.

Ils sont quatre à la barre du tribunal de grande instance de Lille, mardi 19 mars après-midi. Trois femmes et un homme, âgés de 23 à 39 ans, tous militants antispécistes accusés davoir commis des actes de dégradation et des incendies contre une quinzaine de commerces, principalement des boucheries des départements du Nord et du Pas-de-Calais, entre le 28 décembre 2018 et le 2 février.

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Cocktails Molotov, pavés dans les vitrines, tags à la peinture rouge aux messages explicites :  Stop spécisme ,  Assassins ,  Leur peau, pas la vôtre.  Lors de leurs expéditions nocturnes, les militants grimés dun masque blanc du type Anonymous prônent la violence pour faire avancer leur cause.

Laurent Rigaud, représentant des 600 boucheries artisanales du Nord, nen finit plus de décompter les attaques.  Dix en 2017, dix-huit en 2018, treize et deux incendies depuis quelques mois, déplore le boucher. On na pas de difficultés avec les vegans mais là, cest du terrorisme, et on a peur de ce qui peut arriver. 

Ce mardi, la peur a changé de camp. Sur le banc des accusés, les deux principaux prévenus, Cyrile, 23 ans, et sa compagne Mathilde, 29 ans, répondent la tête basse aux questions de la présidente du tribunal. Ils assurent avoir pris conscience de la gravité des faits et reconnaissent la quasi-totalité des actes.

 Je ne mettrai plus le feu, jai eu le temps de réfléchir, et je continuerai à militer autrement , assure, la voix tremblante, Mathilde, jeune femme insérée, qui vient de perdre son emploi dans une crèche de la métropole lilloise après un mois de détention provisoire. Son compagnon craint lui aussi de retourner derrière les barreaux. Il encourt dix ans demprisonnement.  On ne se rend pas bien compte de ce quest la prison avant dy aller , avoue ce jeune médiateur social en service civique. Tous ont un casier judiciaire vierge.

Les quatre suspects ont été confondus par les images de vidéosurveillance et le bornage de leur téléphone portable. Johanna et Cyrile étaient colocataires. Tous les quatre ont été interpellés au mois début du mois de février, ils ont été présentés à un juge lors dune comparution immédiate. A la demande des différentes parties, le procès a été renvoyé à ce mardi. “Ce sont des jeunes déroutants”, insiste lavocat des commerçants. Lors de cette courte audience, chacun avait reconnu mais surtout assumé les actes de vandalisme. “Le spécisme, cest considérer que des gens ou des personnes peuvent être inférieures à vous”, avait expliqué à la cour Cyrile en février dernier, ajoutant que si cétait à refaire, il le referait.

Comment se sont-ils retrouvés à remplir des bidons dessence pour incendier le restaurant La Boucherie ou le Burger King de Marcq-en-Barœul ? Cyrile assume à plusieurs reprises lors de sa garde à vue son rôle de meneur :  Lidée vient de moi.  Devant la présidente, Audrey Bailleul, il est bien moins revendicatif et semble avoir pris conscience de ses actes :  Si javais plus réfléchi aux conséquences, je naurais pas commis dincendies. 

Retour à laccueil Newsletter Alerte Info Recherche Ok Actualité Locales Sport Entertainment Economie Planète High-Tech T'as vu ? Vidéos 20 Minutes Podcast Guide d'achat By the Web En Images Le direct Services Jeux PDF Menu complet Retour à laccueil Lille Les remords des militants antispécistes devant le tribunal de Lille

JUSTICE Dans le procès qui se tenait à Lille pour des actes de vandalismes contre des commerces de bouche, les militants antispécistes ont fait profil bas et assuré avoir des remords

Ces jeunes gens avaient été confondus début février après avoir été identifiés sur des vidéos. Convoqués en comparution immédiate, leur procès avait été renvoyé à ce mardi pour que les prévenus préparent leur défense. Deux dentre eux ont été placés sous contrôle judiciaire et deux autres en détention provisoire. Ces derniers ont été libérés la semaine passée.

Ils ont entre 24 à 40 ans et sont militants antispécistes. Quatre prévenus comparaissaient, ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Lille, pour 15 faits de  dégradation volontaire commise en réunion du bien dautrui , en loccurrence des restaurants ou boucheries, entre novembre et février.

Une première audience en comparution immédiate avait été reportée, en février. Mathilde B. et Cyril B., inconnus jusqualors des services de police, avaient été placés en détention provisoire, avant dêtre remis en liberté, la semaine dernière.

Que leur reproche-t-on ? Ils sont accusés davoir dégradé des boucheries et des restaurants à Lille et dans son agglomération entre fin décembre et début février derniers. Une quinzaine de dégradations, allant du «tag» au «jet de produits inflammables» avaient été commises.

Cest lidentification des deux voitures utilisées par les activistes qui va permettre aux policiers de remonter jusquau couple. Lanalyse des appels téléphoniques va confirmer les liens entre les deux militants de la cause animale. Tous deux éteignaient notamment leur portable simultanément en pleine nuit, avant que les faits soient commis.

Dans ce procès présenté par les avocats comme le premier du genre, Cyrile, médiateur social âgé de 23 ans, et Mathilde, auxiliaire de puériculture de 29 ans, tous deux en couple, étaient poursuivis pour avoir préparé et commis une quinzaine de faits au total, dont des tags, bris de vitrines et plusieurs dégradations par incendie à l’aide de bidons d’essence ou de cocktails Molotov, dans des communes du Nord et du Pas-de-Calais, particulièrement dans la métropole lilloise, entre novembre et début février.

A la barre, les frêles silhouettes des suspects tranchent avec limportance des dégâts lors de certaines actions. Les premiers faits reprochés conjointement à Mathilde B. et Cyril B. datent de la nuit du 27 au 28 décembre. Quatre établissements de la métropole lilloise sont tagués, certaines vitres brisées. Une tentative dutilisation dexplosifs est constatée.

Il a également requis contre eux huit et neuf mois de prison avec sursis, assortis de mise à l’épreuve pendant trois ans, ainsi que cinq et six mois de prison avec sursis avec mise à l’épreuve pour deux autres prévenues: une femme accusée de complicité dans plusieurs des faits reprochés et une autre soupçonnée d’avoir participé à l’un des faits.

 Cest uniquement dans le but de faire entendre la lutte antispeciste. Je nai jamais eu lintention de toucher à autre chose que du matériel  (Mathilde B., frêle, cheveux roux, jean et veste bordeaux)

Le parquet de Lille a requis ce mardi dix et six mois de prison ferme à l’encontre de deux activistes antispécistes poursuivis pour avoir dégradé ou incendié des boucheries, restaurants ou commerces des Hauts-de-France cet hiver.

 Je voulais faire entendre la voix des antispécistes. Depuis le temps que je milite, je me sentais incomprise , souligne Mathilde B., mal à laise. Chignon roux un peu lâche, elle confirme avoir participé avec Cyril B. à plusieurs équipées nocturnes.

En 2018, plusieurs boucheries de Lille ont été vandalisées et taguées de lexpression “Stop au spécisme”. Soupçonné dêtre à lorigine des dégradations, un groupe de jeunes militants sera jugé mardi devant le tribunal correctionnel, une première en France.

Deux autres jeunes femmes sont accusées de complicité. Johanna G. se tient penchée, son pardessus crème sur le dos. Une rupture des ligaments la fait souffrir depuis plusieurs semaines car elle refuse de prendre des médicaments testés sur des animaux. Elle assume avoir aidé le duo, lors de cette première soirée.

En revanche, Eva C., va nier sa participation mais réaffirmer ses convictions militantes. Lors de la première audience, elle avait souhaité être incarcérée avec ses amis,  par solidarité .

Car pendant deux mois dactivisme, les dégradations vont se multiplier : à Norrent-Fontes, près de Béthune, la nuit de la Saint-Sylvestre, puis à Hazebrouck, Saint-Pol-sur-Mer et Dunkerque, début janvier. Quelques jours plus tard, ce sont des commerces lillois et roubaisiens qui sont ciblés, dont un fourreur, Max Mara, avec un tag  Leur peau, pas la vôtre .

Les actions sintensifient jusquà confectionner des cocktails Molotov pour incendier le restaurant  Le Fer à cheval  à Roubaix, pour la seconde fois.  Jusquoù seriez-vous allés ? , demande la juge.  Ce ne sont pas des menaces à la personne, avoue Cyril B., cheveu court et front dégarni. On sattaque à des enseignes. On veut rendre visible notre cause .

Un essayiste est appelé comme témoin pour venir expliquer le combat des antispécistes.  Ils sélèvent contre larbitraire de nos sociétés qui veut quune espèce soit supérieure à une autre. Quest ce qui fait quon considère que le cochon est fait pour être mangé et le chien pour être caressé ? , précise-t-il.

Puis, cest une militante antispéciste suisse, Virginia Markus, qui vient faire un parallèle entre les actions des activistes antispécistes et celui des militantes féministes ou militants antiracistes dans lHistoire :  Elles et eux aussi ont commis des actes répréhensibles pour arriver à faire valoir légalité .

Pour Damien Legrand, avocat du Syndicat des bouchers du Nord – qui se portait partie civile dans cette affaire –,  ces témoignages légitiment les actes de violence. Lidée qui sous-tend, cest que ça va recommencer. Que se serait-il passé sils navaient pas été interpellés ? .

 On faisait ça de manière spontanée, un peu dans la précipitation. Aujourdhui, je me rends compte quon ne maîtrisait pas les incendies , assure Cyril B. Le jeune homme est médiateur social. Après dix jours de grève de la faim en prison, il assure avoir pris conscience de ces actes.  Je militerai autrement. Jexprime des remords. Je ne recommencerai pas , dit-il

Sa compagne, Mathilde B. a travaillé dans une crèche. Sa période dessai na pas été validée. En pleurs, elle explique avoir  pensé pouvoir surmonter la prison . Ça na pas été le cas. Elle aussi regrette.

Le procureur a demandé 10 mois de prison ferme pour Cyril B., 6 mois ferme pour Mathilde B. et 6 mois avec sursis pour les deux autres prévenues. La décision du tribunalm a été mise en délibéré au 8 avril.