Valence – Lille en direct : les Espagnols reviennent au score sur pénalty – Le Monde

Valence - Lille en direct : les Espagnols reviennent au score sur pénalty - Le Monde

LOSC : pourquoi ce mal du voyage ?

Retour à laccueil Newsletter Alerte Info Recherche Ok Actualité Locales Sport Entertainment Economie Planète T'as vu ? Fake Off By the Web High-Tech Podcast Vidéos En Images Voyage Guide d'achat Le direct Services Jeux PDF Menu complet Retour à laccueil Sport Pourquoi le Losc galère-t-il autant en Ligue des champions ?

FOOTBALL Le club nordiste, qui se déplace mardi à Valence (21h), na quasiment jamais connu la réussite depuis quil fréquente la plus grande compétition européenne

La victoire ou la porte. Ce mardi soir à Valence (21h), le Losc abat sa dernière carte en Ligue des champions. Dernier de son groupe avec un petit point en trois matchs, le club nordiste est obligé de simposer en Espagne sil veut encore croire à ses chances de qualification.

Lille espère surtout vaincre le signe indien qui le poursuit depuis quil participe à la plus belle compétition européenne. En six campagnes de Ligue des champions, le Losc ne sest pour linstant imposé que 6 fois en 33 matchs de poule. Tentatives dexplications de ce manque total de résultats.

Les grandes équipes toussa toussa, pas de chance toussa toussa. Pour se cacher derrière ce manque de résultats européens, la tentation est grande de se réfugier derrière le pedigree de ses adversaires. Balayons vite fait cet argument. Si Lille est tombé ces dernières saisons sur des clubs comme le Bayern Munich, Manchester United voire lInter Milan, il na jamais non plus défié dimmenses machines comme le Real, le Barça, la Juventus ou encore Manchester City.

Surtout, Lille a toujours eu des équipes à sa portée à chaque tirage. Mais que ce soit contre Trabzonspor, le Bate Borisov, le CSKA Moscou ou encore Anderlecht, le club nordiste na jamais vraiment su élever son niveau de jeu. La faute parfois à un excès de confiance  On a gâché ce genre de match. On ne peut sen prendre quà nous mêmes. Contre le Bate Borisov (1-3), on sétait sans doute vu un peu trop faciles. On navait sans doute pas le niveau suffisant pour passer le premier tour , avoue Benoît Pedretti, ancien du Losc qui a disputé deux Ligue des champions avec le club (2011-2012 et 2012-2013)

Pour dautres, il y a aussi des questions à se poser sur le réel niveau de la Ligue 1.  On sattendait quand même à des résultats un peu plus positifs ces dernières années. Il y a encore un fossé énorme contre les grosses écuries européennes alors que Lille sest installé dans le top 5 français. La marche est sans doute un peu trop haute. , constate Grégory Tafforeau, ex-joueur du Losc qui a disputé les trois premières Ligue des champions disputées par le club nordiste.

Le chiffre résume à lui seul toute la difficulté du Losc en Ligue des champions. Lors de ses six participations, le club nordiste na jamais remporté son premier match. Des mauvais départs (quatre défaites et deux nuls) forcément préjudiciables pour la suite de la compétition.  Le club a toujours raté ses débuts et les premiers matchs sont très importants et conditionnent souvent la suite. On nest jamais très bien rentré sur les premiers matchs et après, ça devient difficile psychologiquement , reconnaît Tafforeau.

Largument peut être recevable pour expliquer ces mauvais résultats même si les dirigeants du Losc sen défendent à limage de Luis Campos.  Je peux comprendre que le premier ou le deuxième match de Ligue des champions, pour un joueur qui na jamais disputé cette compétition, peut avoir un impact mental fort, quon puisse être impressionné, mais ça, cest fini. Et les joueurs doivent en prendre conscience , avait déclaré sur RMC le directeur sportif du Losc juste avant le troisième match de poule contre Valence.

Reste quavant le premier match perdu contre lAjax, seuls deux joueurs de leffectif lillois titulaires à Amsterdam (Ikoné et Sanches) avaient déjà joué des matchs de Ligue des champions  Le vécu fait beaucoup , assure Tafforeau qui fait dailleurs partie de la seule équipe du Losc à avoir atteint les huitièmes de finale (2006-2007). Un effectif qui avait pris de lexpérience en jouant la Ligue des champions la saison précédente

Cest le modèle économique du foot français qui veut ça. A chaque qualification dun club en Ligue des champions (hors PSG), ses meilleurs joueurs sen vont. Cet été, le Losc a dû se séparer de Thiago Mendes et surtout de Nicolas Pépé, meilleur joueur de la saison dernière parti à Arsenal pour 80 millions deuros. Une scène que Benoît Pedretti a déjà vécu il y a huit ans en arrivant au Losc.

 Le club avait fait le doublé mais venait de perdre Gervinho, Cabaye et Rami qui étaient des joueurs importants. Cette année, cest pareil avec Pépé et Mendes. A chaque fois que Lille se qualifie en Ligue des champions, il perd quelques joueurs lannée daprès. Or, il faut du temps pour reconstruire un effectif et les matchs de Ligue des champions arrivent tôt dans la saison. Léquipe nest pas encore prête à ce moment-là , explique Benoît Pedretti.

Video: Valence – LOSC? match de la dernière chance pour nos Dogues

Qualifié six fois en Ligue des champions en dix-huit ans, le Losc a du mal à sinstaller sur la scène européenne. Seules deux générations ont réussi à jouer deux fois daffilée la plus grande compétition (de 2005 à 2007 puis de 2011 à 2013). Lille a du mal à sinscrire dans la durée et quand il joue la coupe dEurope, il la met rapidement de côté à limage dautres clubs français.

 On a un petit problème en France. Dès quon perd les premiers matchs de coupe dEurope et que cest dur en championnat parce quil faut enchaîner tous les trois jours, on laisse tomber la coupe dEurope. Cest une mentalité quon na pas. Aujourdhui, à part Paris, peu de clubs français sont capables denchaîner des matchs de haut niveau tous les trois jours  lâche Benoît Pedretti. Ne reste plus quau Losc de faire mentir toutes ces statistiques ce mardi à Valence pour enfin devenir un club de niveau européen.

Tristement défait à Marseille sans combattre suffisamment (2-1), le LOSC senlise à lextérieur. Christophe Galtier cherche, mais pour linstant ne trouve pas. Et ce mardi soir, cest un nouveau déplacement à Valence qui se présente avec lobligation de ne pas rentrer bredouille pour rester en vie en Ligue des champions.

Cest une récurrence, on ne découvre pas le phénomène puisque cest comme ça depuis le début de saison. Mais la persistance du constat déchec à lextérieur emmène le LOSC sur une pente dangereuse. Et le place face à une grande interrogation.

Meilleure équipe de L1 à domicile (16 points, 5 victoires et un nul en 6 matchs), Lille fait aussi partie des deux plus mauvaises en déplacement (2 points, 4 défaites et 2 nuls en 6 matchs). Et cest comme si cette spécificité était portée par un syndrome, un blocage qui lui fait perdre tous ses moyens dès lors quil a quitté la métropole lilloise.

De ce point de vue-là, le virage de Marseille était très attendu. Après les deux vrais bons matchs face à Valence et Bordeaux en 3-4-3, on était curieux de voir si le LOSC pouvait également sy retrouver à lextérieur avec dautres repères, plus de confiance. Cest non.

Bien sûr, les grossières erreurs individuelles sur les buts marseillais ne lui ont pas permis de saccrocher comme il laurait voulu. Mais cela ne masque pas ses insuffisances collectives. Et si le match a été terne y compris de la part de lOM, cest léquipe qui a le moins fauté et a mis le plus dintensité qui la emporté.

Le manque dintensité, voilà bien le grand péché en déplacement de ce LOSC qui a rechuté en oubliant de marcher sur son adversaire comme face aux Espagnols et aux Bordelais. Samedi, ce sont les Marseillais qui défendaient en avançant, pressaient haut, se jetaient sur les deuxièmes ballons et interdisaient à Lille de se poser.

 Sans intensité, tu ne peux pas exister à Marseille , a pesté Christophe Galtier, désolé de constater que son équipe sest laissée surprendre alors quelle était prévenue. Et quelle na pas de marge  :  Il faut quon soit à 110 %. Dès quon est à 80 %, ça ne passe pas. Cest là-dessus que je magace. 

Il faudra repasser par un débriefing corrosif au-delà, cette fois, de la remise en cause du système.  Nous sommes derniers à lextérieur. Cest aussi ça la réalité de notre équipe, pointe Galtier, qui ne veut surtout pas noyer le problème. Cest un axe de travail important sur lequel nous réfléchissons. Je nai pas encore trouvé les clefs. Et je ne suis pas sûr que ce soit le manque dexpérience. Il y a dautres paramètres. 

 Nous sommes derniers à lextérieur. Cest aussi ça la réalité de notre équipe 

En plus des baisses dintensité, le LOSC ne fait plus mal dans son jeu de transition comme avec Pépé la saison dernière. A fortiori quand Osimhen nest pas là.

Yazici, qui a encore donné une passe décisive au Vélodrome, apporte désormais beaucoup avec la justesse de son pied. Mais il nest pas à laise dans les duels, ne déchire pas le rideau et son association avec Rémy manque de puissance et de vitesse. Ikoné, lui, reste ce joueur qui fait la différence, mais peine à lever la tête pour le dernier geste, alors queles latéraux ne proposent pas assez de décalages ou ne sont pas assez justes.

Cest le constat du moment, loin de Pierre-Mauroy. Non rédhibitoire mais handicapant pour un club ambitieux.  Il faudra montrer beaucoup plus de choses dans lengagement et sur le plan offensif , indique Galtier quand il envisage la suite, pas plus tard que mardi soir à Valence.

Le défenseur central, 34 ans aujourdhui, a passé six saisons inoubliables au LOSC, notamment parce quil a fait partie de laventure du doublé en 2011. Linternational camerounais a découvert la Ligue des champions avec les Dogues avant de la jouer au Galatasaray. Et ses souvenirs sont nombreux.

 Je vais vous étonner mais cest le match au CSKA Moscou (le 22 novembre 2011, 0-2 pour Lille, doublé de Sow). On a commencé à moins 14 pour terminer à moins 17 sur du synthétique. On ne voulait pas y retourner après la pause. Personne nétait motivé, il faisait tellement froid. Je ne sentais plus mes jambes, je pouvais à peine bouger les lèvres pour parler. Eden (Hazard) avait enlevé ses chaussures et narrivait pas à les remettre. Rudi (Garcia) nous a poussés pour quon y retourner (il rit)… 

 (sans hésiter) À Munich, on prend une fessée (6-1, le 7 novembre 2012). A un moment, jai réuni léquipe pour dire il ne faut plus quon prenne de buts . Cest une machine à broyer et on na pas existé. On était réputé en France pour être une équipe qui conservait le ballon et ce soir-là, on ne la pas vu. Quand le match sest terminé, il ny avait pas de mots, on venait den prendre six… 

 Jai eu la chance de jouer avec plusieurs très grands défenseurs comme Adil Rami, Nicolas Plestan, Marco Basa ou Hakan Balta. Mais Marko était au-dessus. Cest un joueur élégant, il ne parle pas mais sur le terrain tu étais obligé de le suivre. Cétait un faux lent très professionnel. Je sais quil est rentré au Monténégro pour être recruteur dans un club, mais je nai plus de contact. Si vous avez le numéro, je suis preneur. Cest une très belle personne. 

 Avec Nicolas Plestan, on a eu un différend. On possède tous les deux des caractères très forts. À un certain moment, je poussais (pour jouer) et lui était en galère avec une blessure. Et ça a un peu chauffé dans le vestiaire. Il y a eu des éclats de voix. On a quand même terminé la saison ensemble. Mais si je le revois aujourdhui, on se dira bonjour sans problème. 

– Vous souvenez-vous dun moment dans le vestiaire qui a eu un impact sur la suite du match ou de votre saison ?

 Je pense à la petite embrouille entre Rudi Garcia et Adil Rami, à la mi-temps dun match contre Monaco (9 avril 2011, 30e journée). Je ne sais plus ce quil lui reprochait ( ferme là, tu fais chier , avait alors crié Garcia sur son défenseur qui avait taclé ses équipiers devant les micros). On perd ce match mais elle nous a fait revenir sur Terre. On nétait pas si beaux que ça. On enchaînait les victoires et le coach a des mots assez durs. Le groupe prend conscience quil faut se retrousser les manches pour aller chercher le titre. 

 Je me rappelle des frappes dEden, Rio ou Dimitri qui partaient loin du cadre, voire au poteau de corner. Pendant le match, on avait ce petit regard entre joueurs, que les caméras ne voient pas forcément, et ça chambrait dans le vestiaire. Quand on gagnait le match, le joueur savait quil allait morfler toute la semaine. Quand Rio marque à Saint-Etienne (10 mai 2011), il a passé sa semaine à nous dire Et les gars je dois tout faire dans cette équipe !

Le soir du dernier match contre Rennes, ce nétait pas mal non plus. Nos costards étaient découpés, on est rentrés à léchauffement avec les mauvaises chaussures (il éclate de rire). On navait pratiquement pas dormi de la semaine. Mais le groupe était tellement soudé. 

 (léger soupir) Un de mes premiers matchs avec Galatasaray contre le Real et Cristiano qui menrhume. Il nous a tout fait ce soir-là et après le match, cest la remise en question totale. Je me demande si les dirigeants ne vont pas regretter leur choix. Je suis seul, il y a la barrière de la langue, les amis sont en France. Le club venait de payer huit millions deuros et il faut être opérationnel tout de suite.