Gérard Collomb candidat à la métropole de Lyon – Le Point

Gérard Collomb candidat à la métropole de Lyon - Le Point

Municipales à Lyon: Bras de fer entre Gérard Collomb, qui ne lâche rien et David Kimelfeld, qui reçoit de…

Gérard Collomb, qui a quitté le gouvernement, est opposé à son ancien dauphin dans la métropole lyonnaise. 

La bataille se livrait jusquà présent dans les coulisses. Elle éclate désormais au grand jour. Gérard Collomb, le maire de Lyon, annonce officiellement dimanche matin, dans une interview, au Progrès sa candidature… à la métropole de Lyon. Un poste occupé et brigué par son dauphin David Kimelfeld. Le face-à-face entre les deux anciens alliés est donc lancé. Entre les deux hommes que 14 ans séparent (Gérard Collomb a 71 ans et David Kimelfeld 57 ans), la défiance sest installée dès lentrée au gouvernement de Gérard Collomb. En plaçant son fils spirituel à la tête de la Métropole, le ministre de lIntérieur pensait à un intérim. Lintéressé à un passage de relais en CDI.

Dans son programme, il estime nécessaire la création de l’Anneau des sciences, et tient à se ce que la ligne Lyon-Turin soit mise en place. Il réfléchit également à une piétonnisation de certaines rues de la presqu’île, sans pour autant en interdire la circulation aux véhicules. Enfin, concernant la création de deux nouvelles voies ferroviaires dans le centre-ville lyonnais, Gérard Collomb indique vouloir privilégier le souterrain.

Depuis, David Kimelfeld a imposé son style et ses équipes, ses méthodes et ses priorités, et lancé sa propre campagne pour 2020. Précipitant le calendrier de Gérard Collomb. Le maire de Lyon annonce sa candidature une semaine tout juste après le lancement de campagne de son rival dans un théâtre lyonnais. David Kimelfeld avait dailleurs à cette occasion poliment décliné la proposition de Gérard Collomb de présenter un  ticket  à eux deux, avec Collomb à la Métropole et Kimelfeld à la mairie de Lyon.

« Ce qui m’intéresse, c’est de poursuivre ce que nous avons réalisé depuis quinze ans. (…) Je serai candidat pour défendre cela ». Par ces mots, Gérard Collomb a introduit sa candidature à la Métropole en 2020, dans les colonnes du Progrès.

Municipales 2020 : Gérard Collomb candidat à la métropole de Lyon

À létroit dans son fauteuil de maire de Lyon récupéré à lautomne après son départ précipité de la place Beauvau, cest bien la Métropole de Lyon qui fait rêver Gérard Collomb, cette nouvelle collectivité quil a créée en 2015. Cest là que réside le véritable pouvoir, à la tête de cette collectivité de 1,4 million dhabitants dotée dun budget de 3,3 milliards de budget. Faisant fi aussi des questions sur son âge et sur lusure du pouvoir qui pourrait toucher celui qui est élu depuis 2001.  Pour linstant, ça semble bien aller, on peut aller faire de la gym avec un certain nombre de mes collègues, on verra qui résiste le mieux , plaisante Gérard Collomb dans le quotidien régional en guise de réponse à ceux qui doutent du caractère raisonnable dun mandat qui serait exercé de 72 à 78 ans.

En attendant de lancer sa campagne en septembre, Gérard Collomb installe des groupes de travail thématique pour préparer son programme et compte ses soutiens.  Mais aujourdhui, on constate que les élus, comme la société civile sont du côté de David Kimelfeld , remarque Jean-Louis Touraine, député LREM de Lyon.  Il a instauré une dynamique nouvelle, un mode de décision plus participatif, et les gens ne veulent pas casser cette dynamique , ajoute-t-il. À 73 ans, le professeur de médecine, compagnon de route de longue date de Gérard Collomb, qui a été pendant treize ans son premier adjoint à la mairie de Lyon, avoue peiner à comprendre la démarche.

Quant à sa campagne, « nous avons lancé des groupes de travail thématiques il y a un mois, fait part Gérard Collomb. Le lancement de la campagne, ce sera en septembre ».

 On ne comprend pas ce que cherche Gérard Collomb, confie-t-il. Tous les Lyonnais ont compris quil avait quitté le gouvernement pour redevenir maire de Lyon. Il a fait ce choix. Et aujourdhui, ce jouet ne lui convient plus et il veut la Métropole ? Eh bien, non !  Jean-Louis Touraine a tenté de convaincre Gérard Collomb de faire un autre choix.  Il faut être logique et faire passer lintérêt général devant son propre intérêt , lui a-t-il soufflé, lui conseillant de solliciter un nouveau mandat de maire sil voulait rester au service de la collectivité. Le député nhésite pas non plus à reprocher au maire de Lyon ses thèmes de campagne sur le contournement ouest de Lyon ou encore le Lyon Turin.

Dans un entretien accordé au Progrès, le maire de Lyon a indiqué préférer se présenter à la Métropole plutôt qu’aux municipales.

 Quand Gérard Collomb était numéro 2 du gouvernement, il avait tout le pouvoir de faire avancer ces dossiers qui relève de décisions nationales, et on na rien vu.  En attendant, voilà La République en marche avec deux candidats à la tête dune métropole que le parti présidentiel ne peut pas se permettre de perdre. Il lui faudra donc accorder son investiture à lun des deux. La situation embarrasse au plus haut point les instances parisiennes. On sait Emmanuel Macron en délicatesse avec Gérard Collomb depuis laffaire Benalla puis son départ coup de théâtre du ministre de lIntérieur, mais pas au point dhumilier celui qui a contribué à la victoire présidentielle. À qui LREM accordera-t-elle son soutien ? Rien ne se fera en tout cas avant les élections européennes.

La campagne débutera au mois de septembre. Samedi dernier, David Kimelfeld avait réuni ses soutiens dans ce qui ressemblait fort à un lancement de campagne. La majorité reste donc pour lheure divisée alors que cette semaine, les deux candidats de droite, Etienne Blanc et Pascal Blache, ont uni leurs forces (lire ici). Gérard Collomb a reconnu que ce rapprochement “doit être un avertissement pour nous”. Mais plus pour David Kimelfeld que pour lui visiblement. Car si le maire de Lyon “ne veu(t) pas entrer dans les polémique”, il signifie assez clairement à son dauphin ce quil attend de lui. “Jai vu par le passé beaucoup délus qui nétaient pas en accord avec mes positions et qui, in fine, sy sont ralliés”, assène-t-il.

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DUEL ANNONCE Gérard Collomb a officialisé dimanche sa candidature à la Métropole de Lyon, face à David Kimelfeld, qui rallie de plus en plus de soutiens

David Kimelfeld a dû avaler son petit-déjeuner de travers ce dimanche matin. Dans une interview accordée au Progrès ce dimanche, Gérard Collomb, 71 ans, officialise sa candidature à la présidence de la Métropole pour 2020. “Ce qui mintéresse, cest de poursuivre ce que nous avons réalisé depuis quinze ans, lâche celui qui occupe le fauteuil de maire de Lyon depuis 2001. Lorsquon voit la réussite de la métropole de Lyon, on ne peut que vouloir continuer dans ce sens”. 

Lannonce ne devrait pas apaiser les tensions. Dimanche, Gérard Collomb a officialisé sa candidature à la présidence de la Métropole de Lyon en 2020. Un poste que convoite également David Kimelfeld, lactuel président de la Métropole. La guerre politique à laquelle se livrent les deux hommes na pas manqué dinterpeller. A commencer par Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui sest épanché la semaine passée dans les colonnes du Progrès, invitant les deux protagonistes à enterrer la hache de guerre.

Gérard Collomb avait lancé son association “Prendre un temps davance” en juillet dernier, justement pour se laisser la possibilité de partir à la bataille pour la métropole une fois ses soutiens comptés (lire ici). Une bataille larvée sest depuis instaurée avec David Kimelfeld, entre coup bas et sous-entendu, mais sans attaque directe (lire ici).

 Pour la région, la métropole de Lyon est une locomotive. Si la locomotive est à larrêt parce que jai deux conducteurs qui se tapent dessus, on ne peut pas y arriver , sinquiétait-il. Un message qui a dû faire sourire les deux adversaires, continuant de mener chacun leur barque de leur côté.

Depuis la démission de lancien ministre de lIntérieur et son retour précipité entre Rhône et Saône, les relations entre Gérard Collomb et David Kimelfeld se sont particulièrement distendues. Désireux de reprendre les affaires en mains, le maire de Lyon a cristallisé les crispations. Son autoritarisme et son ingérence dans les dossiers locaux, suivis à distance, ont irrité. Des voix se sont également élevées pour contester linfluence de son épouse, référente de la LREM dans le Rhône.

Résultat : plusieurs fidèles, notamment danciens adjoints à la mairie de Lyon, ont progressivement quitté le navire afin de rallier le  camp Kimelfeld . Cest le cas de Thomas Rudigoz, député de la 1ère circonscription du Rhône.  David Kimelfeld a prouvé quil était tout à fait capable de gérer une énorme boutique comme la Métropole de Lyon. Ce nest pas pour rien que Gérard Collomb lavait désigné pour le remplacer , observe-t-il, soulignant  son sens du collectif . Et dajouter :  Il a le charisme, le mental. Il sait mener des hommes et des femmes, il est capable daller au contact des agents. Il a la volonté de vivre en adéquation avec le temps et la société .

La semaine dernière, Gérard Collomb avait bien tenté une réconciliation. Invité de Jazz Radio, il a proposé à son poulain,  une main tendue , à savoir une alliance en vue des élections de 2020. Le deal ? David Kimelfeld se présente à la mairie de Lyon et lui, à la métropole. Une suggestion ignorée par le principal intéressé, qui a animé samedi 6 avril une  réunion de travail , prémices du lancement de sa future campagne électorale, à laquelle ont assisté 300 personnes. Dont Anne Brugnera, ancienne adjointe à lEducation et présidente du groupe LREM à la métropole de Lyon.

 Cette main tendue, à savoir cette inversion des rôles ne me paraît pas raisonnable, ni concevable. On ne peut pas switcher de rôles comme ça , souligne lélue pour laquelle  la ville de Lyon ne peut être envisagée comme un lot de consolation .  Même si Gérard Collomb est intéressé par la métropole de Lyon, et on peut le comprendre, David Kimelfeld est le candidat le plus légitime , estime-t-elle.

 Son passé de vice-président à léconomie lui permet davoir une expertise en la matière. En même temps, il est davantage à lécoute des besoins écologiques de nos concitoyens. Son point fort, cest vraiment de pouvoir allier léconomie à lécologie, deux thématiques importantes pour les gens , appuie Anne Brugnera.

Jimmy Brumant, ancien référent dans le Rhône des Jeunes avec Macron, qui a quitté ses fonctions à la suite dun désaccord avec Caroline Collomb, a lui aussi rallié le camp adverse, séduit par la personnalité de David Kimelfeld.  300 personnes réunies pour une première réunion, ce nest pas rien. Quelque chose est en train de se passer , prédit le jeune homme.

 Samedi dernier, il a mis tout le monde autour de la table pour établir un projet commun et réfléchir à lavenir du territoire. Avec lui, on bosse ensemble. Cest ça la politique , insiste Jimmy Brumant. Et dajouter :  Gérard Collomb se trompe dépoque. Ma conviction est quon ne peut plus faire de la politique comme il en a lhabitude. Il ne faut pas oublier que ce sont les électeurs qui choisissent à la fin et quun projet est plus important quune personne .

Mais le principal concerné reste confiant.  Jai vu par le passé beaucoup délus qui nétaient pas daccord avec mes positions, et qui in fine, sy sont ralliés , précise le maire de Lyon au Progrès. Reste à savoir si lavenir lui donnera raison…