Lyon : dix éboueurs grévistes assignés en justice – Radio Scoop

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Pizzorno : une grève qui continuera jusquà une vraie négociation – VIDEO

Une cinquantaine de tuniques jaunes “Pizzorno”, des chants contestataires crachés par une sono et un fumigène craqué. La manifestation des éboueurs grévistes lyonnais est finalement restée plutôt bon enfant ce matin devant les locaux de la Métropole, alors que dans le même temps son président David Kimelfeld recevait la direction de lentreprise. Lincendie dordures et de pneus devant le dépôt de Vénissieux tôt ce matin laissait pourtant présager une potentielle montée des tensions à laube dune 3e semaine de grève. Plusieurs fourgons de police avaient en conséquence été déployés aux abords de la rue du Lac. “Il ny a aucun salarié qui est impliqué dans cet incendie”, affirme Judicaël Dissake, salarié de chez Pizzorno et délégué syndical “Solidaires”, qui estime que cet acte est le fait de personnes extérieures au mouvement.

Un constat partagé par Frédéric Leschiera, responsable syndical “Solidaires Rhône”, qui rappelle de son côté lobjectif de la manifestation du jour : “Depuis 14 jours la direction de Pizzorno ne veut pas se mettre à la table des négociations, donc on est là pour pousser toutes les institutions à les y inciter”. La Métropole nétait en effet quune étape ce lundi. Vers 11h30, le cortège sest mis en route pour aller à la rencontre du maire de Lyon, Gérard Collomb, censé recevoir une délégation. “Cest Gérard Collomb qui à lépoque a cédé le marché à Pizzorno, une entreprise qui ne se comporte pas très bien avec ses salariés”, poursuit Frédéric Leschiera. Lannonce, ce week-end, de la candidature de lancien ministre de lIntérieur pour la présidence de la Métropole nest pas étrangère à cette escale dans le parcours des manifestants. “On veut en profiter pour confronter Collomb et Kimelfeld sur notre cas”, précise Judicaël Dissake.

Cette semaine devrait être décisive pour la poursuite du conflit, les négociations avec la société Pizzorno nont rien donné. Ce lundi matin, le président de la métropole de Lyon David Kimelfeld convoque les dirigeants de lentreprise “pour travailler sur la bonne exécution du marché qui lie la Métropole de Lyon à la société Pizzorno”. À 11 heures, devant le siège de la métropole, les éboueurs en grève organiseront une manifestation. Ils doivent en théorie se diriger ensuite vers lhôtel de ville, mais pourraient rester statiques au final, si la réunion entre Kimelfeld et Pizzorno perdure. 

Grève des éboueurs à Lyon : semaine décisive, incendie devant le dépôt

La manifestation doit aussi faire une halte à la Préfecture vers 15h. Les grévistes entendent soumettre plusieurs réclamations au préfet, parmi lesquelles la nomination dun médiateur et larrêt de lembauche dintérimaires pour effectuer le ramassage des ordures. “On ne répond pas de ce qui adviendra si on ne nous accorde rien”, a par ailleurs scandé aux manifestants Frédéric Leschiera avant le départ du cortège.

Après 14 jours de grève, les collecteurs de poubelles privés de Pizzorno ont manifesté dans la matinée de ce lundi à la Métropole de Lyon.

Nouvelle journée de grève pour les éboueurs de Pizzorno Environnement

Mise à jour à 18h40 : La Métropole de Lyon a mis un nouveau coup de pression sur Pizzorno dans un communiqué : "Au regard de la situation sanitaire, la Métropole a insisté pour que l’entreprise Pizzorno assume ses responsabilités et trouve une solution dans les prochains jours. Dans l’attente, la Métropole a décidé de pallier aux difficultés de Pizzorno en mobilisant dès demain (mardi ndlr) d’autres entreprises qui collecteront les déchets sur les sites sensibles présentant des risques sanitaires et de sécurité. Si aucune avancée n’est trouvée d’ici jeudi pour sortir de la grève, la Métropole appliquera les pénalités financières telles que prévues dans le contrat liant la Métropole et Pizzorno, dont la principale pouvant aller jusqu’à 20 euros par poubelle non ramassée".

Tandis que le mouvement de grève des collecteurs de poubelles privés se poursuit dans la région lyonnaise depuis deux semaines, les salariés de Pizzorno manifestent lundi 15 averil devant lHôtel de la Métropole. Ils ont demandé à être reçus par son président, David Kimelfeld. 

Article initial : Ils étaient une soixantaine à marcher au nom de leurs droits du travail. Leurs revendications restent principalement une amélioration des conditions de travail et une hausse du salaire de 300 euros net. "On demande une augmentation de salaire et la direction fait la sourde oreille, ils ne veulent pas négocier avec nous", confie un manifestant. " Ça ne va pas durer parce qu'ils perdent de l'argent et nous aussi", "on ne peut pas continuer encore un ou deux mois parce que nous aussi on a une famille et des enfants à nourrir" poursuit-il.

Alors que les poubelles continuent de s’entasser dans les 3e, 6e et 8e arrondissements de Lyon mais également à Villeurbanne, Bron et Vaulx-en-Velin, la direction de Pizzorno Environnement est convoquée ce lundi à la Métropole de Lyon. Il s’agira selon la collectivité de "travailler sur la bonne exécution du marché qui lie la Métropole à la société Pizzorno".

Depuis deux semaines, les éboueurs de Pizzorno n'arrivent pas à établir des négociations avec l'entreprise. "Case départ, rien ne s'est passé auprès de la direction, ils ne nous proposent pas de rendez-vous pour les négociations et dès que nous en prenons, les personnes en face de nous n'ont pas le pouvoir de négocier", confie Dissake Judican, délégué syndical des éboueurs, "c'est même plus de la négociation, c'est une discussion qu'on a avec les directeurs", ajoute-t-il.

De leur côté, les éboueurs poursuivent leur mobilisation. Un piquet de grève a de nouveau été installé ce lundi matin devant le siège de l’entreprise privée. Une nouvelle manifestation est également prévue à 11h au départ du siège de la Métropole direction l'Hôtel de Ville.

Les grévistes veulent aussi dénoncer la politique de Pizzorno depuis leur grève. "Ils nous boycottent complètement. (…) Ils arrivent à envoyer des intérimaires sur les tournées pour remplacer les grévistes". Une pratique jugée illégale.

Pour rappel, les salariés du sous-traitant demandent le même salaire que les agents de collecte du public, soit une hausse de 300 euros.

Les collecteurs de poubelles privés de Pizzorno confirment cependant qu'ils continueront leur grève jusqu’à ce qu'ils obtiennent "une vraie négociation". Les poubelles risquent donc de s'accumuler à Lyon, Villeurbanne, Bron et Vaulx-en-Velin.