Rhône. Lyon : jugement rendu le 16 septembre pour les “décrocheurs” de Macron – Le Progrès

128 portraits dEmmanuel Macron ont été  décrochés  dans le cadre de la campagne lancée pour dénoncer l(in)action climatique du gouvernement. Les militants comptent poursuivre leurs actions, malgré les procès. Dont un se tient ce 2 septembre à Lyon. Et Reporterre actualise la carte des décrochages.

Le G7, qui sest tenu du 24 au 26 août à Biarritz, présentait au moins deux enjeux importants pour Macron. Premièrement, comme pour tout G7, et dautant plus après les fortes mobilisations des Gilets jaunes et lécho international quelles ont eu, il y avait un enjeu sécuritaire : si le dispositif de sécurité avait présenté des failles, ça aurait porté un préjudice direct au gouvernement. Deuxièmement, Macron pouvait trouver dans ce G7 une occasion de consolider son image de Champion de la Terre sur la scène internationale. Ce second point était, pour nous, militant⋅es climat, notre préoccupation principale et lobjectif que nous voulions mettre en échec.

Macron a cependant largement gagné sur ces deux objectifs. Le dispositif policier et militaire déployé pour le G7 na pas été ébranlé le moins du monde : mobilisation de 13 200 membres des forces de lordre, innombrables contrôles didentité et fouilles, une centaine dinterpellations préventives, gardes à vues dont celles de trois observatrices de la Ligue des droits de lhomme, confiscation de matériel de protection de journalistes, interdictions de manifestations, Biarritz bunkérisé , infiltration policière, cest un dispositif sécuritaire hors-normes qui sest déployé sur le Pays Basque. 

Et côté Champion de la Terre, Macron a réussi un nouveau coup médiatique en attaquant Bolsonaro sur les incendies en Amazonie la veille de louverture du G7. Deux ans après son slogan Make our planet great again, cette nouvelle opération de communication a provoqué un buzz mondial, lui permettant de se présenter à nouveau comme un grand leader de la cause climatique… Alors que sa propre politique en France nest pas du tout à la hauteur de lenjeu et ne respecte même pas les objectifs de lAccord de Paris (voir par exemple la vidéo Macron et lécologie : le mensonge de lété, par Le Vent Se Lève).

Le G7 a eu son contre-sommet, et ses mobilisations altermondialistes, anticapitalistes et écologistes, mais qui ont été globalement faibles : 15 000 personnes à la manifestation, 4 000 personnes au campement, 5 800 personnes cumulées aux ateliers et conférences du contre-sommet, ce nest pas rien, et cela a représenté beaucoup de travail. Mais on ne peut pas dire que ça ait été un grand temps fort du mouvement altermondialiste. Dautant moins après les mobilisations impressionnantes des Gilets jaunes et les mobilisations massives pour le climat qui ont rythmé lannée qui vient de sécouler dans lHexagone. 

Le mouvement altermondialiste en ressort avec beaucoup de frustration, et des divisions sont en train dêtre aggravées par la diffusion de fausses informations et daccusations infondées. En ligne de mire de beaucoup de critiques : le choix de la non-violence. Mais nest-ce pas là un bouc émissaire facile, qui empêche de dresser un vrai diagnostic et une évaluation réaliste du rapport de force actuel ? Parmi les critiques et les attaques, certaines visent notamment nos mouvements Bizi, Alternatiba et ANV-COP21, qui sont la cible de diffamation, ce qui nous amène à démentir et à éclaircir un certain nombre de points dans ce texte et en annexe.

Tout dabord, rappelons ce qua été le cadre dorganisation du contre-G7. Des réunions ont eu lieu dès juillet 2018 pour organiser la mobilisation, aboutissant à la création dune plateforme basque “G7 EZ”, et dune plateforme hexagonale “Alternatives G7”, les deux travaillant en étroite coopération. Ces deux plateformes ont choisi collectivement un cadre daction non-violent et en partie légal, devant se concrétiser par un contre-sommet autorisé à Hendaye du 19 au 23 août, et une manifestation autorisée le samedi 24 août allant de Hendaye à Irun. Une action de désobéissance civile de masse, baptisée Arc-en-ciel, était également prévue, mais na finalement pas eu lieu.

Précisons que les mouvements ANV-COP21 et Alternatiba nont jamais fait partie daucune de ces plateformes anti-G7, bien quils se soient quand même mobilisés pendant cette séquence anti-G7 en lien avec cette plate-forme et divers autres mouvements.Bizi, mouvement altermondialiste basque, affilié aux réseaux ANV-COP21 et Alternatiba, a quant à lui rejoint la plateforme anti-G7 basque en décembre 2018, environ 5 mois après sa création, en précisant que son engagement serait minimum jusquen juin 2019.

De fait, aucun de nos 3 mouvements na participé à la définition des mobilisations devant être organisées par ces plateformes anti-G7. Le mouvement Bizi, comme il sy était engagé, a relayé les appels des plateformes et mobilisé son réseau de militant⋅es, au Pays Basque et au-delà via les réseaux ANV-COP21 et Alternatiba, pour prêter main forte à lorganisation des mobilisations décidées par les plateformes. Nous avons ainsi participé à lanimation dateliers et à des conférences pendant le contre-sommet, et avons participé à lorganisation de lencadrement de la manifestation du samedi 24 août.

Première remarque générale : il semblait évident que les mobilisations autorisées organisées par les plateformes anti-G7 ne pourraient pas, en tant que telles, constituer de réel blocage ou de perturbation du G7. Le contre-sommet, le campement, comme la manif du 24 août, étaient tous autorisés par les autorités. Les lieux du contre-sommet et du campement ont été proposés par les autorités. Des navettes pour faire le lien entre les deux lieux – campement et contre-sommet – ont été mises en place par la communauté dagglomération Pays Basque. Et le tout était organisé à Hendaye, à 30 km de Biarritz où se tenait le G7, ce qui mettait inévitablement à distance la mobilisation anti-G7 et compliquait encore davantage toute perturbation du sommet. 

Le projet daction de désobéissance civile de masse Arc-en-ciel devait aller plus loin mais na pas pu avoir lieu, à cause de difficultés dorganisation liées aux tensions avec les forces de lordre autour du campement, comme lexplique le communiqué des plateformes anti-G7.Il serait cependant injuste de tenir la plateforme anti-G7 pour responsable de ce qui na pas été fait, ou de ce qui aurait dû être fait autrement, car pour gêner réellement le G7, dautres actions pouvaient être organisées par celles et ceux qui le souhaitaient, en dehors ou autour de cette plateforme, sans attendre que la plateforme les organise elle-même.

On peut notamment lire de nombreuses critiques visant à faire porter la responsabilité de la faiblesse de la mobilisation au choix de la non-violence par les plateformes anti-G7. Toutefois, aucun courant préférant dautres modes dactions navait besoin de lautorisation de la plateforme pour organiser dautres types dactions. Et de fait, plusieurs actions ont bel et bien été organisées hors de la plateforme.

Nos propres mouvements, Bizi, ANV-COP21 et Alternatiba, ont ainsi organisé une Marche des portraits à Bayonne le matin du dimanche 25 août, dans la zone interdite à toute manifestation. Il sagissait dune action de désobéissance civile non-violente qui était annoncée publiquement à lavance aux médias et sur les réseaux sociaux. Bizi en avait préalablement informé la plateforme anti-G7, mais il sagissait dune initiative organisée complètement en dehors de la plateforme. Nous y avons fait apparaître des portraits officiels de Macron qui ont été décrochés dans des mairies et réquisitionnés au cours des six derniers mois, qui sont recherchés par les autorités comme lattestent les 74 perquisitions subies par les activistes dANV-COP21, les 152 personnes auditionnées, dont 93 placées en garde à vue ; et qui donnent lieu à une répression pro-active orchestrée par les autorités avec notamment la mobilisation du Bureau de Lutte Anti-Terroriste, une directive de la gendarmerie nationale pour inciter les maires à déposer un maximum de plaintes contre nous, et les 57 activistes dANV-COP21 poursuivi⋅es en justice dans 17 procès.

Contrairement à lintox relayée par le Canard enchaîné, émanant probablement dune manipulation des autorités, aucune négociation avec la préfecture na eu lieu concernant cette action (lire les détails dans le communiqué de presse de démenti). Les autorités auraient pu intervenir facilement par la force pour empêcher cette provocation non-violente qui a consisté à déambuler avec des portraits recherchés à quelques mètres seulement des forces de lordre. Si elles ne lont pas fait, cest que limage darrestations pour des tableaux emballés (dont la plupart étaient des leurres) qui aurait alors été relayée par les nombreux médias présents, aurait été bien plus coûteuse politiquement pour le gouvernement. Notre objectif politique était de profiter de la présence exceptionnelle de nombreux médias internationaux pour montrer que dans son propre pays, limage internationale de Macron Champion de la Terre et héros du climat est contestée. Lobjectif tactique étant, face à un dispositif policier que nous jugions infranchissable et impossible à déborder, de déplacer la lutte sur un terrain politique sur lequel lutilisation de la force était inopérante.

Mais nous navons pas été les seuls à organiser des actions hors des plateformes anti-G7. Notamment, une tentative de blocage économique dun rond-point en fin de journée du vendredi 23 août à Urrugne, à proximité du campement anti-G7 ; et une manifestation sauvage à Bayonne en fin daprès-midi du samedi 24 août, ont eu lieu. Il sagissait dans les deux cas dactions appelées sans critères de non-violence, et qui ont intégré des tactiques daffrontements violents avec les forces de lordre, et qui pouvaient ainsi correspondre à des tendances militantes qui ne se retrouvaient pas dans les choix daction des plateformes anti-G7, ni dans la démarche non-violente de la Marche des portraits.

Comment comprendre, alors, laccusation selon laquelle le cadre non-violent décidé par la plateforme aurait empêché dautres initiatives, et dautres modes dactions, davoir lieu ?

En réalité, la plateforme na aucunement eu le pouvoir, ni la volonté, dempêcher lorganisation dautres actions et mobilisations. Chaque militant⋅e, chaque mouvement, chaque courant, est libre dorganiser les actions qui correspondent à sa vision stratégique. Cest dautant plus vrai concernant le mouvement altermondialiste et anticapitaliste qui se revendique largement de lautogestion. Ainsi, les reproches adressés à la plateforme sur ce quelle naurait pas organisé, ou au cadre non-violent de tel ou tel mouvement qui aurait empêché dautres types daction, ne peuvent pas expliquer la rareté et la faiblesse des actions organisées, et empêchent de se poser des questions sur les véritables moyens dorganisation du mouvement altermondialiste. La question essentielle à se poser, selon nous, est : pourquoi ny a-t-il pas eu davantage dactions organisées ? Et pourquoi les personnes qui critiquent aujourdhui ce qui na pas été fait pendant le G7, nont pas choisi dorganiser elles-mêmes les actions quelles auraient souhaitées ?

En ce qui nous concerne, nous navons attendu de personne, ni lautorisation ni les moyens dorganiser les actions qui nous semblaient stratégiques, et nous navons pas empêché les autres mouvements dorganiser dautres actions.

Notamment, en ce qui concerne lopération baptisée Arc-en-ciel qui prévoyait doccuper 7 places entourant Biarritz. Prévue par une partie des mouvements de la plateforme, elle na finalement pas été menée. Les mouvements Bizi, Alternatiba et ANV-COP21 nétaient pas impliqués dans lorganisation de cette opération, et encore moins dans la décision de son annulation.

La brève du Canard enchaîné selon laquelle de discrètes négociations avec les autorités auraient convenu de lannulation de lopération Arc-en-ciel contre lautorisation officieuse de la Marche des portraits est une intox totale, émanant probablement des autorités elles-mêmes.Nos mouvements Bizi, ANV-COP21 et Alternatiba navaient dailleurs aucun intérêt à ce que la Marche des portraits soit autorisée, bien au contraire. Loption tactique de cette action de désobéissance civile résidait dans le dilemme quelle posait aux autorités : nous étions certains dêtre gagnants dans tous les cas de figure, que les autorités interviennent ou quelles nous laissent faire malgré linterdiction. Et un scénario avec arrestations par les forces de lordre était même le plus intéressant pour nous, car il aurait aidé à donner un écho médiatique encore plus large à laction. Nous avions par ailleurs prévu de pouvoir joindre des avocats pour défendre les personnes qui auraient pu être arrêtées ou poursuivies en justice suite à cette action.

Qui a pu inventer pareille intox ? Ça ne peut pas venir des organisations impliquées dans lopération Arc-en-Ciel, qui nétaient aucunement investies dans lorganisation de la Marche des portraits, et qui navaient pas dintérêt particulier à négocier quoi que ce soit sur la réaction des autorités à ce sujet, et surtout pas au prix de lannulation de ce qui devait être le final en apothéose de la mobilisation anti-G7.

Il ny a que les autorités qui ont un intérêt objectif évident à cette intox. Le mouvement altermondialiste sest révélé à lissue de ce G7 peu puissant, désorganisé, et divisé. Cette faiblesse des mobilisations présente le risque daccroître les divisions, et ainsi de nous désorganiser encore davantage, de faire perdre du temps à tout le monde en querelles internes, de nous fragiliser et dabîmer notre crédibilité. Cette intox a de suite eu cet effet de division en alimentant les polémiques déjà en cours sur la docilité reprochée aux organisateurs de lanti-G7, tout en décrédibilisant les organisateurs de la Marche des portraits. 

Concernant cette Marche des portraits, cette intox transforme un dilemme politique que les autorités nont pas pu résoudre, en prétendue négociation intelligemment menée par lIntérieur. Plutôt que dapparaître incapables de gérer lapparition publique, dans la zone la plus sécurisée de lhexagone, de portraits officiels recherchés partout par les forces de lordre, il est encore préférable pour le gouvernement dapparaître comme layant laissé faire.

Avec une seule intox toute simple, de quelques lignes, facile à répandre, et audible sur fond de polémiques entre différents courants militants, le gouvernement gagne absolument à tous les niveaux. Porter du crédit et relayer cette intox fait clairement le jeu des autorités, qui ont tout à gagner à exploiter les divisions du mouvement à un moment où il savère en position de faiblesse momentanée.

Si, en plus de la réussite de la sécurisation du G7, de limage renforcée de Macron en champion de la Terre, et de la mobilisation de basse intensité du mouvement altermondialiste, les autorités pouvaient aussi profiter de cette situation pour accroître les divisions du mouvement et les rendre les plus durables possibles, ça serait la cerise sur le gâteau. Lintox relayée par le Canard enchaîné arrive à point nommé pour compléter le strike parfait réussi par Macron.

Par ailleurs, une manipulation policière est dénoncée par plusieurs mouvements militants après quune informatrice de la police a été démasquée lors dune AG sur le campement du contre-G7. Selon larticle de IAATA, elle organisait, impulsait et poussait à des actions ; elle mettait en relation des gens afin que la police puisse procéder à des arrestations selon la tactique consistant à pousser à linfraction et ensuite interpeller . Elle était notamment impliquée dans lorganisation de la manifestation sauvage de laprès-midi du samedi 24 août qui a eu lieu dans le petit Bayonne, le centre historique de la ville qui avait été préalablement complètement encerclé par les forces de lordre.Ces révélations tendent à démontrer que les autorités préfèrent provoquer davantage de violence et de répression plutôt que de chercher à les réduire, en tout cas dans une configuration de surnombre en leur faveur. La responsabilité des groupes ou individus organisateurs dactions est alors de contrecarrer ce type de manipulation, afin de ne pas dévoyer leur stratégie ni mettre en danger les personnes qui souhaitent y participer.

Quil y ait des divergences stratégiques au sein du mouvement altermondialiste est compréhensible. Quelles suscitent des discussions, des débats, des critiques, cest logique, et cela peut être utile si cest entrepris dans un esprit constructif et bienveillant, sur la base dinformations avérées. Mais nous ne pouvons que déplorer les polémiques, les diffamations, les déformations des faits, les accusations infondées, les procès dintention, qui sont trop couramment employés au sein même du mouvement altermondialiste, et notamment, régulièrement contre nos mouvements (alors que de notre côté, nous ne nous livrons quasiment jamais à des critiques publiques des stratégies des autres mouvements, et quand nous le faisons, ce nest que pour nous défendre des attaques dont nous sommes la cible).

Une diversité de stratégies étaient à lœuvre durant ce G7, quil sagisse des initiatives plateformistes ou dinitiatives organisées hors des plateformes, dactions non-violentes, ou de manifestations dans la ligne de la diversité des tactiques violentes/non-violentes.Toutes se sont sans doute confrontées à certaines limites, qui leur sont spécifiques, et nous pensons quil est vain de vouloir en faire porter la responsabilité à dautres mouvements, alors même quaucune tendance militante na empêché aucune autre de mener ses initiatives.

Certaines convergences sont parfois impossibles à concrétiser, quand elles sont trop larges et trop lourdes, ou quand elles voudraient réunir des tendances trop différentes. Mais nous appelons à respecter au moins le principe de co-existence de ces différentes stratégies. Cest-à-dire que chaque mouvement et chaque tendance puisse développer sa propre stratégie, sans être entravé ou diffamé par dautres mouvements au sein du courant altermondialiste.

De nombreuses et nombreux militant⋅es de Bizi, Alternatiba et ANV-COP21 ont participé à lencadrement de la manifestation du samedi 24 août à Hendaye. Ce faisant, nous sommes désormais accusé⋅es par certain⋅es de protéger les banques (ce qui est cocasse nous concernant, étant à lorigine ou participant à de très nombreuses actions et campagnes contre Société Générale, BNP, Crédit Agricole ou HSBC). En réalité, cet encadrement protégeait les manifestant⋅es, en assurant le bon déroulement non-violent de cette manifestation populaire et familiale, en conformité avec la décision collective prise par la plateforme organisatrice.

Au-delà du fait que ce cadre non-violent relevait dune décision collective adoptée par la plateforme organisatrice, et qui devait donc être respectée, il y avait effectivement à nos yeux un enjeu stratégique à ce que cette manifestation se déroule de manière non-violente. Car si, dès louverture du G7, des retombées médiatiques mettaient en avant la violence du côté du contre-sommet, cela aurait servi sur un plateau le prétexte dont le gouvernement pouvait se servir pour justifier son dispositif ultra-sécuritaire organisé sur tout le Pays Basque : vous voyez bien, ces altermondialistes sont violents, nous avons donc bien fait dinterdire le contre-sommet à Bayonne et doccuper policièrement et militairement tout le Pays Basque.

Les critiques de la mise en place dun tel encadrement posent en outre une autre question : si des banques avaient effectivement été les cibles dactions de dégradation matérielle, par exemple, cela aurait facilement entraîné lintervention des forces de lordre, qui auraient à leur tour facilement provoqué des affrontements violents. Posant dès lors deux problèmes : en premier lieu, celui de la sécurité des participant⋅es venu⋅es à une manifestation annoncée comme non-violente, et donc non préparées à se protéger des violences policières, et non consentantes à y être exposées. Deuxièmement, cela pose un problème dordre démocratique : des activistes aujourdhui critiques de cet encadrement avaient-ils pour intention dimposer une autre stratégie que celle qui avait été décidée collectivement, et dans le cadre de laquelle les gens étaient venus participer ?

De deux choses lune, soit personne na voulu sortir du cadre daction et détourner la stratégie décidée collectivement, et alors le service dencadrement ne servait à rien, et ne protégeait donc rien, puisque rien navait à être protégé de personne. Ou bien, il y avait bien des personnes souhaitant aller à lencontre de la décision collective prise par lensemble des organisateurs en sortant du cadre daction, et cela aurait posé un problème à la fois démocratique, et de respect des stratégies des un·e·s et des autres… qui aurait rendu effectivement nécessaire la mise en place dun encadrement pour garantir le déroulement non-violent tel quil avait été collectivement décidé.

Certaines personnes pouvaient très bien ne pas être daccord avec le cadre daction décidé pour la manifestation du 24 août. Mais en aucun cas cette décision ne leur a imposé une restriction de leurs actions : le G7 a duré 3 jours, et pas seulement le samedi 24 août au matin ; et il avait dailleurs lieu à Biarritz, et non à Hendaye. Si certains mouvements voulaient mener des actions de destruction matérielle, ou affronter les forces de lordre, ou tout autre type daction sortant du cadre daction décidé pour cette manifestation, ils avaient lespace et le temps pour le faire. Idem pour les banques : il y en a des centaines au Pays Basque, qui auraient pu être les cibles de différents types dactions par celles et ceux qui auraient voulu les mener, et pourtant aucune na été ciblée pendant le G7.

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