À Lyon, le divorce entre Collomb et Kimelfeld est consommé – Le Point

À Lyon, le divorce entre Collomb et Kimelfeld est consommé - Le Point

Métropole de Lyon : David Kimelfeld lance sa campagne, Gérard Collomb et LREM obligés de réagir

Dans limpasse face à lex-ministre de lintérieur, le président de la métropole menace de se passer de linvestiture de La République en marche.

Tous les signaux sont au rouge. La rupture paraît définitive entre Gérard Collomb et David Kimelfeld, candidats à linvestiture de La République en marche (LRM) pour les prochaines élections de la métropole et de la mairie de Lyon, en mars 2020. A lissue dune semaine de tensions, une réunion de la dernière chance a été programmée à lhôtel de ville, vendredi 4 octobre en fin daprès-midi, entre les deux rivaux. Personne ne croit plus à une entente, ni même à une forme de répartition des candidatures entre mairie et métropole, en vue du double scrutin du printemps prochain. La rencontre en  bugne à bugne , selon lexpression lyonnaise, risque fort de tourner court.

Si par le passé, David Kimelfeld a souvent balayé cette option, il reste ouvert aux discussions. “Il demande des gages sur lélaboration de ses listes. Gérard Collomb dit quil est prêt à faire un geste mais dans le même temps, on apprend quil contacte à gauche ou à droite pour faire ses listes”, peste un soutien de David Kimelfeld qui encourage son candidat à se lancer avec ou sans investiture LREM. A quelques heures de cette ultime médiation, David Kimelfeld a fait monter la pression. Il a même donné une date dentrée en campagne : le 16 octobre. Lancien protégé de Gérard Collomb na pas oublié que le langage préféré du maire de Lyon a toujours été le rapport de force.

Avec cette concurrence intestine, le cas lyonnais vient sajouter aux situations déjà épineuses que la commission nationale dinvestiture de LRM na toujours pas tranchées. Il faudra sans doute limpulsion du président de la République pour mettre un peu dordre dans ce berceau de la Macronie. Ça tombe bien, Emmanuel Macron est attendu mercredi 9 octobre à Lyon, à loccasion de la conférence mondiale de reconstitution des ressources du fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Parviendra-t-il à rapprocher les deux frères ennemis ? Rien nest moins sûr.

David Kimelfeld sengage depuis quelques heures sur le sentier de la guerre. Jeudi dans une tribune au Huffington Post, sa menace de partir en dissident nétait plus voilée. Dans la foulée, il a retiré à Fouzyia Bouzerda, présidente du Sytral et soutien acharnée de Gérard Collomb, ses délégations au conseil métropolitain suite à des propos que le président de la métropole a modérément appréciés sur sa vision économique. Ce regain de tension ne laisse pas entrevoir dissue pacifique au duel que se livrent David Kimelfeld et Gérard Collomb pour porter les couleurs de la République en Marche en mars prochain lors du scrutin métropolitain.

Redevenu maire de la capitale des Gaules après sa démission du gouvernement en octobre 2018, Gérard Collomb souhaite coûte que coûte reconquérir son fauteuil de président de la métropole, persuadé davoir lexpérience et la notoriété indispensables pour diriger la deuxième métropole française. Sûr dincarner le  nouveau monde , David Kimelfeld se sent pousser des ailes depuis quil en a pris la présidence, à la faveur de la prise de fonctions ministérielle de lédile lyonnais. M. Macron avait déjà invité les deux hommes à sentendre, lors de son précédent déplacement à Lyon, le 8 juillet. M. Collomb et M. Kimelfeld ont sauvegardé un temps les apparences, en posant tout sourire devant les photographes à loccasion de visites communes de chantiers de lagglomération, fin août.

La tension est encore montée dans la lutte pour la présidence de la métropole lyonnaise, alors que David Kimelfeld évoque une candidature même sans investiture LREM. La direction du mouvement, qui na pas encore désigné son candidat, estime qu “une ligne jaune” a été franchi.

La discussion ne sest jamais vraiment engagée. Kimelfeld a repoussé la proposition dun partage du mandat, proposant à son tour à lancien ministre une délégation internationale, conforme à sa stature. En réplique à ce poste de prestige sans réel pouvoir, Gérard Collomb lui a alors soumis lidée den faire son simple directeur de campagne. La provocation de trop.  Leur dernière rencontre en tête à tête cet été a été polaire , confie un membre de leur entourage.  La sagesse va finir par lemporter , répète M. Collomb aux élus quil contacte pour constituer ses listes, affichant une confiance à toute épreuve dans le choix de la commission dinvestiture LRM.

Selon des sources proches de lactuel président de la métropole, il partirait en campagne “quoi quil arrive” et “sans attendre la décision de La République En Marche sur une éventuelle investiture donnée à Gérard Collomb ou David Kimelfeld”. La question du financement de la campagne a déjà fait lobjet détudes et serait “largement réalisable”. Le lancement de la campagne de David Kimelfeld est imminent selon plusieurs sources, une date serait déjà été actée : le 16 octobre. Cette décision devrait contribuer à faire bouger les lignes à Lyon ces prochaines semaines.

Municipales à Lyon: David Kimelfeld sera candidat à la métropole même sans linvestiture LaREM

Gérard Collomb et David Kimelfeld, réunis cette semaine à la Tony Parker Adéquat Academy – LyonMag

Depuis plusieurs jours, David Kimelfeld, se fait plus clair sur sa volonté de partir en campagne pour les élections métropolitaines de 2020 à Lyon, avec ou sans linvestiture de La République En Marche. Jeudi, dans une tribune publiée sur le Huffington Post, il menaçait de faire le choix de “lémancipation” (lire ici). Fin août, il avait déjà avancé : “on ne va pas attendre simplement que la décision tombe du ciel ou de Paris”. David Kimelfeld va donc sen remettre à Lyon.

Grand Lyon : Kimelfeld retire sa délégation à une élue pro-Collomb

Il en avait assez d’attendre, de recevoir des propositions "humiliantes" de son adversaire.

Courant septembre, le bruit avait couru quun accord était proche entre les deux rivaux, David Kimelfeld acceptant finalement de briguer la mairie et non la métropole, que la loi ne permet plus de cumuler. Mais ce dernier avait assuré que “rien (nétait) réglé” au sujet du Grand Lyon, véritable siège du pouvoir lyonnais. Durant lété, il avait refusé le scénario dun mandat partagé dans le temps, avancé par Gérard Collomb avec la bénédiction du chef de lÉtat.

David Kimelfeld a connu une semaine décisive durant laquelle il s’est officiellement lancé dans la campagne des élections métropolitaines 2020.

“Je serai candidat à la présidence de la métropole mais il est encore pour LaREM de regarder ça de près. je rentre en campagne parce que je crois au projet que nous avons déterminé, je vais dans cette bataille pour la gagner”, a-t-il déclaré jeudi, invité de Lyon Politiques, ajoutant cependant: “aujourdhui je ne suis pas dissident, LREM na investi personne”.

Métropole de Lyon : Kimelfeld punit Bouzerda en lui retirant sa délégation

Le président de la Métropole de Lyon n’attend donc pas d’avoir l’investiture de la République en Marche, ou d’avoir trouvé un accord avec Gérard Collomb. Il faut dire que les discussions entre les deux hommes durent depuis des mois déjà, et que la situation semble s’aggraver à chaque réunion ou sortie dans la presse.

La bataille politique saccélère à Lyon depuis hier et David Kimelfeld semble prêt à secouer le cocotier en rentrant en campagne sans investiture de La République en Marche. Nouvel épisode en date, selon nos confrères du Progrès, le président de la métropole de Lyon a retiré jeudi soir sa délégation à Fouziya Bouzerda, sa vice-présidente chargée de linsertion et de léconomie. Il lui reproche notamment son interview parue mercredi dans le même quotidien où elle expliquait avoir une différence dapproche sur léconomie entre le président de la métropole et Gérard Collomb. Il ne faut surtout pas commencer à croire que la décroissance peut être un modèle, avait-elle notamment lâché. 

David Kimelfeld annonce dans le Progrès de ce samedi vouloir "aller jusqu’au bout" de sa campagne. "Je ne suis pas un dissident. (…) Je peux prétendre à être investi", poursuit le maire du 4e, qui évoque l’urgence de se mettre au travail en voyant que les candidats Les Républicains avancent dans leur campagne.

Soit elle en est persuadée et cest grave. Soit cest de lagitation politique. Quoi quil en soit, cest une remise en question des choix politiques que nous faisons avec une forme de travestissement de la réalité, a réagi hier David Kimelfeld dans Le Progrès. Fouziya Bouzerda conservera tout de même son poste de vice-présidente – pour lui retirer son siège, il aurait fallu un vote de lassemblée métropolitaine sans assurance de réunir une majorité -, mais ne soccupera plus des questions économiques. Cest Karine Dognin-Sauze, vice-présidente en charge de lInnovation et du développement numérique, qui récupérera cette délégation.

Kimelfeld menace LREM dune guerre fratricide à Lyon

Cette semaine également, un ticket s’était dessiné avec Gérard Collomb. Candidat à la Métropole, il s’est entiché de Fouziya Bouzerda, présidente du Sytral, avec l’objectif non avoué d’en faire sa candidate à la Ville de Lyon.

Double-réponse de David Kimelfeld : il a retiré la délégation de vice-présidente de Fouziya Bouzerda à la Métropole et s’est lui-même rapproché d’une élue pour envisager un ticket. Il s’agit d’Anne Brugnera, candidate à l’investiture macroniste depuis un certain temps. "Je suis dans un dialogue avec elle qui j’espère va se poursuivre et s’intensifier", glisse David Kimelfeld au sujet de la députée du Rhône.

Il a choisi de porter la responsabilité de la division. (…) Il sombre dans la politique politicienne, cest un signal de fébrilité sans précédent”, a déclaré un membre de la CNI, écrivent nos confrères. Les investitures de la CNI à Lyon sont attendues dans le mois. Selon nos informations, David Kimelfeld devrait lancer sa campagne le 16 octobre, quoi quil arrive.