LYON. Conférence mondiale de lutte contre le sida en direct: Macron fait le forcing pour récolter 14 milliards – Le Progrès

LYON. Conférence mondiale de lutte contre le sida en direct: Macron fait le forcing pour récolter 14 milliards - Le Progrès

Rhône. Visite du président Macron à Lyon: lassociation AIDES manifeste devant le centre des Congrès

Emmanuel Macron a reçu les délégations étrangères et invités de prestige mercredi soir dans le salon Justin Godard de lhôtel de ville pour un dîner la veille de la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Assi entre Gérard Collomb et Bill Gates, le président de la République a dabord rendu hommage à la ville de Lyon. Une ville magnifique, qui a toujours réussi en se positionnant à tous les carrefours des savoirs et du commerce en lEurope, entre les Flandres et Gênes, entre Venise et le nord de lEurope. Fernand Braudel disait que Lyon dépend de logiques à très larges rayons. Il lui faut toujours une complicité du dehors. Les fées qui la favorisent sont étrangères, a déclaré Emmanuel Macron lors dun toast inaugural. 

Si la capitale des Gaules a été choisie cest par son positionnement historique sur le domaine de la santé en France, mais aussi parce que personne ne voulait accueillir, cette conférence. Tout le monde se disait que ce ne sont que des problèmes et quon ne réussirait jamais à mobiliser, a déploré le président de la République. Puis dajouter : Honte sur nous si nous ne le faisions pas, parce que nous navons pas gagné ce combat. Ni en terme de traitement ni en tête de recherche.

Le chef de l'Etat a annoncé une hausse de 15% de l'aide de la France au Fonds mondial dédié. Et il a ensuite harangué les autres représentants de pays, essentiellement africains, réunis au Centre des Congrès à la Cité Internationale : "Personne ne quittera Lyon sans que nous ayons les 14 milliards de dollars. Je ne laisserai personne quitter cette pièce tant que les 14 milliards de dollars ne seront pas obtenus".

Enfilant sa casquette de VRP face à 250 convives, Emmanuel Macron a demandé aux pays présents daugmenter leur contribution de 15 % pour que le fonds collecte 14 milliars de dollars pour les trois prochaines années. Il ne faut pas reconstituer le fonds, mais faire plus. On a la possibilité de sauver 16 millions de vies et déradiquer ces trois pandémies dici 10 ans, alors quil y a 10 ans on ne pensait même pas cela possible, a-t-il lancé. Le président de la République a assuré quil ne lâcherait pas la pression sur ses partenaires. Demain ce sera un combat, a-t-il promis parce que la jeunesse africaine est positive et souriante et ne nous laissera aucun repos, à juste titre, parce quelle veut un avenir et parce quelle a un avenir.

Video: Fonds mondial à Lyon : des fonds pour sauver des vies et éradiquer le sida

Ce mercredi, vers 13 heures, des militants de lassociation “AIDES” ont organisé devant le Centre des Congrès de Lyon une action pour alerter le président Macron sur limportance datteindre au minimum le seuil des 14 milliards deuros pour le Fonds mondial de lutte contre les trois pandémies (sida, paludisme et tuberculose). La vingtaine de manifestants a bloqué les voies de circulation sur le quai Charles-de-Gaulle pendant une heure.

“Ce nest pas quune question dargent mais cest aussi une question dargent”. Emmanuel Macron a annoncé, ce mercredi soir, dans lémission Quotidien, que la France va augmenter sa participation financière au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, dont la sixième conférence de reconstitution des ressources sest ouverte le même jour à Lyon. 

Une opération “die-in” (manifestation durant laquelle les participants simulent la mort) qui intervient à quelques heures de larrivée dEmmanuel Macron dans la Capitale des Gaules dans le cadre de cette sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Action Aides demande une augmentation du financement français au fonds mondial et mettre fin au Sida pic.twitter.com/dpLrxcupuo

Selon les informations dAIDES le compte ny est pas et lorganisation, avec Coalition plus, demande au président d”augmenter la participation de la France.

La Conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme réunit aujourdhui encore ses riches contributeurs, dont Bill Gates ou encore Bono, le chanteur du groupe de rock U2. Ce jeudi, le président de la République tiendra un discours, rappelant la nécessité de la recherche médicale, pour continuer à lutter efficacement contre les épidémies telles que le Sida. Lobjectif de cette conférence est de lever 14 milliards deuros.

Conférence décisive pour le Fonds mondial à Lyon

Selon lassociation, il sagit dun minima qui ne permettra même pas dendiguer les trois pandémies. La fondation Gates est le premier bailleur privé.

En travaillant à la prévention des trois maladies les plus meurtrières de la planète, le Fonds mondial veut aussi aider les pays africains à structurer leur système de santé. En République démocratique du Congo (RDC) par exemple, chaque fois que le Fonds mondial octroie 100 dollars au pays, 63 vont à lamélioration du système de santé  pour mettre en place des systèmes résistants et pérennes , précise lorganisation sur son site Internet. Cette manne va en priorité aux ressources humaines, à la mise en place de systèmes dinformation et à lélaboration de chaînes dapprovisionnement des hôpitaux et centres de soins. Le renforcement de ces structures sera à lordre du jour de la conférence de Lyon. Pour la France, cest une priorité.

En Afrique, la fragilité des Etats freine la lutte contre les pandémies

“Il est urgent que le président Macron se réveille et apporte une part plus importante pour la France dans le but dendiguer la pandémie” précise AIDES.

A Musanze, au Rwanda, un travailleur de santé communautaire examine un enfant suspecté dêtre atteint de paludismeen 2019. Vincent Becker/Fonds mondial En finir avec les trois pandémies les plus meurtrières de la planète… Ou à tout le moins sauver plusieurs dizaines de millions de vies. Mercredi 9 et jeudi 10 octobre, Lyon devient la capitale mondiale de la santé à loccasion de la sixième reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Chefs dEtats, représentants de la société civile, chefs dentreprise et dirigeants de la santé mondiale convergent de toute la planète vers la capitale des Gaules, où doivent se concrétiser les promesses de dons faites pour les trois années à venir.

Symboliquement, AIDES a passé le message avec un ballon de 7 mètres de haut, en forme de gélule, sur lequel on pouvait lire : « Sida : 16 millions de vies à sauver, E. Macron, RDV le 10 octobre ».

Ce 10 octobre est une date importante dans la lutte contre les épidémies. Pour la première fois depuis sa création en janvier 2002, la Conférence de reconstitution du Fonds mondial se tiend en France, à Lyon.

Cest un mécanisme qui remonte à 2002, et qui reste depuis loué pour ses résultats. Le Fonds mondial pour la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme peut en effet se targuer davoir eu un impact non négligeable contre ces épidémies. Dix-neuf millions de personnes séropositives sont ainsi sous traitement anti-rétroviral, plus de 5 millions de malades de la tuberculose sont sous traitement et ce sont plus de 131 millions de moustiquaires qui ont été distribuées dans les pays où le Fonds agit. Globalement, selon lorganisation, dans ces États, le nombre de décès provoqués par ces maladies a chuté de 40 %, ce sont ainsi 32 millions de vies qui ont été sauvées.

AIDES attend principalement du chef d’état une augmentation de 25% minimum de la contribution financière de la France au Fonds mondial (soit passer à 450 millions d’euros par an contre 360 millions actuellement).

Le manque de capacités institutionnelles et humaines pour gérer le déploiement des programmes de santé explique en partie ces retards. Cest ce qui ressort du rapport commandé par le Fonds mondial sur la  mise en œuvre des subventions en Afrique occidentale et centrale . Six pays – Mali, Mauritanie, Libéria, Congo, Tchad et Gabon – utilisent moins de 70 % des guichets qui leur sont ouverts. La majorité des pays de la région a connu des crises politiques ou sécuritaires sévères au cours de la dernière décennie, dont les répercussions sur les systèmes de santé se révèlent aujourdhui très lourdes.  La Côte dIvoire était le hub sanitaire de lAfrique de lOuest. Mais, après dix années de crise au cours desquelles aucun investissement quasiment na été fait dans le secteur de la santé, tous les efforts réalisés auparavant ont été effacés , reconnaît le ministre ivoirien de la santé, Eugène Aouélé Aka.

 Selon lassociation de lutte contre le Sida, pour un terrain véritablement favorable à l’éradication de l’épidemie, une augmentation de la contribution de 40 voire 45% serait nécessaire.

Il est en réalité très exceptionnel que cela se passe comme cela. Face à des Etats exsangues, ce sont les donateurs qui donnent le tempo.  Nos administrations sont faibles et nont pas les capacités de répondre aux procédures différentes des partenaires étrangers, souligne Michel Sidibé, ministre de la santé du Mali et ancien directeur exécutif dOnusida. Cette fragmentation est une difficulté. Comment voulez-vous que le Mali gère plus de 180 interlocuteurs ? Le sens de lurgence devrait conduire les bailleurs à alléger leurs conditions de financement sinon nous ny arriverons pas.  Le Burkina Faso réclame également davantage de coordination des bailleurs.  Nous sommes en train de créer une plate-forme unique car la santé est un tout et nous souhaitons que les partenaires salignent sur nos priorités , plaide la ministre de la santé, Léonie Claudine Lougué.

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Vers 14h15, les policiers ont invité les manifestants à évacuer les lieux dans le calme. Ces derniers se sont rangés au bord de la route.

LÉlysée a admis lui-même cette semaine que le montant total pourrait être inférieur à cette somme, jeudi, lors de lannonce du président hôte Emmanuel Macron. “Nous tous, États, entreprises, chercheurs, ONG, citoyens avons aujourdhui la responsabilité dintensifier nos investissements”, a exhorté la ministre, rappelant que “la France est le deuxième donateur historique (du Fonds) avec plus de 4,6 milliards deuros de dons cumulés”.