Immolation dun étudiant à Lyon : une journée démotion et dactions pour dénoncer la précarité étudiante – Le Monde

Avec sa grande pancarte, difficile de la manquer. Ce matin, devant la résidence du Crous, rue Raoul-Follereau, Clara, élève de terminale ES au lycée Jean-Puy, tenait à se mobiliser en hommage à Anas, âgé de 22 ans, étudiant de Lyon 2 et originaire de Saint-Etienne, qui s’est immolé par le feu vendredi dernier, devant le Crous du 7e arrondissement de Lyon.

Ce soutien fait suite à l’appel lancé par le syndicat solidaire étudiant.es sur les réseaux sociaux.

«Mon frère suit des cours dans cette université, c’est en partie pour cela que je me sens concernée», explique la jeune fille. Avant d’ajouter : «La façon dont il s’y est pris m’a choquée, je ne pensais pas que l’on pouvait voir ça en France. Ce doit être révélateur d’une détresse sociale qu’on n’arrive pas à percevoir.»

Touché à 90%, ce jeune de 22 ans est toujours «entre la vie et la mort» à l’hôpital. En difficulté financière – il avait perdu sa bourse en «triplant» sa deuxième année de licence à l’université Lyon 2 – le jeune homme a expliqué son geste dans un message lu mardi par une camarade.

Postée pendant plus d’une heure, la jeune lycéenne a suscité les réactions des passants. «Beaucoup me demandaient pourquoi j’avais cette pancarte. On ne parle pas assez de ce qu’il s’est passé.» En effet, malgré son appel à la mobilisation, seules deux personnes se sont jointes, un temps à son mouvement.

«Aujourd’hui je vais commettre l’irréparable, si je vise le bâtiment du Crous ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et par extension le gouvernement», indiquait l’étudiant avant de passer à l’acte.

A Saint-Etienne, une centaine de manifestants étaient réunis devant le Crous du campus Tréfilerie.

Les étudiants trouvent portes closes à luniversité sur le campus des berges désormais fermé.  Les lieux ont été évacués. Les forces de lordre viennent dentrer dans le bâtiment.

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“La fac avec nous” scandent les manifestants. Ils pointent du doigt la présidence de luniversité et le ministère de lenseignement supérieur qui ne proposent pas de solutions concrètes pour les étudiants.

Ce mardi matin, une centaine de personnes étaient réunis devant le Crous du campus Tréfilerie, à Saint-Etienne. Ils manifestaient après le geste dun étudiant de 22 ans, à Lyon, vendredi, qui sest immolé.

Depuis 10 heures, ce mardi, les étudiants mais aussi des enseignants participent à un rassemblement de soutien pour leur camarade qui a tenté de se suicider vendredi en simmolant par le feu.

La plupart des syndicats étudiants étaient présents, tout des représentants de la France Insoumise et des Jeunes Communistes. Le cousin de la victime était aussi présent. Il a pris la parole pour insister sur le geste politique de la victime.

« Cétait la fierté de la famille, il étudiait les sciences politiques. Il s’est sacrifié pour les étudiants. C’est un acte héroïque. Jattends juste quil revienne à Saint-Etienne pour lui présenter ma fille. Sauf que je sais même pas sil pourra voir ma fille. Est ce quil pourra voir, entendre ? » a pris la parole son cousin Mehdi, très ému.

Plusieurs dizaines de personnes réunies devant le Crous de #saintEtienne en réaction à limmolation par le feu dun étudiant de 22 ans vendredi à Lyon. Les manifestants dénoncent la précarité qui touche les etudiants. #Loire pic.twitter.com/7UJUHG0Zvv

 “Son geste de détresse a mis la lumière sur la précarité qui touche des centaines détudiants” dénonce une étudiante.

Sur place, les participants ont dénoncé les politiques de ces dernières années, qui, selon eux, favorisent la montée de la précarité.

Peu avant midi, ils ont pénétré dans lenceinte du campus de Lyon 2, sur les Berges du Rhône pour tenir une assemblée générale.

À Lyon, un rassemblement a aussi eu lieu ce mardi, au 59 rue de la Madeleine, devant le siège social du Crous, lieu où l’étudiant stéphanois a été brûlé à 90 %. Lundi, son pronostic vital était toujours engagé.

“Son geste de détresse a mis la lumière sur la précarité qui touche des centaines détudiants” dénonce lune delles.

À Roanne, une lycéenne sest mobilisée ce mardi matin devant une résidence étudiante du Crous.