Lyon : le pied de nez des députés LREM à Gérard Collomb – Le Point

Lyon : le pied de nez des députés LREM à Gérard Collomb - Le Point

Lyon | Quatre députés LREM de Lyon se rangent derrière Georges Képénékian candidat à la mairie de Lyon

La dernière campagne pour les élections à Lyon avait été placée sous le signe de la ville intelligente par Gérard Collomb. Cette dernière était censée régler certains problèmes du quotidien et améliorer la vie des Lyonnais. Lexemple qui était mis en avant était la création dun “GPS urbain multimode, prédictif”.

Était alors formulée la promesse de voir une application pouvant permettre de fluidifier le trafic et de dissoudre les bouchons, puisque ce navigateur était présenté comme capable de prévoir le trafic à une heure, de conseiller le meilleur mode de transport et daider les Lyonnais à se déplacer au bon moment. Le projet était déjà amorcé depuis 2012, des capteurs installés dans la ville, pour une enveloppe totale de sept millions deuros.

En 2015, lapplication promise arrive enfin sur Android et iOS. OptimodLyon est présenté comme une première réunissant une quinzaine dacteurs publics et privés. Cest un échec cuisant. La technologie est effectivement très prometteuse, pour ne pas dire révolutionnaire à lépoque, mais un point majeur a été oublié : lexpérience utilisateur.

Stéphane Guilland prévoit aussi une intervention sur le cas du pôle funéraire, en difficulté. "Il s’est développé un peu vite et a perdu des parts de marché. Ce qui est gênant, ce n’est pas que le pôle perde de l’argent. Mais c’est qu’on ne l’ait pas vu venir et anticipé. C’est un vrai problème de gouvernance", selon l’élu LR, alors que les élus doivent voter une subvention de plus d’un million d’euros pour le sauver.

Trop difficile à utiliser, peu intuitive, OptimodLyon ne trouve pas son public. Les notes des utilisateurs sont sans pitié : “inutilisable”, ” réagissez vite, sans précipitation au risque de perdre définitivement vos utilisateurs”, “Trop long à charger, pas clair, bref décevant”. Une mise à jour est réalisée en 2016, il sagira de la dernière. Sans comparaison possible, le grand public préférera des solutions comme Waze, plus intuitive.

Lordre du jour agite les esprits, avec la présentation du rapport définitif de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la ville. Trois pages épinglent la carrière erratique de lancienne compagne du maire de Lyon, qui a donné lieu à louverture dune enquête par le Parquet national financier. Sans jamais la nommer, les magistrats sétonnent du parcours de lagente de catégorie C1, recrutée comme auxiliaire municipale au début des années 1980. Meriem Nouri a occupé de multiples postes, sous trois maires successifs. A partir de janvier 2017, elle a bénéficié dun forfait dheures supplémentaires, renouvelé automatiquement chaque mois. Ce qui lui a procuré un salaire mensuel atteignant 1 979 euros en 2019, dont 25 % étaient constitués dheures supplémentaires. Après avoir interrogé les services de la mairie, la CRC ne retient pas lhypothèse dun emploi fictif, reconnaissant  lexistence dune activité , tout en se demandant pourquoi  aucune traduction administrative  napparaît dans les tableaux de service.

De son côté, la métropole de Lyon confirme que les applications OpitmodLyon ont été abandonnées (elle nest même plus disponible sur Android). Certaines idées sont venues enrichir le site Onlymoov. Dans le cadre des évolutions de ce service “une nouvelle application pourrait arriver en 2020”. Pour linstant, il faut se contenter dun site internet, plus adapté à une consultation à la maison et qui ne peut faire office de navigateur.

Georges Képénékian (au premier plan) et Gérard Collomb, au conseil municipal de Lyon, le 18 novembre. Joël PHILIPPON / PHOTOPQR / LE PROGRES/MAXPPP La scène éclate dans la cour de lhôtel de ville de Lyon, lundi après-midi, quelques minutes avant le conseil municipal. Lélu du 2e arrondissement Roland Bernard pointe certains de ses homologues du doigt :  Traîtres ! Vous vous êtes gavés et maintenant vous crachez dans la soupe, cest du joli !  Le grognard de Gérard Collomb vise ceux qui viennent de créer un groupe autonome au sein de la majorité municipale. Gênée, Myriam Picot, maire du 7e arrondissement, tente de le calmer. M. Bernard continue :  Cest vous les douze salopards ! , lance-t-il, faisant allusion aux onze conseillers, élus sur les listes du maire Gérard Collomb en 2014, qui siègent désormais sous la bannière  progressistes et républicains , revendiquant une  parole plus libre .

Au final, la ville intelligente aura surtout été un écrin de communication où les usages au quotidien peinent encore à ressortir (quand ils ne sont pas monopolisés par les géants comme Google).

Cette retouche jouera-t-elle en la défaveur de Gérard Collomb? Pour linstant, le candidat investi par La République en Marche est en tout cas perçu comme le grand favori pour prendre la tête de la Métropole lyonnaise. Un sondage Ipsos – Sopra-Steria réalisé pour France Bleu, Franceinfo et Le Progrès, a révélé le 14 novembre que lancien ministre de lIntérieur était en tête des intentions de vote. Selon lenquête, il obtiendrait 31% des suffrages, devançant ainsi Bruno Bernard, candidat EELV, crédité de 19% des voix, et  David Kimelfeld, qui obtient 15 % des intentions de vote.

De manière plus globale et au-delà du territoire de la métropole de Lyon, le terme devenu générique est désormais un fourre-tout où se mélange végétalisation, innovation, réduction dénergie… quitte parfois à prendre des allures de smart-washing (où lart de mettre de “lintelligence” à toutes les sauces).

Il sagit bien de lui, mais avec six ans de moins. Pour sa campagne aux élections métropolitaines de 2020, Gérard Collomb a fait le choix dutiliser une photo datant… de 2013. Une supercherie repérée par Lyon Mag lundi, après que les sympathisants de lactuel maire de Lyon ont distribué des tracts ce week-end dans la ville pour promouvoir sa candidature à la tête de la Métropole lyonnaise.

Cinq ans plus tard, nouvelle campagne à Lyon et cette fois-ci, pour le maire de Lyon, Gérard Collomb, cest la science et linnovation qui permettront de régler une partie des problèmes, comme les émissions de gaz polluant des véhicules. Lhistoire va-t-elle se répéter ?

Au surlendemain dun conseil municipal houleux et où le nouveau groupe politique  Progressistes et républicains  sest installé à gauche de lhémicycle, quatre députés LREM de Lyon, Anne-Brugnera (ancienne adjointe à léducation à Lyon), Hubert Julien-Laferrière (ancien maire de Lyon 9e), Thomas Rudigoz (ancien maire de Lyon 5e) et Jean-Louis Touraine (ancien premier adjoint du maire de Lyon Gérard Collomb en 2001) se positionnent pour apporter leur soutien à Georges Képénékian, candidat à la mairie de Lyon. Ceux-là mêmes qui soutiennent David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon et candidat à sa succession.

“A minima, en tant que maire, vous êtes responsable de cette inertie administrative qui reflète, au-delà de ce sujet particulier, votre refus de prendre ces sujets de ressources humaines à bras le corps”, a rétorqué lélue Les Républicains Laurence Balas, rappelant que le rapport mentionne que seulement quatre agents ont vu travailler cette personne au cours de la période.

Dans un communiqué officiel, ces quatre personnalités politiques apportent toute leur confiance à un candidat qui  va faire gagner un projet inédit, écologique, concerté et au bénéfice de tous les Lyonnaises et les Lyonnais .

Gérard Collomb na pour linstant pas réagi. Outre cette altercation, le conseil municipal a été particulièrement animé lundi. Gérard Collomb a notamment dû faire face à des attaques de la part des deux bord de lopposition suite à la publication dun rapport de la Chambre régionale des comptes. Ce dernier laisse planter des doutes sur la réalité de lemploi de lex-compagne du maire de Lyon à la mairie.

 Georges Képénékian incarne à nos yeux les valeurs portées par notre mouvement. Il a toujours été loyal envers celui-ci et le Président de la République. Humaniste, progressiste et pragmatique, Georges Képénékian a en effet montré lors de son exercice de la fonction de Maire de Lyon ses capacités à rassembler, à nouer le dialogue avec lensemble des partenaires de la ville et à renforcer le travail de proximité avec les arrondissements. 

Le conseil municipal du 18 novembre promettait dêtre musclé à Lyon, et il a tenu ses engagements. Avant même son ouverture, le rassemblement a été marqué par une altercation entre deux élus: Roland Bernard, fidèle de Gérard Collomb, et Thomas Rudigoz, qui sest rallié à David Kimelfeld, candidat concurrent du maire de Lyon lors des prochaines élections métropolitaines.

Georges Képénékian a occupé le fauteuil de maire de Lyon durant seize mois période durant laquelle Gérard Collomb occupait ses fonctions de ministère de lintérieur.

 Contrairement à M. Roland Bernard, jamais nous ne nous laisserons entraîner dans un débat qui se réduit à linvective, à linsulte ou à lagression verbale. Nous prônons le respect de ceux avec qui nous débattrons démocratiquement dans les prochains mois, car cest ainsi que nous concevons le débat républicain , ont indiqué les onze élus, qui soutiennent la candidature dissidente de Georges Képénékian à la mairie de Lyon et David Kimelfeld à la métropole.