#Marseille : la CGT Marins tempête contre Brittany Ferries

#Marseille : la CGT Marins tempête contre Brittany Ferries

#Marseille : la CGT Marins tempête contre Brittany Ferries

nLe patron de la Brittany Ferries, premier employeur de marins en France et président d’Armateurs de France, vient de décider de créer une rotation supplémentaire vers l’Irlande et ouvre une nouvelle ligne entre Cork et l’Espagne en affrétant dès la fin avril le navire Connemara. Le hic : il n’entend pas hisser pavillon tricolore, seul garant des droits sociaux en France, mais il est armé sous pavillon chypriote, un pavillon de complaisance, pour une durée de trois ans.

Une décision qui s’inscrit « dans le contexte incertain du Brexit » croit justifier la Brittany Ferries en ajoutant « nous avons toujours voulu nous développer même en crise ». Et, grande nouveauté dans ce lancement : la Brittany Ferries n’embarquera pas à son bord ses salariés mais des marins communautaires, employés via les sociétés de manning à bas coût et sans protection sociale. « Grâce à une flotte payée par les contribuables au travers les collectivités locales propriétaires des navires ! » s’étrangle Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille

Le syndicat CGT des marins de Marseille (compagnies Corsica Linea, La Méridionale, Maritima et Frioul If Express), affilié à la Fédération nationale CGT des syndicats maritimes qui représente 60% des marins nationaux, réagit en défenseur des droits de ces travailleurs. Il dénonce une manoeuvre de dumping social au moment où le gouvernement prétend durcir l’arsenal juridique sur le recours au détachement de travailleurs. Une colère adressée en premier lieu à la ministre Elisabeth Borne… qui pour l’heure n’a pas donné suite.

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La compagnie installée à Roscoff met en service un navire supplémentaire, lance une nouvelle ligne et compte bien renouveler sa flotte. Malgré un climat économique très incertain. Entretien avec Christophe Mathieu, président du directoire.

On avait l’idée depuis longtemps. On pense qu’il y a un potentiel. L’Espagne est la première destination de vacances des Irlandais et notre liaison Angleterre-Espagne a été notre axe de développement ces dernières années. On est passé de 150 000 à 300 000 passagers et de 5 000 à 40 000 camions. Le Brexit a été le déclencheur. C’est le moment de le faire. Il y a une forte volonté, côté irlandais, de développer des liaisons directes avec le continent. Beaucoup de leurs flux transitent par le Royaume Uni. Ils sont inquiets quant aux conséquences du Brexit. Est-ce qu’il y aura de nouveaux contrôles douaniers ?

Les lignes assurées par la compagnie bretonne. | Brittany Ferries

A partir de fin avril, un même bateau, le Connemara assurera, deux fois par semaine, la rotation Cork-Santander et, une fois par semaine, Cork-Roscoff. Nous en profitons pour renforcer cette ligne qui existe depuis 40 ans, en proposant un départ de Roscoff vers l’Irlande en milieu de semaine. Nous louerons à Stena RoRo le navire pour une durée initiale de deux ans. Il date de 2008 et navigue actuellement entre la Grèce et l’Italie. Notre objectif est d’atteindre l’équilibre tout de suite, pour ne pas grever le budget 2018 et ne pas mettre en cause notre capacité à investir. Un navire au GNL (gaz liquéfié), en construction en Allemagne, doit être livré en avril 2019 et nous allons, dans les années qui viennent, commencer à renouveler notre flotte. Certains navires datent de la fin des années 1980.

Dans un contexte extrêmement incertain, nous voulons concilier développement et prudence. Avec l’accord du comité d’entreprise, nous avons pris la décision d’armer le navire avec le pavillon d’un pays européen, en nous engageant à revenir au pavillon français si la conjoncture s’éclaircit. Nous devons être extrêmement prudents. On ne sais pas quels seront les effets du Brexit, d’ici 3 ou 4 ans. Mais on a une certitude: la livre a déjà baissé de 1,30 € à 1,12 €. Or, 70% de notre chiffre d’affaires (450 millions d’euros) est libellé en livres, alors que 80% de nos coûts sont en euros.

Je ne vous donnerai pas de chiffres. Ça pourrait apparaître comme une provocation. Les 40 marins sur le navire ne seront pas français et le coût de l’équipage sera moins élevé. Mais ça ne veut pas dire que nous sommes en train de remettre en cause les emplois actuels (2 400 en basse saison). Brittany Ferries ne renie pas son engagement à défendre le pavillon français. Mais, dans le contexte actuel, nous n’aurions pas réalisé ce projet en prenant un risque supérieur.

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