Marseille: Après avoir écrit le contraire, Jacques Cassandri nie avoir …

Marseille: Après avoir écrit le contraire, Jacques Cassandri nie avoir ...

“Je n’ai pas participé au casse de Nice !” affirme Jacques Cassandri à la barre

nJacques Cassandri (g) cerveau présumé du Casse du siècle à Nice en 1976 s'adresse à son avocat le 12 février 2018 à Marseille

L’ouvrage, paru en 2010, promettait la vérité sur le casse légendaire de la Société générale de Nice en 1976 : exit Albert Spaggiari, connu jusqu’à présent comme le “cerveau” de l’opération et condamné à perpétuité par contumace. Cassandri, un septuagénaire toujours fiché au grand banditisme, s’en attribuait la paternité. 

Mal lui en prend : plus de quatre décennies après le vol record, cette confession circonstanciée lui doit de comparaître depuis lundi, aux côtés de ses enfants, pour le blanchiment du magot. 

“Comique”. “Je sais que je vais passer pour un comique, mais aujourd’hui les choses sont ce qu’elles sont (…) C’est uniquement un roman. Je n’ai pas du tout participé” au casse de la Société générale de Nice, en 1976, a-t-il expliqué. Le tribunal correctionnel de Marseille le juge pour une dizaine d’infractions, dont blanchiment du fruit de plusieurs délits. Parmi ceux-ci, ce casse légendaire, au butin record de 46 millions de francs.

Lors de son interrogatoire mercredi, cette figure du banditisme marseillais, propriétaire avec sa famille de nombreux restaurants et boîtes de nuits, a tenté un virage à 180 degrés. “Je sais que je vais passer pour un comique, mais aujourd’hui les choses sont ce qu’elles sont (…) C’est uniquement un roman”. 

Coup de théâtre au tribunal: \”Je n’ai pas participé au casse de Nice!\” affirme Jacques Cassandri

“Je n’ai pas du tout participé” au casse de la Société générale de Nice le 18 juillet 1976, martèle-t-il. Une opération rocambolesque, avec percement d’un tunnel depuis les égouts et un butin record de 46 millions de francs, l’équivalent de 27 millions d’euros aujourd’hui. 

“J’aime écrire, j’ai déjà écrit, et là ça m’a paru intéressant de coucher les détails que je connaissais sur cette affaire”, qui a déjà fait l’objet de nombreux livres et films, a-t-il justifié. Dans une écoute, M. Cassandri discute même d’une éventuelle adaptation sur grand écran… 

Marseille : Jacques Cassandri nie avoir participé au \”casse du siècle\” de Nice

Nombre de ses proches ont pourtant raconté que Cassandri, déjà condamné pour trafic de drogue après le démantèlement de la French Connection ou pour proxénétisme, se vantait régulièrement. 

“Je n'ai pas participé au casse de Nice !” affirme Jacques Cassandri à la barre

“Je n’ai pas participé au casse de Nice !” affirme Jacques Cassandri à la barre

Des “bouches”, certainement, comme Cassandri appellent ces Marseillais qui “parlent trop”. Et qui seraient, à l’entendre, à l’origine de ses soucis. 

“Je n'ai pas participé au casse de Nice !” affirme Jacques Cassandri à la barre

“Je n’ai pas participé au casse de Nice !” affirme Jacques Cassandri à la barre

Confronté à ses déclarations lors de l’instruction, dans lesquelles il reconnaissait sa participation au casse, M. Cassandri s’est dit “très mal à l’aise” : “j’ai usurpé un rôle qui n’était pas le mien”. 

Depuis lundi, cette figure du banditisme marseillais comparaît, 40 ans après les faits. Il s’est trahi dans un livre en se proclamant « cerveau » de l’opération.
“Je n'ai pas participé au casse de Nice !” affirme Jacques Cassandri à la barre

“Je n’ai pas participé au casse de Nice !” affirme Jacques Cassandri à la barre

Pourquoi avoir continué de dire être l’instigateur du “casse du siècle” pendant l’enquête ?  

Le \”cerveau\” auto-proclamé du \”casse du siècle\” rétropédale au tribunal

“Si je dis toute la vérité à ce moment-là, je perds toute perspective d’avoir du succès avec mon livre”, a-t-il avancé. “Comme j’avais dit à mon éditeur que j’étais le principal responsable, je ne voulais pas qu’il pense de moi que j’avais raconté des craques”. 

A la barre en ce mardi après-midi du deuxième jour du procès, le maire DVD de Conca en Corse du Sud. Dans cette affaire, la justice reproche, notamment, à François Mosconi, dit “Fanfan”, des faits de trafic d’influence et de blanchiment aggravé qui datent de 2009 et 2010.

“C’est un acte de faiblesse, de la fanfaronnerie mal placée”, a-t-il plaidé. A l’époque, après avoir d’abord fait publier le livre sous pseudo, il avait ensuite donné plusieurs interviews où il détaillait son rôle. 

Par Giorgetti Jean-Francois Publié le 14/02/2018 à 08:46 Mis à jour le 14/02/2018 à 16:32

“Très habilement, les policiers m’ont dit que les faits étaient prescrits et que je ferais pas l’objet de poursuites, je me suis engouffré”, a-t-il raconté à la barre. 

Si le vol en lui-même était prescrit, le blanchiment ne l’est pas, même quatre décennies après le casse, ce qui vaut à M. Cassandri d’être poursuivi pour les investissements qu’il a pu faire par la suite.  

L’homme n’a jamais vraiment travaillé et a pu acheter, ainsi qu’à ses proches une maison en Savoie, une boîte de nuit à Marseille, de terrains en Corse, des dizaines de milliers d’euros de vison… 

Le magot du casse de Nice en Corse? Jacques Cassandri a-t-il blanchi une partie du butin de 27 millions d’euros en Corse? La justice a saisi un terrain à bâtir de 600.000 euros situé à Conca, appartenant officiellement à la fille de Jacques Cassandri. Celui-là même qui a donné lieu au versement d’un dessous de table de 100.000 euros

Contraire à de nombreuses écoutes et déclarations de ses proches lors de l’enquête, la nouvelle position de M. Cassandri, 73 ans, n’a pas semblé convaincre le tribunal. 

Énormes bouchons sur l’A8. Un poids-lourd en travers des voies a contraint à la fermeture du tunnel de Las Planas ce mardi soir, ralentissant fortement la circulation. L’A8 a été fermée à partir de la sortie Saint-Isidore en direction de Monaco, et a rouvert peu avant 18 heures.

“Je trouve ça complètement stupide, ahurissant”, a commenté la présidente Christine Mée, avant de passer à la multitude d’autres infractions reprochées à Cassandri lors de ce procès : abus de biens sociaux ou encore escroquerie en Corse, impliquant un élu et notable local, François Mosconi. 

Casse de Nice, OGC Nice, bouchons: voici votre brief info de ce mardi soir

Coup de théâtre au tribunal: \”Je n’ai pas participé au casse de Nice!\” affirme Jacques Cassandri

L’interrogatoire des enfants Cassandri et les réquisitions sont attendus jeudi. 

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Du vol de la Joconde à l’improbable vol des bijoux de Kim Kardashian à Paris, l’histoire du grand banditisme est jalonnée de braquage et autres casses spectaculaires. Le procès qui débute ce lundi d’une figure du « milieu » marseillais remet le terme de casse du siècle sur le devant de la scène.

Jacques Cassandri a revendiqué dans un livre la paternité du fameux casse de la Société Générale de Nice par les égouts, il y a plus de 40 ans, qui avait été jusqu’à présent attribué à Albert Spaggiari. Péché d’orgueil ou volonté de passer à la postérité, ce Corse d’origine a en effet raconté, dans un livre intitulé « La vérité sur le casse de Nice », paru en 2010 et signé sous le pseudonyme d’Amigo, être le véritable cerveau du vol.

Plus de 40 ans après le \”casse du siècle\” à Nice, le cerveau présumé jugé pour blanchiment

« Pour le braquage de Nice, Spaggiari, est plus un mythomane qu’autre chose, il n’avait pas fait grand-chose d’autre que d’ouvrir un compte à la Société Générale. L’inscription « ni armes, ni haine ni violence » n’était pas non plus de lui » rappelle un ancien policier aujourd’hui auteur de polars, Patrick Caujolle, contacté par Le Parisien. « Mais sa fuite spectaculaire du bureau du juge en a fait un personnage de cinéma » ironise l’auteur de « Les Casses du siècle » aux éditions Le Papillon du rouge.

Depuis 1911, et le vol de la Joconde par un vitrier italien qui avait travaillé au Louvre, les vols spectaculaires alimentent la chronique. A l’époque, les soupçons portèrent même au départ sur Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso. Le vol est aussi revendiqué par plusieurs mythomanes, dont l’écrivain italien Gabriele D’Annunzio qui avait composé en 1898 une tragédie intitulée La Joconde en la dédiant à « Eleonora Duse aux belles mains ». La Société des amis du Louvre offre une récompense de vingt-cinq mille francs (l’équivalent de 7 715 444 d’euros actuel), et un anonyme propose de doubler cette somme. La revue L’Illustration promet cinquante mille francs (15 millions d’euros actuels) à qui rapporterait le tableau dans les locaux du journal ! « Chaque siècle a son casse du siècle » confirme l’ancien policier interrogé par Le Parisien.

40 ans après le « casse du siècle » de Nice, la justice va-t-elle mettre la main sur le magot ?

Le braquage du Glasgow-Londres en 1963 a longtemps fait office de « casse du siècle » pour la planète entière. Les membres du gang, dirigés par Bruce Reynolds, sont rapidement arrêtés, mais Reynolds ainsi que Ronnie Biggs s’échappent et s’installent au Brésil puis au Mexique. Biggs, malade, rentrera au pays en 2001 à l’âge de 71 ans et sera incarcéré. L’argent ne sera jamais retrouvé. Un scénario de cinéma qui ne manquera pas de s’en saisir rapidement. « Le Cerveau » de Gérard Oury (1969) s’en inspire, et le film « Le Pacha », de Georges Lautner (1968), l’évoque. Le film « Buster » de David Green (1988) avec Phil Collins raconte la cavale des membres du gang de Bruce Reynolds après l’attaque du train postal.

« Un casse du siècle, c’est quelque chose qui a forcément un côté cinématographique » insiste Patrick Caujolle. « Des braquages de fourgon, il y en a eu plein. Prenez Toni Musulin par exemple : par-delà le préjudice, ce que les gens ont retenu, c’est qu’il a sûrement réussi à en garder sous le coude malgré sa condamnation ! Ce n’était pas un casse classique, il a conçu un plan incroyable qui a marqué l’imaginaire collectif ».

« L’expression casse du siècle », comme celle d’« ennemi public », est plus « le fait des journalistes que des fonctionnaires de police », s’amuse encore le romancier passé de l’autre côté du miroir. « C’est plus souvent le côté extraordinaire du mode opératoire que la somme volée qui détermine cette appellation » précise l’auteur récent du « Prix de la mort », aux éditions De Borée.

« En termes de police, il n’y a pas de classement des casses, une affaire est une affaire comme une autre » ajoute-t-il. « Le fait qu’on ne connaisse pas les auteurs, le côté nébuleux, les moyens de fuite, une instruction longue, des avancées puis des reculades dans l’enquête favorisent la dénomination de casse du siècle. Si les gars sont arrêtés dans l’heure d’après, ça ne fonctionne pas », constate l’ancien officier de police judiciaire à Toulouse.

« Dans ce genre d’affaires comme pour le casse du Glasgow-Londres, cette épopée légendaire, avec Ronnie Biggs, l’auteur présumé qui s’enfuit au Brésil, on a souvent affaire à de grands mythomanes. Ce sont le plus souvent des revendications pour passer à la postérité. Ces braqueurs veulent surtout exister après leur mort » analyse Patrick Caujolle. Et si la postérité était le vrai butin des « casses du siècle » ?