Logement : à Marseille, Gaudin balaie linsalubrité sous le tapis

Logement : à Marseille, Gaudin balaie l\insalubrité sous le tapis

La question du logement insalubre “ne concerne pas que Marseille” pour Denormandie

Lexistence de logements insalubres est "un immense fléau" qui "ne concerne pas que Marseille", a souligné mercredi le ministre du Logement Julien Denormandie, promettant une action "déterminée" après le drame qui a fait au moins six morts dans la cité phocéenne.

"Cest un immense fléau auquel nous sommes aujourdhui confrontés", a déclaré sur RTL M. Denormandie, interrogé sur létat de lhabitat dégradé ou dangereux après leffondrement de plusieurs immeubles vétustes lundi dans le centre-ville de Marseille.

Invité ce mercredi 7 novembre, ce dernier assure ne pas avoir attendu ce “drame malheureux de Marseille” pour “mener une politique très volontariste” sur ces questions du logement. Dénonçant le manque parfois évidemment des rénovations, le ministre de la Ville et du Logement attaque également les “marchands de sommeil”.”Les marchands de sommeil sont des trafiquants de misère. Il y a plusieurs mois, jai déclaré une véritable guerre contre ces marchands de sommeil. Jaurai maintenant les moyens de les considérer comme des trafiquants de drogue car il ny a quun truc que comprennent ces personnes, cest le portefeuille”. Et de conclure : “Cest un autre fléau qui vient sajouter au fléau du logement insalubre”. 

"Cest un problème qui ne concerne pas que Marseille, cest un problème qui concerne dautres villes", a poursuivi le ministre, précisant avoir notamment identifié, avec les élus locaux et les services de lÉtat, "14 sites prioritaires" en France pour des problèmes de propriétés dégradées.

Plus de 48 heures après leffondrement de trois immeubles à Marseille, les questions demeurent nombreuses. Dans ce quartier des Noailles, où le corps dune sixième victime a été découvert dans les gravats ce mercredi 7 novembre, mais aussi sur lensemble du territoire.En effet, près de 450.000 logements sont considérés comme indignes en France alors que 15% des immeubles en copropriété, soient 80.000 logements, seraient potentiellement dangereux, selon lagence nationale de lhabitat (Anha).

Les actualités de 7h30 – Immeubles effondrés à Marseille : la colère des habitants…

Ce sont "parfois des villes dans lesquelles on ne sattend pas" à de tels problèmes, a ajouté M. Denormandie, sans donner la liste ou le nom des sites concernés.

“Cest un immense fléau auquel nous sommes confrontés. Celui du logement indigne et insalubre. Beaucoup de nos concitoyens sont confrontés à cela et certains dentre eux sont dans une situation dinsécurité”, explique Julien Denormandie sur RTL.

Selon le ministère, ces 14 sites ont été identifiés dans le cadre du plan "initiative copropriétés", qui a pour but de "transformer, rénover et prévenir la fragilisation de certains" logements. "Ce ne sont pas des immeubles qui présentent des problèmes de sécurité pour les habitants", a-t-on précisé.

Selon le ministère, ces 14 sites ont été identifiés dans le cadre du plan "initiative copropriétés", qui a pour but de "transformer, rénover et prévenir la fragilisation de certains" logements. "Ce ne sont pas des immeubles qui présentent des problèmes de sécurité pour les habitants", a-t-on précisé.

Les propos de M. Denormandie sont survenus quelques minutes avant leffondrement dun autre immeuble dans le centre de Charleville-Mézières (Ardennes), qui na pas fait de victime.

Le procureur de la République de Charleville-Mézières a précisé avoir demandé louverture dune enquête "pour déterminer les conditions deffondrement" de ce bâtiment, en soulignant qu"un certain nombre dimmeubles anciens voire vétustes" étaient recensés dans la rue concernée par lincident.

"Cest un problème qui ne concerne pas que Marseille, cest un problème qui concerne dautres villes", a poursuivi le ministre, précisant avoir notamment identifié, avec les élus locaux et les services de lÉtat, "14 sites prioritaires" en France pour des problèmes de propriétés dégradées.

Selon le ministère, 450.000 logements au total sont considérés comme indignes en France. A Marseille, 40.000 logements, soit 13% du parc de résidences principales, présentent en outre "un risque pour la santé ou la sécurité" de leurs habitants, daprès un rapport remis au gouvernement en 2015.

La catastrophe a fait au moins cinq morts. Lundi 5 novembre, plusieurs immeubles vétustes se sont effondrés dans le centre-ville de Marseille et les recherches pour retrouver des survivants continuent. Invité sur RTL ce mercredi 7 novembre, Christian Nicol, ancien inspecteur général de ladministration du développement durable, revient sur le rapport alarmant quil avait rendu au ministère du Logement en 2015.”Il y avait environ 40.000 logements indignes, qui recouvrent une population denviron 100.000 habitants, donc 13% du parc de résidences principales”, explique-t-il. Selon lui, ces chiffres “nont pas beaucoup évolué”, faisant de Marseille la ville européenne “qui a le plus de logements dégradés dans son patrimoine”.

Marseille : les autorités étaient “dans le déni” malgré un rapport alarmant en 2015

"Beaucoup de nos concitoyens sont confrontés" à ce problème, a insisté M. Denormandie, assurant navoir "pas attendu" le drame de Marseille pour "lutter contre ce fléau".

Marseille : les autorités étaient “dans le déni” malgré un rapport alarmant en 2015

Il faut "une politique très volontariste, très déterminée", a assuré le ministre, qui avait annoncé voilà un mois, lors dun déplacement dans la cité phocéenne, un plan de lutte de 2,5 milliards deuros sur dix ans afin de lutter contre les copropriétés dégradées.

Dans les arrondissements de lhypercentre de Marseille où a eu lieu le drame lundi, la proportion de logements indignes dans de petites copropriétés de moins de 25 logements construits avant 1949 dépasse parfois 35 %. – BMPM SM/Loic Aedo/AFP var ULTIMEDIA_mdtk = “01946947”; var ULTIMEDIA_zone= “20”; var ULTIMEDIA_target = “ultimedia_switch”; var ULTIMEDIA_async = false; Leffondrement des trois immeubles de la rue dAubagne nest pas le premier. La municipalité laisse se dégrader des quartiers entiers de la ville. Plusieurs personnes manquaient encore à lappel mardi soir, après la découverte de quatre corps sans vie dans les gravats des  immeubles effondrés de la rue dAubagne à Marseille . Dans cette ville où certains trottoirs sont interdits aux piétons à cause du danger de chute que présentent des balcons branlants, ce drame nest pas le premier : depuis cinquante ans, des bâtiments sécroulent régulièrement sur leurs occupants : en 1960, 1976, 1999, 2001, 2002, 2005, 2008, la presse locale sest fait lécho de ces  châteaux de cartes meurtriers .

"Ce nest pas quune question dargent", a-t-il ajouté, jugeant nécessaire d"accélérer les procédures".

Le ministre a par ailleurs indiqué que laudit sur létat de lhabitat indigne réclamé au préfet de Marseille après le drame de lundi serait remis "dans les prochaines semaines". Le cas échéant, "lévacuation des habitants" relèvera "des collectivités", a-t-il précisé.

Cet été, la députée LREM de la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône, Alexandra Louis, sest emparée du sujet, dénonçant dans un rapport lexemple de la copropriété du Parc Corot,  triste symbole de lhabitat indigne à Marseille . Dès 1973, décrit-elle, cet ensemble de 376 appartements dans le XIIIe arrondissement commence à se dégrader. La ville ne fait rien. Pire, elle exclut littéralement le parc de ses plans de rénovation.  La copropriété Corot nest plus quun théâtre dombres , écrit pourtant la société Urbanis dans un énième diagnostic produit en 2015.

Les services de lÉtat en collaboration avec les élus locaux ont dressé la liste des 14 sites de priorité nationale menacés par linsalubrité de certaines de ses copropriétés. Montpellier et Nîmes en font partie.

Les autorités publiques étaient "dans le déni" malgré la publication en 2015 dun rapport alarmant sur létat dinsalubrité de 40 000 logements à Marseille, a estimé ce mardi 6 novembre sur franceinfo Christian Nicol, ancien inspecteur général de ladministration du développement durable et auteur de cette étude qui dit avoir été accusé de "parti pris" à lépoque. Lundi, trois immeubles se sont effondrés dans le quartier Noailles à Marseille, faisant au moins trois morts.

Suite au tragique effondrement dun immeuble à Marseille, le ministre du Logement, Julien Denormandie lance le plan  Initiative copropriétés , un programme de rénovation et de prévention des risques au niveau national doté dun fond de 2,740 milliards d’euros. Parmi les sites retenus prioritaires, du fait de la présence de logements  dégradés , Montpellier, Nîmes, et Toulouse, au niveau régional, en font partie, et verront donc, dans les 10 prochaines années, naître des programmes de réhabilitation à destination de ces copropriétés insalubres. Le ministre sest voulu rassurant lors de lannonce ce plan en précisant : ce ne sont pas des immeubles qui présentent des problèmes de sécurité pour les habitants.

Christian Nicol : Marseille était la ville dEurope qui probablement comportait le plus dhabitat indigne, cest-à-dire le plus de logements insalubres ou menaçant de tomber en ruines. La

Ce chantier de près de 3 milliards deuros sera mené à bien par les collectivités locales, et piloté par les Préfets de Région, durant les 10 prochaines années. Selon le ministère du Logement, les collectivités seront accompagnées pour agir autour de 3 piliers :

Si le rapport nidentifie pas précisément les copropriétés visées, on sait cependant et plus globalement, selon un recensement effectué par les Préfets de Région, que plus de 500 copropriétés sont  en difficultés  dans le Grand Sud, à Montpellier et à Nîmes, mais également à Perpignan et en Avignon.

Christian Nicol : Marseille était la ville dEurope qui probablement comportait le plus dhabitat indigne, cest-à-dire le plus de logements insalubres ou menaçant de tomber en ruines. La ville nétait pas complètement inactive mais les actions quelle engageait avaient des résultats faibles. Dune part, les effectifs des agents dans les services qui travaillaient sur ces questions-là nétaient pas à la hauteur du problème. Du côté de lÉtat pour linsalubrité, ce nétait pas mieux : il y avait un seul agent qui soccupait des problèmes dinsalubrité dans toute la région. Comment voulez-vous quil y arrive ? Du coup, alors que cest la ville qui a le plus dhabitat (…)