A Marseille, les effondrements dimmeubles qui ont fait 7 morts …

A Marseille, les effondrements d\immeubles qui ont fait 7 morts ...

EN DIRECT – Marseille: Les causes de leffondrement des immeubles “ne sont pas établies”, annonce le procureur de la République

Les secours vont suspendre pendant environ 24 heures les recherches engagées pour retrouver déventuels victimes ou survivants sous les décombres des immeubles qui se sont effondrés lundi, le temps de “déconstruire” deux bâtiments voisins qui menacent de seffondrer à leur tour, a annoncé mercredi le préfet.

Une décision “difficile à prendre”. “Une pelleteuse va enlever morceau par morceau le n°69, et les étages supérieurs du n°71”, a déclaré lors dun point presse Pierre Dartout, préfet de la région Provence-Alpes-Côte-dAzur et des Bouches-du-Rhône, évoquant une décision “toujours difficile à prendre”. De fait, les recherches ont déjà été interrompues mercredi après-midi : “la sécurité des marins-pompiers ne pouvait plus être assurée”, a expliqué le préfet.

Arlette Fructus : Les retours que nous avons, cest que les habitants sont inquiets. Ce sont plus des appels de signalement qui mobilisent maintenant nos équipes de secours pour aller vérifier sur place si effectivement il y a des dangers. On est un peu dans un état desprit de psychose donc il faudrait quand même apaiser tout le monde. On est dans une ville de 860 000 habitants, la deuxième ville de France, cest deux fois et demie la superficie de Paris. On a un habitat ancien avec des constructions tout à fait particulières puisque ce ne sont pas des constructions bétonnées. Cet habitat ancien est fragilisé et nous sommes évidemment particulièrement conscients de la situation. Nous sommes sur de lhabitat privé sur lequel les (…)

Six corps, ceux de quatre hommes et de deux femmes, ont été extraits des décombres des immeubles qui se sont écroulés lundi dans le centre de Marseille au 63 et 65 puis au 67 de la rue, et les autorités considèrent que deux autres personnes pourraient avoir été ensevelies également.

franceinfo : Un immeuble de la rue Pythéas a été évacué mercredi 7 novembre à Marseille, les secours craignent un “effet domino” dans la rue dAubagne. Les habitants vous font-ils remonter leurs inquiétudes ?

Les causes précises de leffondrement “pas établies”. Lundi, les immeubles des numéros 63 et 65 sétaient effondrés, avant que le n°67 ne tombe lui aussi partiellement, en raison notamment de laction des marins-pompiers. De ces trois immeubles vétustes, seul le n°65 était habité, les deux autres bâtiments étant murés et officiellement vides. Dans laprès-midi, le procureur de Marseille Xavier Tarabeux avait de son côté annoncé qu”à ce stade”, les causes précises de leffondrement des immeubles 63 et 65 rue dAubagne nétaient “pas établies”. “On ignore lequel des deux immeubles a entraîné leffondrement”, a-t-il poursuivi, rappelant que les constructions dataient de la fin du XVIIIe siècle et que les immeubles avaient été construits en “sappuyant les uns contre les autres”.

Dès 2015, dans le cadre dun rapport sur le patrimoine immobilier dans la cité phocéenne, linspecteur général de ladministration du développement durable, Christian Nicol, avait évalué à 40.000 le nombre de logements insalubres à Marseille. Ce mardi, la députée (LREM) Alexandra Louis de la 3ème circonscription des Bouches-du-Rhônes a, elle, cité le pourcentage de 13% de logements « entrant potentiellement dans la catégorie de lhabitat indigne » et le ratio dun Marseillais sur dix mettant en jeu « sa santé, sa sécurité, voire sa vie du fait de ses conditions dhabitat ».

Craignant de nouveaux effondrements, les autorités ont décidé mercredi soir de suspendre pour environ 24 heures les recherches dans les décombres des immeubles qui se sont écroulés lundi à Marseille, le temps de mettre à bas deux bâtiments voisins de ceux déjà tombés.

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"Cest toujours une décision difficile à prendre", a déclaré lors dun point presse le préfet de la région Provence-Alpes-Côte-dAzur et des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout: sous les gravats, où six corps ont déjà été retrouvés depuis lundi, les autorités estiment, sans certitude, quil pourrait y avoir encore deux victimes.

Toujours sur les bancs de la majorité, Mohamed Laqhila (MoDem), élu de la 11ème circonscription bucco-rhodanienne a, lui, estimé à 100.000 le nombre de Marseillais « concernés par linsalubrité et lhabitat dégradé », recensant 6.000 copropriétés fragiles sur les 20.000 que compte la Ville. En réponse, le ministre de lIntérieur a, pour sa part, évoqué le chiffre de 44.400 logements insalubres : « le centre-ville de Marseille est caractérisé par un habitat des plus dégradés. »

De fait, les recherches ont déjà été interrompues mercredi après-midi: "la sécurité des marins-pompiers ne pouvait plus être assurée", a expliqué M. Dartout. Concrètement, une pelleteuse va "déconstruire morceau par morceau" le n°69 et les étages supérieurs du n°71 de la rue dAubagne.

Lundi, les immeubles des numéros 63 et 65 sétaient effondrés, avant que le n°67 ne tombe lui aussi partiellement, en raison notamment de laction des marins-pompiers. De ces trois immeubles vétustes, seul le n°65 était habité, les deux autres bâtiments étant murés et officiellement vides.

Mardi matin, les pompiers et policiers sur place poursuivaient le déblaiement, alors que 5 à 8 victimes au total pourraient être ensevelies sous les gravats des deux bâtiments, déblayés minutieusement, à la pelle selon le ministre de lIntérieur Christophe Castaner. Le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, a indiqué que des examens de médecine légale seraient pratiqués pour identifier les personnes décédées. Il a ajouté quil ny avait pas de victime sur ce trottoir, cest une bonne nouvelle.

Dans laprès-midi, le procureur de Marseille Xavier Tarabeux avait de son côté annoncé qu"à ce stade", les causes précises de leffondrement des immeubles 63 et 65 rue dAubagne nétaient "pas établies". "On ignore lequel des deux immeubles a entraîné leffondrement", a-t-il poursuivi, rappelant que les constructions dataient de la fin du XVIIIe siècle et que les immeubles avaient été construits en "sappuyant les uns contre les autres".

Lurgence cest de sauver des vies, a martelé mardi matin Christophe Castaner, qui a rappelé que les opérations dureraient encore plusieurs jours. Le ministre a expliqué que les secours intervenaient de la façon la plus méticuleuse possible. On a découvert dans la première partie des opérations de déblaiement quelques poches de survie qui font quil y a encore peut-être de lespoir didentifier et de retrouver une personne qui peut être sauvée, a-t-il ajouté.

Cinq des six victimes retrouvées avaient été identifiées mercredi soir, a-t-il aussi précisé à lAFP.

Lundi, deux passantes avaient été filmées devant les immeubles juste avant quils ne seffondrent, et les autorités craignaient quelles naient été ensevelies. Mardi matin 80 pompiers et 120 policiers, aidés notamment de chiens, continuaient de déblayer les décombres à la recherche déventuels survivants ou victimes du drame.

Plus de 48 heures après leffondrement, lespoir de retrouver des survivants est de plus en plus mince et la colère des habitants du quartier est grandissante.

Parmi les personnes disparues, figureraient une femme qui nest pas allée chercher sa fille à lécole et une autre femme qui ne sortait jamais de chez elle, avait indiqué auparavant le président de la région Provence-Alpes-Côte dAzur, Renaud Muselier, qui évoquait lundi au moins 7 habitants de ces immeubles disparus. 

Les enquêteurs ont pu recueillir des témoignages selon lesquels le numéro 65, qui avait fait lobjet le 18 octobre dune "expertise" suivie de "travaux de confortement permettant la réintégration des occupants" selon la mairie, "avait bougé avant son éboulement".

Retour à laccueil Newsletter Alerte Info Recherche Ok Actualité Locales Sport Entertainment Economie Planète High-Tech By the Web T'as vu ? 20 Minutes Podcast Vidéos En Images Guide d'achat Le direct Jeux Services PDF Menu complet Retour à laccueil Société Une marche blanche pour les victimes des immeubles effondrés à Marseille

Une locataire de cette copropriété privée avait appelé les "pompiers dans la nuit (avant la catastrophe) pour signaler laugmentation dune fissure quelle avait observé dans son appartement" avant de finalement les rappeler pour leur dire "quil nétait pas nécessaire quils interviennent", a rapporté M. Tarabeux: toutefois, "en létat, il est prématuré dimputer des responsabilités pénales" compte tenu "de la complexité de la situation", a-t-il souligné.

Ce samedi sera organisé à Marseille une marche blanche en hommage aux personnes décédées dans leffondrement de deux immeubles de la rue dAubagne, lundi dernier. La marche blanche partira à 15 heures de la rue Estelle, soit à proximité immédiate du lieu où sest déroulé le drame. Elle se dirigera ensuite vers le Vieux-Port.

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Dans la rue dAubagne, la rancoeur est pourtant déjà grande: "Ici, il ny a que des noirs et des arabes, alors tout le monde sen fout. Mais je paie mon loyer, 380 euros par mois, et je paie même ma taxe dhabitation. Pourtant vous avez vu létat des bâtiments?", sindigne Adama, un jeune Comorien.

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"Gaudin, Fructus, assassins", ont scandé mercredi en début de soirée une centaine de militants dassociations de quartier rassemblés dans la soirée en haut de la rue dAubagne, visant le maire LR et son adjointe au logement. A quelques mètres, lappel à participer à une réunion publique "des habitant.es et associations de Noailles" pour exiger "un toit digne pour toutes et tous" a aussi fait salle comble, a constaté un journaliste de lAFP.

HOMMAGE Une marche blanche en hommage aux personnes mortes sous les décombres des immeubles de la rue d'Aubagne aura lieu ce samedi… 

La mairie qui a avancé lhypothèse des fortes pluies des derniers jours pour expliquer la catastrophe, sest défendue en soulignant "lénorme travail fait (pour) léradication de lhabitat indigne".

Laction de la municipalité critiquée. Selon les autorités, une personne pourrait se trouver sous les décombres du 65, le seul des trois immeubles écroulés lundi qui était officiellement habité. Les deux autres étaient murés et théoriquement vides, même si selon des témoignages recueillis dans le quartier, le 63 était souvent squatté par des sans-papiers ou les vendeurs de cigarettes de contrebande. Plus généralement, depuis lundi, de nombreux habitants du quartier – et des opposants politiques – critiquent laction de la municipalité, qui avait notamment mis en avant les fortes pluies des derniers jours comme cause de ce drame. Mais Jean-Claude Gaudin a fermement répondu jeudi, dénonçant notamment un rapport dinspection de 2015, évoqué par ces voix critiques, et quil juge “au vitriol” et dun “parti pris extraordinaire” selon lequel 100.000 personnes seraient victimes de lhabitat indigne ou insalubre à Marseille.

La municipalité a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème. Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de 100.000 habitants de Marseille.

De “très minces” chances de retrouver des survivants. Rue dAubagne, dans les décombres des numéros 63 et 65 (qui se sont effondrés lundi) et 67 (en partie abattu par les pompiers), les recherches déventuels survivants ont repris à 13h, après linterruption dans la matinée des travaux de “déconstruction” lancés mercredi soir sur deux immeubles mitoyens (les 69 et 71) qui menaçaient de seffondrer sur les sauveteurs. Les chances de retrouver encore des survivants, “sont minces, très minces, mais réelles”, a précisé le vice-amiral Charles-Henri Garié, commandant du bataillon des marins-pompiers de Marseille.

Elle a indiqué mardi avoir relogé des habitants dans une soixantaine de chambres dhôtels du centre-ville. En tout, 160 personnes ont été évacuées par mesure de sécurité.

Ce bâtiment “avait bougé avant son éboulement”. Limmeuble au 65 de la rue dAubagne avait fait lobjet dun arrêté de péril imminent le 19 octobre. Mais il navait conduit à lévacuation que dun seul appartement, au 1er étage. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, ce bâtiment “avait bougé avant son éboulement”. Lenquête na toutefois pas encore permis quel immeuble était tombé le premier. Samedi, une marche blanche en souvenir des victimes du drame doit avoir lieu entre le quartier de Noailles et le Vieux Port.

Jeudi, le maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin doit faire un point presse à 11H00 sur la situation rue dAubagne et la politique de la ville en matière de logement.