Marseille : un septième corps extrait des décombres

Marseille : un septième corps extrait des décombres

Marseille: deux nouveaux immeubles démolis, Gaudin en défense

Deux bâtiments mitoyens des immeubles effondrés lundi, qui ont fait au moins sept morts, sont en cours de démolition. Le maire en appelle à l’Etat pour faciliter la réhabilitation de l’habitat vétuste.

 Cest un domaine qui implique un très grand nombre dacteurs publics et privés, qui fait appel à des procédures terriblement longues, complexes et coûteuses , a déploré M. Gaudin.  Jen appelle donc à lEtat pour que la réglementation évolue, pour faciliter et accélérer la réhabilitation de lhabitat privé quand celui-ci est en mauvais état , a ajouté le maire.

Lundi, les immeubles des numéros 63 et 65 sétaient écroulés, avant que le n° 67 ne tombe lui aussi partiellement, en raison notamment de laction des marins-pompiers. De ces trois immeubles vétustes, seul le n° 65 était habité, les deux autres bâtiments étant murés et officiellement vides.

La démolition de deux immeubles mitoyens était en cours jeudi matin. Cette opération a entraîné la suspension des recherches pour trouver deux autres victimes potentiellement ensevelies. Les deux derniers étages du numéro 69 de la rue dAubagne, évacué après le drame et qui jouxte les numéros 63 à 67 qui se sont effondrés, ont été détruits.

À Marseille, la colère sintensifie, la mairie justifie sa politique

Mercredi soir, devant le risque dun  effet domino  entraînant de nouveaux immeubles, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte dAzur et du département des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout, a annoncé la suspension des opérations de secours pour environ vingt-quatre heures, le temps de démolir ces deux nouveaux bâtiments.  Cest toujours une décision difficile à prendre , a-t-il reconnu lors dun point presse : sous les gravats, où sept corps ont déjà été retrouvés depuis lundi, les autorités estiment, sans certitude, quil pourrait y avoir encore deux victimes.

"Cest un habitat qui est en outre majoritairement privé", a-t-il rappelé: "Lintervention publique doit se confronter à des réglementations protectrices de la propriété". 

Effondrement dimmeubles à Marseille: Le maire de la ville Jean-Claude Gaudin refuse de démissionner: “Vous croyez que le capitaine démissionne quand il y a une tempête ?” – VIDEO

Le procureur de Marseille Xavier Tarabeux a annoncé mercredi qu à ce stade , les causes précises de leffondrement des immeubles 63 et 65 rue dAubagne nétaient  pas établies .  On ignore lequel des deux immeubles a entraîné leffondrement , a-t-il poursuivi, rappelant que les bâtiments dataient de la fin du XVIIIe siècle et quils avaient été construits en  sappuyant les uns contre les autres .

“Cest toujours une décision difficile à prendre”, a déclaré lors dun point presse le préfet de la région Provence-Alpes-Côte-dAzur et des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout : sous les gravats, où six corps ont déjà été retrouvés depuis lundi, les autorités estiment, sans certitude, quil pourrait y avoir encore deux victimes. 

Les enquêteurs ont pu recueillir des témoignages selon lesquels le numéro 65, qui avait fait lobjet le 18 octobre dune  expertise  suivie de  travaux de confortement permettant la réintégration des occupants , selon la mairie,  avait bougé avant son éboulement . Une locataire de cette copropriété privée avait appelé les  pompiers dans la nuit (avant la catastrophe) pour signaler laugmentation dune fissure quelle avait observée dans son appartement  avant de finalement les rappeler pour leur dire  quil nétait pas nécessaire quils interviennent , a rapporté M. Tarabeux. Toutefois,  en létat, il est prématuré dimputer des responsabilités pénales  compte tenu  de la complexité de la situation , a-t-il souligné.

Dans la rue dAubagne, la rancœur est pourtant déjà grande :  Ici, il ny a que des Noirs et des Arabes, alors tout le monde sen fout. Mais je paie mon loyer, 380 euros par mois, et je paie même ma taxe dhabitation. Pourtant vous avez vu létat des bâtiments ? , sindignait mercredi Adama, un jeune Comorien.

Des pompiers recouvrent un corps sur le lieu d'effondrement de deux bâtiments à Marseille le 6 novembre 2018.

Mercredi soir, une centaine de militants associatifs ont scandé  Gaudin, Fructus, assassins  – visant le maire et son adjointe au logement, Arlette Fructus – en haut de la rue dAubagne. A quelques mètres, lappel à participer à une réunion publique  des habitant.es et associations de Noailles  pour exiger  un toit digne pour toutes et tous  a aussi fait salle comble, a constaté un journaliste de lagence France-Presse (AFP). Plus généralement, depuis lundi, de nombreux habitants du quartier – et des opposants politiques – critiquent laction de la municipalité, qui a de son côté mis en avant les fortes pluies des derniers jours pour expliquer le drame.

Le corps dune septième victime a été découvert jeudi soir dans les décombres des deux immeubles mitoyens qui se sont effondrés lundi à Marseille, ville dont le maire LR Jean-Claude Gaudin a défendu son action face aux nombreuses critiques.

Si Jean-Claude Gaudin commence par rendre hommage aux victimes et assure que  tout Marseille porte le deuil , il veut évacuer  les polémiques.  À ses yeux, la mairie a fait ce quelle pouvait.  Nos difficultés, les autres collectivités les connaissent toutes , garantit le premier magistrat phocéen.  Depuis 20 ans, nous portons une ambition forte et une exigence pour la réhabilitation de lhabitat ancien , assure-t-il, renvoyant aux difficultés éprouvées par les communes à appliquer  des procédures lourdes, coûteuses et longues.  La mairie était propriétaire de limmeuble numéro 63 de la rue. Elle ne veut pas se prononcer sur un éventuel scénario du drame, ni sur son éventuelle responsabilité :  Tous les éléments ont été transmis à la justice, nous travaillons en transparence , pose Julien Ruas.

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Au total, les corps de cinq hommes et deux femmes ont été retrouvés morts depuis leffondrement lundi de deux immeubles vétustes de la rue dAubagne, dans le quartier populaire et central de Noailles.

Au cœur de la rue dAubagne meurtrie, le  Collectif du 5 novembre : Noailles en colère  vient de voir le jour. Lun de ses initiateurs, Kevin Vacher, se désole de voir la mairie  ne pas faire de mea culpa.  Il enchaîne :  Depuis des années, la politique municipale nest pas menée là où il faut ; elle ne vient pas sécuriser lhabitat des plus précaires. Le plus grand décalage est là…  Jean-Claude Gaudin affirme que la municipalité a  refait le quartier de Noailles autant (quelle) le pouvait.  Dans cette zone où lhabitat indécent ou dégradé atteint 48 %, il promet de poursuivre sa politique. Au nom du collectif des habitants de Noailles, Kevin riposte :  Il assume sa politique, très bien. Il assume les morts, aussi ? 

Prenant la prole au cours dune conférence de presse très attendue, le maire Jean-Claude Gaudin a exclu toute idée de démissionner : "Vous croyez que le capitaine démissionne quand il y a une tempête?", a-t-il déclaré. Il a ensuite défendu "lambition et lexigence fortes" de son équipe en matière "de rénovation de lhabitat ancien et indigne, depuis plus de 20 ans".

Au cœur de la rue dAubagne meurtrie, le  Collectif du 5 novembre : Noailles en colère  vient de voir le jour. Lun de ses initiateurs, Kevin Vacher, se désole de voir la mairie  ne pas faire de mea culpa.  Il enchaîne :  Depuis des années, la politique municipale nest pas menée là où il faut ; elle ne vient pas sécuriser lhabitat des plus précaires. Le plus grand décalage est là…  Jean-Claude Gaudin affirme que la municipalité a  refait le quartier de Noailles autant (quelle) le pouvait.  Dans cette zone où lhabitat indécent ou dégradé atteint 48 %, il promet de poursuivre sa politique. Au nom du collectif des habitants de Noailles, Kevin riposte :  Il assume sa politique, très bien. Il assume les morts, aussi ? 

"Je ne regrette rien", a insisté le maire, en soulignant les 35 millions deuros investis depuis 2005 pour léradication de lhabitat indigne et "les milliers de logements sociaux démolis, reconstruits et réhabilités". Il a au passage appelé lEtat à faire évoluer la réglementation, "pour faciliter et accélérer" laction publique.

Retour à laccueil Newsletter Alerte Info Recherche Ok Actualité Locales Sport Entertainment Economie Planète High-Tech By the Web T'as vu ? 20 Minutes Podcast Vidéos En Images Guide d'achat Le direct Jeux Services PDF Menu complet Retour à laccueil Faits divers Un septième corps retrouvé sous les décombres des immeubles à Marseille

Pas question non plus pour le maire de répondre à ceux qui laccusent dans ce drame, comme ces habitants et militants qui ont encore manifesté mercredi soir aux cris de "Gaudin assassin" : "Lheure nest pas aux polémiques et lexpression des intérêts particuliers", a-t-il plaidé, en dénonçant "invectives et anathèmes jetés à travers les médias et les réseaux sociaux".

Cette victime est un homme. Le corps de quatre autres hommes et deux femmes avaient déjà été découverts sous les gravats. Plusieurs de ses victimes ont dores et déjà été identifiées comme étant des locataires du 65 rue dAubagne, le seul des trois immeubles écroulés qui était officiellement habité au moment de la catastrophe.

Rue dAubagne, dans les décombres des numéros 63 et  65 (qui se sont effondrés lundi) et 67 (en partie abattu par les pompiers), les recherches déventuels survivants ont repris à 13H00, après linterruption dans la matinée des travaux de "déconstruction" lancés mercredi soir sur deux immeubles mitoyens (les 69 et 71) qui menaçaient de seffondrer sur les sauveteurs.

Le bilan salourdit un peu plus, quatre jours après le drame. Ce jeudi, les secours ont retrouvé un septième corps sous les décombres des trois immeubles qui se sont effondrés rue dAubagne à Marseille.

Les chances de retrouver encore des survivants, "sont minces, très minces, mais réelles", a précisé le vice-amiral Charles-Henri Garié, commandant du bataillon des marins-pompiers de Marseille.

CATASTROPHE Les secours ont découvert ce jeudi un septième corps sous les décombres des immeubles effondrés rue dAubagne…

Selon les autorités, une personne pourrait se trouver sous les décombres du 65, le seul des trois immeubles écroulés lundi qui était officiellement habité. 

Or, plusieurs témoignages sur place font état dun immeuble n°63 dénué de toit au moment des faits. Dans un premier communiqué, quelques heures après le drame, la mairie a dailleurs évoqué la pluie, abondante ces derniers jours à Marseille, comme une cause possible de leffondrement. Face aux journalistes, Arlette Fructus sort de sa pochette en carton… une capture décran Google Street de cet immeuble qui lui appartient en tant que présidente de loffice HLM.  Regardez la photo sur Google, il y a bien un toit là !   Quand cette photo a-t-elle été prise ? , lui demande-t-on.  Regardez sur Google , redit-elle avant de quitter la conférence de presse.

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Les deux autres étaient murés et théoriquement vides, même si selon des témoignages recueillis dans le quartier par lAFP, le 63 était souvent squatté par des sans-papiers ou les vendeurs de cigarettes de contrebande.

Plus généralement, depuis lundi, de nombreux habitants du quartier – et des opposants politiques – critiquent laction de la municipalité, qui avait notamment mis en avant les fortes pluies des derniers jours comme cause de ce drame.

Quant au 65, le doute subsiste sur les travaux qui devaient être réalisés rapidement, dans le cadre dun arrêté de péril imminent de la mairie. Le procureur de la République de Marseille a indiqué que lon ignorait à ce stade de lenquête si lensemble des travaux préconisés par lexpert avait été réalisé.  Létaiement préconisé au rez-de-chaussée par lexpert a-t-il été effectué comme prévu au 65 rue dAubagne ? , demande un confrère.  Il est plus sage de laisser lenquête se poursuivre , répond Arlette Fructus.

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Mais M. Gaudin a fermement répondu jeudi, dénonçant notamment un rapport dinspection de 2015, évoqué par ces voix critiques, et quil juge "au vitriol" et dun "parti pris extraordinaire" selon lequel 100.000 personnes seraient victimes de lhabitat indigne ou insalubre à Marseille. 

Jean-Claude Gaudin a été interrogé sur ses choix politiques. Plusieurs sources indiquent en effet ces derniers jours que certains quartiers de Marseille sont volontairement laissés à labandon par la municipalité, qui préfère investir dans dautres projets. Une consœur fait remarquer au maire que la municipalité a investi 56 millions deuros récemment dans la construction dune patinoire et lui demande sil regrette certaines décisions politiques prises dans le passé.

Son adjoint à la prévention des risques, Julien Ruas, a lui souligné que lors de la seule journée de mercredi, 51 signalements dimmeubles vétustes avaient été faits auprès de ses services, pour 37 interventions et 4 évacuations au total, au nom du "principe de précaution". 

Nouvelle actu : cliquez ici pour rafraichir–>08/11/18 – 23:09 – Parmi les sept victimes de leffondrement dimmeubles à Marseille, cinq identifiéesFIN DU DIRECT – Selon La Provence, cinq des sept victimes de leffondrement des deux immeubles de la rue dAubagne à Marseille, auraient été identifiées jeudi 8 novembre. Les autorités ont ainsi pu mettre fin à lhorrible attente quenduraient depuis le début de la semaine les proches des deux femmes et de trois des cinq hommes retrouvés morts. Par ailleurs, toujours selon La Provence, lidentification de la sixième victime, qui serait un homme de 26 ans, pourrait être validée par la commission didentification, présidée par le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, dici vendredi. La septième victime na, quant à elle, été découverte que jeudi après-midi, son identification pourrait donc se faire encore un peu attendre.

Marseille : Gaudin en appelle à lEtat après leffondrement dimmeubles

Le journal local la Marseillaise a lancé, aux côtés de plusieurs associations, une enquête participative pour recenser les immeubles menaçants ou très dégradés, relayée sur les réseaux sociaux sous le mot-clé #balancetontaudis.

Toujours interrogé par nos confrères de Libération, Patrick Lacoste, cofondateur de l’association Centre-ville pour tous, sest agacé des propos tenus par le  maire de Marseille ce jeudi. Celui-ci en a en effet appelé à lÉtat “afin que la réglementation évolue pour faciliter et accélérer l’action publique”. “Pourquoi les mêmes procédures marchent à Paris, Lyon ou Bordeaux ? Ils parlent de 35 millions d’euros investis depuis 2005 pour l’aide à l’éradication de l’habitat indigne, mais la ville de Nice dirigée par Estrosi met dix fois plus ! Ce n’est donc pas une question de couleur politique, mais de choix politique. Ils sont dans le déni absolu”, sest-il insurgé.

Sur le plan judiciaire, les causes de leffondrement ne sont pas encore établies, et le parquet a indiqué mercredi quil serait "prématuré dimputer des responsabilités pénales".

Limmeuble au 65 de la rue dAubagne avait fait lobjet dun arrêté de péril imminent le 19 octobre. Mais il navait conduit à lévacuation que dun seul appartement, au 1er étage. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, ce bâtiment "avait bougé avant son éboulement". Lenquête na toutefois pas encore permis quel immeuble était tombé le premier.

Cofondateur de l’association Centre-ville pour tous, Patrick Lacoste a réagit aux propos du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui a de son côté tenté de relativiser jeudi la responsabilité de la mairie dans leffondrement des immeubles de la cité phocéenne, qui a coûté la vie à au moins 7 personnes. “C’est exactement l’incarnation de la politique municipale. La population pauvre du centre-ville ne les intéresse pas, ce ne sont pas leurs électeurs. Alors on ne fait rien, on laisse pourrir et puis arrivent les promoteurs qui rachètent des immeubles pour rien”, a-t-il estimé dans les colonnes de Libération jeudi soir.

Immeubles effondrés à Marseille: Les recherches suspendues pour faire tomber deux bâtiments supplémentaires

Samedi, une marche blanche en souvenir des victimes du drame doit avoir lieu entre le quartier de Noailles et le Vieux Port.