Marseille : un septième corps extrait des décombres

Marseille : un septième corps extrait des décombres

Effondrement dimmeubles à Marseille : un septième corps découvert

Le corps dune septième victime a été découvert jeudi soir dans les décombres des deux immeubles mitoyens qui se sont effondrés lundi à Marseille, ville dont le maire LR Jean-Claude Gaudin a défendu son action face aux nombreuses critiques. Au total, les corps de cinq hommes et deux femmes ont été retrouvés morts depuis leffondrement lundi de deux immeubles vétustes de la rue dAubagne, dans le quartier populaire et central de Noailles.

De “très minces” chances de retrouver des survivants. Rue dAubagne, dans les décombres des numéros 63 et 65 (qui se sont effondrés lundi) et 67 (en partie abattu par les pompiers), les recherches déventuels survivants ont repris à 13h, après linterruption dans la matinée des travaux de “déconstruction” lancés mercredi soir sur deux immeubles mitoyens (les 69 et 71) qui menaçaient de seffondrer sur les sauveteurs. Les chances de retrouver encore des survivants, “sont minces, très minces, mais réelles”, a précisé le vice-amiral Charles-Henri Garié, commandant du bataillon des marins-pompiers de Marseille.

Pas question non plus pour le maire de répondre à ceux qui laccusent dans ce drame, comme ces habitants et militants qui ont encore manifesté mercredi soir aux cris de "Gaudin assassin" : "Lheure nest pas aux polémiques et lexpression des intérêts particuliers", a-t-il plaidé, en dénonçant "invectives et anathèmes jetés à travers les médias et les réseaux sociaux".

Laction de la municipalité critiquée. Selon les autorités, une personne pourrait se trouver sous les décombres du 65, le seul des trois immeubles écroulés lundi qui était officiellement habité. Les deux autres étaient murés et théoriquement vides, même si selon des témoignages recueillis dans le quartier, le 63 était souvent squatté par des sans-papiers ou les vendeurs de cigarettes de contrebande. Plus généralement, depuis lundi, de nombreux habitants du quartier – et des opposants politiques – critiquent laction de la municipalité, qui avait notamment mis en avant les fortes pluies des derniers jours comme cause de ce drame. Mais Jean-Claude Gaudin a fermement répondu jeudi, dénonçant notamment un rapport dinspection de 2015, évoqué par ces voix critiques, et quil juge “au vitriol” et dun “parti pris extraordinaire” selon lequel 100.000 personnes seraient victimes de lhabitat indigne ou insalubre à Marseille.

Prenant la prole au cours dune conférence de presse très attendue, le maire Jean-Claude Gaudin a exclu toute idée de démissionner : "Vous croyez que le capitaine démissionne quand il y a une tempête?", a-t-il déclaré. Il a ensuite défendu "lambition et lexigence fortes" de son équipe en matière "de rénovation de lhabitat ancien et indigne, depuis plus de 20 ans".

Les causes de leffondrement pas encore établies. Le journal local la Marseillaise a lancé, aux côtés de plusieurs associations, une enquête participative pour recenser les immeubles menaçants ou très dégradés, relayée sur les réseaux sociaux sous le mot-clé #balancetontaudis. Sur le plan judiciaire, les causes de leffondrement ne sont pas encore établies, et le parquet a indiqué mercredi quil serait “prématuré dimputer des responsabilités pénales”.

Si Jean-Claude Gaudin commence par rendre hommage aux victimes et assure que  tout Marseille porte le deuil , il veut évacuer  les polémiques.  À ses yeux, la mairie a fait ce quelle pouvait.  Nos difficultés, les autres collectivités les connaissent toutes , garantit le premier magistrat phocéen.  Depuis 20 ans, nous portons une ambition forte et une exigence pour la réhabilitation de lhabitat ancien , assure-t-il, renvoyant aux difficultés éprouvées par les communes à appliquer  des procédures lourdes, coûteuses et longues.  La mairie était propriétaire de limmeuble numéro 63 de la rue. Elle ne veut pas se prononcer sur un éventuel scénario du drame, ni sur son éventuelle responsabilité :  Tous les éléments ont été transmis à la justice, nous travaillons en transparence , pose Julien Ruas.

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Ce bâtiment “avait bougé avant son éboulement”. Limmeuble au 65 de la rue dAubagne avait fait lobjet dun arrêté de péril imminent le 19 octobre. Mais il navait conduit à lévacuation que dun seul appartement, au 1er étage. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, ce bâtiment “avait bougé avant son éboulement”. Lenquête na toutefois pas encore permis quel immeuble était tombé le premier. Samedi, une marche blanche en souvenir des victimes du drame doit avoir lieu entre le quartier de Noailles et le Vieux Port.

Six morts sans compter les disparus. Cest le terrible bilan, encore provisoire, à Marseille suite à leffondrement de trois immeubles survenu ce lundi. Après le déplacement sur place du ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie dans les heures qui ont suivi le drame, cest le ministre de lIntérieur qui a réagi après avoir été interpellé par deux députés de la majorité à ce sujet.

Lors de la séance des questions au gouvernement de ce mercredi, Christophe Castaner a ainsi annoncé avoir demandé au préfet de la région Sud, préfet des Bouches-du-Rhône, de préparer « très rapidement » un plan de réalisation dun audit immeuble par immeuble. Lobjectif du gouvernement est double : aboutir à « un programme ambitieux de préservation des conditions de sécurité avant denvisager les aménagement nécessaires » et à un contrat de métropole pour faire de la rénovation urbaine « une priorité absolue ».

Dès 2015, dans le cadre dun rapport sur le patrimoine immobilier dans la cité phocéenne, linspecteur général de ladministration du développement durable, Christian Nicol, avait évalué à 40.000 le nombre de logements insalubres à Marseille. Ce mardi, la députée (LREM) Alexandra Louis de la 3ème circonscription des Bouches-du-Rhônes a, elle, cité le pourcentage de 13% de logements « entrant potentiellement dans la catégorie de lhabitat indigne » et le ratio dun Marseillais sur dix mettant en jeu « sa santé, sa sécurité, voire sa vie du fait de ses conditions dhabitat ».

Au numéro 69 de la rue dAubagne, à Marseille (Bouches-du-Rhône), on aperçoit des pans du mur qui semblent partir en lambeaux. Lun deux, mitoyen des immeubles qui se sont écroulés, menace à son tour de seffondrer. Alors, les recherches des pompiers avancent désormais au ralenti, le temps de consolider les structures. Le corps dune sixième victime a été retrouvé mercredi 7 novembre et au moins deux personnes sont toujours portées disparues.

Toujours sur les bancs de la majorité, Mohamed Laqhila (MoDem), élu de la 11ème circonscription bucco-rhodanienne a, lui, estimé à 100.000 le nombre de Marseillais « concernés par linsalubrité et lhabitat dégradé », recensant 6.000 copropriétés fragiles sur les 20.000 que compte la Ville. En réponse, le ministre de lIntérieur a, pour sa part, évoqué le chiffre de 44.400 logements insalubres : « le centre-ville de Marseille est caractérisé par un habitat des plus dégradés. »

À quelques centaines de mètres, plusieurs dizaines dhabitants se sont donné rendez-vous pour crier leur colère, en particulier contre la mairie. "On veut savoir où est passée laction publique", sindigne une habitante. Chacun prend le micro pour raconter son histoire et témoigner de l

La deuxième ville de France fait pourtant partie des 26 collectivités ciblées par le gouvernement dans le cadre du plan « Initiative copropriétés » lancé justement à Marseille le 10 octobre dernier lors du congrès HLM. LEtat veut en effet réhabiliter voire détruire 56.000 logements sur dix ans avec une enveloppe de 3 milliards deuros.

Parmi ceux qui contribuent à ce financement, le réseau Procivis, composé de 53 sociétés anonymes coopératives dintérêt collectif pour laccession à la propriété, débloquera 240 millions deuros. Il propose des prêts aux ménages très modestes pour quils puissent réaliser leurs travaux de réhabilitation.

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« Sur nos fonds propres, nous allons pré-financer toutes les aides publiques et financer le reste à charge », explique à La Tribune son président Yannick Borde. « Nous ne sommes pas subventionnés, mais nous arrivons avec une expertise, un soutien financier et un maillage qui font que nous sommes rodés à ce type de dispositif. »

OUTRE-MER 1ÈRE Deux jours après leffondrement de trois immeubles vétustes à Marseille, des habitants recherchent encore des proches. Parmi eux, Abdou Ali, comorien, est sans nouvelles de sa mère.

Le ministre du Logement et de la Ville Julien Denormandie avait alors promis « un suivi très régulier avec des chefs de projet nommés et un comité de suivi qui se réunira tous les trois mois avec lEtat, les élus locaux et les partenaires ». Sans doute le calendrier de la mise en œuvre sera-t-il précisé dès lors que le préfet local aura remis ses conclusions.

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Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, devait prendre la parole jeudi 8 novembre pour annoncer son propre plan daction. Devant la presse, il a appelé lEtat à prendre ses responsabilités en matière dhabitat privé, notamment en donnant des outils juridiques pour faciliter les relations entre la municipalité phocéenne et les syndics de copropriété.