Marseille : deux nouveaux immeubles vont être démolis

Marseille : deux nouveaux immeubles vont être démolis

Effondrement dun immeuble à Marseille : critiqué, le maire Jean-Claude Gaudin défend les efforts de la ville

Le corps dune septième victime a été découvert jeudi soir dans les décombres des deux immeubles mitoyens qui se sont effondrés lundi à Marseille, ville dont le maire LR Jean-Claude Gaudin a défendu son action face aux nombreuses critiques. Au total, les corps de cinq hommes et deux femmes ont été retrouvés morts depuis leffondrement lundi de deux immeubles vétustes de la rue dAubagne, dans le quartier populaire et central de Noailles.

De “très minces” chances de retrouver des survivants. Rue dAubagne, dans les décombres des numéros 63 et 65 (qui se sont effondrés lundi) et 67 (en partie abattu par les pompiers), les recherches déventuels survivants ont repris à 13h, après linterruption dans la matinée des travaux de “déconstruction” lancés mercredi soir sur deux immeubles mitoyens (les 69 et 71) qui menaçaient de seffondrer sur les sauveteurs. Les chances de retrouver encore des survivants, “sont minces, très minces, mais réelles”, a précisé le vice-amiral Charles-Henri Garié, commandant du bataillon des marins-pompiers de Marseille.

De quoi faire bondir Patrick Lacoste, cofondateur de lassociation Centre-ville pour tous : Cest exactement lincarnation de la politique municipale. La population pauvre du centre-ville ne les intéresse pas, ce ne sont pas leurs électeurs. Alors on ne fait rien, on laisse pourrir et puis arrivent les promoteurs qui rachètent des immeubles pour rien. Exemple sur la Canebière, à langle bas du quartier Noailles, où les 4 500 m2 de lîlot Feuillant ont été rachetés pour 2,5 millions deuros par un promoteur qui projette dy installer un hôtel quatre étoiles. Tout ce qui les intéresse, cest la ville pour les touristes et Euroméditerranée, poursuit Patrick Lacoste. Cest la stratégie que leur ont vendue les bureaux détudes : pour linstant, les croisiéristes font le tour du Vieux-Port et repartent. Il faut les faire rentrer dans la ville. Alors on travaille les grands axes – la Canebière, Longchamp, la rue de la République. Lobjectif est détendre le périmètre de chalandise orienté tourisme. Les Marseillais, surtout les pauvres, peuvent attendre.

Laction de la municipalité critiquée. Selon les autorités, une personne pourrait se trouver sous les décombres du 65, le seul des trois immeubles écroulés lundi qui était officiellement habité. Les deux autres étaient murés et théoriquement vides, même si selon des témoignages recueillis dans le quartier, le 63 était souvent squatté par des sans-papiers ou les vendeurs de cigarettes de contrebande. Plus généralement, depuis lundi, de nombreux habitants du quartier – et des opposants politiques – critiquent laction de la municipalité, qui avait notamment mis en avant les fortes pluies des derniers jours comme cause de ce drame. Mais Jean-Claude Gaudin a fermement répondu jeudi, dénonçant notamment un rapport dinspection de 2015, évoqué par ces voix critiques, et quil juge “au vitriol” et dun “parti pris extraordinaire” selon lequel 100.000 personnes seraient victimes de lhabitat indigne ou insalubre à Marseille.

Face au tollé suscité par lécroulement des deux immeubles, Jean-Claude Gaudin a tenté de relativiser la responsabilité de son équipe. Si les dossiers navancent pas dans ce domaine, cest à cause du millefeuille dacteurs en matière de logement qui ralentit les efforts ou encore celle des lourdeurs des procédures administratives. Le maire en appelle dailleurs à lEtat, afin que la réglementation évolue pour faciliter et accélérer laction publique. Le dossier de presse accompagnant les propos du maire enfonce encore le clou. On y évoque une politique volontariste de la ville en matière de logement qui se serait traduite par des projets majeurs depuis vingt ans. On y apprend également que pour le centre-ville, lobjectif de la redynamisation repose sur larrivée de classes moyennes actives qui par leur capacité contributive, leur mode de fonctionnement et le rapport quils entretiennent à leur environnement urbain contribuent à un rééquilibrage par le haut.

Les causes de leffondrement pas encore établies. Le journal local la Marseillaise a lancé, aux côtés de plusieurs associations, une enquête participative pour recenser les immeubles menaçants ou très dégradés, relayée sur les réseaux sociaux sous le mot-clé #balancetontaudis. Sur le plan judiciaire, les causes de leffondrement ne sont pas encore établies, et le parquet a indiqué mercredi quil serait “prématuré dimputer des responsabilités pénales”.

Et cest jeudi matin, dans sa mairie, que Jean-Claude Gaudin, le visage fermé, entouré de ses adjoints, a enfin répondu aux nombreuses questions soulevées par la catastrophe sur la gestion municipale en matière de logement indigne. Lheure nest pas aux polémiques mais au deuil, a avancé le maire pour justifier sa discrétion. Car depuis laccident, son silence tranche avec la colère qui gronde dans la ville : mercredi soir, les habitants de Noailles se sont réunis pour dénoncer labandon de leur quartier, un îlot populaire parmi beaucoup dautres, oublié par la politique municipale. Leffondrement des immeubles rue dAubagne a aussi entraîné une réaction daffolement : dans la journée de mercredi, les services de la ville ont reçu 51 signalements dimmeubles à risque qui ont nécessité 37 interventions et quatre évacuations.

Ce bâtiment “avait bougé avant son éboulement”. Limmeuble au 65 de la rue dAubagne avait fait lobjet dun arrêté de péril imminent le 19 octobre. Mais il navait conduit à lévacuation que dun seul appartement, au 1er étage. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, ce bâtiment “avait bougé avant son éboulement”. Lenquête na toutefois pas encore permis quel immeuble était tombé le premier. Samedi, une marche blanche en souvenir des victimes du drame doit avoir lieu entre le quartier de Noailles et le Vieux Port.

En plein centre-ville de Marseille (Bouches-du-Rhône), des immeubles tombent en ruine depuis des années. Les habitants nen peuvent plus. "Cest lenfer total", lance un homme. "À lintérieur, cest complètement des taudis", assure un autre. "Faites quelque chose, ne laissez pas les gens crever", lance un homme à ladresse de Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille.

Deux bâtiments mitoyens des immeubles effondrés lundi, qui ont fait au moins sept morts, sont en cours de démolition. Le maire en appelle à l’Etat pour faciliter la réhabilitation de l’habitat vétuste.

Dans la cité phocéenne, beaucoup dimmeubles sont insalubres. Cest ce quavait conclu en 2015 Christian Nicol, alors inspecteur général de ladministration du développement durable. Dans son rapport, il démontrait quun Marseillais sur huit vivait dans un logement indigne, soit 40 000 logements.

 Cest un domaine qui implique un très grand nombre dacteurs publics et privés, qui fait appel à des procédures terriblement longues, complexes et coûteuses , a déploré M. Gaudin.  Jen appelle donc à lEtat pour que la réglementation évolue, pour faciliter et accélérer la réhabilitation de lhabitat privé quand celui-ci est en mauvais état , a ajouté le maire.

“Je ne regrette rien”, a insisté le maire, en soulignant les 35 millions deuros investis depuis 2005 pour léradication de lhabitat indigne et “les milliers de logements sociaux démolis, reconstruits et réhabilités”. Il a au passage appelé lEtat à faire évoluer la réglementation, “pour faciliter et accélérer” laction publique. Pas question non plus pour le maire de répondre à ceux qui laccusent dans ce drame, comme ces habitants et militants qui ont encore manifesté mercredi soir aux cris de “Gaudin assassin” : “Lheure nest pas aux polémiques et lexpression des intérêts particuliers”, a-t-il plaidé, en dénonçant “invectives et anathèmes jetés à travers les médias et les réseaux sociaux”.

Lundi, les immeubles des numéros 63 et 65 sétaient écroulés, avant que le n° 67 ne tombe lui aussi partiellement, en raison notamment de laction des marins-pompiers. De ces trois immeubles vétustes, seul le n° 65 était habité, les deux autres bâtiments étant murés et officiellement vides.

Marseille: deux nouveaux immeubles démolis, Gaudin en défense

La démolition de deux immeubles mitoyens était en cours jeudi matin. Cette opération a entraîné la suspension des recherches pour trouver deux autres victimes potentiellement ensevelies. Les deux derniers étages du numéro 69 de la rue dAubagne, évacué après le drame et qui jouxte les numéros 63 à 67 qui se sont effondrés, ont été détruits.

Les deux autres étaient murés et théoriquement vides, même si selon des témoignages recueillis dans le quartier, le 63 était souvent squatté par des sans-papiers ou les vendeurs de cigarettes de contrebande. Plus généralement, depuis lundi, de nombreux habitants du quartier – et des opposants politiques – critiquent laction de la municipalité, qui avait notamment mis en avant les fortes pluies des derniers jours comme cause de ce drame.

Mercredi soir, devant le risque dun  effet domino  entraînant de nouveaux immeubles, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte dAzur et du département des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout, a annoncé la suspension des opérations de secours pour environ vingt-quatre heures, le temps de démolir ces deux nouveaux bâtiments.  Cest toujours une décision difficile à prendre , a-t-il reconnu lors dun point presse : sous les gravats, où sept corps ont déjà été retrouvés depuis lundi, les autorités estiment, sans certitude, quil pourrait y avoir encore deux victimes.

Pas question non plus pour le maire de répondre à ceux qui laccusent dans ce drame, comme ces habitants et militants qui ont encore manifesté mercredi soir aux cris de "Gaudin assassin" : "Lheure nest pas aux polémiques et lexpression des intérêts particuliers", a-t-il plaidé, en dénonçant "invectives et anathèmes jetés à travers les médias et les réseaux sociaux".

Le procureur de Marseille Xavier Tarabeux a annoncé mercredi qu à ce stade , les causes précises de leffondrement des immeubles 63 et 65 rue dAubagne nétaient  pas établies .  On ignore lequel des deux immeubles a entraîné leffondrement , a-t-il poursuivi, rappelant que les bâtiments dataient de la fin du XVIIIe siècle et quils avaient été construits en  sappuyant les uns contre les autres .

Prenant la prole au cours dune conférence de presse très attendue, le maire Jean-Claude Gaudin a exclu toute idée de démissionner : "Vous croyez que le capitaine démissionne quand il y a une tempête?", a-t-il déclaré. Il a ensuite défendu "lambition et lexigence fortes" de son équipe en matière "de rénovation de lhabitat ancien et indigne, depuis plus de 20 ans".

Les enquêteurs ont pu recueillir des témoignages selon lesquels le numéro 65, qui avait fait lobjet le 18 octobre dune  expertise  suivie de  travaux de confortement permettant la réintégration des occupants , selon la mairie,  avait bougé avant son éboulement . Une locataire de cette copropriété privée avait appelé les  pompiers dans la nuit (avant la catastrophe) pour signaler laugmentation dune fissure quelle avait observée dans son appartement  avant de finalement les rappeler pour leur dire  quil nétait pas nécessaire quils interviennent , a rapporté M. Tarabeux. Toutefois,  en létat, il est prématuré dimputer des responsabilités pénales  compte tenu  de la complexité de la situation , a-t-il souligné.

Dans la rue dAubagne, la rancœur est pourtant déjà grande :  Ici, il ny a que des Noirs et des Arabes, alors tout le monde sen fout. Mais je paie mon loyer, 380 euros par mois, et je paie même ma taxe dhabitation. Pourtant vous avez vu létat des bâtiments ? , sindignait mercredi Adama, un jeune Comorien.

Mercredi soir, une centaine de militants associatifs ont scandé  Gaudin, Fructus, assassins  – visant le maire et son adjointe au logement, Arlette Fructus – en haut de la rue dAubagne. A quelques mètres, lappel à participer à une réunion publique  des habitant.es et associations de Noailles  pour exiger  un toit digne pour toutes et tous  a aussi fait salle comble, a constaté un journaliste de lagence France-Presse (AFP). Plus généralement, depuis lundi, de nombreux habitants du quartier – et des opposants politiques – critiquent laction de la municipalité, qui a de son côté mis en avant les fortes pluies des derniers jours pour expliquer le drame.

Cest une mesure de précaution. Craignant de nouveaux effondrements, les autorités ont décidé mercredi soir de suspendre pour environ 24 heures les recherches dans les décombres des immeubles qui se sont écroulés lundi à Marseille. Elles veulent en profiter pour démolir deux bâtiments voisins de ceux déjà tombés.