Gilets jaunes: la famille de loctogénaire morte à Marseille porte plainte – France Soir

Gilets jaunes: la famille de l\octogénaire morte à Marseille porte plainte - France Soir

Marseille : la famille de loctogénaire décédée après un tir de grenade…

Quatre mois et demi après le décès de Zineb Redouane à Marseille, après avoir reçu une grenade en plein visage, sa famille a déposé une plainte et dénonce les affirmations initiales du procureur de Marseille. Leur avocat demande le dépaysement du dossier dans une autre juridiction.

À lépoque, le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, avait déclaré quelle avait été “victime dun arrêt cardiaque sur la table dopération”. Lautopsie révélait, selon le magistrat, que le “choc facial nétait pas la cause du décès”. Une information judiciaire avait été ouverte malgré tout pour déterminer les causes de la mort, et lInspection générale de la police nationale saisie.

Loctogénaire Zineb Redouane avait été tuée le 1er décembre à Marseille, pendant une manifestation des gilets jaunes : une grenade lacrymogène était passée par la fenêtre de son appartement. Touchée en plein visage alors quelle fermait ses volets, elle avait été hospitalisée en urgence, puis avait succombé à ses blessures quelques heures après.

Selon le journal La Provence, des plots de grenade ont été retrouvés chez la victime : deux capsules actives projetées par les grenades lacrymogène MP7. Maître Yacine Bouzrou, avocat de la famille de Zineb Redouane, explique pourquoi cette dernière a décidé de porter plainte.

ME YACINE BOUZROU : “La plainte que nous déposons dans lintérêt de la famille de Mme Redouane est une plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Et il se trouve que les éléments en notre possession et notamment le rapport dautopsie démontrent clairement quil y a un lien direct entre la grenade reçue au visage par Mme Redouane et son décès, contrairement aux allégations médiatiques du procureur de Marseille. Suite à ça, la famille a attendu davoir des informations plus précises et il se trouve quune autopsie a été réalisée. Elle a été consultée par mes clients, qui ont constaté que le décès résulte bien de cette grenade reçue au visage.

Je constate que dans cette affaire concernant le décès de Mme Redouane, il y a eu des éléments communiqués à la presse qui étaient faux. Il nest pas possible, au regard de ce qui sest passé, au regard des éléments médicaux en notre possession, daffirmer que Mme Redouane nest pas décédée suite à cette grenade quelle a reçue en plein visage.

Nous déposons la plainte à Marseille mais nous demandons à la justice de dépayser cette information judiciaire, car nous estimons que dans la mesure où un acteur majeur, cest-à-dire le procureur de Marseille, a donné des éléments contraires au dossier dès le départ, nous craignons que cette information judiciaire ne se réalise pas sereinement, et que la manifestation de la vérité soit entravée par des communications erronées dans ce dossier.”

Pourtant, le rapport dautopsie qua pu consulter BFMTV, fait état dun “traumatisme facial sévère, avec fracture au visage et aux côtes”.

“La seule information dont nous disposons, cest que le policier qui a tiré cette grenade naurait pas été identifié. Ce que nous ne comprenons pas dans une affaire aussi grave. Cest pour cette raison que nous estimons que la juridiction de Marseille nest peut-être pas la mieux placée pour traiter ce dossier, et cest un argument de plus pour demander son dépaysement.”

Ce 1er décembre dernier, lors de lune des manifestations les plus violentes des gilets jaunes, Zineb Redouane, habitante au 4e étage de limmeuble du 12, rue des Feuillants à quelques pas du vieux port, tente de se protéger des gaz lacrymogènes. Alors que des affrontements se déroulent en bas de chez elle, la dame de 80 ans ferme ses volets. Cest là quelle aurait reçu une grenade en plein visage. Cest en tout cas ce quelle a raconté à ses voisins et ses proches. Des plots de grenade ont dailleurs été retrouvés chez elle.

“Cest ce qui a été dit mais je nai aucune confirmation. On sait juste que cétait bien une grenade appartenant aux forces de lordre. Lenquête doit rapidement identifier la personne qui a tiré. Je rappelle que Mme Redouane, avant son décès, a pu se confier auprès de ses proches et elle a indiqué avoir vu un membre des forces de lordre la regarder, la viser et tirer. Nous sommes donc sur quelque chose de volontaire. Alors bien entendu, nous imaginons bien que le décès nétait pas souhaité, et cest la raison pour laquelle nous visons linfraction de violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner.”

Le 1er décembre dernier, Zineb Redouane était à sa fenêtre située au 4e étage dun immeuble marseillais lorsquun tir de grenade lacrymogène la touché au visage, en plein acte 3 des “gilets jaunes”. Elle était décédée quelques heures plus tard.Vendredi 12 avril, la famille de la victime âgée de 80 ans a déposé plainte pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans lintention de la donner”. Cette plainte vise les circonstances aggravantes des faits qui auraient été commis par un gendarme ou un policier et sur une personne vulnérable. Lenquête ouverte jusquici par le juge dinstruction vise la simple “recherche des causes de la mort” et non des violences policières. 

Après les faits, le procureur de Marseille avait estimé que “le choc facial nétait pas la cause du décès”, puisque la vieille dame était morte à lhôpital, sur la table dopération suite à un “choc opératoire”. Mais pour la fille de la vieille dame, cest bien le tir de la grenade, volontaire, qui a entraîné la mort.

“Ce qui a été dit par le procureur de Marseille, cest totalement faux”, affirme au micro de RTL lavocat de cette dernière, Maître Yassine Bouzrou. “Il faut savoir quavant son décès, la victime a pu sentretenir avec ses proches et elle a affirmé que lorsquelle tentait de fermer ses volets, elle a identifié les forces de lordre en uniforme et elle a vu une personne la viser avec son arme”, poursuit-il. “Donc il y a ce témoignage et des éléments médicaux, notamment le rapport dautopsie, qui fait état dune fracture au niveau du visage. Il y a dailleurs des photos insoutenables”, ajoute lavocat.La famille de Zineb Redouane demande en outre le déplacement du dossier dans une autre juridiction, estimant que lenquête est biaisée, dabord du fait des premières déclarations en décembre du procureur mais aussi parce quaucun policier na été identifié à ce jour comme étant lauteur du tir.