Le rapport qui ébranle la ville de Marseille – Le Point

Le rapport qui ébranle la ville de Marseille - Le Point

La ville de Marseille dans une situation financière préoccupante , selon la chambre des comptes

Temps de travail insuffisant, recrutements irréguliers, situation financière préoccupante : à quatre mois des municipales, la chambre régionale des comptes (CRC) dresse un bilan au vitriol de la gestion de la ville de Marseille.

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Ces manquements ne sont pourtant pas causés par un manque de personnel, objet du second rapport dobservation de la chambre régionale des comptes, qui a examiné la situation entre les exercices 2012 et 2017. Là aussi, apparemment, la gestion des ressources humaines nest pas le fort de la municipalité, avec une masse salariale en augmentation de 11% en cinq ans, pour un total de 510 millions deuros. Soit une progression bien plus rapide que dans des communes comparables. Avec des salaires moyens (2 320 euros bruts mensuels) au-dessus de la moyenne nationale. Mieux payés, mais pas très bosseurs pour autant, note la chambre qui constate que le temps de travail des agents municipaux reste inférieur à la durée légale. La chambre souligne néanmoins quune nouvelle organisation a été mise en place courant 2018 et quelle na pu en apprécier lefficacité. En avril, ladjoint aux finances de la Ville, Roland Blum, sen était félicité lors du vote du budget, soulignant que pour la première fois depuis 2012, la masse salariale de la municipalité avait baissé de 0,9 %. Quand bien même, la ville reste gourmande en personnel alors que son périmètre de compétences sest réduit au profit de la métropole : elle remplace systématiquement les départs en retraite, voire au-delà. Conseil municipal non consulté, croissance des primes, augmentation des heures supplémentaires, sous-traitance et vacataires multiples… font également partie des nombreux griefs des magistrats qui, là encore, insistent sur le fait que tous ces défauts de gestion avaient été pointés par leurs rapports successifs depuis 2004.

Messenger LinkedIn Email Ce rapport, que lAFP a pu consulter ce vendredi, doit être dévoilé publiquement le 25 novembre. Il était très attendu des candidats à la succession du maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui laissera son fauteuil aux élections municipales de mars 2020.

On se doutait que la situation financière de la commune ne serait pas brillante, mais la chambre régionale des comptes le confirme dans les grandes largeurs : Les difficultés rencontrées par la ville ont pour origine commune une absence de stratégie claire et une insuffisance dans le pilotage de ses actions, par ailleurs peu économes en deniers publics. Ça commence fort. La chambre rappelle, vraisemblablement un peu énervée davoir à se répéter, quelle avait pourtant déjà formulé dans le cadre de ses précédents contrôles, des recommandations visant à corriger certaines anomalies […] mais elles nont pas été suivies. Au premier rang desquelles le niveau préoccupant de la dette, qui sélève à 2 023 euros par habitant, ce qui est deux fois plus élevé que dans la moyenne des communes comparables (1 139 euros). Mais le sommet est atteint quand la chambre calcule les frais financiers que génère cette dette – 48,7 millions deuros en 2017 – et relève que cette somme est supérieure aux frais réglés par Lille, Lyon, Nice, Nantes, Montpellier et Toulouse réunis (40,8 millions deuros) !

Linstitution financière se penche sur la gestion de la deuxième ville de France depuis 2012, et en conclut que  les difficultés rencontrées (…) ont pour origine commune une absence de stratégie claire et une insuffisance dans le pilotage de ses actions, par ailleurs peu économes des deniers publics .

La ville semble pourtant ne pas pouvoir se permettre une telle dépense, au vu de létat de ses bâtiments et de leur manque criant dentretien. Le rapport accable ainsi la municipalité sur une absence détat des lieux et donne en exemple le cas des écoles, dans une situation urgente notamment dans les très populaires 3e, 13e, 14e et 15e arrondissements. Sur la gestion de son patrimoine, le bilan est également très critiqué. Apparemment, la ville néglige aussi de percevoir les recettes de ses propres immeubles, et quand elle est locataire, paie des charges de propriétaires et acquitte parfois des loyers très élevés au regard du prix du marché. En plus dexperts financiers, la mairie aurait apparemment également besoin des conseils dun bon agent immobilier, puisquelle semble vendre ses biens pas très cher dans des conditions de régularité contestables, indique la synthèse du rapport. Elle achète également plutôt à des tarifs élevés dans des conditions juridiques jugées là aussi contestables.

Sujet hautement sensible un an après la mort de huit personnes dans leffondrement de deux immeubles vétustes, dont un appartenait à la ville: létat des bâtiments municipaux. La ville na pas de connaissance  exhaustive  ou suffisante de son patrimoine et de son état, ce qui lempêche de lentretenir correctement.

En témoigne également, selon les magistrats financiers, le délabrement de certaines écoles. Dune manière générale,  les solutions apportées (…) nont pas été à la hauteur de défis à relever  en particulier dans les quartiers pauvres.

Quil sagisse dacheter, de louer ou de vendre, la ville de Marseille opère parfois  dans des conditions de régularité contestables  et  à un prix insuffisamment valorisé  ou en payant des loyers trop élevés, pointe aussi la CRC.

Dans ses réponses aux magistrats financiers, annexées au rapport, le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, qui a annoncé ne pas se représenter après 25 ans de mandat, déplore des  jugements négatifs assénés en quelques lignes, ni fondés, ni encore moins démontrés .

La gestion des 12 000 agents, sur laquelle le parquet national financier enquête par ailleurs de son côté, est sévèrement étrillée. Les agents municipaux travaillent moins que la durée légale, et cela aurait coûté chaque année,  entre 2012 et 2017, près de 12 millions deuros .

Du temps de travail des agents municipaux à létat des écoles, en passant par une situation financière  préoccupante , la chambre régionale des comptes étrille la gestion de la ville de Marseille, dans deux rapports que lAFP a pu consulter vendredi.

Le tout nempêche pas certains de cumuler des montagnes dheures supplémentaires : jusquà 202 heures déclarées pour un seul mois, soit plus quun temps plein, par un seul agent, souligne la CRC, qui épingle aussi des primes distribuées dans huit cas sur dix sans corrélation  à la manière de servir .

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A Marseille,  la gestion des départs en retraite (…) est pour le moins coûteuse , sétonne aussi la CRC, qui a trouvé plusieurs septuagénaires et même une octogénaire dans les services municipaux –des maintiens en fonction  illégaux , selon les magistrats.

En même temps, le maire procède à deux embauches pour un départ en retraite. Surcoût pour la ville de cette  mauvaise gestion (…) couplée à un non respect de la loi :  près de 61 millions deuros entre 2012 et 2017 .

La CRC sattaque à un totem de la ville : le stade Vélodrome, et son loyer, versé par lOM à la ville. Trop faible selon le rapport. Il faudrait quil passe à 8 millions deuros par an, contre 5 aujourdhui. Elle dénonce aussi les 52,2 millions deuros de subventions versées entre 2012 et 2017.

La chambre dédie un rapport entier aux dépenses de personnel, sur lesquelles le parquet national financier enquête par ailleurs de son côté depuis plusieurs mois. “Linsuffisante durée de travail a représenté chaque année, entre 2012 et 2017, près de 12 millions deuros de dépenses et léquivalent de près de 300 agents”, pointe notamment le rapport. 

Pour occuper son centre dentraînement, lOM ne versait à la ville, propriétaire depuis 1984, quun loyer  symbolique  de 3,33 euros par an. La cession pour 6,5 millions deuros de la Commanderie à lOM en 2012, a certes mis fin à cette situation, mais au prix dun montage jugé  contestable  par la CRC.

La ville a prêté illégalement deux agents à une association sans mission de service public qui  sensibilise aux questions de leau . Elle na jamais demandé le remboursement de ces salaires, un manque à gagner dau moins un demi-million deuros.

La sous-traitance de prestations diverses a, elle, largement progressé, de près de 25% en moyenne sur la période étudiée, et concerne jusquà des actions aussi simples que… changer une ampoule.

Du temps de travail des agents municipaux à létat des écoles, en passant par une situation financière “préoccupante”, la chambre régionale des comptes étrille la gestion de la ville de Marseille.

Le maire Jean-Claude Gaudin rejette en bloc les accusations, dans ses réponses annexées aux rapports. Il regrette des  jugements négatifs assénés en quelques lignes, ni fondés, ni encore moins démontrés  et assure que  léquipe municipale actuelle a trouvé à son arrivée (en 1995, ndlr) une situation très dégradée , dans une ville qui reste aujourdhui marquée par un taux de pauvreté presque deux fois plus important que la moyenne française.

Il revendique  des résultats incontestables de transformation de la ville, de redynamisation de son économie, de baisse forte du chômage, de relance du logement, daccueil et dorganisation de grands événements .

La chambre régionale des comptes (CRC) étrille la gestion du personnel la ville de Marseille, dans deux rapports que lAFP a pu consulter ce vendredi. Ce document, qui doit être dévoilé publiquement au conseil municipal du 25 novembre, était très attendu des candidats déclarés à la mairie de la deuxième ville de France, en vue des élections de mars 2020.      Sur près de 700 pages, linstitution financière se penche sur la gestion de la cité phocéenne depuis 2012, et en conclut que “les difficultés rencontrées par la ville ont pour origine commune une absence de stratégie claire et une insuffisance dans le pilotage de ses actions, par ailleurs peu économes des deniers publics”.

La chambre régionale consacre un rapport entier aux dépenses de personnel, sur lesquelles le parquet national financier enquête par ailleurs de son côté depuis plusieurs mois. “Linsuffisante durée de travail a représenté chaque année, entre 2012 et 2017, près de 12 millions deuros de dépenses et léquivalent de près de 300 agents”, pointe notamment le rapport. Une série de situations personnelles “illégales” sont relevées, jusquau sein du cabinet du maire (LR), Jean-Claude Gaudin.

La gestion des départs en retraite apparaît également “pour le moins coûteuse” aux yeux de la CRC. Elle regrette que, dune part, “le maire de Marseille favorise pour certains agents le maintien illégal en fonctions au-delà de lâge légal de départ” et que, dautre part, il fasse plus que compenser le départ des autres, avec deux embauches pour un départ à la retraite.      “Le surcoût induit par cette mauvaise gestion des départs, couplée à un non respect de la loi, est évalué à près de 61 millions deuros entre 2012 et 2017”, dans une ville marquée par une forte pauvreté et dont la “situation financière reste préoccupante”.

Rapporté au nombre dhabitants, le coût des 12.000 agents municipaux de Marseille est toutefois moins élevé que dans dautres villes comparables, tempèrent les magistrats.

Dans ses réponses aux magistrats financiers, annexées au rapport, le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, qui a annoncé ne pas se représenter après 25 ans de mandat, déplore des “jugements négatifs assénés en quelques lignes, ni fondés, ni encore moins démontrés”.