La ville de Marseille épinglée par la Chambre des comptes : “Tous les jours, on a limpression que rien… – Europe 1

La ville de Marseille épinglée par la Chambre des comptes : \

La gestion de Marseille étrillée par deux rapports très attendus

La situation financière de la ville est jugée préoccupante par la chambre régionale des comptes.

Du temps de travail des agents municipaux à l'état des écoles, en passant par une situation financière préoccupante, la chambre régionale des comptes (CRC) étrille la gestion de la ville de Marseille, dans deux rapports que l'AFP a pu consulter vendredi 8 novembre.

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Dans ses réponses aux magistrats financiers, annexées au rapport, le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, qui a annoncé ne pas se représenter après 25 ans de mandat, déplore des jugements négatifs assénés en quelques lignes, ni fondés, ni encore moins démontrés. Ce rapport, qui doit être dévoilé publiquement au conseil municipal du 25 novembre, était très attendu des candidats déclarés à la mairie de la deuxième ville de France, pour les élections de mars prochain.

La chambre régionale des comptes (CRC) étrille la gestion du personnel la ville de Marseille, dans deux rapports que lAFP a pu consulter ce vendredi. Ce document, qui doit être dévoilé publiquement au conseil municipal du 25 novembre, était très attendu des candidats déclarés à la mairie de la deuxième ville de France, en vue des élections de mars 2020.      Sur près de 700 pages, linstitution financière se penche sur la gestion de la cité phocéenne depuis 2012, et en conclut que “les difficultés rencontrées par la ville ont pour origine commune une absence de stratégie claire et une insuffisance dans le pilotage de ses actions, par ailleurs peu économes des deniers publics”.

Éducation, gestion, Stade Vélodrome… la chambre des comptes étrille Marseille

Sur près de 700 pages, l'institution financière se penche sur la gestion de la cité phocéenne depuis 2012, et en conclut que les difficultés rencontrées par la ville ont pour origine commune une absence de stratégie claire et une insuffisance dans le pilotage de ses actions, par ailleurs peu économes des deniers publics.

La gestion des départs en retraite apparaît également “pour le moins coûteuse” aux yeux de la CRC. Elle regrette que, dune part, “le maire de Marseille favorise pour certains agents le maintien illégal en fonctions au-delà de lâge légal de départ” et que, dautre part, il fasse plus que compenser le départ des autres, avec deux embauches pour un départ à la retraite.      “Le surcoût induit par cette mauvaise gestion des départs, couplée à un non respect de la loi, est évalué à près de 61 millions deuros entre 2012 et 2017”, dans une ville marquée par une forte pauvreté et dont la “situation financière reste préoccupante”.

Marseille : la Chambre des comptes étrille la gestion de la Ville

La chambre dédie un rapport entier aux dépenses de personnel, sur lesquelles le parquet national financier enquête par ailleurs de son côté depuis plusieurs mois. L'insuffisante durée de travail a représenté chaque année, entre 2012 et 2017, près de 12 millions d'euros de dépenses et l'équivalent de près de 300 agents, pointe notamment le rapport. Une série de situations personnelles illégales sont relevées, jusqu'au sein du cabinet du maire.

La gestion des départs en retraite apparaît également pour le moins coûteuse aux yeux de la CRC. Elle regrette que, d'une part, le maire de Marseille favorise pour certains agents le maintien illégal en fonctions au-delà de l'âge légal de départ et que, d'autre part, il fasse plus que compenser le départ des autres, avec deux embauches pour un départ à la retraite.

Dans ses réponses aux magistrats financiers, annexées au rapport, le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, qui a annoncé ne pas se représenter après 25 ans de mandat, déplore des “jugements négatifs assénés en quelques lignes, ni fondés, ni encore moins démontrés”.   

Le surcoût induit par cette mauvaise gestion des départs, couplée à un non respect de la loi, est évalué à près de 61 millions d'euros entre 2012 et 2017, dans une ville marquée par une forte pauvreté et dont la situation financière reste préoccupante. Rapporté au nombre d'habitants, le coût des 12.000 agents municipaux de Marseille est toutefois moins élevé que dans d'autres villes comparables, tempèrent toutefois les magistrats.

A Marseille,  la gestion des départs en retraite (…) est pour le moins coûteuse , sétonne aussi la CRC, qui a trouvé plusieurs septuagénaires et même une octogénaire dans les services municipaux – des maintiens en fonctions  illégaux , selon les magistrats. En même temps, le maire procède à deux embauches pour un départ en retraite. Surcoût pour la ville de cette  mauvaise gestion (…) couplée à un non-respect de la loi  :  près de 61 millions deuros entre 2012 et 2017 .

Personnel, écoles, finances : un rapport de la chambre régionale des comptes étrille la ville de Marseille

La CRC détaille en outre une série d'opérations immobilières effectuées dans des conditions de régularité contestables et à un prix insuffisamment valorisé. Publié un an après la mort de huit personnes dans l'effondrement de deux immeubles dégradés en plein coeur de la ville, le rapport déplore que la ville ne connaisse pas suffisamment l'état réel de ses bâtiments. Il ajoute que la réponse de la ville à l'état de délabrement de dizaines d'écoles n'a pas été à la hauteur des défis.

Personnels, écoles, immobilier, finances: le rapport qui étrille la ville de Marseille

La CRC s'attaque à un totem de la ville: le stade Vélodrome, et son loyer, versé par l'OM à la ville. Trop faible selon le rapport. Il faudrait qu'il passe à 8 millions d'euros par an, contre 5 aujourd'hui. Elle dénonce aussi les 52,2 millions d'euros de subventions versées entre 2012 et 2017. Pour occuper son centre d'entraînement, l'OM ne versait à la ville, propriétaire depuis 1984, qu'un loyer symbolique de 3,33 euros par an. La cession pour 6,5 millions d'euros de la Commanderie à l'OM en 2012, a certes mis fin à cette situation, mais au prix d'un montage jugé contestable par la CRC.

Le maire Jean-Claude Gaudin rejette en bloc les accusations, dans ses réponses annexées aux rapports. Il regrette des  jugements négatifs assénés en quelques lignes, ni fondés ni encore moins démontrés , et assure que  léquipe municipale actuelle a trouvé à son arrivée [en 1995] une situation très dégradée , dans une ville qui reste aujourdhui marquée par un taux de pauvreté presque deux fois plus important que la moyenne française.

Le maire Jean-Claude Gaudin rejette ces accusations. Il assure que "l'équipe municipale actuelle a trouvé à son arrivée (en 1995, ndlr) une situation très dégradée", dans une ville qui reste aujourd'hui marquée par un taux de pauvreté presque deux fois plus important que la moyenne française. Il revendique "des résultats incontestables de transformation de la ville, de redynamisation de son économie, de baisse forte du chômage, de relance du logement, d'accueil et d'organisation de grands événements".

Lactuel maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, lors dune conférence de presse, le 4 novembre. CHRISTOPHE SIMON / AFP Temps de travail insuffisant, recrutements irréguliers, situation financière  préoccupante  : à quatre mois des élections municipales, la chambre régionale des comptes (CRC) dresse dans un rapport, consulté par lAgence France-Presse (AFP), vendredi 8 novembre, un bilan au vitriol de la gestion de la ville de Marseille.

Temps de travail insuffisant pour les agents municipaux, recrutements irréguliers, situation financière “préoccupante”, mauvais état des écoles… alors que les élections municipales ont lieu dans un peu plus de quatre mois, la chambre régionale des comptes (CRC) a dressé un bilan au vitriol de la gestion de la ville de Marseille.

Ce rapport, que lAFP a pu consulter vendredi, doit être dévoilé publiquement le 25 novembre. Il était très attendu des candidats à la succession du maire LR Jean-Claude Gaudin, qui laissera son fauteuil aux élections de mars 2020.

Dans ses réponses aux magistrats financiers, annexées au rapport, le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, qui a annoncé ne pas se représenter après 25 ans de mandat, déplore des  jugements négatifs assénés en quelques lignes, ni fondés, ni encore moins démontrés .

Linstitution financière se penche sur la gestion de la deuxième ville de France depuis 2012, et en conclut que “les difficultés rencontrées ont pour origine commune une absence de stratégie claire et une insuffisance dans le pilotage de ses actions, par ailleurs peu économes des deniers publics”.

Du temps de travail des agents municipaux à létat des écoles, en passant par une situation financière  préoccupante , la chambre régionale des comptes étrille la gestion de la ville de Marseille, dans deux rapports que lAFP a pu consulter vendredi.

Sujet hautement sensible un an après la mort de huit personnes dans leffondrement de deux immeubles vétustes -dont un appartenait à la Ville- rue dAubagne : létat des bâtiments municipaux. La Ville na pas de connaissance “exhaustive” ou suffisante de son patrimoine et de son état, ce qui lempêche de lentretenir correctement.

Retrouvez cet article sur 20minutesÀ lire aussi :Municipales 2020 à Marseille : Pacte démocratique, Printemps marseillais, vers quelle union de la gauche ?Marseille: La justice ordonne lexpulsion des migrants mineurs du squat Saint-Just

En témoigne également, selon les magistrats financiers, le délabrement de certaines écoles. Dune manière générale, “les solutions apportées nont pas été à la hauteur de défis à relever” en particulier dans les quartiers pauvres.

Quil sagisse dacheter, de louer ou de vendre, la ville de Marseille opère parfois “dans des conditions de régularité contestables” et “à un prix insuffisamment valorisé” ou en payant des loyers trop élevés, pointe aussi la CRC.

La gestion des 12.000 agents, sur laquelle le parquet national financier enquête par ailleurs de son côté, est sévèrement étrillée. Les agents municipaux travaillent moins que la durée légale, et cela aurait coûté chaque année, “entre 2012 et 2017, près de 12 millions deuros”.Le tout nempêche pas certains de cumuler des montagnes dheures supplémentaires : jusquà 202 heures déclarées pour un seul mois, soit plus quun temps plein, par un seul agent, souligne la CRC, qui épingle aussi des primes distribuées dans huit cas sur dix sans corrélation “à la manière de servir”.A Marseille, “la gestion des départs en retraite est pour le moins coûteuse”, sétonne aussi la CRC, qui a trouvé plusieurs septuagénaires et même une octogénaire dans les services municipaux -des maintiens en fonction “illégaux”, selon les magistrats. En même temps, le maire procède à deux embauches pour un départ en retraite. 

La CRC sattaque à un totem de la ville: le stade Vélodrome, et son loyer, versé par lOM à la Ville. Trop faible selon le rapport. Il faudrait quil passe à 8 millions deuros par an, contre 5 aujourdhui. Elle dénonce aussi les 52,2 millions deuros de subventions versées entre 2012 et 2017. Pour occuper son centre dentraînement, lOM ne versait à la ville, propriétaire depuis 1984, quun loyer “symbolique” de 3,33 euros par an. La cession pour 6,5 millions deuros de la Commanderie à lOM en 2012, a certes mis fin à cette situation, mais au prix dun montage jugé “contestable” par la CRC.

La Ville a prêté illégalement deux agents à une association sans mission de service public qui “sensibilise aux questions de leau. Elle na jamais demandé le remboursement de ces salaires, un manque à gagner dau moins un demi-million deuros.La sous-traitance de prestations diverses a, elle, largement progressé, de près de 25% en moyenne sur la période étudiée, et concerne jusquà des actions aussi simples que…changer une ampoule.

Le maire Jean-Claude Gaudin rejette en bloc les accusations, dans ses réponses annexées aux rapports. Il regrette des “jugements négatifs assénés en quelques lignes, ni fondés, ni encore moins démontrés” et assure que “léquipe municipale actuelle a trouvé à son arrivée (en 1995, ndlr) une situation très dégradée”, dans une ville qui reste aujourdhui marquée par un taux de pauvreté presque deux fois plus important que la moyenne française.Il revendique “des résultats incontestables de transformation de la ville, de redynamisation de son économie, de baisse forte du chômage, de relance du logement, daccueil et dorganisation de grands événements”.