A Marseille, la crise du logement est désormais une véritable crise humanitaire – Le Monde

Un an après la mort de huit personnes dans leffondrement de deux immeubles dégradés, Marseille vit  une véritable crise humanitaire  liée à une série de carences de la mairie mais aussi de lÉtat, daprès un rapport officiel publié ce jeudi 21 novembre.

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Messenger LinkedIn Email Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, un organisme rattaché à Matignon et présidé par Marie-Arlette Carlotti, élue dopposition (PS) à la mairie de Marseille, consacre son rapport annuel à la cité phocéenne. Et il nest pas bon. Il pointe en matière de mal-logement une  continuité de défaillances systémiques des dispositifs et des acteurs publics .

 Dune crise du logement, la situation aujourdhui à Marseille sapparente à une véritable crise humanitaire , ajoutent les rapporteurs, rappelant que 40 000 logements indignes ont été recensés à Marseille dès 2015. Au-delà du drame de la rue dAubagne, le 5 novembre 2018, qui a fait huit morts et fait lobjet dune enquête judiciaire, les rapporteurs se penchent notamment sur le logement social, partant du constat que laccès au logement privé est  de plus en plus sélectif , notamment à cause du développement des locations touristiques.

Un total de 77 477 demandes de HLM sont en souffrance dans la métropole Aix-Marseille-Provence, où peu de communes respectent leurs obligations en la matière, la faute notamment à  la persistance dun manque de volonté politique . Résultat,  de nombreux ménages sont contraints dhabiter dans des logements insalubres et dégradés du centre ancien de Marseille , déplorent les rapporteurs, en demandant davantage de logements  très sociaux , mais sans que ceux-ci ne soient cantonnés dans les quartiers Nord de la ville, les plus populaires.

LÉtat nest pas épargné : le Haut comité regrette par exemple que le préfet nait pas sanctionné la ville de Marseille pour sa production insuffisante de logements sociaux ou quil ne fasse pas en sorte de faire respecter les règles dattribution aux familles prioritaires. Le Haut comité revient également longuement sur les carences dans la lutte contre lhabitat indigne, dénoncées de longue date à Marseille mais sur lesquelles les différents acteurs  se (renvoient) les responsabilités .

 La question se pose de savoir pourquoi le préfet ne sest jamais substitué à la municipalité ouvertement défaillante , en matière darrêtés de péril comme dinsalubrité,  engageant potentiellement sa responsabilité , poursuivent les rapporteurs. Pour  sortir de la crise à court et long terme , le Haut conseil formule également 20 propositions, allant de la construction de davantage de logements sociaux à la  sortie de lincurie des pouvoirs publics  en matière de résorption de lhabitat indigne.

MARSEILLE – Un rapport accablant. Un an après la mort de huit personnes dans l’effondrement de deux immeubles dégradés, Marseille vit “une véritable crise humanitaire” liée à une série de carences de la mairie mais aussi de l’Etat, selon un rapport officiel publié ce jeudi 21 novembre.

Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, un organisme rattaché à Matignon et présidé par Marie-Arlette Carlotti, par ailleurs élue d’opposition (PS) à la mairie de Marseille, consacre son rapport annuel à la cité phocéenne, dénonçant en matière de mal-logement une “continuité de défaillances systémiques des dispositifs et des acteurs publics”.

“D’une crise du logement, la situation aujourd’hui à Marseille s’apparente à une véritable crise humanitaire”, ajoutent les rapporteurs, rappelant que 40.000 logements indignes ont été recensés à Marseille dès 2015. Au-delà du drame de la rue d’Aubagne, le 5 novembre 2018, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire, les rapporteurs se penchent notamment sur le logement social, partant du constat que l’accès au logement privé est “de plus en plus sélectif”, notamment à cause du développement des locations touristiques.

Un total de 77.477 demandes de HLM sont en souffrance dans la métropole Aix-Marseille-Provence, où peu de communes respectent leurs obligations en la matière, la faute notamment à “la persistance d’un manque de volonté politique”.

Résultat, “de nombreux ménages sont contraints d’habiter dans des logements insalubres et dégradés du centre ancien de Marseille”, déplorent les rapporteurs, en demandant davantage de logements “très sociaux”, mais sans que ceux-ci ne soient cantonnés dans les quartiers Nord de la ville, les plus populaires.

L’Etat n’est pas épargné: le Haut comité regrette par exemple que le préfet n’ait pas sanctionné la ville de Marseille pour sa production insuffisante de logements sociaux ou qu’il ne fasse pas en sorte de faire respecter les règles d’attribution aux familles prioritaires.

Le Haut comité revient également longuement sur les carences dans la lutte contre l’habitat indigne, dénoncées de longue date à Marseille mais sur lesquelles les différents acteurs “se (renvoient) les responsabilités”. Si l’inaction de la mairie est pointée, les services de l’Etat sont également visés: “La question se pose de savoir pourquoi le préfet ne s’est jamais substitué à la municipalité ouvertement défaillante”, en matière d’arrêtés de péril comme d’insalubrité, “engageant potentiellement sa responsabilité”.

Pour “sortir de la crise à court et long terme”, le Haut conseil formule également 20 propositions, allant de la construction de davantage de logements sociaux à la “sortie de l’incurie des pouvoirs publics” en matière de résorption de l’habitat indigne.