VIDEO. #Balancetontaudis: Quand les Marseillais dénoncent les logements insalubres

VIDEO. #Balancetontaudis: Quand les Marseillais dénoncent les logements insalubres

Effondrement dimmeubles à Marseille : “La responsabilité pénale de la municipalité est engagée”, estime le DAL

Le corps dune septième victime a été découvert jeudi soir dans les décombres des deux immeubles mitoyens qui se sont effondrés lundi à Marseille, ville dont le maire LR Jean-Claude Gaudin a défendu son action face aux nombreuses critiques.

Au total, les corps de cinq hommes et deux femmes ont été retrouvés morts depuis leffondrement lundi de deux immeubles vétustes de la rue dAubagne, dans le quartier populaire et central de Noailles.

Les photos de lévénement, organisé avec lassociation “Partage, amitié et fête”, ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux et ont déclenché la fureur de nombreux internautes. On peut notamment voir le maire Yves Moraine et son adjointe au Logement. Dans un post Twitter, le compte I Love Marseille, entre autres, a relevé ce douloureux décalage. “”Très belle soirée autour du chocolat organisée par lassociation Partage, amitié et fête !” à la mairie 6/8. A la même heure, le procureur de la République faisait état de 8 personnes disparues après leffondrement des immeubles, rue dAubagne à Noailles”, peut-on lire. 

Prenant la prole au cours dune conférence de presse très attendue, le maire Jean-Claude Gaudin a exclu toute idée de démissionner : "Vous croyez que le capitaine démissionne quand il y a une tempête?", a-t-il déclaré. Il a ensuite défendu "lambition et lexigence fortes" de son équipe en matière "de rénovation de lhabitat ancien et indigne, depuis plus de 20 ans".

Cette fois-ci, le chocolat pèse sur lestomac de ceux qui nen ont pas mangé. Mardi soir à Marseille, alors que pompiers et secouristes étaient à pied dœuvre pour rechercher les victimes après leffondrement de deux immeubles, et dune partie dun troisième, rue dAubagne (à cheval sur les 1er et 6e arrondissements), la mairie des 6e et 8e arrondissements a tenu une soirée consacrée aux chocolats de Noël. 

"Je ne regrette rien", a insisté le maire, en soulignant les 35 millions deuros investis depuis 2005 pour léradication de lhabitat indigne et "les milliers de logements sociaux démolis, reconstruits et réhabilités". Il a au passage appelé lEtat à faire évoluer la réglementation, "pour faciliter et accélérer" laction publique.

Pas question non plus pour le maire de répondre à ceux qui laccusent dans ce drame, comme ces habitants et militants qui ont encore manifesté mercredi soir aux cris de "Gaudin assassin" : "Lheure nest pas aux polémiques et lexpression des intérêts particuliers", a-t-il plaidé, en dénonçant "invectives et anathèmes jetés à travers les médias et les réseaux sociaux".

Les quatre députés la République en Marche de Marseille lui ont répondu, dans une lettre ouverte, que les réformes votées ces derniers mois par le gouvernement lui donnaient "les moyens daction" nécessaires, lenjoignant de "remettre totalement en cause" sa politique contre lhabitat indigne. "À défaut, il faudra que soit envisagé le retrait de votre compétence en matière dhabitat", menacent-ils.

Rue dAubagne, dans les décombres des numéros 63 et  65 (qui se sont effondrés lundi) et 67 (en partie abattu par les pompiers), les recherches déventuels survivants ont repris à 13H00, après linterruption dans la matinée des travaux de "déconstruction" lancés mercredi soir sur deux immeubles mitoyens (les 69 et 71) qui menaçaient de seffondrer sur les sauveteurs.

Les corps de cinq hommes et deux femmes ont été retrouvés morts depuis leffondrement spontané lundi de ces deux immeubles vétustes. Lun deux, muré par la mairie qui en était propriétaire, était théoriquement vide, tandis que lautre était une propriété privée. Les autorités pensent que huit personnes pouvaient sy trouver au moment du drame.

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Les chances de retrouver encore des survivants, "sont minces, très minces, mais réelles", a précisé le vice-amiral Charles-Henri Garié, commandant du bataillon des marins-pompiers de Marseille.

"Ce qui me contrarie, cest de sembler dire que nous naurions pas fait leffort nécessaire sur cette politique déradication de lhabitat indigne. Je lai commencée il y a longtemps", a déclaré celui qui est maire de Marseille depuis 23 ans, tout en déplorant la lenteur des procédures pour intervenir sur des propriétés privées.

Selon les autorités, une personne pourrait se trouver sous les décombres du 65, le seul des trois immeubles écroulés lundi qui était officiellement habité. 

Des fissures le long des murs de la cage descalier, dans son appartement, Ali habite depuis 12 ans dans un deux pièces au quatrième étage dun immeuble, situé à une centaine de mètres des bâtiments qui se sont écroulés lundi. Voilà quatre ans quil demande à son bailleur social de déménager, sans succès. “Je dors avec la peur au ventre : ce qui est arrivé à côté peut arriver là. Sil y a des fissures cest quil y a un problème dans lappartement. Ces immeubles-là, dautres vont tomber. Je ne sais pas quand, est-ce que ce sera le nôtre ? Je regrette mais on ne peut pas dormir tranquille.”

Les deux autres étaient murés et théoriquement vides, même si selon des témoignages recueillis dans le quartier par lAFP, le 63 était souvent squatté par des sans-papiers ou les vendeurs de cigarettes de contrebande.

Ils ne cachent plus leur agacement et, surtout, ne veulent plus risquer leur vie tous les jours. Après leffondrement de trois immeubles lundi, qui a causé la mort de sept personnes, les habitants du quartier de Noailles, au centre-ville de Marseille, alertent sur létat de ces logements dits “à risque”. Il y a en effet 40 000 logements indignes dans la ville, soit près dune habitation sur 6, selon Christian Nicol, ancien inspecteur général de ladministration du développement durable et auteur, il y a trois ans, dun rapport alarmant sur lhabitat dans la cité phocéenne.  

Plus généralement, depuis lundi, de nombreux habitants du quartier – et des opposants politiques – critiquent laction de la municipalité, qui avait notamment mis en avant les fortes pluies des derniers jours comme cause de ce drame.

Sur Twitter, le co-président de la communauté Emmaüs de la pointe rouge à Marseille a lancé le mot-dièse #BalanceTonTaudis, avec le journal La Marseillaise. Il dit vouloir recenser lhabitat indigne et permettre à tous les Marseillais de se mobiliser pour que la mairie agisse sur la question du mal-logement. Selon Fathi Bouaroua, interrogé sur franceinfo, la stratégie “est de laisser pourrir pour pouvoir reconstruire”.

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Mais M. Gaudin a fermement répondu jeudi, dénonçant notamment un rapport dinspection de 2015, évoqué par ces voix critiques, et quil juge "au vitriol" et dun "parti pris extraordinaire" selon lequel 100.000 personnes seraient victimes de lhabitat indigne ou insalubre à Marseille. 

Marseille a souffert et souffre encore. Je voulais dire laffection et la solidarité de la Nation toute entière à lendroit de nos compatriotes, pour cette ville, ces territoires, cette région, a déclaré le président de la République dans un discours prononcé à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), lundi. En fin daprès-midi, les pompiers ont provoqué leffondrement dun troisième bâtiment à Marseille, selon le préfet des Bouches-du-Rhône. Ce dernier avait été fragilisé par leffondrement de deux immeubles ce matin dans le centre de Marseille. 

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Son adjoint à la prévention des risques, Julien Ruas, a lui souligné que lors de la seule journée de mercredi, 51 signalements dimmeubles vétustes avaient été faits auprès de ses services, pour 37 interventions et 4 évacuations au total, au nom du "principe de précaution". 

Le journal local la Marseillaise a lancé, aux côtés de plusieurs associations, une enquête participative pour recenser les immeubles menaçants ou très dégradés, relayée sur les réseaux sociaux sous le mot-clé #balancetontaudis.

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Sur le plan judiciaire, les causes de leffondrement ne sont pas encore établies, et le parquet a indiqué mercredi quil serait "prématuré dimputer des responsabilités pénales".

Limmeuble au 65 de la rue dAubagne avait fait lobjet dun arrêté de péril imminent le 19 octobre. Mais il navait conduit à lévacuation que dun seul appartement, au 1er étage. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, ce bâtiment "avait bougé avant son éboulement". Lenquête na toutefois pas encore permis quel immeuble était tombé le premier.

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Samedi, une marche blanche en souvenir des victimes du drame doit avoir lieu entre le quartier de Noailles et le Vieux Port.

Le porte-parole et fondateur de lassociation Droit au logement (DAL) rappelle, jeudi 8 novembre sur franceinfo, que "dans la loi française, cest au maire de surveiller le bon état des immeubles et de protéger les habitants." Après leffondrement de trois immeubles à Marseille, Jean-Baptiste Eyraud a estimé que "cest de la responsabilité du maire" et que "la responsabilité pénale de la municipalité est engagée parce que cest la loi".

Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin est sur la défensive. On lui reproche son absence cette semaine dans le quartier de Noailles pour soutenir les habitants et son manque daction contre les immeubles insalubres. Pour Jean-Baptiste Eyraud, "il y a eu défaillance. Cest très clair. Le maire a tous les pouvoirs en matière de