EN DIRECT – Revivez la première matinée du procès en appel de Jawad Bendaoud

EN DIRECT - Revivez la première matinée du procès en appel de Jawad Bendaoud

Et cest reparti… Survêtement improbable sur le dos, Jawad Bendaoud est jugé en appel

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TERRORISME Relaxé en février lors de son procès en première instance, Jawad Bendaoud est jugé en appel, jusqu'au 21 décembre, pour avoir logé deux terroristes du 13-Novembre…

Ouverture du procès en appel de Jawad Bendaoud à Paris

Il est arrivé avant même louverture des portes. Tout sourire et très à laise dans un improbable survêtement noir à bandes pailletées et dorées, Jawad Bendaoud a donc patienté une demi-heure, mercredi matin, avant de pénétrer dans la 8e chambre de la cour dappel de Paris où il est rejugé pour avoir hébergé deux des terroristes du 13-Novembre, dont Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attaques qui ont fait 130 morts.

 Et cest reparti , a-t-il lâché sur le réseau social Snapchat après avoir pris soin dimmortaliser les nombreux photographes qui… le prenaient en photo avant le début de cette audience en appel.

A la Une | 13-Novembre : Jawad Bendaoud de retour au tribunal

#Jawad : Survêtement noir à bandes pailletées et dorées, Jawad Bendaoud vient darriver avec son avocat. pic.twitter.com/JSY3K7kD2w

La donne devrait être un peu différente lors de lappel : le ministère public sera représenté par Naïma Rudloff, lavocate générale qui a déjà oeuvré lors du procès Merah, à lautomne 2017. “Les débordements de Jawad Bendaoud ne seront pas tolérés cette fois-ci, la cour ne sera pas dupe”, nous glisse également une avocate de parties civiles.

Alors quil avait décontenancé magistrats et parties civiles en janvier, lors du procès en première instance, par sa logorrhée décousue, celui qui se surnomme lui-même le logeur de Daesh est resté calme et silencieux lors de cette première demi-journée daudience. A peine sest-il contenté de confirmer son identité et dindiquer que sa mère, qui doit venir témoigner, est en réalité  au Maroc , en ce moment.

À ses côtés se tiendront deux co-accusés. Le premier est Mohamed Soumah, également jugé pour “recel de malfaiteurs terroristes”. Il est celui par qui Jawad Bendaoud aurait pu apprendre lidentité des terroristes. La question, ici, est de savoir si Mohamed Soumah en a été informé par Hasna Aït Boulahcen ou non. Il est lintermédiaire entre elle et Jawad Bendaoud, quand elle a été missionnée depuis la Belgique pour trouver un logement aux jihadistes. En première instance, il avait été condamné à 5 ans de prison. Le troisième prévenu est Youssef Aït Boulahcen, frère dHasna et cousin dAbdelhamid Abaoud. Il avait été décrit par le procureur de lépoque comme “le plus inquiétant” des prévenus. Lui est jugé pour “non-dénonciation de crime terroriste”, et avait été condamné à 4 ans de prison, dont un an avec sursis. Il sétait défendu davoir été au courant de la présence des terroristes en France, tout comme de leur intention de frapper à nouveau le territoire le 18 novembre notamment à La Défense. Il avait fait appel de la décision. 

Il faut dire que le président a concentré les débats sur lorganisation même de laudience au cours de laquelle près de 800 victimes ou proches de victimes des attentats de Paris se sont constitués partie civile. Mercredi, la centaine davocats les représentant occupait dailleurs tous les bancs de la 8e chambre.

La plupart des parties civiles avaient interjeté appel, après lappel principal du parquet : elles seront 780 au total. “Mes clients attendent moins de show (de la part de Jawad Bendaoud, ndlr), plus de sérénité, plus de vérité”, a expliqué à lAFP lavocate Héléna Christidis. “Ce show, le fait quil réponde à côté des questions, puis la relaxe ont été mal vécues par des victimes (des attentats, ndlr) ou leurs proches”, a-t-elle ajouté. Jawad Bendaoud sera-t-il plus calme que lors du premier procès ? “Si je sors de prison, je fais plus rien dillégal”, avait-il affirmé. Mais ce délinquant multirécidiviste a rapidement rechuté. Début novembre, il a été condamné en appel à un an de prison avec sursis assorti dune mise à lépreuve pour avoir violenté et menacé de mort son ex-compagne. En juillet, il a été condamné à huit mois de prison pour avoir injurié des policiers à Saint-Denis, une peine quil effectue avec un bracelet électronique. 

Lune dentre eux, Frédérique Giffard, a dailleurs regretté que les parties civiles soient  reléguées  dans une salle de retransmission, à lautre bout du tribunal.  La présence massive des victimes changerait tout. Les prévenus ne les voient pas [pour ce procès en appel], a-t-elle expliqué. Aujourdhui, nous sommes devant le fait accompli. Mais nous serons très vigilants pour que cette situation ne se reproduise pas lors du procès des attentats du 13-Novembre.

Relaxé en février, Jawad Bendaoud savait-il quil logeait des terroristes?

#Jawad : Lun des avocats provoque des rires dans le prétoire en expliquant quil se sent capable de plaider en quelques secondes. “Si, si, si. Je suis sûr quon peut défendre une position, divergente soit-elle, en quelques secondes…”

Assis au premier rang, les bras croisés, Jawad Bendaoud na pas, non plus, relevé, quand le président de la 8e chambre a débuté le rappel des faits qui lui valent de comparaître en appel. Le 13 novembre 2015, une série de trois attentats était perpétrée par des terroristes venus de Belgique…

La décision du tribunal de relaxer Jawad Bendaoud na cependant pas signé la fin des ennuis pour le principal intéressé. Après sa libération, il a continué à faire parler de lui. En avril, il a ainsi comparu devant le tribunal de Bobigny pour menaces de mort son ex-compagne. Je vais te tuer, je vais tégorger, lui aurait-il déclaré par le biais de SMS et appels. Le trentenaire a finalement été condamné à six mois de prison avec sursis. Une peine alourdie en appel début novembre à un an de prison avec sursis. Rien de très nouveau pour Jawad Bendaoud, qui possède un casier judiciaire bien rempli.

Justice/13-Novembre: Jawad Bendaoud de nouveau jugé en seconde instance

Relaxé en première instance, le trentenaire était alors parvenu à convaincre quil ignorait que les deux personnes quil hébergeait étaient des terroristes. Il va devoir se remettre à louvrage jusquau 21 décembre. Dores et déjà programmée à partir du 28 novembre, son audition doit durer trois jours. Il encourt une peine de six ans de prison et 45.000 euros damende.

Mais il sait aussi que ce procès en appel est une occasion de faire parler de lui et de se moquer des médias. En sortant de laudience, il na pas hésité, à nouveau, à filmer les journalistes qui lattendaient, accompagné dun ami qui le filmait… en train de filmer.

EN DIRECT – Jawad Bendaoud jugé en appel pour avoir logé deux terroristes du 13-Novembre – LCI

Et en quittant le palais de justice, #Jawad na pas manqué de… filmer sa sortie, accompagné dun proche qui filmait lui aussi. pic.twitter.com/2LOWWh1Jdv

Ironie du sort: le procès en appel de Jawad Bendaoud, Mohamed Soumah et Youssef Assalam, prévu du 21 novembre au 21 décembre, se tient exactement au même endroit que leur procès en première instance, en janvier-février. Depuis le déménagement dune grande partie du tribunal de Paris aux Batignolles, le vieux palais de justice de lîle de la Cité se réorganise. Et la chambre 8-2 de la cour dappel a pris ses quartiers dans lancienne chambre 16-1 du tribunal correctionnel.

Le procès en appel de Jawad Bendaoud, jugé pour avoir logé deux jihadistes du 13-Novembre, dont lun des cerveaux présumés des attaques qui avaient fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, sest ouvert mercredi devant la cour dappel de Paris.  

Jawad Bendaoud est arrivé au palais de justice en jogging noir à paillettes dorées. Relaxé en première instance, il comparait libre contrairement au procès qui sest tenu en janvier et février.

Cet homme de 32 ans est jugé pour "recel de malfaiteurs terroristes", pour avoir fourni lappartement où Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh sétaient repliés, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Cest là que les deux jihadistes sont morts le 18 novembre dans lassaut des policiers du Raid.

Arrivée le dimanche en banlieue parisienne, Marie-Claire suivra ses cours normalement, les deux premiers jours. Jusqu'à ce que ce bruit sans pareil ne retentisse dans ses oreilles le mercredi 18 novembre 2015. "Je me souviens de l'heure sur mon portable, 4h31. Je me suis réveillée en sursaut. Je suis fille de militaire et épouse d'ancien militaire. Ma première réaction a été : 'on dirait un fusil d'assaut'. Puis je me suis dit : 'arrête tes conneries'. J'ai été à la fenêtre, j'ai regardé bizarrement si la basilique était encore là, je ne sais pas pourquoi j'ai pensé à ça." 

En février, à lissue dun procès retentissant, le premier en lien avec les attentats du 13 novembre 2015, Jawad Bendaoud avait été relaxé.

"Je voulais devenir psychologue du travail, notamment pour aider les jeunes en difficultés d'insertion professionnelle", dit-elle. "Ce regroupement à Saint Denis était prévu. Mais avec les attaques du 13 novembre, le directeur de Master nous avait dit qu'on pouvait bien sûr ne pas le faire. J'ai voulu y aller. Trois jours après les attentats, je me suis dit qu'ils (les terroristes ndlr) n'allaient pas recommencer, qu'on ne risquait rien, que le mal était fait et qu'ils ne pouvaient pas faire pire. Avec une camarade de classe, nous avons donc loué un appartement sur Airbnb, rue Edouard Vaillant, près de la fac…"

Le tribunal correctionnel avait jugé quil nétait "pas prouvé" que Jawad Bendaoud avait "fourni un hébergement à deux individus quil savait être des terroristes du 13-Novembre, afin de les soustraire aux recherches et éviter ainsi leur arrestation".

La quinquagénaire ne se sentait pas légitime au départ pour être considérée comme une victime. "Je me disais que  je n'étais rien à côté des personnes qui ont perdu un proche le 13-Novembre, à côté de ceux qui ont été blessés ou de ceux qui ont tout perdu. Puis avec le temps, les choses ont changé dans mon esprit. J'ai aujourd'hui un désir et un besoin de réparation psychologique et de reconnaissance par rapport à ce que j'ai vécu et aux séquelles que j'ai désormais." 

Mais le parquet avait aussitôt fait appel. Jawad Bendaoud est donc rejugé. Si la relaxe est confirmée, il sera en mesure de demander une indemnisation pour sa détention provisoire de 27 mois à lisolement.

Au cours de ce procès qui va durer un mois, elle attend " plus de respect et de reconnaissance pour les victimes". Quant à Jawad Bendaoud, elle espère qu'il dira cette fois "la vérité". "Je ne crois pas un mot de ce qu'il a dit en janvier et février dernier. Je suis convaincue qu'il savait qu'il hébergeait des terroristes. Je ne peux pas accepter que la justice ait relaxé cet homme. Il doit être condamné." Le procès doit durer jusqu'au 21 décembre. 

A ses côtés, Youssef Aït Boulahcen, jugé pour "non-dénonciation de crime terroriste", a été condamné à quatre ans de prison, dont un an avec sursis.

Mais Jawad Bendaoud sera-t-il plus calme, cette fois, échappera-t-il à la prison ? C'est tout l'enjeu de ce procès. Sa promesse de ne plus rien faire d'illégal a en tout cas fait long feu. Il y a quelques jours, il a été condamné pour avoir violenté et son ex-compagne, et cet été il avait déjà été condamné pour avoir injurié des policers.

Il sagit du frère dHasna Aït Boulahcen, chargée de trouver une planque aux deux jihadistes en fuite, et du cousin dAbdelhamid Abaaoud, lun des cerveaux présumés des attaques. Cet homme qui na pas été placé en détention après sa condamnation comparait libre en appel.

Le tribunal correctionnel, présidé par la très expérimenté Isabelle Prévost-Desprez, avait estimé qu'il n'était pas prouvé que Jawad Bendaoud avait fourni un hébergement à deux individus qu'il savait être des terroristes du 13-Novembre, de même qu'aucune preuve ne faisait état d'une volonté de sa part de les soustraire à la police.

Dans le box des prévenus se trouve Mohamed Soumah, qui avait lui été condamné à cinq ans demprisonnement. Il avait eu le rôle dintermédiaire, en mettant en contact Hasna Aït Boulahcen et Jawad Bendaoud. 

"Jespère que le procès se déroulera dans la sérénité et le respect des familles", a déclaré à lAFP lavocate de parties civiles Samia Maktouf, avant le début du procès.

Jawad Bendaoud est de retour au Palais de justice de Paris ce mercredi 21 novembre. Après sa relaxe en première instance en février dernier, il est jugé en appel pour avoir logé deux jihadistes du 13-Novembre, dont l'un des cerveaux présumés des attaques.

"Jespère que le show et le cirque auxquels nous avons assistés en première instance ne se reproduira pas", a-t-elle ajouté. Jawad Bendaoud sétait livré à un one-man-show lors de ce procès, avec des déclarations fantasques et incongrues, exaspérant les victimes des attentats.