Mexique : la désillusion gagne la caravane de migrants après léchec du passage en force

Mexique : la désillusion gagne la caravane de migrants après l\échec du passage en force

À la frontière entre le Mexique et les États-Unis, un nuage de gaz lacrymogène pour repousser les migrants

Environ 5 000 personnes sont arrivées cette semaine dans la ville, après avoir parcouru plus de 4 000 km en un peu plus dun mois dans lespoir dentrer aux Etats-Unis.

Plusieurs centaines de migrants venant dAmérique centrale ont tenté dimanche 25 novembre de franchir la frontière américaine à Tijuana, dans le nord-ouest du Mexique. Au moins 500 dentre eux, parmi lesquels des femmes et des enfants, qui participaient à une manifestation pacifique aux abords de la frontière se sont dirigés vers la barrière métallique de délimitation et y ont grimpé pour tenter dentrer aux Etats-Unis. Ils ont été interrompus par les autorités mexicaines qui leur ont demandé dattendre une autorisation pour manifester.

Leur long voyage sachève par une arrestation. Quarante-deux migrants originaires dAmérique centrale ont été arrêtés du côté américain de la frontière avec le Mexique en tentant de passer en force aux Etats-Unis, a annoncé lundi 26 novembre un responsable américain. Les faits se sont déroulés dimanche à la frontière qui sépare Tijuana (Mexique) de San Diego (Californie, Etats-Unis). "Quarante-deux personnes ont franchi la frontière et ont été arrêtées. Et, pour être honnête, de nombreuses personnes ont réussi à traverser la frontière" sans se faire arrêter, a déclaré sur CNN Rodney Scott, un responsable de la police aux frontières. Et ce malgré le mur et les installations qui barre le passage à cet endroit.

Au fil de la matinée, comprenant quils nobtiendraient pas dautorisation, certains migrants ont commencé à se diriger vers une partie dun canal qui mène vers la clôture délimitant la frontière. Des agents du service des douanes américains, réunis du côté américain de la frontière, ont tiré du gaz lacrymogène pour les empêcher dy parvenir. Plus tard, des migrants ont tenté de sapprocher de la frontière mais les autorités américaines ont effectué de nouveaux tirs de gaz lacrymogène.

 On est prêt sil le faut à mourir pour essayer de passer , a confié à lAFP Mario Lopez, un Hondurien, tout en aidant sa fille de trois ans, qui avait perdu ses sandales dans la bousculade, à ramper sous la barrière métallique.

Un groupe de migrants tente de franchir la barrière métallique de délimitation entre le Mexique et les Etats-Unis, à Tijuana, le 25 novembre. PEDRO PARDO / AFP Plusieurs centaines de migrants sont tout de même parvenus à franchir une première barrière, a constaté une journaliste de lAFP, tandis que des hélicoptères de larmée américaine survolaient la frontière à basse altitude. Certains dentre eux ont préféré rebrousser chemin tandis que dautres ont poursuivi vers le sol américain.

« Chaos à la frontière », titre de son côté le journal texan Dallas Morning News. Les images de migrants et parmi eux des enfants victimes des tirs de gaz lacrymogène sont déjà très partagés sur les réseaux sociaux, écrit le Los Angeles Times. Et les partisans du président américain Donald Trump les utilisent pour demander de renforcer la sécurité à la frontière.

 Quand ils nous ont lancé les gaz lacrymogènes, nous avons eu très peur, on pensait quils allaient nous tirer dessus alors nous nous sommes éloignés  a relaté à lAFP Flor Jimenez, une Hondurienne de 32 ans, après lincident.  On nous avait dit que si on passait ils nous donneraient lasile, parce quon serait aux Etats-Unis  expliquait cette femme, après avoir regagné, avec son mari et sa petite fille, le centre sportif où sentassent environ 5 000 migrants de la caravane.

D'après la presse mexicaine, les 4 700 migrants centraméricains arrivés à Tijuana sont confrontés à un climat de plus en plus hostile. La Nacion publie un sondage selon lequel une grande majorité de Mexicains rejette la Caravane des migrants. Une personne sur deux  interrogée estime que la présence des Centraméricains ne fait qu'augmenter la délinquance.

La frontière a été fermée dans les deux sens aux voitures et aux piétons entre Tijuana et San Diego, ont annoncé peu après les gardes-frontières américains. Puis elle a réouvert à 18 h, heure locale, a précisé lantenne de San Diego de lagence fédérale des douanes et de la protection des frontières.

Les Mexicains demandent au nouveau président Andres Manuel Lopez Obrador de durcir la politique anti-immigration. Sous pression, le gouvernement mexicain a déjà décidé d'expulser les 500 migrants qui avaient tenté de franchir de force la frontière américaine.

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Les autorités mexicaines ont annoncé dimanche avoir repris le contrôle du poste-frontière et quenviron 500 migrants qui ont tenté  violemment  de traverser  illégalement  la frontière vers les Etats-Unis allaient être déportés. La mairie de Tijuana a indiqué que vingt-quatre Honduriens et quinze Mexicains avaient été détenus après ces incidents. En fin de journée, des forces anti-émeutes mexicaines ont été déployées en certains points stratégiques de la ville.

À Tijuana au Mexique, des migrants massés près de la frontière avec les États-Unis #AFP pic.twitter.com/Xuu7ZIVlOz

Un groupe de migrants tente de franchir le canal qui mène vers la clôture délimitant la frontière entre le Mexique et les Etats Unis, à Tijuana, le 25 novembre. RAMON ESPINOSA/ AP Le président américain Donald Trump a menacé ces derniers jours de fermer totalement la longue frontière entre les Etats-Unis et le Mexique si la situation devait dégénérer. Environ 5 000 migrants de la caravane sont arrivés cette semaine à Tijuana, après avoir parcouru plus de 4 000 kilomètres en un peu plus dun mois, fuyant la violence et la pauvreté au Honduras, dans lespoir dentrer aux Etats-Unis. Près de 9 000 militaires américains ont été déployés à la frontière avec le Mexique pour empêcher toute intrusion.

Tentant de se protéger avec leur tee-shirt, plusieurs migrants ont préféré rebrousser chemin, tandis que dautres ont poursuivi en direction dune seconde barrière, surmontée de barbelés, derrière laquelle des gardes-frontières américains se mobilisaient pour stopper leur progression.

Samedi, le futur gouvernement mexicain a affirmé être parvenu à un accord avec ladministration américaine pour que les demandeurs dasile restent au Mexique pendant que leur demande est examinée aux Etats-Unis – avant de démentir linformation.  Pour linstant, nous avons trouvé un accord sur cette politique Rester au Mexique , a affirmé au Washington Post Olga Sanchez Cordero, la ministre de lintérieur du gouvernement du président élu Andres Manuel Lopez Obrador, qui prend ses fonctions le 1er décembre.

Désespérés, des centaines de migrants venant dAmérique centrale ont tenté dimanche de franchir illégalement la frontière américaine à Tijuana, dans le nord-ouest du Mexique, poussant les Etats-Unis à fermer leur frontière au sud de la ville californienne de San Diego.

Un peu plus tard, son bureau a cependant diffusé un communiqué affirmant quil ny avait  aucun accord de quelque type que ce soit entre le futur gouvernement du Mexique et celui des Etats-Unis .

Au moins 500 dentre eux, parmi lesquels des femmes et des enfants, qui participaient à une manifestation pacifique aux abords de la frontière, se sont dirigés vers la barrière métallique de délimitation et y ont grimpé pour tenter dentrer aux Etats-Unis.

 Les migrants à la frontière sud ne seront pas autorisés [à entrer] aux Etats-Unis en attendant que leurs demandes soient individuellement approuvées par la justice , avait toutefois tweeté dans la soirée Donald Trump semblant confirmer ainsi linformation du Washington Post.

Après avoir franchi ce premier obstacle, les migrants ont reçu des gaz lacrymogènes, tandis que des hélicoptères de larmée américaine survolaient la frontière à basse altitude, entrant même brièvement dans lespace aérien mexicain.

Un groupe de migrants tente de franchir la barrière métallique de délimitation entre le Mexique et les Etats-Unis, à Tijuana, le 25 novembre. PEDRO PARDO / AFP Voir les réactions Les plus lus

Environ 5.000 migrants de la caravane sont arrivés cette semaine à Tijuana, après avoir parcouru plus de 4.000 kilomètres en un peu plus dun mois pour fuir la violence et la pauvreté au Honduras, dans lespoir dentrer aux Etats-Unis.

La désillusion gagnait lundi les centaines de migrants dAmérique centrale tentant de rejoindre les Etats-Unis à partir de Tijuana, dans le nord-ouest du Mexique, après léchec la veille dun passage en force de la frontière qui sest soldé par 42 arrestations côté américain.

Pour entrer légalement aux Etats-Unis, les migrants doivent déposer des demandes dasiles, mais les services administratifs américains sont saturés et lattente pourrait être dune année pour que leur dossier soit étudié.

États-Unis : des migrants à lassaut de la frontière, violemment repoussés

Cet incident a poussé le président Donald Trump à menacer de fermer de façon permanente la frontière, un axe commercial majeur.

“Quarante-deux personnes ont franchi la frontière et ont été arrêtées. Et, pour être honnête, de nombreuses (autres) personnes ont réussi à traverser la frontière (sans se faire arrêter)”, a déclaré sur la chaîne de télévision CNN Rodney Scott, responsable de la police aux frontières.

Face à cet afflux, environ 9.000 militaires américains ont été déployés à la frontière avec le Mexique pour empêcher toute intrusion.

Côté mexicain, 98 migrants, pour la plupart des Honduriens, ont été arrêtés et renvoyés vers leur pays dorigine, a annoncé lundi à la chaîne Televisa Gerardo Garcia Benavente, le chef du service des migrations (INM).

Dimanche, quelque 500 ressortissants de pays dAmérique centrale, parmi lesquels des femmes et des enfants, qui participaient à une manifestation pacifique aux abords de la frontière, se sont subitement dirigés vers la barrière métallique délimitant la frontière pour tenter de passer illégalement de lautre côté.

Environ 5.000 migrants de la caravane sont arrivés cette semaine à Tijuana, a (…) Lire la suite sur 20minutesÀ lire aussi :Etats-Unis: Un juge bloque une décision de Donald Trump sur le droit dasileMexique: Plus de 4.000 personnes sont arrivées à Tijuana dans lespoir de franchir la frontière américaine

Après avoir franchi cette première clôture rouillée, ils ont finalement été repoussés par les forces de lordre américaines qui ont fait usage de gaz lacrymogène, avant davoir pu atteindre une deuxième barrière, surmontée de barbelés, derrière laquelle les gardes-frontières américains sétaient déployés.

La frontière a été fermée entre Tijuana et San Diego, ont annoncé les gardes-frontières américains. Auparavant, dans la journée de dimanche, des centaines de migrants venant dAmérique centrale avaient tenté de franchir la frontière américaine à Tijuana, dans le nord-ouest du Mexique.

Survolés par des hélicoptères à basse altitude, les migrants ont dû se résigner à rebrousser chemin et à retourner dans le centre sportif où sentassent depuis une semaine quelque 5.000 migrants de la caravane.

La frontière est fermée aux voitures et aux piétons jusquà nouvel ordre, a déclaré sur Twitter lantenne de San Diego de lagence fédérale des douanes et de la protection des frontières.

500 migrants tentent de franchir la frontière américaine à Tijuana

Le retour de ces migrants aux vêtements déchirés ou couverts de terre après leur tentative, effrayés pour beaucoup par la réaction américaine, a fortement découragé lensemble de la caravane.

Des migrants tentent de traverser illégalement la frontière américaine

“Nous avons le coeur et lespérance détruits. Nous avions cru que nous étions arrivés aux Etats-Unis, quils nous accorderaient lasile”, a commenté à lAFP Andy Colon, une Hondurienne de 20 ans qui voyage avec sa soeur et deux enfants.

“Maintenant, on ressent une déception, mais grâce à Dieu nous sommes vivants. Nous navons pas dautre choix que de rester dans ce refuge et de chercher (au Mexique) une vie, un travail, une maison”, a-t-elle dit, le pantalon déchiré.

Ces migrants centraméricains étaient partis ensemble le 13 octobre du Honduras et avaient parcouru plus de 4.000 kilomètres pour fuir la violence et la pauvreté dans leur pays, comptant sur leur nombre pour garantir leur sécurité et franchir les obstacles.

Imbroglio autour dun “accord” USA-Mexique sur les demandeurs dasile

Un Hondurien, qui au fil des semaines avait gagné une certaine influence au sein du cortège et pouvait mobiliser les migrants, est retourné au refuge en pleurant, après léchec de leur intrusion, et se montrait désormais inquiet pour sa propre sécurité.

“On ma dit que ceux dici (les habitants de Tijuana) mavaient identifié et quils me cherchaient pour me tuer. La seule chose que je veux maintenant, cest retourner au Honduras”, a-t-il confié à lAFP sous le couvert de lanonymat.

Il a dit être prêt à se rendre aux autorités migratoires mexicaines à condition quelles lui garantissent une expulsion immédiate.

La colère de certains groupes de commerçants et de transporteurs de Tijuana sest accentuée dimanche avec la fermeture provisoire de la frontière qui a limité les échanges commerciaux entre les deux villes et porté préjudice à leur activité.

“Ils ont foutu en lair le dimanche de tous ceux qui, comme nous, travaillent ici, décemment à la frontière”, sest plaint à lAFP Jesus Tirado, un chauffeur de camion.

La frontière à San Diego a finalement été rouverte en fin de journée par les autorités américaines après plusieurs heures de fermeture.

“Nous allons appliquer la tolérance zéro car la police fédérale est dépassée” a commenté à lAFP sous le couvert de lanonymat un responsable de la police locale.

Larmée US refoule des migrants à la frontière

La mobilisation des forces de police fédérale pour arrêter certains migrants au sein même du refuge semble toutefois peu probable à moins dune semaine dun changement de gouvernement et de lentrée dans ses fonctions du nouveau président Andres Manuel Lopez Obrador qui héritera dès son premier jour dune crise migratoire.

Donald Trump a récemment pris un décret pour automatiquement rejeter les demandes dasile déposées par des personnes entrées illégalement aux Etats-Unis, mais la justice a pour lheure bloqué cette mesure.

Longue et poreuse, la frontière américano-mexicaine difficile à sécuriser

“Le Mexique devrait renvoyer les migrants, dont beaucoup sont des criminels endurcis, dans leur pays. Que ce soit fait en avion, en car ou de nimporte quelle façon, mais ils nentreront PAS aux Etats-Unis. Si besoin est, nous allons fermer la frontière de façon permanente. Le Congrès, financez le MUR !”, a-t-il écrit sur Twitter.

M. Trump fait également pression sur les autorités mexicaines pour que ces migrants restent au Mexique le temps que leurs demandes dasile soient étudiées aux Etats-Unis.

Mexique: Des centaines de migrants tentent de franchir la frontière américaine à Tijuana

Selon le Washington Post, un accord en ce sens a été trouvé entre léquipe dAndres Manuel Lopez Obrador – qui prendra ses fonctions le 1er décembre – et le gouvernement américain.

La conclusion dun tel accord avec Mexico, saluée par M. Trump, a été démentie par léquipe du nouveau président mexicain.

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