Libye : la France pointée du doigt – Le Point

Libye : la France pointée du doigt - Le Point

Libye : comment le silence complice de la France permet à Khalifa Haftar de peser diplomatiquement

Dans un communiqué, le ministère de lIntérieur libyen accuse le gouvernement français de soutenir celui quil appelle  le criminel Haftar . Fathi Bach Agha ordonne la suspension de tout lien entre son ministère et la partie française dans le cadre des accords sécuritaires bilatéraux.

Des accusations  complètement infondées , selon lÉlysée.  La France soutient le gouvernement légitime du Premier ministre Fayez el-Sarraj et la médiation de lONU pour une solution politique inclusive en Libye , rappelle la présidence française.

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Au ministère français des Affaires étrangères, on précise que la France na jamais caché son soutien au maréchal Haftar, dans le contexte de la lutte antiterroriste, mais que Paris est opposé à loffensive quil mène sur Tripoli.  Nous sommes en contact avec les deux parties, on ne sen cache pas, pour tenter de remettre les négociations politiques sur la table , ajoute le Quai dOrsay.

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Khalifa Haftar a lancé le 4 avril une offensive militaire contre Tripoli, officiellement pour débarrasser la capitale des terroristes. Une attaque dénoncée par certains, notamment lémissaire de lONU en Libye, Ghassan Salamé, comme une manœuvre qui ressemble davantage à un coup dÉtat quà une lutte antiterroriste. Jeudi, il a mis en garde contre un  embrasement généralisé  du pays à la suite de cette offensive,  encouragée , selon lui, par des divisions internationales. Ce qui aurait des conséquences importantes, y compris en dehors de la région.

Un peu plus tôt, le ministère de lIntérieur du gouvernement dunion nationale libyen reconnu par la communauté internationale, a accusé pour la première fois directement la France de soutenir le maréchal Khalifa Haftar dont les forces ont lancé un assaut contre la capitale Tripoli.

Lémissaire de lONU met en garde contre un “embrasement” généralisé en Libye

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Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a lui estimé que "la situation de chaos et de violence augmentait fortement le risque dune résurgence du phénomène terroriste, toujours présent en Libye". "Le combat contre le terrorisme et le flux de combattants étrangers reste donc lun des principaux défis pour le pays et toute la communauté internationale", a-t-il dit devant les députés italiens.

Le ministre de lIntérieur du gouvernement de Fayez-al-Sarraj a accusé la France dappuyer le maréchal Haftar dans son avancée vers Tripoli, et décidé de suspendre toute relation avec lHexagone. Si un appui militaire direct est peu probable, le  silence complice  de Paris permet au maréchal de sarroger une place diplomatique importante, estime le spécialiste Jalel Harchaoui.

"Il y a des pays qui ont auparavant investi dans M. Haftar comme un champion de la lutte antiterroriste et il est vrai que M. Haftar a été actif à leurs yeux et a réussi à Benghazi, Derna (est), ou plus récemment dans le Sud à neutraliser des cellules terroristes. Ils ne vont pas le lâcher maintenant, même sils ne sont pas daccord avec son attaque sur Tripoli", a-t-il dit sans nommer de pays.

Tout lien entre le ministère libyen et la partie française, dans le cadre des accords sécuritaires bilatéraux, est suspendu, à cause de la position du gouvernement français soutenant le criminel Haftar.  Pour la première fois, un communiqué de presse, diffusé jeudi 18 avril par le ministre de lIntérieur du Gouvernement dentente nationale (GNA), Fathi Bashagha, pointe du doigt Paris et son présumé double jeu en Libye.

Preuve de cette impasse, le procureur général militaire du GNA a émis un mandat darrêt contre M. Haftar, en réponse à un mandat darrêt émis par lANL contre M. Sarraj. Le GNA "oeuvre pour le lancement dun mandat darrêt international par la Cour pénale internationale (CPI)" à lencontre de M. Haftar, accusé de "crimes de guerre", selon un porte-parole du GNA.   

Le soutien de la France au maréchal de lEst libyen est suspecté depuis 2016, quand la mort de trois soldats français à cause de la chute dun hélicoptère près de Benghazi avait semblé confirmer la présence opérationnelle française. Mais lÉlysée a de nouveau réfuté les accusations du ministère libyen, qu’il considère complètement infondées , réitérant son soutien officiel au gouvernement reconnu par la communauté internationale, celui de Fayez al-Sarraj.

A Tripoli, le ministre de lIntérieur du GNA Fathi Bach Agha a accusé pour la première fois directement la France de soutenir M. Haftar. Il a ordonné "la suspension de tout lien" de son ministère "avec la partie française dans le cadre des accords sécuritaires bilatéraux (…) à cause de la position du gouvernement français soutenant le criminel Haftar".

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Les événements en Algérie ont mélangé ses cartes et l’ont poussé à écouter la France. Celle-ci, se rendant compte qu’elle a déjà perdu un pied en Algérie et voulant se maintenir en Libye, l’a incité à attaquer Tripoli avant la rencontre des fractions pour prendre le contrôle de la capitale. La France espérait mettre la pression aux généraux algériens à travers Khalifa Haftar. Ce dernier avait des hommes de confiance à Tripoli et dans d’autres tribus. Tous sont des mercenaires.

Depuis le lancement de loffensive militaire du maréchal Haftar dans louest libyen, des manifestations hostiles à l’homme fort de l’est libyen se succèdent à Tripoli. Sur plusieurs pancartes, on peut lire des accusations contre le gouvernement français, qui serait le premier complice des frappes qui ravagent depuis deux semaines la banlieue sud de la capitale.

Alors que la Libye est à nouveau déchirée par une guerre aux portes de Tripoli, entre l’Est contrôlé par le gouvernement dentente nationale et les milices de Tripoli et l’Ouest du général Khalifa Haftar, épaulé par plusieurs pays, le Maroc a rejeté l’option militaire. Pour Abdelkrim Faouzi, spécialiste marocain de la question libyenne, les conditions restent adéquates pour que Rabat mène à nouveau une médiation à l’image de l’accord de Skhirat de 2015.

Libye: lémissaire de lONU met en garde contre un “embrasement” généralisé

La Russie et les États-Unis ne sont pas perçus de la même façon par les Libyens. Concernant la France, qui a d’évidentes responsabilités en Libye, la charge émotionnelle est plus importante , explique Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye et chercheur à lInstitut néerlandais de relations internationales de Clingendael. Mais alors, quelle est la réelle implication française dans le combat politique – et désormais militaire – qui fait rage en Libye ?

Protests in Zuwara, Nalut, Tripoli, and all over the country condemning Haftar's use of grad rockets in civilian areas last night killing and injuring tens of civilian residents. pic.twitter.com/KR7xfSvrw1

Libye: le gouvernement de Tripoli émet un mandat darrêt contre Haftar

Entretiens bilatéraux Le Président français a exprimé ses profondes préoccupations concernant les derniers développements en Libye. […] La France ne ménagera pas ses efforts pour rassembler, avec ses partenaires internationaux, les acteurs libyens autour dune solution politique durable , peut-on lire dans le dernier communiqué de lÉlysée. Seulement quelques heures auparavant, Emmanuel Macron sentretenait au téléphone avec Fayez al-Sarraj. Mais aussi avec Khalifa Haftar.

À Tripoli, le ministre de lIntérieur du GNA Fathi Bach Agha a accusé pour la première fois directement la France de soutenir Khalifa Haftar. Il a ordonné  la suspension de tout lien  de son ministère  avec la partie française dans le cadre des accords sécuritaires bilatéraux […] à cause de la position du gouvernement français soutenant le criminel Haftar . La France a réfuté ces accusations  complètement infondées .  La France soutient le gouvernement légitime du Premier ministre Fayez al-Sarraj et la médiation de lONU pour une solution politique inclusive en Libye , a déclaré la présidence française.

Ils ne vont pas le lâcher maintenant, même s’ils ne sont pas d’accord avec son attaque sur Tripoli, a déclaré Ghassan Salamé, sans explicitement nommer la France

Jusquà présent, le maréchal Haftar ne veut pas entendre parler dune suspension de loffensive contre Tripoli. Et Fayez al-Sarraj refuse tout processus politique en labsence dun cessez-le-feu et dun retrait sur les lignes davant le 4 avril.  Nous avons travaillé pendant un an entier à la préparation de quelque chose qui na pas de précédent en Libye, cest-à-dire une conférence nationale réunissant tout le monde. […] Et voilà que ces efforts partent en fumée , a regretté Ghassan Salamé. Une conférence pour dresser une feuille de route pour sortir le pays du chaos a été annulée après lassaut.

Si officiellement Paris maintient sa position et aspire à jouer un rôle de médiateur, depuis des années la France prône une solution sécuritaire pour la Libye, où elle aimerait bien voir Khalifa Haftar être une sorte d’Idriss Déby Itno libyen , estime Jalel Harchaoui. Selon une enquête publiée par le quotidien italien La Repubblica, des négociations non officielles auraient eu lieu dabord à Rome, puis à Paris, vendredi 5 avril, entre des représentants des gouvernements italien et français et une délégation venue de Benghazi. Information qui a été confirmée par lÉlysée, selon le journal italien.

Lémissaire de lONU en Libye, Ghassan Salamé, a mis en garde contre un  embrasement généralisé  dans le pays après le lancement par le maréchal Khalifa Haftar dune offensive sur Tripoli,  encouragée , selon lui, par les divisions internationales. Dans un entretien exclusif à lAgence France-Presse à Tripoli, Ghassan Salamé a estimé, jeudi, que loffensive lancée le 4 avril par lArmée nationale libyenne (ANL, autoproclamée) contre la capitale, siège du gouvernement dunion nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale, avait abouti à une  impasse .

Il y a des pays qui ont auparavant cru en Khalifa Haftar en le considérant comme un champion de la lutte antiterroriste. Il est vrai quil a été efficace à leurs yeux et a réussi à Benghazi et Derna, ou, plus récemment, dans le Sud, à neutraliser des cellules terroristes. Ils ne vont pas le lâcher maintenant, même s’ils ne sont pas d’accord avec son attaque sur Tripoli , a déclaré l’envoyé spécial de l’ONU Ghassan Salamé dans un entretien à l’AFP, sans explicitement nommer la France. Radio France internationale (RFI) rapportait mardi 9 avril que lambassadrice de France pour la Libye, Béatrice le Fraper du Hellen, a rencontré le Premier ministre Fayez al-Sarraj, qui a demandé des explications sur le rôle de la France en Libye .

Depuis le début du conflit armé, qui a déjà tué 213 personnes selon lOrganisation internationale des migrations (OIM), les appels de la communauté internationale se multiplient, sans réellement parvenir à trouver de solution. Dans ce contexte, lannonce de Fathi Bashagha est politique et exploite une frustration réelle , explique Jalel Harchaoui.

En réalité, pour le spécialiste, laide militaire de la France nest pas très importante sur le terrain par rapport à limplication dautres puissances, comme les Émirats arabes unis. Ces derniers ont violé l’embargo à plusieurs reprises, d’après un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies retraçant en 2017 lorigine des équipements militaires utilisés en Libye. Ce 18 avril, le porte-parole de l’Armée nationale libyenne (ANL), Ahmad al-Mesmari, aurait même reconnu avoir bénéficié de l’aide émiratie lors des opérations aériennes, selon la chaîne Libya Al-Ahrar.

#شاهد | المتحدث باسم قوات #حفتر يعترف بمشاركة الطيران الأجنبي في الاعتداء على #طرابلس#العدوان_على_طرابلس pic.twitter.com/VWtgpgO7Ao

Au-delà de laide stratégique, ce qui compte est surtout que la France, une puissance européenne membre du Conseil de sécurité des Nations unies, légitime, en lui accordant un prestige diplomatique, un militaire qui a des aspirations politiques , analyse encore Jalel Harchaoui. En effet, Paris a plusieurs fois déroulé le tapis rouge au maréchal libyen – comme lont fait récemment ses autres principaux alliés, tels les Émirats, l’Égypte ou encore l’Arabie saoudite. Pour le chercheur, la principale forme de soutien de la France à Haftar est surtout le silence et la neutralité présumée de celle-ci.

Pour lémissaire de lONU, le conflit libyen est arrivé à une impasse et risque un embrasement généralisé

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 La France soutient le gouvernement légitime du Premier Ministre Fayez al-Sarraj et la médiation de l’ONU pour une solution politique inclusive en Libye , a souligné la présidence française.  L’interlocuteur légitime du Président de la République est le Premier ministre Sarraj avec lequel le président s’est entretenu lundi dernier pour lui réaffirmer ce soutien en ces termes , a ajouté l’Élysée.

En effet, dans un communiqué conjoint publié quelques heures après le début des combats, jeudi 4 avril, la France, les Émirats arabes unis, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Italie ont fait référence à des attitudes militaristes et des menaces dactions unilatérales , mais sans jamais citer explicitement le maréchal Haftar.

Comme pour les autres déclarations, ce discours vague ne fait quaccorder du temps supplémentaire à lArmée nationale libyenne, en permettant à Haftar de mener une campagne qui peine à porter ses fruits. Les Libyens veulent la condamnation dune invasion. Ils veulent quon leur nomme lacteur responsable et que la communauté internationale et la France prennent une position claire. Demander un cessez-le-feu est bien différent d’ordonner explicitement à Haftar de se retirer , conclut Jalel Harchaoui.