General Electric va supprimer un millier demplois en France – Le Dauphiné Libéré

General Electric va supprimer un millier d\emplois en France - Le Dauphiné Libéré

General Electric annonce la suppression dun millier demplois sur son site de Belfort

Le 28 mai 2019, General Electric a présenté aux instances représentatives des entités légales concernées des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz ainsi que de ses fonctions support en France. "Ces projets répondent à la volonté du groupe d’améliorer les performances opérationnelles et financières de ses activités gaz, de simplifier son organisation en adaptant ses fonctions support aux contraintes des divisions et ainsi retrouver le chemin d’une compétitivité durable", explique la direction de General Electric.

Quotidien des Usines General Electric prévoit la suppression de 1 050 postes sur le site de Belfort (Territoire de Belfort), soit un[…]

Quatre ans après le rachat de la branche énergie du français Alstom, le groupe américain General Electric prévoit de nouvelles suppressions de postes. Elus et employés remarquent que cette annonce intervient juste après le scrutin européen.

“Cest plus de la moitié des salariés de lactivité gaz (…) qui vont perdre leur emploi avec cette annonce”, soulignent les élus parmi lesquels figurent le maire (LR) de Belfort Damien Meslot.  

La direction française du groupe General Electric (GE) a annoncé le 28 mai qu’elle avait présenté aux instances représentatives du personnel «des projets dévolution de lorganisation de ses activités gaz et de ses fonctions support».

Lire aussi Alstom : General Electric entame sa restructuration en France par 470 suppressions demploi Ces mesures pourraient entraîner jusquà 1 044 «réductions de postes», essentiellement sur les sites franc-comtois de Belfort et Bourogne, ainsi quà Boulogne-Billancourt. Dans le détail, le groupe américain, qui avait racheté en 2015 la branche énergie dAlstom, envisage jusquà 792 suppressions de postes dans lentité gaz et 252 dans celle dédiée aux fonctions supports.

Je manque d'éléments pour juger du bien fondé de l'investissement que représenterait à long terme le sauvetage proposé par l'auteur de l'article. Par contre, une vision purement financière serait probanlement trop restrictive en la matière. Avec ce même type de raisonnement, nos prédécesseurs n'auraient jamais lancé le Concorde. Bien sur, ce programme a été un échec commercial du fait de la crise pétrolière. Toutefois, le développement de ses commandes de vol électriques a ensuite été repris par les équipes d'Aérospatiale pour les programmes Airbus. Cet élément de différentiation a été à l'origine (certes pas la seule raison) du succès commercial d'Airbus, qui parti de rien ou presque a fini par prendre 50% du marché mondial des moyens/gros porteurs face à des concurrents, Boeing et MDD, en place depuis des dizaines d'années. C'est un des problèmes de notre vieux continents de n'avoir que des approches court terme et de ne pas être capables, comme le sont nos concurrents américains et chinois, d'avoir de visions stratégiques de long terme.

Aux abords du site de Belfort, les salariés interrogés par lAFP se sont dits «abasourdis» et «assommés» par lampleur de lannonce et sa «rapidité après les élections européennes».

Lattaque frontale allait venir des USA. Le 14 avril 2013, Frédéric Pierucci, directeur de la division chaudières dAlstom, est arrêté lors de son arrivée à New-York pour une sombre affaire de corruption en Indonésie. Dans un livre choc, Le Piège américain, il explique que la vente dAlstom à GE fut le résultat dune action coordonnée du DoJ (Ministère américain de la Justice) et de GE. La stratégie utilisée était classique: utilisant ses revendications dextraterritorialité, la justice américaine menace un groupe étranger dune amende monumentale (jusquà plusieurs milliards de dollars) pour corruption, détournement dembargo ou tout autre argument géopolitique, et menace ses dirigeants de prison. Contre la promesse dune amende réduite et de loubli des poursuites judiciaires pour le PDG et les cadres dirigeants, le prix à payer est la cession à la multinationale américaine concernée des activités stratégiques convoitées, dans le cas présent les turbines dAlstom. En termes simples, cest du racket.

1000 emplois supprimés par General Electric: lhistoire dun piège américain et dune trahison française

«Cest une nouvelle épreuve pour la Cité du Lion [Belfort], pour le bassin industriel du Nord Franche-Comté, et plus largement pour la filière énergie en France», ont déclaré dans un communiqué commun plusieurs élus locaux, parmi lesquels le maire de Belfort Damien Meslot (LR) et la présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay (PS). Insistant sur le choix de calendrier de lannonce, «au lendemain des élections européennes», ils ont appelé à «la mobilisation générale» et prévenu : «Nous ne lâcherons rien!»

La division turbine à Gaz perdrait 792 emplois sur 1.800 à Belfort et Bourogne tandis que 252 postes seraient supprimés dans les services administratifs hérités des activités énergie d'Alstom rachetées il y a trois ans par General Electric, a indiqué à Reuters Karim Matoug, délégué central de la CGT.

A Belfort, General Electric emploie environ 4 300 personnes, dont 1 900 dans lentité turbines à gaz visée par lannonce. Pour GE, il sagit «daméliorer les performances opérationnelles et financières de ses activités gaz, […] et ainsi retrouver le chemin dune compétitivité durable».

General Electric: 1.050 emplois supprimés dont 800 dans la branche turbines à gaz de Belfort

Ces suppressions de postes ont aussi pour contexte les difficultés du groupe General Electric dont le symptôme le plus visible est leffondrement de sa valeur boursière. Depuis le rachat de la branche énergie dAlstom, le cours de laction a été divisé par trois environ et lentreprise vaut moins que le montant cumulé de ses dettes. 

 Il sagit dune nouvelle épreuve pour la Cité du Lion, pour le bassin industriel du Nord Franche-Comté et plus largement pour la filière énergie en France , soulignent-ils, précisant que les éléments du plan social ont été transmis mardi  matin par la direction du site de Belfort aux membres du Conseil dadministration . Au total, General Electric emploie près de 4.000 personnes à Belfort, dont 1.900 dans lentité turbines à gaz concernée par lannonce.

Mort annoncée du siteSalariés et élus redoutaient depuis plusieurs mois ces suppressions de postes mais elles ont provoqué un choc à Belfort. «Cest la mort annoncée du site», pour Dominique Thiriet, secrétaire de la CGT à GE Belfort cité par l’AFP, qui a fustigé labsence de «volonté de General Electric de [le] faire vivre».

Le ministre de lEconomie Bruno Le Maire avait toutefois soulevé la colère de lintersyndicale de GE Belfort la semaine dernière, déclarant que  aujourdhui, (GE) a une empreinte très forte sur les turbines à gaz , secteur dans lequel  il ny a pas de débouchés . Pilier de la reprise en 2015 de la branche énergie dAlstom, Belfort subit les conséquences des difficultés générales de GE et de la baisse actuelle de ses marchés.

Pour le gouvernement, ces suppressions tombent au plus mal, dans un contexte social dégradé et avec dautres déconvenues industrielles comme la reprise chaotique de l’aciérie dAscoval de Saint-Saulve (Nord) ou la fermeture annoncée de Ford à Blanquefort (Gironde).

Début mai, Emmanuel Macron avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait lobjet de «la plus grande vigilance de la part de lEtat». Fin mars, le ministre de lEconomie Bruno Le Maire avait indiqué quil entendait «étudier toutes les pistes industrielles possibles pour maintenir lemploi».

Alors que le ministre de léconomie et des finances, Bruno Le Maire, affirmait la semaine dernière être en négociation avec General Electric pour “ne fermer aucun site industriel en France”, Damien Meslot, maire (LR) de Belfort et président du Grand Belfort évoquait “un plan social inévitable”.

Or il a depuis provoqué la colère de lintersyndicale de GE Belfort en déclarant, le 22 mai sur Franceinfo, au lendemain d’une manifestation d’ouvriers de General Electric alarmés par les plans de licenciements : «Aujourdhui, GE a une empreinte très forte sur les turbines à gaz, il ny a pas de débouchés, il faut quelle puisse se réinventer, cest ce sur quoi nous travaillons.» Lintersyndicale rassemblant la CFE-CGC, la CGT et Sud Industrie avait réagit avec virulence se déclarant dans un communiqué commun «extrêmement choquée par lignorance de Bruno Le Maire sur les dossiers industriels et notamment sur le marché de la turbine à gaz».

Lire aussi : Alstom : la saga du rachat par laméricain General Electric en quelques dates

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