France: bientôt la fin pour Wauquiez? – RFI

France: bientôt la fin pour Wauquiez? - RFI

Les Républicains: la jeune garde engage une fronde

L’échec des Républicains (LR) aux européennes ouvre les appétits. Onze jeunes députés LR ont lancé jeudi sur les réseaux sociaux un appel à un « sursaut » de la droite et à « la reconstruction d’une alternative crédible » au duel Emmanuel Macron-Marine Le Pen.

Ce début de fronde vise implicitement le président du parti, Laurent Wauquiez, dont la stratégie a échoué. La liste conduite par François-Xavier Bellamy n’a obtenu que 8,48% des suffrages exprimés. Laurent Wauquiez s’est efforcé lundi d’écarter l’hypothèse d’une démission de la présidence de LR en proposant une remise à plat par le biais d’« états généraux » de la droite. Dans la foulée, Gérard Larcher, président du Sénat et sénateur LR, a indiqué qu’il souhaitait « reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre », mettant la pression sur Laurent Wauquiez.

Pour Thibault Bazin, député de Meurthe-et-Moselle, Emilie Bonnivard (Savoie), Fabien di Filippo (Moselle) et les huit autres co-signataires de l’appel, l’initiative de Laurent Wauquiez ne peut être qu’une première étape. « Le temps est venu pour la nouvelle génération d’apporter toute sa contribution à la refondation de la droite », écrivent-ils.

La nouvelle génération a une responsabilité historique: contribuer à bâtir une droite populaire et moderne. La vraie bataille est celle des idées. Le chemin est long. Il commence aujourd’hui. L’appel de 11 jeunes députés LR pour la création d’un Comité du renouvellement. pic.twitter.com/Z60HfAahpp

« Comité du renouvellement ». « Il est impossible de faire croire aux Français que nous changeons si ceux qui portent notre voix aujourd’hui la portaient déjà hier ou avant-hier », ajoutent les élus. Ils souhaitent que ceux qui se sont éloignés de leur famille politique, notamment pour rejoindre la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron, puissent y retrouver « toute leur place ».

Et puis, il y a également ceux dont la voix compte dautant quils restent discrets. François Baroin par exemple : le président de lAssociation des maires de France na jamais écarté la possibilité de jouer un rôle de premier plan. Il ne la jamais saisi non plus, préférant finalement se rallier à François Fillon alors quil était en train de couler en 2017. Autre discret : Guillaume Peltier, le vice-président de LR qui attend son heure. Quand à Valérie Pecresse et Xavier Bertrand, qui préparent tous deux une candidature présidentielle, leurs stratégies divergent. Lun se tient loin du parti mais près du téléphone et parle avec tous les responsables. Lautre est au cœur de la machine et veut affronter Laurent Wauquiez en interne. Dune génération à lautre, ce principe en politique est confirmé : lunion est un combat mortel.

Les députés annoncent la création d’un « Comité du renouvellement » pour porter la voix de la nouvelle génération de la droite. Il réunira notamment des parlementaires, des maires, des élus départementaux et régionaux et autres acteurs locaux, pour réfléchir à la refondation de LR. Les signataires veulent que ce Comité du renouvellement ait une « place officielle » au sein de LR.

Les appétits sont aiguisés depuis quelques jours. Ils sont plusieurs à lorgner cette nouvelle plateforme en train dêtre constituée en dehors de LR. Avec en premier lieu Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR, en bons termes avec Gérard Larcher. Il a été à la fois le plus direct et le plus dur avec Laurent Wauquiez au téléphone après les élections. "Tu as un problème de sincérité, ton image pose problème aux Français", lui a-t-il asséné. Bruno Retailleau se verrait bien en leader dune droite post-Wauquiez. Il a souvent expliqué et même écrit quune refondation politique et stratégique de la droite était une urgence. En regardant plus loin, il veut aussi se mettre en situation de succéder un jour à Gérard Larcher à la présidence du Sénat.

L’ensemble des signataires sont les députés Pierre-Henri Dumont (Pas-de-Calais), Maxime Minot (Oise), Aurélien Pradié (Lot), Raphaël Schellenberger (Haut-Rhin), Ian Boucard (Territoire de Belfort), Julien Dive (Aisne), Marine Brenier (Alpes-Maritimes), Virginie Duby-Muller (Haute-Savoie), Thibault Bazin (Meurthe-et-Moselle), Emilie Bonnivard (Savoie), Fabien di Filippo (Moselle).

Pour linstant, seulement deux noms semblent avoir émergé. On trouve le député de la Sarthe Jean-Carles Grelier, élu en 2017, dont la démission du groupe LR sera effective la semaine prochaine. Autre partant annoncé, Arnaud Viala, élu dans lAveyron. Interrogé par Franceinfo, il explique quils sont considérés comme  des seconds couteaux .  Il nest pas question dapparaître comme une force supplétive des ténors de la droite comme Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand , assène le député.

Après la débâcle des Républicains aux élections européennes – la liste menée par François-Xavier Bellamy nest arrivée quen quatrième position avec 8,5% des suffrages exprimés -, de nombreuses figures LR ont déjà exprimé leur mécontentement, ciblant notamment le président du parti, Laurent Wauquiez.

Londe de choc se poursuit chez les Républicains après la déroute des élections européennes. Alors que la liste menée par François-Xavier Bellamy na rassemblé que 8,5 % des voix lors du scrutin du 26 mai, les dissensions se multiplient dans le parti de Laurent Wauquiez. Après lappel au changement de Geoffroy Didier, cest un groupe de députés qui sonne le vent de la révolte, révèle Franceinfo.

Bien que resté muet depuis les résultats du scrutin, Nicolas Sarkozy fait aussi partie de ceux qui déplorent ce score. BFMTV a en effet appris de lun de ses proches que lancien président de la République était “furieux” et “consterné”. “Il ny a plus de droite en France” aurait-il ainsi déclaré.

Une crise qui pourrait bien chambouler le rapport de forces au sein des Républicains. La gifle infligée à la liste menée par François-Xavier Bellamy aux élections européennes, avec un faible score de 8,5% des suffrages exprimés, pourrait avoir des conséquences dans les rangs de la droite. En effet, de nombreuses figures LR ont déjà exprimé leur mécontentement, ciblant en particulier le président du parti, Laurent Wauquiez.Parmi eux figure Nicolas Sarkozy qui, selon les informations de BFMTV, était “furieux” et “consterné” le soir des élections européennes, dimanche 26 mai. “Il ny a plus de droite en France”, aurait même déclaré lancien président de la République.

Crise à LR : pour Nicolas Sarkozy, “il ny a plus de droite en France”

Chez Les Républicains, la question se pose donc: Nicolas Sarkozy pourrait-il revenir dans un rôle de premier plan? Dans son fief de Neuilly-sur-Seine, où il a été maire durant 19 ans, les habitants verraient en tout cas son retour dun oeil favorable.

Après ce fiasco, lancien chef de lÉtat doit dailleurs rencontrer Laurent Wauquiez lors dun déjeuner prévu le mercredi 5 juin. Nicolas Sarkozy devrait lui livrer son ressenti et le conseiller sur les élections municipales de 2020. Pour mieux préparer son retour ?

“Lhomme manque au paysage politique français”, estime une résidente. “Je pense que cest Nicolas Sarkozy qui pourrait sauver les Républicains aujourdhui”, juge une autre. Daprès Anthony Dodeman, lancien président de la République pourrait même être celui qui “réoriente” le parti en crise “vers la voie de la réconciliation pour regagner de la crédibilité auprès des Français”.

Alors, Nicolas Sarkozy fera-t-il son retour sur le devant de la scène politique? Il doit en tout cas rencontrer Laurent Wauquiez, président des Républicains, mercredi 5 juin.