Français condamnés à mort en Irak : un “immense déshonneur” pour la France selon des avocats – Paris Match

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Un huitième Français condamné à mort en Irak pour appartenance à lEtat islamique

lessentiel Au total, ce sont neuf Français qui ont été condamnés à la peine de mort en Irak pour leur appartenance au groupe jihadiste État islamique. 44 avocats ont publié une tribune pour dénoncer l'inaction de l'État français fasse à ces condamnations.

Alors que ce dimanche 2 juin, de nouvelles condamnations à mort ont été prononcées à Bagdad, 44 avocats ont signé une tribune sur franceinfo pour dénoncer l'inaction de l'État face à ces condamnations.

Parmi les condamnés, des combattants mais aussi des propagandistes, des recruteurs ou encore un membre du tribunal de lorganisation terroriste. Lors de son audience, prévue initialement lundi mais avancée à ce dimanche, Vianney Ouraghi, 28 ans, a reconnu devant le juge avoir “travaillé avec Daech”, rapporte lAFP.

Les signataires expliquent que ce sont "des procès expéditifs dont nous savons qu’ils méconnaissent gravement les droits de la défense" et que "l’exécution de ces peines ou même autoriser leur prononcé […] reviendrait à répondre à la barbarie par une peine que nous prohibons catégoriquement".

Originaire de Roubaix (nord de la France), Fodil Tahar Aouidate était quant à lui apparu peu après les attentats du 13 novembre 2015 en France dans une vidéo où il y disait son “grand plaisir et grand bonheur de voir ces mécréants souffrir”. Il menaçait: “on continuera à frapper chez vous”.

"On a pris un risque historique qui, s’il se réalisait, laisserait une tache indélébile sur le mandat d’Emmanuel Macron, d’avoir ainsi rendu possible un assassinat légal aujourd’hui banni par la majorité des pays de la planète, à l’exception notamment de l’Arabie saoudite, de l’Irak, de la Chine, des États-Unis", ajoutent les signataires.

En France, le quai dOrsay dit respecter la souveraineté judiciaire de lIrak. “Contrairement à ce que jentends, le procès est équitable. La question de la peine de mort, elle reste intacte: nous y sommes totalement opposés, cest un principe intangible”, a déclamé Jean-Yves Le Drian. 

Neuf français condamnés à mort en Irak : 44 avocats dénoncent un ” immense déshonneur” pour la France

"Faire prendre ce risque de condamner à mort des ressortissants français, c'est renoncer à nos engagements car c'est permettre la mise en œuvre extraterritoriale de la peine de mort."

Qui sont les neuf jihadistes français condamnés à mort en Irak ?

Au total, neuf Français sont condamnés à mort en Irak pour avoir rejoint le groupe jihadiste État islamique en Irak. La France a plusieurs fois rappelé son opposition à la peine de mort mais le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a considéré que les Français condamnés à mort en Irak pour "appartenance à Daesh" ont bénéficié d'un procès équitable. Pour les avocats, cet argument "ne peut convaincre personne".

Le procès de Fodil Tahar Aouidate qui a été transféré début janvier de Syrie, où il était détenu par une force kurde anti-EI, vers l’Irak, s’était ouvert le 27 mai. Le tribunal a rejeté ses allégations selon lesquelles ses aveux auraient été obtenus sous la torture.

Les signataires se demandent si on peut "craindre un traitement de nos ressortissants à géométrie variable " selon leurs crimes, ainsi qu'une mobilisation moindre pour des jihadistes "qui sont identifiés comme l’expression de la barbarie la plus absolue et comme des ennemis de notre civilisation". "La force du droit réside précisément dans l’universalité de son application, qui plus est lorsqu’un droit absolu et indérogeable est en jeu comme le droit à la vie ", expliquent-ils.

Ils rappellent qu'un article de la Constitution interdit la peine de mort et qu'il "ne souffre d'aucune dérogation, pas même en matière de terrorisme. En application du protocole n° 13 à la Convention européenne des droits de l'homme, ratifié par la France, la peine de mort est abolie en toutes circonstances".

Lors de sa première audience, celui qui se faisait appeler Abou Mariam al-Faranssi depuis qu’il avait rejoint la Syrie en 2014 avec 22 membres de sa famille s’était plaint des conditions lors de ses quatre mois d’interrogatoires en Irak, d’abord par le renseignement puis par un juge d’instruction.

Les signataires, dont le président d’honneur de la ligue des Droits de l’Homme, Henri Leclerc ajoutent que l'association française des victimes du terrorisme a "marqué son hostilité contre la peine de mort".

Un tribunal antiterroriste de Bagdad a condamné à mort, ce dimanche 2 juin, deux autres ressortissants Français pour appartenance à Daesh. Au total, neuf jihadistes français ont écopé de la peine capitale en Irak.

L’homme qui avait été emprisonné en France plusieurs mois pour trafic de drogue était connu du renseignement français pour ses liens avec la mouvance salafiste belge, notamment Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs présumés du 13-Novembre.

Le procès de Fodil Tahar Aouidate, 32 ans, décrit comme un homme autoritaire, violent et prêt à mourir pour lidéologie radicale de Daesh, sétait ouvert le 27 mai. Détenu par une force kurde anti-EI, il a été transféré début janvier de Syrie vers lIrak. Le tribunal a rejeté ses allégations selon lesquelles ses aveux auraient été obtenus sous la torture.

En effet, celui qui se faisait appeler Abou Mariam al-Faranssi depuis quil avait rejoint la Syrie en 2014 avec 22 membres de sa famille, avait assuré que ses interrogateurs lavaient frappé pour avouer ce quils réclamaient.

Dimanche, deux nouveaux Français ont été condamnés à mort à Bagdad, portant à neuf le nombre de ressortissants à écoper de cette peine en Irak pour appartenance au groupe Etat islamique. Interpellé à plusieurs reprises sur ces condamnations, le gouvernement français a expliqué respecter la volonté de lIrak de juger les djihadistes là où ils ont commis des exactions, tout en indiquant intervenir “au plus haut niveau” pour éviter quils ne soient pendus. 

Un Franco-algérien condamné à mort en Irak

Originaire de Roubaix (nord de la France), Fodil Tahar Aouidate était apparu peu après les attentats du 13 novembre 2015 en France dans une vidéo. Il y disait son grand plaisir et grand bonheur de voir ces mécréants souffrir et menaçait : on continuera à frapper chez vous.

“On a pris un risque historique qui, sil se réalisait, laisserait une tache indélébile sur le mandat dEmmanuel Macron, davoir ainsi rendu possible un assassinat légal aujourdhui banni par la majorité des pays de la planète, à lexception notamment de lArabie saoudite, de lIrak, de la Chine, des États-Unis”, ajoutent les signataires, dont le président dhonneur de la ligue des Droits de lHomme, Henri Leclerc.  

Emprisonné en France plusieurs mois pour trafic de drogue, il a été enregistré dans les archives administratives de lEI comme un combattant, selon un document à en-tête du groupe présenté par le juge. Enfin, il était connu du renseignement français pour ses liens avec la mouvance salafiste belge, notamment Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs présumés du 13 Novembre.

Au lendemain de nouvelles condamnations à mort à Bagdad, après “des procès expéditifs dont nous savons quils méconnaissent gravement les droits de la défense”, ces avocats estiment dans une tribune à Franceinfo que “lexécution de ces peines ou même autoriser leur prononcé (…) reviendrait à répondre à la barbarie par une peine que nous prohibons catégoriquement”. 

Deux Français condamnés à mort en Irak pour appartenance au groupe Etat islamique

Jugé par la cour de Bagdad ce dimanche 2 juin, Vianney Ouraghi, 28 ans, est le neuvième Français à écoper la peine de mort pour appartenance à Daesh en Irak.

Paris ne conteste toutefois pas l”équité” des procès tenus, selon des déclarations de la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, “dans de bonnes conditions, avec une défense présente”. Un argument qui “ne peut convaincre personne”, pour les avocats signataires de cette tribune.  

Ce Français dorigine algérienne dont laudience, initialement prévue lundi, a été avancée à ce dimanche 2 juin, a reconnu devant le juge avoir travaillé avec Daech. Mais je nai pas participé aux combats ni en Syrie ni en Irak, a-t-il ajouté.

“Faire prendre ce risque de condamner à mort des ressortissants français, cest renoncer à no…Lire la suite sur LExpress.fr

Agé de 32 ans, Kévin Gonot est né à Figeac dans le sud-ouest de la France. Il a été arrêté en Syrie avec son demi-frère Thomas Collange, 31 ans, sa mère et son épouse, une nièce des frères Fabien et Jean-Michel Clain qui avaient revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 au nom de lorganisation. 

Outre Fodil Tahar Aouidate et Vianney Ouraghi, sept autres Français et un Tunisien –un temps présenté comme Français– ont été condamnés à mort. Deux autres Français seront jugés lundi devant le même tribunal antiterroriste de Bagdad, les autorités kurdes de Syrie qui les détenaient ne représentant pas un Etat et Paris nentretenant pas de relations diplomatiques avec Damas.

Il sest converti au début des années 2000, en même temps que son père, sa mère et son demi-frère. Chauffeur dans une société de nettoyage, Kevin a vécu pendant deux ans au Caire pour étudier larabe. Entré illégalement en Syrie via la Turquie, il a dabord rejoint le Front al-Nosra (ex-branche dAl-Qaïda en Syrie) avant de prêter allégeance au calife de lEI Abou Bakr al-Baghdadi.

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Celui qui se faisait appeler Abou Sofiane au sein de lEI a indiqué avoir été blessé au ventre lors de la bataille de Kobané, en Syrie, en 2015. Il a assuré au juge avoir ensuite été transféré à Mossoul, la capitale de lEI en Irak de 2014 à 2017 pour y être hospitalisé et non pour y combattre. En France, il a déjà été condamné en son absence à neuf ans de prison, selon le Centre danalyse du terrorisme (CAT) à Paris.

En France, Mustapha Merzoughi vivait à Toulouse doù venaient également les frères Fabien et Jean-Michel Clain, qui ont revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 avant dêtre tués récemment en Syrie.

Passé par la Belgique puis par le Maroc, cet ancien militaire français, qui a rejoint lorganisation terroriste en 2015, a ensuite suivi des formations religieuses et militaires à Alep, dans le nord de la Syrie. Il a raconté au juge, selon des informations publiées par le Conseil supérieur de la magistrature irakien, avoir été militaire pendant dix ans dans larmée française, de 2000 à 2010. 

Fodil Tahar Aouidate avait affirmé lors de sa première audience lundi avoir été frappé par ses interrogateurs "pour avouer ce quils réclamaient". Dimanche, le juge a lu un rapport de la médecine légale concluant quil ny a "pas de traces de torture sur son corps".

Il est surtout connu par le renseignement français pour avoir recruté, sur Internet, des candidates au jihad.

Son audience, prévue lundi, avait été avancée à dimanche. Celle de Fodil Tahar Aouidate a été courte. Il avait déjà répondu longuement aux questions du juge lundi, et à celles du renseignement puis du juge dinstruction pendant ses quatre mois dinterrogatoires en Irak.

Irak : un huitième et un neuvième Français condamnés à mort pour appartenance à Daesh

Dorigine parisienne, Léonard Lopez, 32 ans, est un proche de Sabri Essid, demi-frère par alliance de Mohamed Merah. Au début des années 2000, il fait partie des membres les plus actifs du site jihadiste de référence à cette époque, Ansar Al-Haqq (les partisans de la vérité).

Selon Human Rights Watch, les procès irakiens présentent de "graves lacunes, dont la torture" avec lemploi de "diverses techniques qui ne laissent pas de marques durables, comme frapper les suspects sur la plante des pieds et les simulacres de noyade".

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ll a aussi cofondé lassociation Sanabil, dissoute par le gouvernement français en 2016 pour avoir participé à la radicalisation des détenus en prison. 

En juillet 2015, sous contrôle judiciaire pour son activité sur ce site, Léonard Lopez est parti avec sa femme et leurs deux enfants. Dabord à Mossoul, dans le nord de lIrak, puis en Syrie, selon les enquêteurs français. Condamné en son absence en juillet 2018 à cinq ans de prison dans le dossier Ansar al-Haqq, celui qui se faisait appeler Abou Ibrahim al-Andaloussi, est connu des services de renseignement pour avoir cofondé lassociation Sanabil, dissoute par le gouvernement français fin 2016 car elle contribuait à radicaliser des prisonniers.

Ce français de 41 ans, a appartenu à la brigade Tariq ibn Ziyad, une unité de Daesh menée par un ancien légionnaire français. Selon les autorités américaines, cette cellule est responsable dattaques en Irak, en Syrie et à létranger. Salim Machou a, selon le Centre danalyse du terrorisme (CAT), hébergé à Raqa Jonathan Geffroy, un Français capturé en Syrie et proches des frères Clain.

Originaire de Saint-Just, à côté de Lunel (Hérault), Yassine Sakkam est lun des Français de Daesh les plus médiatisés.  Je suis parti en Syrie parce que jétais énervé et que je pensais que lEI défendait les plus faibles. Aujourdhui, jai vu la vérité sur lEI et je nai plus rien à voir avec cette organisation, a déclaré lhomme de 29 ans, précisant avoir touché un salaire de 70 dollars par mois.

En France, je ne mintéressais à rien, ni à la Palestine, ni à lIrak, ni à la guerre. Je pensais seulement à gagner de largent. Entre deux verres (dalcool) et de la cocaïne, jai appelé mon frère (en Syrie) et je lui ai dit : je viens te voir. a-t-il raconté. A la question du juge qui lui demandait où se trouvait actuellement son frère, il a répondu: Il sest fait exploser à la frontière irakienne.

Français dorigine marocaine, Karam El Harchaoui, 33 ans a expliqué avoir pris la route de la Syrie depuis Bruxelles où il était chômeur. Je ne suis pas entré en Irak et je nai participé à aucun combat ni en Syrie ni en Irak, a-t-il déclaré, assurant être parti seul en Syrie, où il a eu deux épouses successives, toutes deux ressortissantes belges.

Deux autres Français condamnés à mort en Irak pour avoir rejoint lOEI

Selon ses dires, Brahim Nejara, 33 ans, serait parti de France en Syrie avec (sa) voiture en 2014, date à laquelle le calife autoproclamé de lEI a appelé ses partisans à lui prêter allégeance. Ma femme, ma fille et mon beau-frère étaient avec moi, a poursuivi lhomme qui se faisait appeler Abou Souleimane al-Tounsi au sein de Daesh.

Irak : un 9e Français condamné à mort pour appartenance à lEI

Français originaire de Meyzieu, dans le Rhône, il est apparu dans une vidéo de propagande du groupe ultraradical après les attentats de novembre 2015 en France. Selon le Centre danalyse du terrorisme (CAT), à Paris, il avait incité un de ses frères à commettre un attentat en France et fréquenté en Syrie Foued Mohamed-Aggad, lun des kamikazes du Bataclan, où a eu lieu une des tueries du 13 novembre.